Une première étape pour redonner des perspectives aux producteurs de grandes cultures
L’adoption définitive, ce jour, du texte par le Parlement constitue une étape importante pour les producteurs de grandes cultures. En confortant stockage de l’eau et moyens de production et en réduisant certaines distorsions de concurrence, les mesures prévues par cette loi apportent des réponses attendues dans un contexte économique particulièrement difficile pour les exploitations, singulièrement, celles situés dans les zones intermédiaires.
Les mesures adoptées par l’Assemblée nationale et le Sénat répondent à plusieurs attentes portées de longue date par les producteurs, parfois depuis des décennies. Elles constituent un signal attendu, témoignant de la prise en compte des réalités du terrain et des difficultés rencontrées par les producteurs de pommes de terre, de maïs, de blé, de betteraves et d’oléoprotéagineux. Si les Associations spécialisées de Grandes Cultures regrettent la polarisation des débats, elles saluent les parlementaires qui, au cours des derniers mois, ont su faire avancer ce texte et apporter des premières réponses en faveur du maintien des capacités de production de l’agriculture française.
Alors que les exploitations continuent de faire face à des difficultés économiques, climatiques et à des distorsions de concurrence persistantes, les Associations spécialisées appellent désormais à une promulgation rapide de la loi. Elles seront attentives à la décision du Conseil constitutionnel ainsi qu’à la mise en oeuvre effective des dispositions adoptées. Les défis auxquels sont confrontées les grandes cultures restent nombreux et appelleront d’autres réponses dans les mois à venir.
« L’adoption de ce texte constitue une étape importante pour nos filières. Nous remercions les parlementaires qui ont permis son aboutissement et qui ont entendu plusieurs attentes exprimées depuis longtemps par les producteurs. Dans la situation que traversent aujourd’hui nos exploitations, ces avancées étaient attendues. Elles devront désormais être rapidement mises en oeuvre et complétées par d’autres mesures afin de renforcer durablement la compétitivité, la résilience et les capacités de production de notre agriculture », déclarent les présidents des Associations spécialisées.

Le projet de loi d’urgence agricole voté par les deux chambres menace l’eau et la santé humaine. Il passe à côté des solutions dont le monde agricole a vraiment besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique. La FNAB appelle l’Etat, les parlementaires et les collectivités à s’atteler dès à présent aux 5 véritables urgences agricoles.
Le changement de modèle agricole, grand absent du projet de loi
Malgré les records absolus de température qui se sont succédés, ce projet de loi loupe un rendez-vous historique. Il propose un avenir agricole basé sur une ressource en eau abondante, régulière et disponible, méconnaissant la réalité climatique et agricole puisque moins de 7% des surfaces sont aujourd’hui irriguées. Il systématise le recours au stockage de l’eau sans réflexion sur les productions qu’on veut irriguer ou le modèle agricole qu’on veut soutenir. Il refuse de suivre les derniers rapports institutionnels qui recommandent vivement le développement des pratiques agroécologiques pour répondre aux enjeux de quantité d’eau[1] et celui de l’agriculture biologique pour protéger les captages[2]. Il acte de graves reculs dont la réintroduction de deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes et l’abandon de la hiérarchie des usages de l’eau.
« Même si on doublait les surfaces irriguées, 85% des surfaces resteraient sans accès à l’eau, donc faire croire aux agriculteurs que cette loi leur apportera des solutions face au réchauffement climatique, c’est leur mentir dans un moment où nous n’avons plus le temps de regarder ailleurs » alerte Olivier Chaloche, Co-président de la FNAB.
