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Actualités de la filière

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Innovation



La Coopération Agricole lance les premiers Trophées nationaux de l'Innovation Coopérative

Parce qu’innover c’est progresser ensemble, La Coopération Agricole lance les premiers Trophées de l'Innovation Coopérative, en partenariat avec BFM Business et La Tribune .

Déposer sa candidature en cliquant

Premier mouvement économique agricole et agroalimentaire français, rassemblant plus de 2 000 coopératives agricoles, représentant 70 % de la production agricole nationale et 1 produit alimentaire sur 3 en rayon, La Coopération Agricole crée pour la première fois un concours national consacré aux innovations portées par les coopératives agricoles françaises, qu'elles soient technologiques, organisationnelles, environnementales, économiques ou sociétales.

Dans un contexte où l'agriculture est souvent racontée à travers ses difficultés, et l’alimentation au cœur des préoccupations, ces Trophées font le choix de mettre en lumière les solutions, celles qui se construisent déjà dans les territoires et qui dessinent l'agriculture et l’agroalimentaire que nous voulons pour demain.

Quatre catégories pour valoriser toutes les formes d'innovation :

  • Coop & Conso : répondre aux nouvelles attentes des consommateurs et des marchés, et imaginer les produits de demain.
  • Coop & Transitions : accompagner les transitions climatiques, environnementales, énergétiques et numériques.
  • Coop & Associés : renforcer le modèle coopératif, l'engagement des coopérateurs et les dynamiques territoriales.
  • Coop & Société : rapprocher agriculture et citoyens grâce à des initiatives de dialogue, de pédagogie et d'ouverture.

Les projets seront examinés par un jury réunissant des personnalités du monde agricole, économique, scientifique et des médias. Les coopératives lauréates bénéficieront d'une visibilité nationale grâce au partenariat média avec BFM et La Tribune.

Le palmarès sera dévoilé lors du Congrès des coopératives agricoles, le 16 décembre 2026 après-midi, au Palais des Congrès de Paris.

Appel à candidatures :

Les candidatures sont ouvertes à toutes les coopératives agricoles françaises et leurs unions, ayant développé une initiative innovante s’inscrivant dans l’une ou l’autre des catégories, quel que soit leur secteur ou leur taille.

Calendrier :

  • Ouverture des candidatures : 6 juillet 2026
  • Clôture des candidatures : 30 septembre 2026
  • Réunion du jury : Octobre 2026
  • Remise des Trophées : 16 décembre 2026

Pour Jean-Luc Duval, président de La Coopération Agricole, « Les agriculteurs et leurs coopératives transforment leurs pratiques et innovent depuis toujours. C’est d’autant plus réel et concret dans les périodes de crise telles que celle que nous traversons aujourd’hui. Face au changement climatique, aux tensions géopolitiques et aux nouvelles attentes des consommateurs, la capacité à innover pour transformer nos modèles est devenue vitale. Partout en France, des coopératives inventent les solutions qui permettront de produire mieux tout en restant compétitives pour nourrir durablement les populations. Avec ces Trophées, nous voulons mettre en lumière les femmes et les hommes qui ouvrent la voie et montrent que des solutions existent déjà dans nos territoires. »

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CTI internationale

du 30 juin 2026



La réunion plénière de la CTI internationale, présidée par Jean-François Loiseau, a notamment abordé les actualités du commerce international. L’interprofession apicole a par ailleurs intégré l’instance.

La Commission thématique interfilières « agricole et agro-alimentaire internationale » (CTI internationale) de FranceAgriMer s’est réunie en séance plénière le 30 juin 2026 à Montreuil, sous la présidence de Jean-François Loiseau. À cette occasion, l’interprofession des produits de la ruche (INTERAPI) a intégré l’instance par arrêté ministériel.

Les membres ont notamment pu échanger sur la crise du détroit d’Ormuz, les accords de libre-échange et l’accompagnement par Business France des filières à l’export. La réunion a également évoqué les évolutions de la feuille de route de la CTI internationale, qui pourrait être désormais triennale (2027-2029) et concomitante à la mise à jour des « 15 pays à opportunités commerciales ».
Face à une situation inédite de chute de la balance commerciale française en 2025 (-838 M€) et la montée de tensions internationales géopolitiques (guerre en Iran) ou géoéconomiques (hausse de droits de douane américains), le président et le vice-président ont en effet souhaité engager une réflexion approfondie sur la prochaine feuille de route.

