
Face à la crise caniculaire, Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, annonce un ensemble de mesures d'urgence et d'anticipation.
Face à l'épisode de canicule qui touche le territoire et qui pourrait connaitre des épisodes réguliers, Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire annonce une nouvelle série de mesures en faveur des agriculteurs. Les précédentes portaient sur :
- Le fauchage et le pâturage des jachères, rendus obligatoires en zone à risque incendie par arrêté préfectoral sans pénalité PAC ;
- Le report des contrôles administratifs sans lien avec la gestion de crise ;
- La mobilisation des réseaux agricoles pour l'accompagnement technique des agriculteurs en cas de chaleur extrême et diffusion des bonnes pratiques.
La ministre annonce aujourd’hui un ensemble de nouvelles mesures pragmatiques destinées à accompagner au plus près les agriculteurs, protéger les élevages, préserver les ressources en eau et anticiper les conséquences du changement climatique.
Accélérer l'accompagnement des exploitants agricoles
Afin d'assurer une prise en charge rapide des pertes subies par les exploitants, la ministre réunira cette semaine les assureurs afin de faire un point sur le dispositif d'assurance récolte et de veiller à l'accélération des indemnisations.
Le ministère met également en place un dispositif de suivi et d'évaluation des conséquences des épisodes de forte chaleur sur les productions agricoles et les filières d’élevage.
Soutenir les éleveurs et protéger le bien-être animal
Le ministère travaille à la mise en place d'un dispositif d'aide destiné aux éleveurs afin de financer les diagnostics ou des équipements (type brumisation ou ventilation) permettant de limiter les effets de la chaleur dans les bâtiments d'élevage, notamment par le recours à des prêts de trésorerie.
Les Directions régionales de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) ont par ailleurs reçu pour consigne d'identifier, dans chaque région, les sites, susceptibles d'être mobilisés si des opérations d'enfouissement d'animaux morts devaient s'avérer nécessaires en urgence.
Le ministère en charge de l'agriculture étudie la mise en place d'un dispositif d'appui au transport de fourrage afin de faciliter les opérations de solidarité entre agriculteurs si les disponibilités en aliments pour le bétail venaient à être insuffisantes en raison de la sécheresse.
Renforcer l’accompagnement social des agriculteurs et de leurs salariés
La Mutualité sociale agricole (MSA) déploie une série de mesures pour accompagner les agriculteurs les plus fragiles et les plus isolés. Ces actions comprennent notamment :
un dispositif d’accompagnement psychologique des agriculteurs soumis à une forte pression compte tenu de la situation difficile pour les animaux et les végétaux ;
une sensibilisation accrue aux risques liés aux fortes chaleurs ;
la réactivation de son dispositif de crise afin d'accompagner les exploitations confrontées à des difficultés de trésorerie, notamment par la mise en place, le cas échéant, d’échéanciers de paiement.
Anticiper les tensions sur la ressource en eau
Afin de donner rapidement de la visibilité aux acteurs agricoles, la réunion du Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) est avancée au 1er juillet 2026.
Cette réunion permettra de dresser un état des lieux de la ressource en eau et d'anticiper les éventuelles restrictions à venir.
Prévenir les risques de sécheresse et d'incendie
La ministre rappelle l'importance du strict respect des mesures encadrant les travaux agricoles en période de risque incendie.
Le ministère poursuit également le déploiement des conventions entre les Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) et la profession agricole afin d'améliorer la prévention et la coordination des interventions.
Les opérations de débroussaillement et de fauchage sont facilitées depuis une semaine et continuent à l’être afin de concilier la prévention des incendies et la valorisation fourragère.
Accélérer l'adaptation de l'agriculture au changement climatique
Le ministère poursuit le déploiement de plusieurs appels à projets destinés à renforcer la résilience de l'agriculture face au changement climatique :
- un fonds hydraulique agricole pour soutenir les projets de stockage d’eau et l’ingénierie de projets, pour lequel un appel à projets a été lancé en avril dernier ;
- un guichet consacré à la rénovation des vergers, dans le cadre de l’appel à projets lancé fin juin 2026 ;
- un guichet « plan Agriculture-Méditerranée », destiné à soutenir des projets concertés d'adaptation des cultures dans le pourtour méditerranéen, également lancé fin juin 2026.
Par ces mesures, la ministre de l'agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire entend répondre aux urgences immédiates et à de possibles nouveaux épisodes de canicule, tout en accélérant l'adaptation durable de l'agriculture française face à la multiplication des événements climatiques extrêmes.
« Après cette première vague de canicule et les actions mises en œuvre la semaine dernière, j'ai souhaité accentuer le soutien aux agriculteurs, et ce sans attendre, en annonçant une nouvelle série de mesures. Comme toujours, les agriculteurs sont en première ligne face à des crises qui se succèdent.