Cinq véritables urgences agricoles à relever dès maintenant
Le monde agricole vaut mieux que cette loi. Il est urgent d’agir autrement pour répondre aux défis climatiques, sanitaires et économiques auxquels l’agriculture française est confrontée :
- Soutenir les pertes de récoltes et de cheptels liées aux canicules
- Accompagner toutes les fermes vers l’agroécologie pour que la France soit plus robuste face au dérèglement climatique
- Protéger la santé des agriculteur∙rices, riverain∙es et consommateur∙ices face à l’explosion des maladies liées aux pesticides de synthèse
- Préserver les captages d’eau potable en rémunérant les fermes qui se passent de pesticides et engrais de synthèse
- Relancer les installations et conversions de fermes biologiques pour répondre à la reprise de la consommation bio
« L’ordre des médecins s’est mobilisé contre la loi d’urgence agricole car nul ne peut plus ignorer les problèmes de santé qui explosent et sont directement imputables aux pesticides de synthèse : cancer, troubles du neurodéveloppement, parkinson, baisse de la fertilité masculine… Il en va de notre responsabilité collective de soutenir les fermes qui cessent d’utiliser ces molécules dangereuses. » rappelle Olivier Chaloche.
La FNAB appelle l’Etat, les parlementaires et les collectivités à se mobiliser pour relever ces cinq urgences en commençant par :
- Le classement des canicules en calamité agricole
- Une vraie application d’Egalim dans les restaurants collectifs (20% produits AB) et dans les filières biologiques avec des indicateurs de coûts de production dans chaque filière et une obligation d’en tenir compte dans la fixation des prix d’achats
- Des soutiens financiers pour rendre attractive l’agriculture biologique : hausse de l’écorégime bio, aides bio sanctuarisées et bien dotées dans la future PAC, régime cadre « paiement pour services environnementaux » dédié à l’agriculture biologique
- Des mesures systématiques de développement de l’agriculture biologique dans les programmes d’actions des captages d’eau potables coordonnés par les collectivités (captages non exonérés) et Préfet∙tes (captages prioritaires)
- Un poste dédié pour un représentant de l’agriculture biologique dans les commissions locales de l’eau, dans le cadre de l’augmentation des représentants agricoles (article 5 de la LUA)
[1] L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages, HCSP 2025
[2] Prévenir et maîtriser les risques liés à la présence de pesticides et de leurs métabolites dans l’eau destinée à la consommation humaine, Igas/IGEDD/CGAAER, 2024

Un dispositif inacceptable pour les filières agricoles et alimentaires
L’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), La Coopération Agricole, la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB), la fédération nationale des entreprises de négoce agricole (NEGOA), Culture Viande et la Maison des Vins et Spiritueux expriment leur profonde inquiétude et leur vive préoccupation après l’accord intervenu ce jour en commission mixte paritaire sur le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles.
En retenant, à l’article 21, le dispositif du tunnel de prix dans sa rédaction issue du Sénat, les parlementaires ont fait le choix d’un mécanisme qui encadre la détermination du prix des produits agricoles en imposant qu’une borne minimale (un prix plancher déguisé) soit fixée en référence aux indicateurs de coûts de production.
Nos organisations partagent pleinement l’objectif d’assurer une juste rémunération des agriculteurs. Celle-ci est indispensable au renouvellement des générations, au maintien des capacités de production et à la souveraineté alimentaire de la France. Mais elle ne peut être durablement garantie par un dispositif qui tend à déconnecter les prix des réalités des marchés, de la diversité des produits, des débouchés et des équilibres propres à chaque filière.
Les coûts de production constituent des éléments utiles à la négociation et à la transparence entre les acteurs. Ils ne sauraient toutefois devenir, directement ou indirectement, un prix plancher administré.
Un tel mécanisme fait peser plusieurs risques majeurs :
- Une explosion certaine des volumes de production importée face à la perte de compétitivité de nos productions françaises ;
- Une fragilisation des entreprises de collecte, de mise en marché, de transformation et d’exportation, déjà confrontées à une forte hausse de leurs charges, à une dégradation de leurs marges et à un environnement international complexe ;
- Un risque de contraction des débouchés, en France comme à l’export, si les prix français s’écartent de ceux des marchés européens et internationaux ;
- Un risque de transfert de valeur à l’étranger - puisque la mesure s’appliquera uniquement aux opérateurs français - comme l’a montré le contournement des mesures Egalim par la mise en place de centrales d’achat européennes ;
- Une conflictualisation des relations amont-aval au sein de nos interprofessions ;
- Enfin, la certitude que la hausse des coûts ne puisse pas être répercutée jusqu’au consommateur, laissant les maillons intermédiaires supporter seuls face à la grande distribution le déséquilibre et donc accepter la condamnation, à terme, de leur activité économique.