Deux présentations d’études ont complété les échanges de la séance :

  • « Impacts des investissements directs étrangers (IDE) sur les exportations françaises de produits céréaliers », qui dresse un bilan global du lien entre les IDE et les exportations françaises de produits céréaliers entre 2003 et 2024, avant d’examiner les effets potentiels de ces investissements sur les perspectives d’exportation de la filière.
  • « Performances à l’export des filières agricoles et agroalimentaires françaises », enrichie cette année d’une deuxième partie consacrée aux « 15 pays à opportunités commerciales » identifiés dans le cadre des travaux de la CTI internationale.

La CTI internationale, mise en place depuis 2019 par le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire et animée par FranceAgriMer, constitue une instance privilégiée d’échanges, de concertation et d'analyse chargée d’informer les pouvoirs publics et les filières sur les actions des différents acteurs de l'export, de proposer des plans d’actions coordonnés sur des pays ou des thématiques ciblés, d’éclairages et d’élaboration collective de stratégies. Elle regroupe des représentants de l’État, des Régions, des principales interprofessions, fédérations et organisations professionnelles agricoles et agro-alimentaires. Pour en savoir plus sur la CTI internationale, consulter notre page.

Comptes nationaux provisoires

de l’agriculture 2025



L’effondrement des céréaliers français se confirme

Les comptes provisoires de l’agriculture publiés ce jour affichent un rebond global du résultat agricole en 2025. Mais derrière la moyenne, une filière décroche : les céréaliers. Si les chiffres soulignent un retour à la normale sur le plan de la production après une année noire en 2024, ils confirment en revanche un effondrement économique sans précédent pour les céréaliers français au cœur d’un effet ciseaux dévastateur. Des résultats parmi les plus inquiétants de la ferme France alors que les moissons en cours clôturent une quatrième année consécutive dans le rouge.

 « Faut-il attendre des chiffres officiels pour confirmer nos multiples alertes sur ce qui se joue actuellement pour l’avenir des céréaliers français et de notre souveraineté alimentaire ? L’heure est grave ! » alerte Éric Thirouin, président de l’Association Générale des Producteurs de Blé (AGPB).

Publiés ce mardi par la Commission des Comptes de l’Agriculture de la Nation (CCAN), les chiffres issus des comptes provisoires de l’agriculture pour l’année 2025 affichent un résultat brut qui rebondit de 15 % en valeur et de 18,3 % par emploi non salarié, porté notamment par les productions animales. Une moyenne qui masque une réalité beaucoup plus sombre pour les céréaliers français, à l’heure même où les moissons se poursuivent sou une canicule éprouvante.

Si les volumes ont retrouvé des couleurs, les prix du blé poursuivent leur chute abyssale : -10,7% par rapport à 2024 (qui accusait déjà un repli de -8 %), et ne couvrent toujours pas les coûts de production attisée par une explosion continue des charges depuis 2022.

Éric Thirouin précise : « Que personne ne se raconte d’histoires : le rebond moyen du résultat agricole ne reflète en rien la situation des céréaliers. En 2025, nos volumes sont certes revenus à la normale après une année catastrophique, mais nous sommes malheureusement très loin d’une sortie de crise. Cette année encore, les cours du blé sont au plus bas et cette moisson 2026 ne compensera pas nos coûts de production. Produire sans pouvoir en vivre pour la quatrième année consécutive, ce n’est pas une sortie de crise, c’est le symptôme d’un décrochage profond. »

Pour l’AGPB, ces chiffres prolongent une alerte déjà documentée : un résultat courant avant impôt moyen de -6 800 € par chef d’exploitation en 2024, un revenu négatif pour plus de 80 % des céréaliers pour la troisième année consécutive, et près de 900 000 hectares de céréales à paille perdus en dix ans. 2026 sera donc la quatrième année dans le rouge mais il faudra attendre la publication des comptes officiels en 2027 pour le confirmer.

Un délai que refusent d’attendre les céréaliers pour appeler les pouvoirs publics et l’ensemble de la classe politique à agir : « Alors que la Banque de France vient d’annoncer que l’agriculture arrive en tête des défaillances d’entreprises au mois de mai, c ’est un véritable État d’Urgence agricole qui doit être décrété et appliqué pour sauver toutes les fermes les plus fragilisées ! » conclut Éric Thirouin.

