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Actualités de la filière

Plateforme formation LCA



L'académie des coopératives agricoles

Dans un monde en profondes mutations le développement des compétences est crucial. A travers l'Académie des coopératives agricoles, le réseau de La Coopération Agricole propose à ses adhérents de nombreux formats pour répondre à leurs besoins et s'ajustent au plus près de leurs attentes.

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ministre1187

mesures d'urgence



Face à la crise caniculaire, Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, annonce un ensemble de mesures d'urgence et d'anticipation.

Face à l'épisode de canicule qui touche le territoire et qui pourrait connaitre des épisodes réguliers, Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire annonce une nouvelle série de mesures en faveur des agriculteurs. Les précédentes portaient sur :

  • Le fauchage et le pâturage des jachères, rendus obligatoires en zone à risque incendie par arrêté préfectoral sans pénalité PAC ;
  • Le report des contrôles administratifs sans lien avec la gestion de crise ;
  • La mobilisation des réseaux agricoles pour l'accompagnement technique des agriculteurs en cas de chaleur extrême et diffusion des bonnes pratiques.

La ministre annonce aujourd’hui un ensemble de nouvelles mesures pragmatiques destinées à accompagner au plus près les agriculteurs, protéger les élevages, préserver les ressources en eau et anticiper les conséquences du changement climatique.

Accélérer l'accompagnement des exploitants agricoles

Afin d'assurer une prise en charge rapide des pertes subies par les exploitants, la ministre réunira cette semaine les assureurs afin de faire un point sur le dispositif d'assurance récolte et de veiller à l'accélération des indemnisations.

Le ministère met également en place un dispositif de suivi et d'évaluation des conséquences des épisodes de forte chaleur sur les productions agricoles et les filières d’élevage.

Soutenir les éleveurs et protéger le bien-être animal

Le ministère travaille à la mise en place d'un dispositif d'aide destiné aux éleveurs afin de financer les diagnostics ou des équipements (type brumisation ou ventilation) permettant de limiter les effets de la chaleur dans les bâtiments d'élevage, notamment par le recours à des prêts de trésorerie.

Les Directions régionales de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) ont par ailleurs reçu pour consigne d'identifier, dans chaque région, les sites, susceptibles d'être mobilisés si des opérations d'enfouissement d'animaux morts devaient s'avérer nécessaires en urgence.

Le ministère en charge de l'agriculture étudie la mise en place d'un dispositif d'appui au transport de fourrage afin de faciliter les opérations de solidarité entre agriculteurs si les disponibilités en aliments pour le bétail venaient à être insuffisantes en raison de la sécheresse.

Renforcer l’accompagnement social des agriculteurs et de leurs salariés

La Mutualité sociale agricole (MSA) déploie une série de mesures pour accompagner les agriculteurs les plus fragiles et les plus isolés. Ces actions comprennent notamment :

un dispositif d’accompagnement psychologique des agriculteurs soumis à une forte pression compte tenu de la situation difficile pour les animaux et les végétaux ;
une sensibilisation accrue aux risques liés aux fortes chaleurs ;
la réactivation de son dispositif de crise afin d'accompagner les exploitations confrontées à des difficultés de trésorerie, notamment par la mise en place, le cas échéant, d’échéanciers de paiement.

Anticiper les tensions sur la ressource en eau

Afin de donner rapidement de la visibilité aux acteurs agricoles, la réunion du Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) est avancée au 1er juillet 2026.

Cette réunion permettra de dresser un état des lieux de la ressource en eau et d'anticiper les éventuelles restrictions à venir.

Prévenir les risques de sécheresse et d'incendie

La ministre rappelle l'importance du strict respect des mesures encadrant les travaux agricoles en période de risque incendie.

Le ministère poursuit également le déploiement des conventions entre les Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) et la profession agricole afin d'améliorer la prévention et la coordination des interventions.