En fragilisant les entreprises, partie intégrante de nos filières agricoles, qui achètent, collectent, transforment, commercialisent, et exportent les productions agricoles, ce dispositif produira l’effet inverse de celui recherché : il affaiblira l’agriculture française et l’ensemble des filières.
Il ne peut y avoir de rémunération durable des agriculteurs sans entreprises capables de valoriser leurs produits, de conquérir des marchés et de maintenir des débouchés solides.
Nos organisations déplorent que les alertes répétées des acteurs économiques n’aient pas été entendues par les parlementaires membres de la commission mixte paritaire et qu’une disposition aussi structurante ait été adoptée sans étude d’impact sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Elles appellent le Gouvernement et les parlementaires à mesurer pleinement les conséquences catastrophiques qui découleront de ce dispositif.
Elles demandent que la liberté de négociation demeure le principe, que chaque filière puisse construire des solutions adaptées à ses réalités économiques et jugent que le texte du projet de loi UPSA issu de l’accord en commission mixte paritaire est inacceptable en l’état.
La souveraineté agricole et alimentaire ne se décrète pas par l’administration des prix.
Elle repose sur des filières compétitives, organisées et solidaires, capables de rémunérer tous leurs maillons et de répondre durablement aux attentes des marchés.
Recul attendu des récoltes de blé tendre et d’orges du fait de rendements en baisse
Estimation des surfaces cultivées et en jachères, et des productions de céréales à paille (hors riz), d'oléagineux (hors tournesol, soja) et de protéagineux de la campagne 2025-2026
En 2026, la production française de blé tendre atteindrait 32,0 millions de tonnes (Mt), un niveau en baisse de 4 % par rapport à la campagne 2025. L’augmentation des surfaces cultivées ne suffirait pas à compenser la baisse du rendement, attendu à moins de 70 q/ha en moyenne. Avec 11,1 Mt, la production d’orges serait également en recul (- 6 % sur un an), de façon hétérogène sur le territoire, selon l’impact des conditions climatiques sur les rendements, notamment sur celui de l’orge de printemps. La récolte de colza est attendue stable, à 4,6 Mt, le recul des rendements effaçant la nette progression des surfaces cultivées (+ 12 % sur un an). La forte baisse de la sole de maïs grain (- 20 % sur un an) se confirme et s’accompagne de perspectives défavorables (pas encore quantifiables) sur les rendements qui, comme pour les autres cultures d’été, devraient être affectés par les épisodes caniculaires successifs des derniers mois.

Un séminaire de lancement sous le signe de l’engagement collectif
Les 3 et 4 juin derniers, plus de 80 participants se sont réunis à Chambres d’agriculture France à l’occasion du séminaire de lancement du projet INOSYS Grandes Cultures. Deux journées riches en échanges, en partage d’expériences et en perspectives pour donner le coup d’envoi opérationnel à ce nouveau réseau national d’acquisition de références technico-économiques.
Un projet structurant pour la production de références technico-économiques
Lauréat de l’Appel à Manifestation d’Intérêt 2024-2025 « Transition et Souveraineté », le projet INOSYS Grandes Cultures bénéficie d’un budget de près de 8,8 millions d’euros, financé à 80 % par le ministère de l’Agriculture. Coordonné par Chambres d’agriculture France, il se déploiera sur la période du 1er juillet 2025 au 30 juin 2029.
Le projet rassemble près de 60 partenaires, parmi lesquels Arvalis, Terres Inovia, l’Institut Technique de la Betterave et l’Institut de l’Élevage.
Son ambition est de construire un réseau national de 500 exploitations de grandes cultures afin de produire des références technico-économiques fiables et robustes, au service du conseil, de l’évaluation des systèmes de production et de la prospective.