Si une nouvelle vague de chaleur devait intervenir, je prendrais, dès la semaine prochaine, de nouvelles mesures de soutien si la situation l'exige. Nous restons également très attentifs à l'évolution des cultures, notamment face aux orages annoncés. Dans cette période difficile, l'État restera pleinement mobilisé aux côtés de ceux qui nous nourrissent. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

FEVE et la FNAB franchissent le cap des 1 000 candidatures et prolongent leur appel à projets jusqu’à fin 2026
Plus de 1 000 porteurs et porteuses de projets ont déjà répondu à l’appel à projet lancé par FEVE et la FNAB pour s’installer en agriculture biologique. Face à cet engouement, les deux organisations annoncent la prolongation de leur dispositif jusqu’au 31 décembre 2026. Un signal encourageant pour la bio française, qui continue d’attirer de nouvelles vocations malgré le recul du nombre de fermes et des surfaces cultivées.
Plus de 1 000 porteurs de projets mobilisés pour s’installer en bio
Lancé début 2026, l’appel à projets porté conjointement par FEVE et la FNAB vise à identifier et accompagner des agriculteurs et agricultrices souhaitant développer ou reprendre une ferme en agriculture biologique. Initialement ouvert jusqu’au 30 juin 2026, le dispositif est finalement prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Depuis son lancement, plus de 6 000 visiteurs se sont rendus sur la page dédiée et plus de 1 000 demandes ont déjà été déposées. Parmi elles, déjà 10 projets font actuellement l’objet de visites terrain ou d’une étude approfondie et bien d’autres sont à venir.
« La réussite de l’appel à projet porté par FEVE et la FNAB montre que les vocations sont là et que de nombreux porteurs et porteuses de projet veulent s’installer en bio. C’est pourquoi le prolongement de cet appel à projet est une excellente nouvelle pour tous celles et ceux qui cherchent une solution pour financer leur projet agricole » déclare Alan Testard secrétaire national Futurs bio à la FNAB.
Un signal encourageant pour l’agriculture biologique qui doit renouveler ses fermes
Cette prolongation intervient dans un contexte contrasté pour l’agriculture biologique française. D’un côté, la consommation repart. Selon les chiffres présentés par l’Agence Bio en juin 2026, le marché du bio a retrouvé le chemin de la croissance avec un chiffre d’affaires de 12,6 milliards d’euros en 2025, en hausse de 3,6 % par rapport à l’année précédente. Pourtant, dans le même temps, les surfaces cultivées en agriculture biologique reculent pour la troisième année consécutive.
Si le nombre de fermes bio diminue, l’agriculture biologique reste néanmoins une aspiration forte parmi les futurs agriculteurs et agricultrices comme l’indiquent les résultats du premier baromètre FEVE : 51 % des répondants déclarent vouloir s’installer en bio et 75 % d’entre eux souhaitent être certifiés dès leur installation.
L’agriculture biologique : un modèle plus que jamais désirable dans un contexte de recul environnemental
En juin 2026, le Parlement européen a notamment adopté le règlement encadrant les nouvelles techniques génomiques (NGT). Dans le même temps, la réintroduction de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyrafurone, suscite également des inquiétudes chez une partie des acteurs de l’agriculture biologique. font le choix d’une agriculture qui sait produire sans chimie de synthèse et sans OGM
« Les candidats que nous rencontrons envoient un message fort. Malgré les incertitudes et les débats qui traversent actuellement le monde agricole, ils sont nombreux à vouloir construire des fermes biologiques, préserver les sols, la biodiversité, la santé et produire autrement. La question est désormais de savoir si nous nous donnons collectivement les moyens de les accompagner. » Simon Bestel, cofondateur de FEVE
Lien de l’appel à projets
Réglementation européenne sur les matériels de reproduction des végétaux (PRM) : SEMAE se félicite d’un accord structurant pour la filière française des semences et plants
SEMAE exprime sa satisfaction de l’accord provisoire trouvé lors du trilogue entre le Conseil et le Parlement européen le 15 juin dernier quant à la future réglementation sur les matériels de reproduction des végétaux (PRM). Bien que le texte consolidé doive encore faire l’objet d’un accord formel et d’une analyse détaillée après publication, les premières conclusions témoignent du maintien des grands équilibres du système européen de commercialisation des semences et plants.
SEMAE salue la confirmation des principes fondamentaux qui font la force du système français et européen. L’enregistrement des variétés dans un catalogue officiel demeure le pilier de l’information et de la protection des utilisateurs, garantissant ainsi la transparence et la traçabilité. De même, les procédures de contrôle officiel et de certification qui assure aux agriculteurs l’accès à des semences répondant à des exigences de qualité élevées se trouvent confortées.
Le nouveau règlement s’inscrit pour SEMAE dans une démarche de modernisation et de simplification du cadre réglementaire, tout en harmonisant les règles entre les États membres.