Les opérations de débroussaillement et de fauchage sont facilitées depuis une semaine et continuent à l’être afin de concilier la prévention des incendies et la valorisation fourragère.

Accélérer l'adaptation de l'agriculture au changement climatique

Le ministère poursuit le déploiement de plusieurs appels à projets destinés à renforcer la résilience de l'agriculture face au changement climatique :

  • un fonds hydraulique agricole pour soutenir les projets de stockage d’eau et l’ingénierie de projets, pour lequel un appel à projets a été lancé en avril dernier ;
  • un guichet consacré à la rénovation des vergers, dans le cadre de l’appel à projets lancé fin juin 2026 ;
  • un guichet « plan Agriculture-Méditerranée », destiné à soutenir des projets concertés d'adaptation des cultures dans le pourtour méditerranéen, également lancé fin juin 2026.

Par ces mesures, la ministre de l'agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire entend répondre aux urgences immédiates et à de possibles nouveaux épisodes de canicule, tout en accélérant l'adaptation durable de l'agriculture française face à la multiplication des événements climatiques extrêmes.

« Après cette première vague de canicule et les actions mises en œuvre la semaine dernière, j'ai souhaité accentuer le soutien aux agriculteurs, et ce sans attendre, en annonçant une nouvelle série de mesures. Comme toujours, les agriculteurs sont en première ligne face à des crises qui se succèdent.

Si une nouvelle vague de chaleur devait intervenir, je prendrais, dès la semaine prochaine, de nouvelles mesures de soutien si la situation l'exige. Nous restons également très attentifs à l'évolution des cultures, notamment face aux orages annoncés. Dans cette période difficile, l'État restera pleinement mobilisé aux côtés de ceux qui nous nourrissent. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

 

Sorgho super food

Un débouché healthy



Monia Caramma est chercheuse en alimentation durable. Selon elle, le sorgho est véritablement la preuve que le concept « One Health *» est possible dans un avenir proche.

*One Health est une approche intégrée qui reconnaît que la santé humaine, animale et environnementale sont interdépendantes. Elle vise à améliorer la santé globale en favorisant la collaboration entre médecins, vétérinaires, écologistes et autres experts pour prévenir et combattre les menaces sanitaires (comme les zoonoses ou la résistance aux antibiotiques).

fnab1187b

Agriculture biologique



FEVE et la FNAB franchissent le cap des 1 000 candidatures et prolongent leur appel à projets jusqu’à fin 2026

Plus de 1 000 porteurs et porteuses de projets ont déjà répondu à l’appel à projet lancé par FEVE et la FNAB pour s’installer en agriculture biologique. Face à cet engouement, les deux organisations annoncent la prolongation de leur dispositif jusqu’au 31 décembre 2026. Un signal encourageant pour la bio française, qui continue d’attirer de nouvelles vocations malgré le recul du nombre de fermes et des surfaces cultivées.

Plus de 1 000 porteurs de projets mobilisés pour s’installer en bio

Lancé début 2026, l’appel à projets porté conjointement par FEVE et la FNAB vise à identifier et accompagner des agriculteurs et agricultrices souhaitant développer ou reprendre une ferme en agriculture biologique. Initialement ouvert jusqu’au 30 juin 2026, le dispositif est finalement prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Depuis son lancement, plus de 6 000 visiteurs se sont rendus sur la page dédiée et plus de 1 000 demandes ont déjà été déposées. Parmi elles, déjà 10 projets font actuellement l’objet de visites terrain ou d’une étude approfondie et bien d’autres sont à venir.

« La réussite de l’appel à projet porté par FEVE et la FNAB montre que les vocations sont là et que de nombreux porteurs et porteuses de projet veulent s’installer en bio. C’est pourquoi le prolongement de cet appel à projet est une excellente nouvelle pour tous celles et ceux qui cherchent une solution pour financer leur projet agricole » déclare Alan Testard secrétaire national Futurs bio à la FNAB.

