
Marché des céréales
Une semaine frustrante sur le Matif
Les données fondamentales en blé et en maïs de cette semaine, n’ont une nouvelle fois pas permis au marché de trouver un second souffle. Seule bonne nouvelle, la parité eurodollar a repris ses bonnes habitudes automnales et est repartie à la baisse après une semaine un peu moins favorable aux exports européens. Un soutien au marché toujours précieux dans un contexte difficile.
La hausse aura été de courte durée. Après un début de semaine bien orienté sur le Matif, le blé est reparti vers la baisse en cette fin de semaine. Toujours épaulés par une parité eurodollar plus favorables aux exportateurs européens, les marchés à terme ont pourtant reperdu leurs gains de la semaine. L’échéance décembre est ainsi repassée sous les 190€/t quand celle de mars, un temps perchée à 196€/t, est redescendue autour des 192€/t. Dans ce contexte, les orges et les blés français semblent rester compétitifs à l’export, mais les opérateurs cherchent avant tout à remplir les bateaux déjà vendus. De quoi maintenir la prime sur le rendu portuaire.
Dans les champs français, les semis atteignent officiellement les 95% alors que 79% ont dépassé le stade de levée selon le bulletin Céré’Obs de FranceAgriMer arrêté au 17 novembre. Toujours au beau fixe, les conditions bonnes à très bonnes dépassent les 98%. Un chiffre similaire en orge dont la levée passe les 89%. En blé dur, l’organisme table sur 66% de semis effectués, contre 50% à pareille date l’année passée, pour ¼ au stade levée.
Le grand retour du rapport de l’offre et de la demande de l’USDA après plusieurs semaines de « shutdown » n’a pas permis de bouger les lignes. Les rendements et la production américaines de maïs ont été revus à la baisse respectivement à 116,8 quintaux/ha et 425,5 Mt. Mais la hausse des stocks de fin de campagne 2024/2025 ont davantage pesé sur le marché. Les chargements exports de maïs ont, eux, été très satisfaisants la semaine passée avec plus de 2 Mt. C’est le plus haut volume de chargement hebdomadaire pour ce produit depuis plus de 4 années. Cette semaine a aussi vu le grand retour des données officielles d’avancement des travaux de récolte et de semis de l’USDA. La moisson de maïs n’est ainsi pas tout à fait terminée, à 91% contre 94% l’année dernière. Les semis de blé d’hiver quant à eux sont achevés à 92% avec 45% pour l’instant jugés bons à excellents.
Sur la scène mondiale en blé, le rapport USDA a lui aussi confirmé un marché plus lourd qu’attendu avec près de 829 Mt de production sur 2025/2026. Un chiffre conforme aux estimations du Conseil international des céréales (CIC) qui réhausse lui ses estimations à 830 Mt. C’est en Argentine que la hausse des estimations est la plus forte. L’USDA passe ses estimations de 19,50 Mt à 22 Mt quand le CIC passe de 22,2 à 23,5 Mt. Le CIC évalue également la production du Kazakhstan à la hausse à 19,1 Mt, soit plus de 2 Mt que son estimation du mois précédent, proche de l’estimation de l’USDA à 18,9 Mt. Autre augmentation notable en Australie à 35 Mt pour le CIC et 36 Mt pour l’USDA.
Plusieurs appels d’offres ont été lancés cette semaine. La Jordanie cherche 120 000 t d’orge fourragère quand l’Arabie saoudite était à l’achat de 300 000 t de blé pour des livraisons comprise entre février et avril 2026. Il s’agirait de son dernier achat de l’année alors que le pays avait contracté 460 000t plus tôt ce mois-ci.

