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Technique et innovation

graines1190

Décorticage

des graines de tournesol



L'expertise de Terres Inovia dans la revue OCL

La revue scientifique OCL est un journal à comité de lecture qui publie des articles d'excellence dédiés aux corps gras, aux lipides et aux plantes riches en lipides et protéines. Dans son dernier numéro, elle a partagé les résultats d'une étude sur les facteurs contribuant à la variabilité de l’aptitude au décorticage des akènes de tournesol, réalisée par Terres Inovia, RAGT 2n, Soltis Research et l'ITERG. 

Cette étude vise à déterminer les facteurs morphologiques et anatomiques qui influencent l’aptitude au décorticage des akènes de tournesol, une problématique majeure pour l’industrie oléagineuse. Les auteurs ont étudié quatre cultivars issus de deux sites et deux années de culture. 

Ces travaux ont confirmé l’importance de l’interface coque/amande pour le décorticage et donne de nouvelles perspectives pour la sélection variétale en vue d’améliorer la qualité technologique des graines de tournesol.

L'article de la revue OCL

Photo : graine de tournesol décortiquée (crédit P.Carré- Terres Inovia)

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Tournesol



Des brûlures de capitules plus fréquentes et plus précoces cette année

Les épisodes de canicule se succèdent depuis la mi-mai sur le territoire national, battant des records historiques d’intensité et exposant l’agriculture à des conditions jamais connues jusque-là. Le tournesol, culture parmi les plus résilientes à la sécheresse et aux fortes températures, subit néanmoins les assauts d’une météo brûlante.

Un phénomène inhabituel observé dans plusieurs régions françaises

S’il est encore trop tôt pour tirer un premier bilan de la campagne tournesol 2026, des symptômes très rarement rencontrés jusqu’ici sont observés dans de nombreux secteurs du territoire national. Il s’agit de brûlures plus ou moins importantes localisées au niveau des boutons floraux puis des capitules. Le reste de la plante reste la plupart du temps indemne. Ce phénomène que l’on classe sous l’appellation générique de « coup de chaud » semble en nette augmentation cette année, sur de rares parcelles il est même signalé à des niveaux préoccupants.

Des brûlures d’intensité variable, généralement limitées mais parfois préjudiciables

Les brûlures peuvent être plus ou moins prononcées, ne concerner que quelques bractées sans véritablement entraver le développement de la plante, ou à l’inverse se retrouver sur l’ensemble des bractées et tout ou partie du bouton puis du capitule ; dans ce dernier cas, le capitule est déformé, la nouaison est altérée et la production de graine fortement affectée. Au sein d’une même parcelle, ces 2 niveaux de gravité peuvent être observés, ainsi que toutes les situations intermédiaires. Bien souvent, un grand nombre de plantes (parfois 80% à 90%) sont concernées, à des degrés divers, laissant supposer une incidence sur le rendement. Voir photos.

Des épisodes de forte chaleur associés à un manque d’eau propices au phénomène

A ce jour, les mécanismes à l’origine de ces symptômes restent encore à préciser. Ils semblent toutefois liés à un désordre d’ordre physiologique provoqué par des stress thermiques et hydriques importants, avec semble-t-il une sensibilité variable selon les variétés.

Le phénomène observé pourrait correspondre au bract necrosis (« nécrose des bractées »), décrit depuis les années 1980 dans des régions du monde caractérisées par un climat chaud et sec. Il apparait notamment lors d’épisodes prolongés de températures élevées supérieures à 35-40°C , pendant plusieurs jours consécutifs, et associés à un déficit hydrique. 

Une autre hypothèse avancée pour expliquer ce bract necrosis concerne un défaut d’alimentation en calcium des bractées. En situation de stress thermique et hydrique marqué, l’absorption et le transport du calcium dans la plante peuvent être perturbés, limitant son apport aux tissus en croissance. Cette carence localisée, qui peut survenir même dans des sols riches en calcium, pourrait alors favoriser la dégradation des tissus et l’apparition des nécroses. La sensibilité au phénomène semble également varier selon les variétés. Certaines apparaissent moins touchées que d’autres, ce qui rejoint les observations rapportées dans la littérature sur l’existence d’une composante génétique de la sensibilité au bract necrosis. Des différences de tolérance entre hybrides pourraient ainsi contribuer à expliquer la variabilité des symptômes observés au champ.