Un signal encourageant pour l’agriculture biologique qui doit renouveler ses fermes

Cette prolongation intervient dans un contexte contrasté pour l’agriculture biologique française. D’un côté, la consommation repart. Selon les chiffres présentés par l’Agence Bio en juin 2026, le marché du bio a retrouvé le chemin de la croissance avec un chiffre d’affaires de 12,6 milliards d’euros en 2025, en hausse de 3,6 % par rapport à l’année précédente. Pourtant, dans le même temps, les surfaces cultivées en agriculture biologique reculent pour la troisième année consécutive.

Si le nombre de fermes bio diminue, l’agriculture biologique reste néanmoins une aspiration forte parmi les futurs agriculteurs et agricultrices comme l’indiquent les résultats du premier baromètre FEVE : 51 % des répondants déclarent vouloir s’installer en bio et 75 % d’entre eux souhaitent être certifiés dès leur installation.

L’agriculture biologique : un modèle plus que jamais désirable dans un contexte de recul environnemental

En juin 2026, le Parlement européen a notamment adopté le règlement encadrant les nouvelles techniques génomiques (NGT). Dans le même temps, la réintroduction de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyrafurone, suscite également des inquiétudes chez une partie des acteurs de l’agriculture biologique. font le choix d’une agriculture qui sait produire sans chimie de synthèse et sans OGM

« Les candidats que nous rencontrons envoient un message fort. Malgré les incertitudes et les débats qui traversent actuellement le monde agricole, ils sont nombreux à vouloir construire des fermes biologiques, préserver les sols, la biodiversité, la santé et produire autrement. La question est désormais de savoir si nous nous donnons collectivement les moyens de les accompagner. » Simon Bestel, cofondateur de FEVE

Lien de l’appel à projets

un accord structurant



Réglementation européenne sur les matériels de reproduction des végétaux (PRM) : SEMAE se félicite d’un accord structurant pour la filière française des semences et plants

SEMAE exprime sa satisfaction de l’accord provisoire trouvé lors du trilogue entre le Conseil et le Parlement européen le 15 juin dernier quant à la future réglementation sur les matériels de reproduction des végétaux (PRM). Bien que le texte consolidé doive encore faire l’objet d’un accord formel et d’une analyse détaillée après publication, les premières conclusions témoignent du maintien des grands équilibres du système européen de commercialisation des semences et plants. 

SEMAE salue la confirmation des principes fondamentaux qui font la force du système français et européen. L’enregistrement des variétés dans un catalogue officiel demeure le pilier de l’information et de la protection des utilisateurs, garantissant ainsi la transparence et la traçabilité. De même, les procédures de contrôle officiel et de certification qui assure aux agriculteurs l’accès à des semences répondant à des exigences de qualité élevées se trouvent confortées.

Le nouveau règlement s’inscrit pour SEMAE dans une démarche de modernisation et de simplification du cadre réglementaire, tout en harmonisant les règles entre les États membres.

assureurs1187

Canicule



Mobilisation des assureurs pour les dispositifs d’urgence en faveur du monde agricole

Dans le contexte de l'épisode de canicule qui touche le territoire, les cabinets des ministres de l’Agriculture et de l’Economie ont rencontré mercredi 1er juillet les représentants des assureurs principaux du monde agricole afin de faire un point sur les dispositifs d’assurance qui couvrent les exploitations agricoles et de veiller à l'accélération des indemnisations. Les assureurs ont fait état d’une augmentation importante des dossiers de sinistres par rapport aux années précédentes.

La réunion a permis d’apporter des solutions quant au décaissement par anticipation pour les assurés mais aussi pour les agriculteurs ayant recours à l’indemnité de solidarité nationale. De plus, le ministère de l’Agriculture et les assureurs se sont accordés pour mettre en place une accélération des procédures d’indemnisation et de versement des acomptes.