Les comptes provisoires de l’agriculture 2025 sont accessibles sur le site de la statistique agricole du Gouvernement : https://www.agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/Dos2601/detail/

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Loi d’urgence agricole

La FNAB demande le retrait du projet de loi



Les canicules s’enchaînent et les tensions sur la ressource en eau sont exacerbées, avec des coupures d’eau potable dans certains territoires. Les agriculteur·ices ont besoin d’eau pour produire, c’est une évidence, mais le texte amendé par le Sénat n’apportera pas les solutions dont le monde agricole a besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique. En revanche, il creusera un peu plus le fossé qui sépare agriculteur·ices et citoyen·nes. La FNAB demande au gouvernement de ne pas laisser voter dans l’urgence un texte si déséquilibré.

La copie du Sénat va alimenter les tensions autour de l’eau

Avec la LUA, les Sénateurs loupent le coche d’un rendez-vous historique. Le texte propose un avenir basé sur une ressource en eau abondante et régulière, méconnaissant la réalité climatique. En systématisant le recours au stockage de l’eau sans réflexion sur les productions qu’on veut irriguer ou le modèle agricole qu’on veut soutenir ; en renforçant le pouvoir de l’agriculture sur les instances de l’eau au détriment du reste de la société ; en supprimant les solutions comme la bio pour protéger l’eau des pollutions agricoles, les sénateurs renforcent les conditions d’une multiplication des conflits locaux sur l’eau. 

A quelques mois des élections sénatoriales, ce texte met en concurrence agriculteurs et citoyens et souffle sur les braises d’un sujet déjà brûlant. Si on peut irriguer n’importe quoi n’importe quand, on va vers des conflits locaux entre agriculteurs et riverains comme c’est déjà le cas au sujet des pesticides et de la pollution des captages ” déplore Olivier Chaloche, co-président de la FNAB.

La sobriété et l’agroécologie pour préserver la ressource en eau

Oui, l’agriculture a besoin d’eau, comme la population et les écosystèmes. Seul un scénario collectif de sobriété et de développement de l’agroécologie limitera les tensions. Le monde agricole doit être partie prenante de cette réflexion. Quand l’eau devient rare, que doit-on produire en priorité ? Quelles pratiques agricoles respectueuses de la ressource doit-on privilégier ? Comment la société peut soutenir les changements de systèmes agricoles permettant de relever ces défis ? Ce sont là les vraies questions que les sénateurs ne se sont pas posées.

En bio on n’est pas épargnés par la canicule, pour certains c’est très dur et l’absence d’accès à l’eau crée des inégalités entre nous. Il faut retravailler un système de gestion des risques qui permette aux agriculteurs de vivre avec ces nouveaux aléas, là-dessus le projet de loi ne dit rien du tout. Il faut aussi réfléchir à nos pratiques au regard de cette nouvelle réalité de l’eau. En bio on travaille pour avoir des sols plus riches en matière organique, plus couverts, on maintient des haies et des zones humides, on ne peut pas parler usages de l’eau sans parler pratiques agricoles ” explique Olivier Chaloche.

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Dialogue agricole à Berlin



À Berlin, Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France, et Guillaume Lefort, Vice-Président de Chambres d'agriculture France, ont rencontré plusieurs responsables politiques et acteurs agricoles allemands afin d’échanger sur les grands enjeux européens pour l’agriculture. Les discussions ont notamment porté sur l’avenir de la PAC, la simplification réglementaire et l’accompagnement des transitions des exploitations.

Rencontre par les Chambres d’agriculture françaises d'acteurs politiques et institutionnels allemands 

Le déplacement des Chambres d’agriculture françaises en Allemagne, organisé en collaboration avec l’Ambassade de France en Allemagne, a été ainsi l’occasion de rencontrer plusieurs acteurs politiques et institutionnels allemands comme : 

  • Nobert Lins, Eurodéputé et Rapporteur du Règlement PAC au Parlement Européen
  • Markus Schick, Secrétaire d'Etat au Ministère Fédérale de l'agriculture (équivalent Directeur d'administration centrale) 
  • Jörg Migende, Directeur Général de Deutscher Raiffeisenverband e.V, principale coopérative allemande
  • Stéphanie Sabet, Secrétaire Générale du Deutscher Bauernverband e.V. (DBV), principal syndicat allemand
  • Gerhard Schwetje, Président de la Fédération des Chambres d'agriculture
  • Une délégation de députés allemand autour du Président de la Commission Agriculture du Bundestag Hermann Färber.