Deux jours pour fédérer le réseau des Chambres d'agriculture
Destiné principalement aux ingénieurs INOSYS Grandes Cultures, qui auront pour mission de collecter les données, produire les références et accompagner les agriculteurs du réseau, ce séminaire a permis de :
- Replacer le projet dans son contexte stratégique et opérationnel
- Donner de la visibilité sur les travaux engagés et les prochaines échéances
- Favoriser les échanges entre les différents acteurs du dispositif
- Identifier les questions, besoins et points de vigilance pour le démarrage du projet
- Poser les bases d’une culture réseau partagée.
INOSYS Grandes Cultures : enjeux et fortes attentes de la profession agricole
Le séminaire a été ouvert par Sébastien WINDSOR, président de Chambre d’agriculture France, qui a réaffirmé l’importance stratégique du réseau INOSYS Grandes Cultures ainsi que les fortes attentes de la profession, illustrées par l’actualité autour des prix des carburants et des engrais, des négociations pour la future PAC, de l’appui des exploitations dans les zones intermédiaires, etc…
Pierre Yves CEPPI, Directeur Général de la Chambre d’agriculture de l’Ain, et Directeur Référent INOSYS, a recontextualisé le projet INOSYS GC dans la stratégie plus globale des Chambres autour de la production de références,
Des premiers travaux autour de la valorisation de données technico-économiques déjà bien engagés
Plusieurs interventions ont permis de mettre en lumière des travaux déjà conduits autour de la valorisation de données technico-économiques, notamment à travers des exemples issus de cas types Grandes Cultures en Poitou-Charentes et de travaux issus des données de la fermothèque Arvalis.
Les animateurs des groupes de travail qui appuient le projet sur la construction des méthodes ont également dressé un état des lieux des travaux réalisés pour construire les différentes briques méthodologiques nécessaires au déploiement du projet.
Les deux pilotes du projet au sein de Chambres d'agriculture France, Nicolas CHARTIER et Bérénice LE POLH, du service productions végétales et animales, ont présenté la boîte à outils à disposition des Ingénieurs INOSYS Grandes Cultures pour les accompagner dans leurs missions.
Une dynamique territoriale déjà en marche
Les animateurs des groupes techniques par zone ont présenté les premiers résultats obtenus sur le terrain :
Construction du plan d’échantillonnage
Formation des équipes aux outils mobilisés dans le projet
Premiers recrutements d’agriculteurs au sein du réseau.
Des ateliers centrés sur les missions des ingénieurs INOSYS Grandes Cultures
Une large place a été accordée aux échanges à travers plusieurs ateliers collaboratifs portant sur les principales missions des ingénieurs du réseau :
- Le recrutement des agriculteurs
- La collecte et la saisie des données
- La valorisation des résultats et des références produites.
Ces temps de travail ont permis d’identifier les besoins d’accompagnement, les difficultés rencontrées ainsi que les pistes de solutions à construire collectivement.
En clôture du séminaire, Richard Cherrier, directeur général de la Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle et co-directeur référent INOSYS, a salué la forte mobilisation du réseau et la dynamique déjà engagée autour du projet.
Ces deux journées ont confirmé l’investissement de l’ensemble des partenaires et des équipes terrain pour faire d’INOSYS Grandes Cultures un outil de référence au service des agriculteurs, du conseil et de la profession agricole dans son ensemble. Elles ont également permis de poser les bases d’une dynamique collective essentielle à la réussite du projet. Rendez-vous dans les prochains mois pour suivre les premières avancées du réseau et les premiers résultats.
L’économie en mieux, la FNCuma adopte la marque collective
La Fédération nationale des Cuma adopte la nouvelle marque collective « ESS – L'économie en mieux », lancée par ESS France. Ce signe de reconnaissance commun permet de mieux identifier les acteurs de l'économie sociale et solidaire et affirme l'appartenance des Cuma à un modèle économique fondé sur la coopération, la démocratie et l'intérêt collectif.