Un autre point entre le ministère de l’Agriculture et les assureurs aura lieu mi-juillet et permettra de faire le point sur l’évolution des demandes d’indemnisation.

Engrais



En pleines moissons sous haute tension, les céréaliers français toujours en attente d’une concrétisation du plan d’aide européen pour s’approvisionner en engrais

Annoncé par la Commission Européenne pour répondre à la flambée historique du prix des engrais devenus inaccessibles, le plan de soutien exceptionnel de 540 millions d’euros n’a toujours pas bénéficié aux agriculteurs français. Alors que les céréaliers sont au cœur d’une crise économique sans précédent et doivent anticiper dès la moisson leurs approvisionnements en engrais pour les cultures de l’année suivante, l’AGPB appelle le gouvernement à agir sans délais pour renforcer et déployer ce dispositif de manière simple et accessible.

« Si la Commission Européenne a enfin pris conscience de la gravité de la situation en annonçant un plan de soutien exceptionnel pour l’achat d’engrais suite à notre mobilisation, ce n’est visiblement pas le cas du gouvernement qui ne cesse de tergiverser sur la concrétisation à y donner pour les agriculteurs français ! » fustige Éric Thirouin, le président de l’Association de Producteurs de Blé et autres céréales (AGPB).

Annoncé le 10 juin par le Commissaire Hansen pour appuyer les agriculteurs dans leur approvisionnement d’engrais pour les prochains semis, ce dispositif doté de 540 millions d’euros vise à garantir les prochaines récoltes essentielles à la souveraineté alimentaire européenne. Une enveloppe conséquente mais néanmoins largement insuffisante une fois répartie entre les états concernés qui avaient alors la possibilité de compléter cette aide par des fonds nationaux.

En France, le Gouvernement semble pour l’heure jouer la montre en dépit de l’urgence : à ce jour, les agriculteurs restent toujours en attente du déploiement de l’enveloppe européenne et de connaître ses modalités d’accès. Quant à un complément budgétaire à la hauteur des besoins réels, l’incertitude reste totale.

Alors que les moissons en cours laissent présager des résultats très pessimistes sur certains territoires et s’accélèrent sur tout l’hexagone sous l’effet de la canicule précoce de la semaine dernière parfois suivie d’orage dévastateurs, l’inquiétude grandit chez les céréaliers français dont les trésoreries sont désormais dans le rouge pour la quatrième année consécutive.

« Dans quelques semaines, une partie de nos récoltes sera achevée et nous ne savons toujours pas si nous aurons les moyens d’acheter de l’engrais pour la prochaine campagne. C’est pourtant aujourd’hui que nous devons anticiper nos assolements et nos approvisionnements avant les prochains semis, après il sera trop tard ! » alerte le président des Céréaliers de France qui réitère les demandes de l’AGPB au Gouvernement : « Notre demande est claire : la mise œuvre immédiate du déploiement des aides européennes par des conditions simples et accessibles à tous les producteurs ».

fnab1187

Loi d’urgence agricole



Après 10 jours de canicule, le Sénat ne peut ignorer les enjeux d’une bonne gestion de l’eau

Alors que la France a déjà subi deux canicules en un mois, le Sénat démarre aujourd’hui l’examen en plénière du projet de loi d’urgence agricole (PJLUA) qui contient de nombreux articles sur la gestion de l’eau. La commission des affaires économiques a considérablement dégradé le texte proposé par l’Assemblée nationale, en déconnexion totale avec les tensions qui vont s’accumuler sur l’eau avec l’accroissement des épisodes climatiques extrêmes. La FNAB appelle les sénateurs à la sagesse afin de trouver le juste équilibre entre intérêts agricoles et intérêt général.