Des échanges sur l’avenir de la PAC, la simplification réglementaire et l’accompagnement des transitions des exploitations

Les échanges ont principalement porté sur : 

  • Le Règlement sur les Plans de Partenariat Nationaux régionaux : la nouveauté du Cadre Financier Pluriannuel Européen 
  • Le Règlement sur la Politique Agricole Commune, en amont de son examen au Parlement Européen et au Conseil de l’Union Européenne 
  • La simplification de la règlementation européenne, notamment en lien avec le Règlement Déforestation et le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières qui poursuit un objectif louable mais qui a des effets délétères sur la compétitive des exploitations agricoles françaises
  • La révision de la directive sur les marchés publics, afin de créer un critère "Made in UE" dans les appels d’offre de la commande publique pour les produits alimentaires
  • L'accompagnement à la transition des exploitations agricoles, que ce soit avec une nouvelle Mesure Agro-Environnementale qui soutient la production 

 À cette occasion, Sébastien Windsor a rappelé la position portée par le réseau des Chambres d'agriculture. “ Nous voulons un premier pilier qui soutient la production, fondé sur les aides directes, et un deuxième pilier qui accompagne les agriculteurs dans la transition économique comme environnementale de leur exploitation. ” 

Les échanges ont également confirmé plusieurs positions communes entre les organisations françaises et allemandes, notamment sur :

  • l'importance du conseil
  • l'accompagnement et la formation des agriculteurs
  • l’importance du dialogue entre partenaires européens pour construire des politiques agricoles adaptées aux réalités du terrain et aux défis à venir. 

Commission des Comptes

de l’Agriculture Française



Un rebond du résultat agricole en 2025 mais un contexte d’incertitudes croissantes en 2026

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur traverse la France, perturbant un peu plus la production agricole, la Commission des Comptes de l’Agriculture Française s’est réunie aujourd’hui pour communiquer les résultats provisoires de la branche agricole de l’année 2025.

Après deux années consécutives de baisse, la valeur de la production agricole totale s’est redressée de 4,7 % en 2025. Les évolutions restent contrastées selon les productions ou les régions : la valeur des productions végétales a progressé de 1,6 %, sous l’effet notamment d’un redressement des productions des grandes cultures, après les très mauvaises récoltes de 2024 ; la valeur des productions animales a augmenté de 10,1 %, la progression des prix des bovins et des œufs expliquant une grande partie de cette évolution.

La valeur des consommations intermédiaires, c’est-à-dire des biens et services consommés au cours du processus de production, a légèrement diminué (-1 %), dans un contexte de baisse des prix de l’énergie et des engrais.

La valeur ajoutée nette au coût des facteurs (par emploi), qui reflète la création de richesses de la branche agricole, a ainsi progressé de 15,8 % en 2025, après avoir diminué de -15,8 % en 2023 et -16,7 % en 2024. Le résultat net de la branche agricole par emploi non salarié a augmenté de 32,4 %. Malgré ces résultats, les montants des investissements ont diminué de plus de 2 %.

Enfin, l’INSEE a réalisé un point sur la balance commerciale de produits agricoles bruts : l’excédent commercial est le plus faible résultat de ce siècle (0,3 milliard d’euros), avec néanmoins la progression notable d’un secteur : celui du commerce des animaux vivants qui dégage un solde de 2,8 milliards d’euros.

Les résultats de la branche agricole ont progressé en 2025 après deux années de recul, mais l’année 2026 s’annonce déjà difficile avec des productions fortement impactées par les épisodes caniculaires successifs et la sécheresse qui s’installe, dans un contexte de grande incertitude sur le prix des intrants (énergie et engrais) et donc de dégradation des résultats économiques des exploitations agricoles.

« Le rebond de 2025 ne doit pas faire illusion. Les aléas climatiques s'intensifient, les incertitudes économiques demeurent et les investissements reculent. Plus que jamais, nous devons donner aux agriculteurs les moyens de sécuriser leurs revenus et de préparer l'avenir de notre souveraineté alimentaire. » Sébastien Windsor, Président de Chambres d’agriculture France

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futurs possibles



« Sans rentabilité, il n’y aura pas d’adaptation durable »

Lors de l’assemblée générale de Terres Univia, qui s’est déroulée le 23 juin dernier, Gilles Robillard, le président de l’institut technique, est intervenu dans une table-ronde consacrée aux futurs possibles de la filière des huiles et des protéines végétales. 

