Récolte 2017 : ne pas oublier l’objectif protéines

La filière a mis en place un plan protéines blé tendre pour remonter la teneur moyenne en protéines et se donner les moyens de répondre aux attentes des marchés (intérieur et extérieur) toujours plus exigeants sur ce critère. Il est important que les efforts engagés sur ce plan se poursuivent années après années. Or, après la récolte calamiteuse de 2016, il ne faudrait pas que la logique d’économie avec laquelle la plupart des agriculteurs aborde la campagne 2016-2017 ne conduise à hypothéquer la qualité de la prochaine récolte. Il est possible de concilier les trois objectifs ─ qualité, rendement et maitrise des charges ─ à condition de savoir adapter son itinéraire technique, en particulier sur la fertilisation azotée, et éviter les pièges d’une campagne atypique.
Dans leur rôle d’accompagnement technique des agriculteurs, les coopératives sont des acteurs essentiels pour la diffusion des bonnes recommandations pour répondre à ce triple objectif. Arvalis ─ Institut du végétal s’est penché sur cette question. Voici ses principaux messages :
Penser à mettre en réserve de l’azote pour l’objectif « protéines ».
Après une récolte 2016 marquée dans la moitié Nord de la France par des rendements très inférieurs à la moyenne, un été sec et chaud, des alternances de gel dégel et un déficit hydrique pendant la période hivernale, les céréales d’hiver débutent l’année dans des conditions atypiques. Une première conséquence de ce scénario particulier est le niveau élevé, voire parfois très élevé, de reliquat d’azote dans le sol en sortie hiver constaté dans la majorité des régions. C’est une source d’économie potentielle sur la dépense en engrais à condition de l’exploiter correctement. Comment faut-il réagir face à cette situation ? Principalement en faisant porter les économies sur les premiers apports sans réduire les derniers :
- D’abord calculer une dose d’azote prévisionnelle avec les outils conformes à la réglementation en utilisant dès cette année les coefficients de besoin unitaire « bq » tenant compte d’un double objectif rendement et protéines.
- Ne pas hésiter à suspendre l’apport d’azote au tallage si le reliquat d’azote dans le sol est élevé pour pouvoir en reporter plus en fin de cycle. Cette stratégie ne pénalise pas le rendement et permet de renforcer la teneur en protéines du grain.
- Au moment de l’apport « épi 1 cm » garder en réserve 40 à 60 unités d’azote sur la dose totale conseillée pour l’appliquer plus tard en fonction des besoins.
- Faire un diagnostic de nutrition azotée en cours de montaison avec un outil de pilotage (Farmstar, N-Tester, …) afin d’ajuster le complément d’azote nécessaire au rendement et à la qualité. Le service de pilotage a certes un coût mais le gain en rendement et protéines et les économies possibles d’engrais couvrent largement cette dépense et dégage en moyenne un bénéfice économique.
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter les publications d’Arvalis (Yvoir et la lettre hebdomadaire Arvalis Infos) où consulter vos contacts régionaux.