C’est un signe de ralliement et de fierté d’appartenir à une économie qui valorise l’humain, et pour notre part :
- soutient l’installation et le maintien d’agricultrices et d’agriculteurs autonomes et acteurs de leurs exploitations et de leurs organisations coopératives,
- soutient la compétitivité des fermes à travers la mutualisation, et des Cuma qui facturent tout à prix coutant et ne poursuivent pas de but lucratif,
- permet aux agricultrices et aux agriculteurs de partager des machines, des emplois et des projets pour une agriculture vivante, faite d’entraide et de convivialité dans nos territoires.
Plus d’informations sur cette marque collective ici
installation en agriculture
Accompagner la diversité des parcours d’installation en agriculture
Notre dossier Ressources « Quels agriculteurs pour quelles agricultures demain ? » publié en février 2025 était consacré aux leviers pour assurer le renouvellement des générations en agriculture, en pointant la nécessité d’encourager de nouvelles dynamiques d’installations. Dans cet article, nous nous intéressons à la diversité des porteurs et porteuses de projet, aux modèles agricoles concernés par l’installation aujourd’hui, ainsi qu’aux acteurs de l’accompagnement à l’installation/transmission. En effet, à côté des chambres d’agriculture qui sont dépositaires de la mission de service public en matière de soutien à l’installation, de nombreux acteurs associatifs et coopératifs, mais aussi des collectivités locales ou des privés, prennent place et contribuent à ces dynamiques, parfois depuis plusieurs dizaines d’années. Cet article se focalise sur le rôle original et essentiel des réseaux associatifs dans l’accompagnement de ces parcours d’installation aux multiples formes.
Lire l'article

Premières prévisions françaises pour 2026/27 dans un contexte de tensions internationales
Le conseil spécialisé « Grandes cultures – marchés céréaliers » de FranceAgriMer s’est réuni le 16 juillet dernier sous la présidence de Benoît Piétrement. Les perspectives de commercialisation des céréales françaises en 2026/27 ont nourri les débats, dans un contexte géopolitique international encore très instable au Moyen-Orient comme en mer Noire, alors que plusieurs pays européens, en particulier la France, sont en proie à des épisodes successifs de canicule jusqu’alors inédits.
Regain de dynamisme des exportations françaises de blé tendre en fin de campagne 2025/26
FranceAgriMer a révisé à la hausse ses prévisions d’exportation de blé tendre vers les pays tiers à 7,4 Mt (+ 150 000 tonnes par rapport aux prévisions du mois de juin). Les expéditions vers l’Union européenne sont également portées à près de 7,9 Mt (+ 90 000 tonnes par rapport au mois dernier).
Les stocks français de céréales en fin de campagne restent lourds par rapport à la moyenne des cinq dernières années : près de 3,4 Mt de blé tendre, 2,4 Mt de maïs grain et 1,4 Mt d’orges.
Premières prévisions de FranceAgriMer pour la campagne 2026/27
FranceAgriMer a dévoilé ses premières prévisions d’utilisations des céréales à paille pour la campagne de commercialisation 2026/27, sur la base des estimations de production publiées par le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire le 15 juillet dernier.
Avec une production attendue à moins de 32 Mt en 2026 en raison des épisodes successifs de canicule en France depuis mai, la collecte de blé tendre pourrait diminuer à 29,6 Mt. Les disponibilités pour le marché resteraient toutefois supérieures à la moyenne des cinq dernières années, en raison du stock confortable de début de campagne.
Les utilisations de blé tendre sur le marché français progresseraient à 14,7 Mt dont 5 Mt pour la fabrication d’aliments du bétail. À ce stade, les expéditions françaises de blé tendre sont prévues à 7,4 Mt vers l’Union européenne et les exportations vers les pays tiers, à 7 Mt, en retrait par rapport à l’an dernier en raison, principalement, de moindres besoins du Maroc.
Les exportations d’orges vers les pays tiers pourraient également se rétracter à 2,6 Mt, en particulier vers l’Arabie saoudite. À l’inverse, les utilisations par les fabricants d’aliments du bétail français sont prévues en hausse à 1,2 Mt et les livraisons d’orges vers l’Union européenne à 2,8 Mt.
