
Marché des céréales
Le Conseil International des Céréales revoit à la baisse la production mondiale de blé
Les conditions climatiques chez les principaux exportateurs de blé inquiètent les marchés alors que les analystes, à l’image du CIC, revoient à la baisse les prévisions de production. La météo est le principal élément de soutien du cours du blé qui a été orienté à la hausse sur Euronext cette semaine pour l’ensemble des échéances.
Le Conseil International des Céréales (CIC) estime la production mondiale de blé pour la campagne 2024/25 en recul de 3 millions de tonnes (Mt) à 795 Mt par rapport au mois dernier. Ce recul s’explique par une révision à la baisse pour la Russie. En effet, après avoir été touché par une vague de chaleur, puis des gelées début mai, le Sud de la Russie, principale zone de production de blé du pays, fait maintenant face à un déficit hydrique. Les précipitations cumulées depuis le début du mois de mars sont inférieures de moitié aux précipitations habituelles. Dans ce contexte, le CIC a abaissé sa prévision de production de 4,9 Mt à 85,5 Mt. Tandis que certains analystes privés comme Ikar sont plus pessimistes encore avec une estimation de production à 83,6 Mt (contre 86 Mt précédemment).
Ce déficit hydrique est également observé en Ukraine mais dans une moindre mesure. L’impact sur les cultures est à surveiller mais n’est pas encore trop inquiétant d’après des analystes locaux.
Autre élément de soutien, le crop rating de l’USDA publié lundi soir qui dégrade l’état des cultures des blés d’hiver US d’un point sur la semaine, jugeant 49% des cultures dans un état « bons à excellents ». Chiffre en recul certes mais toujours bien supérieur à celui de l’an dernier qui était à 31% à pareille époque.
Les zones Ouest et Sud de l’Australie font aussi face au manque d’eau, ce qui perturbe les travaux de semis.
En France, les conditions de cultures du blé tendre se dégradent encore selon Céré’Obs avec 63% des cultures jugées dans un état bon à très bon au 20 mai (contre 64% la semaine dernière et 93% l’an dernier), tout comme l’orge de printemps qui passe de 74% à 73% (contre 95% l’an dernier). La dégradation est plus importante pour le blé dur qui passe de 66% à 64% sur la semaine (contre 86% en 2023) mais se stabilise pour l’orge d’hiver à 66%.
Pour le maïs, d’après ce même rapport Céré’obs, les semis de maïs ont fait un bond de 5% passant de 73% à 78% réalisés mais cela ne permet pas de rattraper le retard pris par rapport à l’an dernier (93%). Les retards les plus importants sont en Bretagne et en Pays-de-Loire. La persistance du temps humide entraine un risque de semis très tardifs (après le 1er juin pour certains secteurs), qui seront à surveiller compte tenu de l’adaptation nécessaires des variétés.
La situation est identique outre Atlantique avec des semis de maïs très en retard aux Etats-Unis également. Les agriculteurs américains ont pu profiter d’une courte fenêtre climatique la semaine passée pour faire progresser fortement les travaux de semis de 21 points à 70%, rattrapant presque le retard accumulé depuis le début de la campagne (71% des semis réalisés pour la moyenne quinquennale à pareille époque). Cette forte progression a été une surprise pour le marché d’où une baisse des cours du maïs à Chicago et sur Euronext. Le retour des pluies attendues ces prochains jours devrait mettre un coup d’arrêt aux semis.