Quels sont, selon vous, les principaux leviers pour préparer l'agriculture aux défis climatiques de demain ?

Nous disposons aujourd’hui d’une véritable boîte à outils, mais tous les leviers ne sont pas mobilisables partout. Chaque territoire est confronté à des réalités climatiques différentes et chaque exploitation a ses propres contraintes. L’enjeu est désormais de décliner des solutions adaptées à chaque contexte, afin que les agriculteurs puissent engager des transitions réalistes et efficaces.

Quelles sont les conditions indispensables pour réussir cette transition ?

La dimension économique reste le point central. Nous pouvons imaginer de nombreux scénarios de transition, mais ils ne pourront se concrétiser que si les exploitations trouvent un modèle économiquement viable. Sans rentabilité, il n’y aura pas d’adaptation durable. C’est la condition indispensable pour réussir les transitions.

Comment accompagner les agriculteurs face à ces évolutions ?

Le principal défi est celui de l’accompagnement. Toutes les exploitations ne disposent pas des mêmes capacités d’investissement ni des mêmes marges de manœuvre. Il faut tenir compte de cette diversité et construire des réponses sur mesure. Cela implique un important travail collectif afin d’accompagner concrètement les agriculteurs dans leurs choix et leurs transitions.

À quoi pourrait ressembler l'agriculture française à l'horizon 2035 ?

Malgré le changement climatique, l’agriculture devra continuer à nourrir les populations françaises. Pour cela, nous avons besoin d’une prise de conscience collective de l’urgence pour bâtir un véritable plan de résilience pour les exploitations agricoles. Cela suppose d'agir simultanément sur plusieurs leviers : l'accès à l'eau, l'investissement, l'accompagnement des agriculteurs, mais aussi les mécanismes de financement qui permettront de sécuriser et d'accélérer les transitions.

Quel rôle les acteurs de la recherche et les organisations professionnelles doivent-ils jouer dans cette transformation ?

Leur rôle est essentiel. Nous avons besoin d'un véritable plan d'accompagnement fondé sur davantage de recherche, en lien avec les universités et les instituts techniques, mais aussi sur une diffusion efficace des solutions vers le terrain. Changer ses pratiques représente toujours une prise de risque pour un agriculteur. L'enjeu est donc de mieux accompagner cette prise de risque et de construire des dispositifs permettant de la partager collectivement.

Nous pouvons imaginer de nombreux scénarios de transition, mais ils ne pourront se concrétiser que si les exploitations trouvent un modèle économiquement viable.

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Le conseil d’orientation

mobilisé sur la souveraineté alimentaire



Le conseil d’orientation permanent de FranceAgriMer s’est réuni le 1er juillet 2026, à Montreuil, sous la présidence de Franck Sander, aux côtés de Martin Gutton, directeur général et de Julie Brayer Mankor, directrice générale adjointe, avec la participation de Philippe Mauguin, président directeur général de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).

Cette séance était dédiée au partage des travaux sur la souveraineté alimentaire, dans le cadre de cette instance de FranceAgriMer, lieu privilégié d’échanges entre acteurs de l’ensemble des filières de l’agriculture et de la mer, de l’amont à l’aval, et pouvoirs publics.

Conférences de la souveraineté alimentaire : les avancées des travaux

La direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a fait le point sur l’état d’avancement des travaux menés dans le cadre des conférences de la souveraineté alimentaire. Le calendrier et la méthodologie de suivi de ces travaux ont fait l’objet d’échanges.

Les remontées des travaux régionaux sont actuellement en cours, ainsi que l’élaboration d’une synthèse qui sera partagée au niveau national, dans une démarche de concertation et de co-construction.

Les représentants des différents groupes sectoriels sont également intervenuspour faire le point sur leurs travaux. L’importance de la coordination entre les différents niveaux de gouvernance pour assurer l'efficacité de la démarche de souveraineté alimentaire a été soulignée.

Un état des lieux des travaux menés par FranceAgriMer sur l’élaboration d’indicateurs de suivi de la souveraineté alimentaire a ensuite été présenté en séance. Ces indicateurs, simples et pertinents contribueront à la publication d’un rapport annuel sur la réalisation des objectifs fixés dans le cadre des conférences. Des propositions concernant ces indicateurs de suivi devraient être présentées lors des réunions des groupes sectoriels, prévues en septembre prochain.