Regain de tensions en mer Noire : le prix des céréales européennes repart à la hausse
Bombardements russes sur des infrastructures portuaires ukrainiennes en mer Noire, attaques ukrainiennes en mer d’Azov sur des pétroliers russes, fermeture du détroit de Kertch reliant la mer d’Azov à la mer Noire… les tensions entre l’Ukraine et la Russie se sont amplifiées en juillet sur fond de guerre commerciale maritime et logistique visant à entraver le commerce des céréales. Les prix du blé meunier et du maïs européen sont repartis à la hausse sur Euronext.
Alors que la production de blé russe est annoncée à 90 Mt en 2026 par le ministère de l’agriculture des états Unis (USDA), la Russie pourrait rencontrer de sérieuses difficultés pour récolter et acheminer la marchandise, par manque de produits pétroliers. Ce regain de tensions ouvre des perspectives commerciales pour le blé français et européen.
Pour en savoir plus, télécharger la conjoncture céréalière mondiale, européenne et française présentée au conseil du 16 juillet 2026 et consulter nos bilans prévisionnels français 2025/26 et 2026/27
© Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Une étape majeure franchie pour le projet de rapprochement entre Euralis et Maïsadour
Euralis et Maïsadour prennent acte avec satisfaction de la décision de l'Autorité de la concurrence autorisant leur projet de rapprochement.
Cette décision constitue une étape majeure dans la réalisation de ce projet stratégique qui vise à renforcer durablement les deux coopératives réunies afin de mieux répondre aux profondes mutations des filières agricoles et alimentaires.
La priorité des deux coopératives est désormais de finaliser leurs discussions avec leurs partenaires financiers, avec lesquels les travaux engagés se poursuivront tout au long du second semestre 2026, avec l'objectif de permettre une réalisation du rapprochement en 2027.
Dans l'intervalle, aucun engagement ne sera mis en oeuvre ni aucun changement n’interviendra avant la réalisation effective du rapprochement, et les deux coopératives restent pleinement mobilisées sur leurs activités respectives.
Dans un contexte agricole et économique particulièrement exigeant, les collaborateurs des deux coopératives concentrent leurs efforts pour accompagner leurs adhérents, répondre aux attentes de leurs clients et assurer la performance durable de leurs entreprises, de manière indépendante l’une de l’autre jusqu’au jour de la réalisation de leur rapprochement.
Eurolysine salue une prise de conscience européenne sur les acides aminés et appelle à des mesures rapides pour préserver la production
L'Europe souligne que les acides aminés sont un levier clé pour limiter les importations de protéines
La Commission entend porter de 25 % à 35 % d'ici 2035 la part des protéines issues d'oléagineux et de cultures protéiques produites dans l'Union européenne et utilisées dans l'alimentation animale. Cet objectif répond à une réalité préoccupante : l'Europe importe aujourd'hui 74 % des protéines riches utilisées dans l'alimentation animale et demeure dépendante à 94 % des importations de soja.
Le plan souligne que les acides aminés constituent l'un des leviers les plus efficaces pour réduire cette dépendance, améliorer l'efficacité alimentaire des élevages et limiter les émissions azotées.
L'urgence d'agir pour préserver la production européenne d'acides aminés
Alors que le plan protéines identifie la dépendance aux importations d'acides aminés comme une vulnérabilité stratégique, Eurolysine prend acte de la volonté clairement affichée par la Commission Européenne de mobiliser les outils de défense commerciale pour protéger les capacités de production européennes confrontées à des pratiques de concurrence déloyale.
Eurolysine appelle à la conclusion rapide de l'enquête anti-absorption relative à la lysine, ouverte le 30 avril 2026 par la Commission européenne, ainsi que de la procédure antidumping engagée concernant le tryptophane, afin que cette ambition se traduise par le rétablissement de conditions de concurrence équitables.