Terres Inovia poursuit ses observations pour évaluer l’ampleur du phénomène et mieux le comprendre

Dans le cadre de ses enquêtes sanitaires annuelles, Terres Inovia évalue la fréquence du phénomène (proportion de parcelles concernées, qui semble à ce stade limitée) ainsi que sa gravité (proportion de plantes touchées dans une parcelle observée). Cette collecte d’informations permettra de mieux comprendre le phénomène pour l’expliquer. Les producteurs concernés sont invités à se rapprocher de leurs techniciens de culture ou de l’Institut pour partager leurs observations. 

L’offre climatique de la campagne 2026 restera dans les annales. Ces 2 graphiques (source Météo France) réalisés pour les stations de Toulouse-Blagnac (31) et de Poitiers-Biard (86) montrent sur la période allant du 15 mars au 13 juillet des sommes de températures largement supérieures aux précédents records de 2022 et 2025, ainsi qu’un cumul de pluie extrêmement faible. A Poitiers, seuls 120mm de pluie ont été enregistrés en 4 mois.

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agriculture de demain



Dans le désert le plus aride du monde, des plantes détiennent peut-être la clé de l'agriculture de demain

Dans les hauteurs du désert d'Atacama au Chili, des plantes résistent à des conditions extrêmes. Comment font-elles ? Et peut-on utiliser leurs "super-pouvoirs" pour cultiver de nouvelles variétés de plantes plus résistantes à la sécheresse ?

À plus de 3 000 mètres d'altitude dans l'Atacama (Chili), le désert le plus sec de la planète, des dizaines d'espèces végétales prospèrent sous un soleil implacable, avec presque aucune eau et des sols quasiment dépourvus de nutriments. Des conditions qui tueraient n'importe quelle plante cultivée en France. Pourtant, ces espèces tiennent bon, génération après génération. Des chercheurs ont décidé de comprendre comment ces plantes dites extrêmophiles sont capables de résister à ces stress et comment on pourrait en tirer profit pour l'agriculture aujourd’hui soumise à des conditions climatiques de plus en plus extrêmes.

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Projet ALIAGE



42 mois de recherches, d’expérimentations et d’innovations à découvrir

Comment réduire le recours au glyphosate tout en maintenant des systèmes agricoles performants ?

C’est à cette question que s’est attelé le projet ALIAGE avec l’ambition de mieux comprendre les trajectoires de transition et identifier les leviers qui permettent de faire évoluer durablement les pratiques.

Aujourd’hui, le projet s’achève, mais les connaissances produites continuent de vivre. Les partenaires mettent à disposition un Genially interactif qui rassemble les principales ressources et permet de découvrir les enseignements d’ALIAGE de manière simple et intuitive.

Une transition qui se construit pas à pas

Les travaux menés dans le cadre d’ALIAGE montrent qu’il n’existe pas de recette universelle pour sortir du glyphosate. Les changements reposent sur la combinaison de nombreux leviers : évolution des itinéraires techniques, adaptation du matériel, nouvelles organisations du travail, échanges entre agriculteurs et agricultrices ou encore accompagnement des collectifs.

C’est cette articulation entre plusieurs formes d’innovation que le projet a étudiée à travers le concept d’innovations couplées.

Observer, expérimenter, comprendre

Pour produire des connaissances directement mobilisables, le projet s’est appuyé sur plusieurs approches complémentaires.

Des collectifs d’agriculteurs ont partagé leurs expériences de terrain, permettant d’analyser les facteurs de réussite, les difficultés rencontrées et les adaptations mises en œuvre au fil du temps.

Parallèlement, des systèmes de culture innovants ont été conçus et évalués afin de mesurer leurs performances selon différents critères : agronomiques, économiques, environnementaux et organisationnels. Ces expérimentations apportent des références pour accompagner les transitions vers des systèmes moins dépendants du glyphosate.

Une mine de ressources à explorer

En parcourant le Genially, vous pourrez notamment découvrir :

  • les principes des innovations couplées et de la traque aux innovations et leur intérêt pour accompagner les transitions ;
  • les enseignements issus des collectifs suivis pendant le projet ;
  • les résultats des expérimentations sur les systèmes de culture ;
  • des posters scientifiques, publications, mémoires d’étudiants et synthèses techniques ;
  • des vidéos et des ressources pédagogiques pour approfondir les différents thèmes du projet.