La gestion de l’eau ne peut raisonnablement pas se penser qu’entre agriculteurs

Aujourd’hui le partage de l’eau se décide à l’échelle territoriale avec l’ensemble des acteurs concernés autour de la table. D’une part les usagers de l’eau qui ont un intérêt économique, les agriculteurs ou les industries fortement consommatrices d’eau comme les énergéticiens, d’autre part les consommateurs lambda, et les collectivités qui sont les premières responsables de livrer une eau de qualité aux citoyens. Les amendements adoptés en commission des affaires économiques déséquilibrent cette gouvernance de l’eau en renforçant le pouvoir du monde agricole au détriment notamment des collectivités locales, et suppriment toute obligation de publication des stratégies et bilans de partage des volumes d’eau.

Que le Sénat, qui est la chambre des territoires, puisse envisager, à quelques mois des élections, de réduire le pouvoir des collectivités locales et des consommateurs sur la gestion de l’eau serait une nouvelle erreur politique après la première loi Duplomb ”, commente Olivier Chaloche co-président de la FNAB.

Les sénateurs ne peuvent ignorer que la reconquête de la qualité de l’eau est l’un des défis majeurs de notre siècle

Ces dernières années les scandales sur la qualité de l’eau sont légion : pesticides interdits depuis près de 50 ans, PFAS (…), au fur et à mesure que nous découvrons la réalité des pollutions, il devient de plus en plus cher d’assainir l’eau coûte pour les collectivités locales qui doivent en porter le poids. 

On connaît aussi les solutions, et le développement de l’agriculture biologique, qui n’utilise pas de pesticides de synthèse, en fait partie. Pourtant, la commission des affaires économiques revient en arrière sur ce point, d’abord en supprimant la mention de l’agriculture biologique comme solution sur les sites les plus pollués, ensuite en déclassant du caractère prioritaire les captages pollués avec des pesticides interdits.

Les sénateurs sont aussi des élus locaux, ils savent que la situation sur l’eau devient intenable. On doit aller vers plus de transparence sur les contaminations et vers plus de prévention pour ne pas continuer à polluer les points d’eau. C’est là que la Bio s’impose comme une solution pour continuer à produire sans détruire ” conclut Olivier Chaloche.

La FNAB demande aux sénateurs : 

Sur la gouvernance de l’eau :

  • de rétablir une gouvernance équilibrée des instances territoriales de l’eau
  • de rendre obligatoire la publication des stratégies et bilans des OUGC (organisme unique de gestion collective)

Sur la qualité de l’eau : 

  • de prendre en compte, dans la définition des captages prioritaires, les molécules chimiques interdites qu’on retrouve dans l’eau 
  • d’inscrire la bio comme une solution claire pour lutter contre la pollution agricole de l’eau potable

l’Ukraine dans l’UE



Intégration de l’Ukraine dans l’UE : la filière maïs, exemple d’une Europe agricole en danger !

À travers une étude prospective inédite, l’Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) tire la sonnette d’alarme : l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne, si elle n’est pas strictement encadrée sur le volet agricole, pourrait provoquer un choc économique majeur pour la filière maïs. Derrière l’enjeu géopolitique, c’est la souveraineté agricole française et européenne qui est en jeu !

La réalité est brutale : l’Europe perd la main, année après année et creuse dangereusement sa dépendance alimentaire. En 25 ans, l’Union européenne a perdu près de 2 millions d’hectares de maïs et est devenue structurellement dépendante des importations, au point d’être régulièrement le premier importateur mondial de maïs devant la Chine. Aujourd’hui, une tonne de maïs sur quatre consommée en Europe est importée, dont près de la moitié provient d’Ukraine. Dans le même temps, l’Ukraine s’est imposée comme un mastodonte agricole avec lequel l’UE ne peut plus rivaliser. Le basculement est déjà engagé.