« Si l'Europe veut renforcer son autonomie protéique et réduire sa dépendance aux importations, elle doit préserver ses capacités de production d'acides aminés. Le diagnostic est posé par la Commission ; il est temps de traduire cette ambition en actions concrètes » souligne Eddy Feijen, CEO d'Eurolysine.
projet européen RURALITIC
Enquête
Qu'est-ce qui contribue au bien-être des agriculteurs et salariés agricoles dans l'exercice de leur métier ?
Dans le cadre du projet européen RURALITIC, Chambres d'agriculture France lance un questionnaire destiné aux agriculteurs et aux salariés agricoles afin de mieux comprendre les conditions d'exercice de leur métier.
Pourquoi lancer une enquête autour du bien-être ?
Chambres d'agriculture France lance un questionnaire anonyme auprès des agriculteurs et aux salariés agricoles afin de :
- Identifier les principaux facteurs de mal-être
- Identifier les leviers qui favorisent le mieux-être en agriculture
- Faire émerger des pistes d'action concrètes afin d'améliorer les dispositifs d'accompagnement nationaux et européens
RURALITIC : repenser les territoires ruraux européens face aux nouvelles réalités
Les évolutions des espaces ruraux imposent de repenser leur définition et leur intégration dans les dynamiques territoriales plus larges. Tandis que certaines zones rurales profitent de nouvelles dynamiques économiques et sociales, d'autres se marginalisent davantage.
Le projet européen RURALITIC, d'une durée de 4 ans, vise à repenser les territoires ruraux européens face aux mutations profondes qu'ils connaissent, à la croisée des transitions écologiques, numériques et bio-économiques afin d'accompagner la construction de politiques publiques adaptées.
Répondre à l'enquête

A l’occasion de la sortie du nouveau diagnostic lin oléagineux, nous avons échangé avec Angélique de Bellefon, chargée d’études économiques à Terres Univia, sur cette culture d’intérêt pour la filière.
Pourquoi un diagnostic lin oléagineux ?
Les « diagnostics filière » font partie des missions régulières de l’Interprofession. Concernant le lin oléagineux, petite filière cousine du lin textile, cela faisait plus de dix ans que notre expertise n’avait pas été mise à jour. Cette nouvelle édition permet de dresser un état des lieux complet d’une filière en mutation, avec des attentes et des enjeux croissants, que ce soit à l’amont comme à l’aval. Cela nous aide in fine à mieux comprendre la dynamique dans laquelle s’inscrit cette culture et à préconiser des actions en faveur de son développement.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué à l’élaboration de ce diagnostic ?
Ce qui me marque de prime abord ce sont finalement les gens qui « font » le lin oléagineux. C’est en effet une petite filière de passionnés, avec peu de volume de graines mais beaucoup de potentiel. Il existe un bel élan collectif à faire perdurer cette filière, portée par une production qui a du sens tant pour l’environnement que pour le bien-être des consommateurs.
Si je devais choisir un enjeu qui ressort de diagnostic ce serait celui de sécuriser les rendements avant tout, de maintenir et d’améliorer la compétitivité du lin dans la rotation, pour développer les surfaces et répondre à la demande croissante. Ce développement nécessite de poursuivre la contractualisation de la totalité des surfaces entre les agriculteurs et les débouchés en aval pour que l’offre corresponde à la demande. L’avantage du lin oléagineux est qu’il est attendu globalement pour ses mêmes qualités par des débouchés variés : à quelques exceptions près, car tous recherchent une bonne teneur en huile, en protéines et en omégas 3.
Quelles perspectives pour l’avenir du lin oléagineux ?
Malgré une baisse multifactorielle des surfaces ces dernières années, la demande en graines de lin oléagineuses françaises s’est renforcée, avec notamment la stabilisation d’un nouveau débouché « huiles mélangées » 100% origine France. De nouvelles opportunités de marchés se consolident grâce à une demande en « origine France » qui se maintient auprès des consommateurs français, des développements R&D prometteurs, et de nouvelles variétés performantes.