Chaque ressource apporte un éclairage complémentaire et illustre la diversité des approches mobilisées tout au long d’ALIAGE.

Le Genially interactif permet de naviguer librement entre les différentes thématiques, de découvrir les productions du projet selon ses centres d’intérêt et d’accéder facilement aux ressources associées.

Découvrir le projet

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Légumineuses à graines



Approfondir les connaissances sur les services rendus par les légumineuses

Comment mettre en avant les services rendus par les légumineuses qui contribuent à réduire les intrants, renforcer la fertilité des sols, atténuer le dérèglement climatique et contribuer à maintenir la biodiversité ? La réunion annuelle du projet LegumES a fait le point sur les avancées du consortium européen.

Trebnitz, petite commune de la région Brandebourg à l’Est de l’Allemagne, à la limite de la frontière polonaise et au cœur d’une zone de grandes cultures, a été le point de ralliement 2026 pour les 50 représentants des 22 partenaires du projet LegumES. 

Des visites de terrain dans des exploitations allemandes

Ici, les exploitations agricoles sont de grande taille, pouvant aller facilement jusqu’à 1 000 ha (avec une moyenne de 300ha environ) dans un climat très continental avec des terres à potentiel moyen. « Ce fut l’occasion de visiter sur place des agriculteurs qui font des pois et haricots secs en agriculture bio, du soja en test sur des terres noires proches d’une rivière ou dans des sols plus sableux qui sont majoritaires », rapporte Anne Schneider, la représentante de Terres Inovia dans le consortium. 

Le partenaire ZALF, qui accueillait la réunion, a fait visiter un screening de variétés de pois chiche, des essais factoriels pluriannuels étudiant les effets du pois, du lupin bleu et du lupin blanc sur le blé suivant, ainsi que des essais participatifs (petites parcelles de test au sein des grandes parcelles d’agriculteurs en conventionnel) avec du soja et du lupin bleu notamment. 

« Ce fut l’occasion de visiter sur place des agriculteurs qui font des pois et haricots secs en agriculture bio, du soja en test sur des terres noires proches d’une rivière ou dans des sols plus sableux qui sont majoritaires. »  Anne Schneider

Chargée d'études de Terres Inovia et représentante de l'institut dans le consortium

Quels sont les travaux du projet LegumES ?

Au cœur du projet, une série de 28 études pilotes fait l’objet d’analyses agronomiques ou/et socio-économiques dans une diversité de contextes (du Portugal à la Slovénie), d’échelle (de la parcelle au territoire), avec une panoplie d’objectifs régionaux (diversification des débouchés, maîtrise technique de la diversification avec des légumineuses, protection de la biodiversité, etc.). 

Des méthodologies de suivis des services des légumineuses sont mises en commun, de la mesure scientifique à la prise en main par un agriculteur dans son champ. Des expérimentations au champ (dont un réseau d’essais sur les effets précédents dans 6 pays) sont également menées, ainsi que des prospectives des marchés des légumineuses selon les scénarios de futurs possibles. Les partenaires étudient aussi les façons de mieux prendre en compte les services rendus, en plus des impacts, dans les évaluations environnementales. 

Les études d’évaluation multicritère s’appuient alors sur les cas d’étude pour intégrer la prise en compte des services dans des décisions à l’échelle du système, de l’exploitation, des filières ou à l’échelle territoriale (région, état ou UE). Des évènements et des ressources sont élaborés pour faire connaître les cultures des légumineuses (fourragères ou récoltées pour leurs graines) aux étudiants, agriculteurs, consommateurs et entreprises privées en lien avec les différents territoires concernés. 

Crédits photo : Anne Schneider- Terres Inovia

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Conservation des grains

Ventiler les céréales dès la récolte



Pour préserver la qualité des grains et prévenir le développement des insectes, il est important de démarrer la ventilation dès la mise en stockage de la récolte de céréales à paille.

La ventilation est la méthode la plus couramment utilisée pour refroidir les céréales stockées, en cellule ou en case à fond plat, et conserver leurs qualités nutritionnelles, sanitaires et technologiques. Néanmoins, il faut être stratégique et conduire au mieux la ventilation pour réussir à refroidir efficacement le grain. Cela commence dès la mise en stockage des grains, afin d’exploiter les opportunités climatiques le plus tôt possible, c'est-à-dire dès que la température de l’air de ventilation est inférieure de 7°C à celle des grains.