Une concurrence déloyale devenue structurelle à plusieurs niveaux

L’étude met en évidence des différences profondes entre les modèles agricoles européens et ukrainiens desquelles resultent un différentiel de compétitivité majeur : les coûts de production de l’Ukraine sont deux fois inférieurs à ceux de l’UE. En cause notamment :

  • Les agroholdings ukrainiennes peuvent atteindre jusqu’à plus de 500 000 hectares soit la taille d’un département français ;
  • Près d’un produit phytosanitaire sur deux utilisé en Ukraine est interdit dans l’Union européenne et ça va jusqu’à 62% si l’on compare avec la France.

Quelle agriculture ukrainienne à horizon 2030 ? Le scénario du décollage !

À horizon 2030, dans un scénario d’intégration à l’Union européenne, la production ukrainienne de maïs approchera les 40 millions de tonnes, soit près de la moitié de la production européenne, c’est ce que révèle l’étude réalisée par l’AGPM. Parallèlement, l’Ukraine ambitionne de transformer jusqu’à 40 % de sa production sur son territoire contre 20% jusque-là : cette montée en puissance industrielle aurait alors pour conséquence de faire émerger un concurrent direct sur des segments stratégiques pour l’Europe, tels que l’amidonnerie, les semences ou encore la production de volaille, avec des consequences immédiates pour la France et les débouchés de notre filière.

Les projections de l’étude sont sans appel : jusqu’à 2,9 millions de tonnes d’équivalent de maïs français pourraient être directement menacées, pour une perte économique estimée à 663 millions d’euros. L’impact concernerait l’ensemble de la chaîne de valeur : amidonnerie, semences, élevage. C’est un choc systémique pour la filière qui ne s’en relèverait pas.

Un choix politique clair : protéger ou abandonner

Pour l’AGPM, la question est désormais parfaitement claire : le soutien à l’Ukraine ne peut pas reposer sur les épaules des seuls agriculteurs et se traduire par un abandon des producteurs français et européens. L’Europe doit impérativement prendre conscience de l’impact sur les filières agricoles. C’est pourquoi l’AGPM appelle à :

1/ La définition d’une véritable ambition de production agricole européenne et française, et la mise en place d’une stratégie pour reconquérir sa souveraineté ;

2/ La réciprocité non-négociable des normes : mêmes standards et contrôles effectifs sur place et à l’entrée de nos frontières ;

3/ Des mesures de protection efficaces pour le maïs, qui est un secteur sensible :

  • Mécanisme de droits de douane qui fonctionnent ;
  • Maîtrise des importations face à la concurrence déloyale en cas de déstabilisation du marché, comme ce qui a été mis en place en Pologne, Hongrie, Slovaquie pour se protéger des actuels flux d’importations ukrainiennes de maïs notamment ;
  • Mesures de sauvegarde adaptées aux marchés agricoles et mobilisables dans l’urgence. L’AGPM réclame depuis 2024, l’activation d’une protection face aux importations ukrainiennes de maïs semence qui ont été multipliées par 2000 en 4 ans.

« Avec cette étude prospective, l’AGPM a voulu objectiver les enjeux pour la filière maïs à l’horizon 2030 afin d’en mesurer les conséquences concrètes. Notre démarche s’inscrit dans un esprit de lucidité et de responsabilité. Les écarts de coûts, de normes et de structures sont tels qu’une intégration en l’état fait peser, sur les producteurs de maïs français et européens, la menace d’une disparition inéluctable d’un grand nombre de nos exploitations. Une telle intégration mettrait également en péril l’ensemble de notre filière et le tissu économique dans nos territoires ruraux. Au-delà du maïs, c’est la capacité de l’Europe à produire, transformer et décider de son avenir agricole qui est en jeu. Sans réaction politique forte, l’intégration de l’Ukraine pourrait marquer un point de bascule irréversible pour l’agriculture européenne. C’est le sens de cette étude : identifier les risques, éclairer les décideurs, et avant tout rappeler qu’il n’y aura pas d’Europe forte sans une ambition agricole forte. » indique Franck Laborde, président de l’AGPM.