La place centrale des conseils spécialisés de FranceAgriMer, instances réunissant les représentants professionnels des filières et les pouvoirs publics, a été soulignée en tant que lieux de liaison et de partage des travaux sur la souveraineté alimentaire.

Recherche, innovation et souveraineté alimentaire : l’INRAE pleinement engagé

Le président directeur général de l'INRAE, accompagné de la directrice scientifique agriculture, a présenté les missions de cet institut et la manière dont il accompagne la compétitivité des exploitations et des entreprises agricoles, ainsi que leur adaptation aux grands défis des transitions, au premier rang desquels figure le changement climatique.

Pleinement engagé dans les travaux de la souveraineté alimentaire, en articulation avec les instituts techniques agricoles, l’INRAE est à l’écoute des besoins des filières en matière de recherche et d’innovation. Dans cet esprit, son intégration dans les conseils spécialisés de FranceAgriMer sera renforcée.

Egalement à l’ordre du jour de cette séance, un point à date sur la mise en œuvre des dispositifs de soutien aux filières opérés par l’Etablissement.

Photo : © Laurence Gibert-Mesnil/FranceAgriMer

107 M€

pour soutenir l’approvisionnement en engrais



La commission européenne amorce une prise de conscience sur l’ampleur de la crise agricole en France

Sur les 540 millions d’euros promis par la Commission européenne pour soutenir les agriculteurs européens dans leurs approvisionnements en engrais et sécuriser ainsi les prochaines récoltes, 107 millions d’euros seront dédiés à la France. Une première avancée essentielle pour répondre à l’urgence mais néanmoins trop limitée pour espérer surmonter l’effondrement économique en cours au sein des fermes française de grandes cultures qui appellent le Gouvernement à compléter ce dispositif.

« Notre mobilisation n’aura pas été vaine : une enveloppe de la Commission Européenne de 107 millions d’euros pour nous permettre un minimum d’approvisionnement en engrais, ce n’est pas anecdotique. Nous appelons le Gouvernement à la renforcer et à la déployer de manière simple et accessible pour tous les agriculteurs dès les prochains jours » déclarent les représentants des associations spécialisées des producteurs de grandes cultures (blé, maïs, betterave, tournesol, colza et pommes de terre).

Confrontés à une envolée du prix des engrais intenable, les agriculteurs français restaient jusqu’alors suspendus au déploiement du plan de soutien exceptionnel de 540 M€ annoncé début juin par la Commission européenne.

Destiné à appuyer les agriculteurs européens dans leurs approvisionnements d’engrais et soulager la trésorerie de leurs exploitations, le dispositif a été précisé ce mardi 30 juin par la voix de Christophe Hansen. Le Commissaire européen vient en effet de proposer d’en allouer la plus grande part aux agriculteurs français, soit 107 M€, reconnaissant ainsi la réalité économique catastrophique de la ferme France ainsi que son rôle essentiel à la souveraineté alimentaire européenne.

Si l’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et UNPT saluent une prise de conscience et un réel effort, leurs présidents respectifs alertent : « L ’Europe ouvre enfin les yeux mais qu’en est-il de la France ? ». La Commission européenne laisse en effet la possibilité au Gouvernement d’abonder jusqu’à 200% de cette aide par des fonds nationaux mais cette option tarde à se concrétiser.

Alors que les moissons débutent sous une canicule historique, que les cultures d’été souffrent du manque d’eau et que nombre de producteurs accusent désormais des résultats négatifs pour la quatrième année consécutive, l’avenir des grandes cultures en France n’a jamais été aussi incertain.

« Nous restons profondément inquiets car nous traversons depuis plusieurs années une crise profonde où les aléas climatiques et économiques se succèdent sans discontinuer. Nos trésoreries sont exsangues : aurons-nous simplement les moyens de cultiver et de semer l’année prochaine à l’issue de nos récoltes qui s’annoncent déjà préoccupantes ? Le Gouvernement doit répondre à un véritable État d’urgence agricole ! » préviennent les associations spécialisées.

Méthanisation



Les organisations agricoles dénoncent un coup d'arrêt aux projets agricoles

La FNSEA, l'AAMF, Chambres d'agriculture France et La Coopération Agricole expriment leur profonde incompréhension et une vive inquiétude sur les annonces présentées, sans concertation, par le Gouvernement lors du Groupe national d'échanges sur le biogaz du 25 juin.