La ventilation peut démarrer dès que les gaines sont couvertes de grains pour réduire immédiatement l’activité respiratoire des grains et maîtriser le risque de développement de moisissures. Par ailleurs, abaisser une première fois la température des grains - jusqu’à un niveau voisin de 18-20°C - permet de préparer les paliers suivants pour lutter contre les insectes.

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ressource en eau



Comment concilier performance agricole et protection de la ressource en eau ?

Face aux défis croissants liés à la qualité de l’eau et aux bouleversements climatiques, la Chambre d’agriculture de l’Aube réaffirme son rôle d’accompagnement en s’engageant aux côtés d’un collectif d’agriculteurs volontaires : le GDA du Pays d’Othe. À travers l’animation et le suivi du projet "Sol et Eau d’Othe", elle impulse une dynamique territoriale ambitieuse visant à concilier performance agricole, préservation des sols et protection de la ressource en eau.

Le Pays d’Othe fait aujourd’hui face à une pression significative en matière de qualité de l’eau, notamment liée à la présence de produits phytosanitaires. Cette problématique, partagée par de nombreux territoires agricoles, impose de repenser les pratiques afin de limiter les transferts de substances vers les nappes et les cours d’eau.

Dans ce contexte, la Chambre d’agriculture de l’Aube a initié, en partenariat avec le GDA du Pays d’Othe, un projet structurant : “Sol et Eau d’Othe”. L’idée directrice repose sur un constat simple : la santé des sols est un levier majeur pour améliorer la qualité de l’eau et la fertilité des sols. En favorisant des sols vivants, structurés et riches en matière organique, les systèmes agricoles deviennent plus résilients. 

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Le sorgho en Pologne

Un essor porté par l’innovation variétale



Pour Tadeusz Michalski, président de PZPK, l’association des producteurs de maïs polonais « Le sorgho est une plante qui offre de nouvelles perspectives de cultures et augmente la biodiversité, améliorant ainsi la qualité biologique des sols. Particulièrement adaptée aux conditions polonaises où plus de la moitié des sols sont pauvres. » 

Le sorgho s’impose progressivement en Pologne comme une solution agronomique et économique pour diversifier les cultures et s’adapter aux aléas climatiques. Grâce à la sélection génétique cette céréale offre désormais des variétés précoces, résistantes à la sécheresse et adaptées aux sols pauvres. En Pologne, où les essais se poursuivent, le sorgho séduit par sa faible exigence en intrants et sa capacité à valoriser des terres difficiles, tout en répondant aux besoins croissants en fourrage, grains sans gluten et biomasse énergétique.

Une gamme de variétés adaptée au marché polonais

La recherche génétique a permis de développer des catégories de sorgho adaptées aux besoins spécifiques des agriculteurs polonais :

  • Sorgho grain précoce : principalement destiné à la production de grain pour l’alimentation animale et humaine. Adapté aux régions à saison de végétation courte, il peut également être valorisé en ensilage lorsque les conditions ne permettent pas une maturation complète du grain.
  • Sorgho fourrager : particulièrement adapté aux sols pauvres ou aux zones exposées aux ravageurs (comme la pyrale du maïs). Son ensilage, riche en amidon (25-35 % de matière sèche), offre une valeur énergétique équivalente à 95 % de celle du maïs, tout en réduisant les risques liés aux aléas climatiques.
  • Sorgho fourrager multi-coupes : permet 2 à 3 récoltes annuelles avec un coût de production minimal, grâce à sa résistance au stress hydrique et sa croissance rapide. Une solution économique pour maximiser la production fourragère.
  • Les sorghos fourragers peuvent être issus de variétés BMR (Brown Mid rib) : caractérisées par une fibre hautement digestible, elles sont idéales pour compléter les rations à base de maïs. Bien que leur valeur énergétique soit similaire, leur profil nutritionnel diffère : moins d’amidon, mais une meilleure digestibilité des fibres, pouvant favoriser une teneur plus élevée en matières grasses du lait.

Le sorgho est-il appelé à devenir un pilier de l’agriculture polonaise ?

La Pologne connaît une hausse marquée des surfaces dédiées au sorgho : selon les dernières données, le pays a enregistré +17 % de progression annuelle entre 2020 et 2025, 14 670 ha de sorgho grain et fourrager en 2026. Ces chiffres placent la Pologne parmi les pays les plus dynamiques d’Europe centrale pour cette culture.

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