L’offre en lin oléagineux reste encore limitée, ainsi un nouvel équilibre est à trouver entre l’offre et la demande, autour de 60 000 tonnes de production au minimum, soit environ 40 000 hectares de surfaces de lin oléagineux françaises à prévoir à moyen terme. Cet objectif pourra être atteint collectivement, afin de lever certains enjeux techniques, réglementaires, et économiques.
Le diagnostic lin oléagineux

Quelle est la production
de soja en France ?
Aujourd’hui la production de soja en France avoisine les 400 000 tonnes. Ce qui n'est pas comparable à la production d’autres pays comme l’Ukraine (entre 4,56 et 5 ,5 millions de tonnes selon les années). En revanche, la France s’est spécialisée en soja OGM. Les Chambres d’agriculture, quant à elles, accompagnent la création de filières de niche spécialisées dans la production de soja non OGM, notamment au travers des réseaux de développement.
Soja : les régions productrices
La culture de soja est aujourd'hui principalement implantée en Occitanie, première région productrice nationale, suivie par la Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne-Franche-Comté.
Historiquement développée dans le Sud-Ouest, la production progresse désormais vers des régions du Nord grâce à l'arrivée de variétés plus précoces et à l'adaptation d'itinéraires techniques.
Soja : quels atouts pour les exploitations agricoles ?
En tant que légumineuse, cette culture :
- fixe naturellement l'azote atmosphérique, réduisant ainsi les besoins en fertilisation
- contribue à diversifier les rotations, et à répondre à la demande croissante en protéines végétales, notamment dans les filières non OGM.
Comme le marché dominant est spécifiquement le “non OGM” à destination de l’alimentation humaine, seules les variétés à très fort taux de protéine sont préconisées. Une partie de la production dont la qualité peut être moins valorisée est destinée par ailleurs à l’alimentation animale sous label.
Quelles conditions agronomiques respecter ?
La réussite de la culture repose sur plusieurs facteurs clés :
- le choix d'une variété adaptée au contexte régional
- un semis dans un sol suffisamment réchauffé
- une bonne maîtrise des adventices
- et une gestion rigoureuse de l'eau. L'irrigation est primordiale et est utilisée dans la majorité des cas pour sécuriser les rendements.
Soja : une concurrence mondiale forte mais des opportunités réelles
Le marché mondial du soja est dominé par le Brésil, les États-Unis et l'Argentine, qui concentrent l'essentiel de la production et des exportations.
L’Europe ne représente actuellement que 1 % de la production mondiale. Longtemps du fait de la politique d’importation à faible coût les études et expérimentations sur son implantation ont été stoppées (connaissance des bioagresseurs locaux, solutions de maîtrise, génétique, ITK). Ce qui a engendré de très nombreuses années de retard de recherche et de développement.
Néanmoins cette culture bénéficie d'atouts : une production locale, tracée, majoritairement non OGM et répondant aux attentes des consommateurs comme des filières d'élevage. Dans un contexte de recherche d'autonomie protéique et de relocalisation des approvisionnements, ces caractéristiques constituent de véritables opportunités.
Comment les Chambres d'agriculture accompagnent la filière ?
Le développement du soja s'appuie également sur un important travail d'accompagnement technique.
Dans le cadre du programme national Cap Protéines, les Chambres d'agriculture de plusieurs régions, notamment en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes, ont participé à la mise en place de territoires pilotes dédiés aux légumineuses.
Ces dispositifs permettent d’accompagner les productions sur :
- le choix des variétés
- la gestion de l'irrigation
- le désherbage
- ou encore l'intégration du soja dans les rotations.
Les résultats sont ensuite diffusés aux agriculteurs sous forme de références technico-économiques et de conseils adaptés aux réalités locales. Un travail essentiel pour sécuriser les performances des exploitations et accompagner l'essor de cette culture stratégique.
Il existe également de nombreux projets et filières locales d'alimentation humaine ou animale accompagnés par les Chambres d’agriculture, par l’animation de réseaux de développement.
Le soja est ainsi devenu la légumineuse à graine la plus produite en France devançant le pois protéagineux et très loin devant la féverole.