Les organisations saluent les avancées annoncées sur les certificats de production de biogaz (CPB), qui constituent un signal positif et apportent de la visibilité aux acteurs de la filière. Ces annonces doivent désormais être rapidement concrétisées par la publication du décret et par l’indexation sur l’inflation du montant de la pénalité appliquée aux fournisseurs de gaz ne respectant pas leurs obligations en matière de CPB.

En revanche, les organisations agricoles ne peuvent accepter que ces avancées servent de justification à l’arrêt du tarif d’achat, alors même que les CPB ne sont pas encore pleinement opérationnels. Elles dénoncent également l’abandon en rase campagne des centaines d'exploitations encore engagées en cogénération. 

Les organisations demandent la suspension de ces évolutions et l’engagement immédiat d’une concertation, nécessaire à la construction d’une transition crédible. Elles demandent également que les projets ayant déjà engagé des investissements significatifs au 25 juin puissent poursuivre leur développement dans le cadre du dispositif actuel.

Le dispositif de soutien actuel a permis de faire émerger une filière championne européenne, largement portée par l’engagement et le travail des agriculteurs. Les organisations agricoles sont prêtes à le faire évoluer, à adapter son encadrement et à poursuivre les efforts engagés pour améliorer la compétitivité des projets. Mais cette évolution doit être construite avec les agriculteurs et non imposée dans la précipitation. Sans agriculteurs, il n'y a ni biomasse, ni retour au sol du digestat. Nous devons renforcer notre capacité à porter des projets de méthanisation, qu’ils reposent sur des effluents d’élevage, sur des intrants agricoles ou d’industries alimentaires ou sur des approvisionnements collectifs portés par les coopératives agricoles. 

La mise en place d’un appel d'offres marque un changement profond. Un tel mécanisme fonctionne pour des structures plus fortement capitalisées, capables d'absorber les risques et les coûts échoués liés aux projets non retenus, et exclut de facto les agriculteurs. La recherche d'une énergie au meilleur prix est une exigence partagée. En faire le seul critère d'appréciation des projets est une erreur. C’est nier ce qui a fait la réussite de la méthanisation française : des projets de toute taille, fortement ancrés dans leurs territoires, qui créent simultanément de la valeur pour les exploitations et les territoires ruraux, réduisent la dépendance aux engrais importés, contribuent à la décarbonation, et renforcent notre souveraineté énergétique et alimentaire.

La force du modèle français de méthanisation ne réside pas uniquement dans sa capacité à produire une énergie renouvelable : elle tient à sa capacité à créer durablement de la valeur pour les agriculteurs, les territoires et à renforcer notre souveraineté agricole, alimentaire et énergétique.

POSEI

Les Chambres d’agriculture demandent le maintien



Réunies en Conseil d’administration le 17 juin 2026 à Paris, sous la présidence de Sébastien Windsor, les Chambres d’agriculture ont adopté une motion pour un POSEI autonome et financièrement garanti dans le prochain Cadre Financier Pluriannuel (CFP) 2028 – 2034.

La proposition de la Commission européenne du 16 juillet 2025 prévoit la création d’un fonds unique fusionnant la plupart des instruments actuels, faisant ainsi disparaître les dispositifs spécifiquement dédiés aux régions ultrapériphériques (RUP), au premier rang desquels le règlement POSEI. 

Les Chambres d’agriculture alertent sur les conséquences d’une telle disparition pour l’organisation, la résilience et la compétitivité des filières agricoles ultramarines. Elles s’inquiètent également de l’introduction d’un taux de cofinancement national, là où le POSEI est aujourd’hui financé à 100% par le budget européen, ce qui ferait peser une charge nouvelle sur les budgets nationaux.

Les demandes à la Commission européenne

  • Le maintien d’un règlement POSEI autonome, fondé sur l’article 349 du TFUE, avec une ligne budgétaire dédiée au sein du CFP
  • Une augmentation de l’enveloppe POSEI, dont le plafond annuel est inchangé depuis 2011, soit une perte de 28 % en valeur réelle du fait de l’inflation, avec un relèvement de la part dédiée aux filières de diversification végétale et animale.

Les demandes à l’État

  • Poursuivre la mobilisation diplomatique auprès du Conseil et du Parlement européens pour défendre le maintien d’un POSEI autonome
  • Revaloriser l’enveloppe nationale dédiée aux filières de diversification animale et végétale pour améliorer les taux de couverture alimentaire et structurer les filières locales
  • Réviser les critères d’éligibilité aux aides du POSEI afin de permettre aux agriculteurs indépendants d’en bénéficier
  • Associer pleinement les Chambres d’agriculture à la construction de la position française et à la déclinaison nationale du POSEI
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« L’Aventure du vivant »



L’enseignement agricole et son camion « L’Aventure du vivant » font étape sur les routes du Tour de France en Nouvelle-Aquitaine

Les 8, 10 et 12 juillet 2026, le camion « L’Aventure du vivant » fera étape en Nouvelle-Aquitaine à l’occasion du passage du Tour de France. À cette occasion, le ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire (MAASA) invite le grand public à découvrir la diversité des formations de l’enseignement agricole et les nombreuses opportunités offertes par les métiers du vivant, grâce à des activités ludiques et immersives et à des rencontres avec des apprenants et des professionnels.

« Le Tour de France, comme l’enseignement agricole, est profondément ancré dans nos territoires ruraux. Chaque été, il traverse des paysages, des villages, des exploitations et rassemble des publics extrêmement variés autour d’une même fierté territoriale.

C’est une formidable opportunité pour le camion “L’Aventure du vivant” d’aller à la rencontre de ces publics et de faire découvrir, de manière concrète et accessible, toute la richesse des métiers du vivant et des formations qui y préparent. Former des jeunes capables demain de nourrir la population, de protéger l’environnement, de faire évoluer nos systèmes agricoles et de faire vivre les territoires ruraux : c’est tout le sens de l’enseignement agricole aujourd’hui. » Benoît Bonaimé, Directeur général de l’enseignement et de la recherche

Faire découvrir les métiers du vivant au plus près des territoires

Chaque été, le Tour de France rassemble plusieurs millions de spectateurs sur les routes de France. Son passage en Nouvelle-Aquitaine constitue une occasion privilégiée de faire découvrir les formations et les métiers de l’enseignement agricole à un large public.

Le camion « L'Aventure du vivant » sera présent les 8 et 10 juillet dans les Villages Emploi à Gabaston (Pyrénées-Atlantiques) et Illats (Gironde), puis le 12 juillet au lycée agricole de Tulle-Naves (Corrèze) à l'occasion d'une fan zone dédiée au Tour de France.

Ce camion, dispositif itinérant du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire (MASAA), permet de se déplacer au plus près des territoires pour présenter les métiers et formations de l'enseignement agricole. À travers cette tournée, l'enseignement agricole poursuit son engagement pour aller à la rencontre des jeunes, des familles et des personnes en réflexion sur leur orientation ou leur reconversion professionnelle.

L’enseignement agricole : plus de 150 formations pour construire son avenir

Avec plus de 800 établissements d’enseignement technique et supérieur répartis sur l’ensemble du territoire, y compris en outre-mer, l’enseignement agricole constitue un réseau d’excellence et d’innovation au service de la réussite de tous.

De la classe de 4e aux diplômes d’ingénieur agronome ou de vétérinaire, il propose plus de 150 formations dans des secteurs variés : agriculture, agroalimentaire, forêt, paysage, santé animale, services à la personne ou aux territoires. Ses élèves, étudiants et apprentis disposent de taux de réussite aux examens et d’insertion professionnelle supérieurs à la moyenne nationale.

En Nouvelle-Aquitaine, près de 20 000 élèves et 5 000 apprentis sont formés dans les établissements de l’enseignement agricole technique. La région offre de nombreuses perspectives professionnelles dans les secteurs de l’agriculture, de l’alimentation, de l’environnement, de l’agroéquipement ou encore de l’aménagement paysager.

Les trois rendez-vous à ne pas manquer en Nouvelle-Aquitaine

  • Mercredi 8 juillet 2026 – Gabaston (Pyrénées-Atlantiques)
    Village Emploi
    Horaires : 11 h – 18 h
  • Jeudi 10 juillet 2026 – Illats (Gironde)
    Village Emploi
    Horaires : 11 h – 18 h
  • Samedi 12 juillet 2026 – Tulle-Naves (Corrèze)
    Fan zone Tour de France
    Lycée agricole Tulle-Naves – EPLEFPA Edgard Pisani
    Horaires : 9 h – 18 h