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Les marchés

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Marché des céréales

Analyse par Romain Nocente

Pression mondiale, tensions locales et récolte de maïs sous surveillance

Un environnement macroéconomique contrasté, avec un risque logistique et climatique

Les marchés restent dominés par l’abondance attendue en blé chez les grands exportateurs. Les révisions haussières des récoltes australienne (+10% par rapport aux dernières estimations), canadienne et argentine renforcent la concurrence internationale et limitent le potentiel de hausse des prix, malgré les perturbations persistantes en mer Noire. Les capacités d’exportation ukrainiennes sont fortement réduites par les attaques visant le fret ferroviaire : elles pourraient tomber à environ 2 Mt par mois, contre 6 à 7 Mt dans une situation normale. Le recours aux routes alternatives (rail, route, Danube) renchérit en outre la logistique d’environ 50 $/t par rapport aux expéditions maritimes.

Le relèvement des taux directeurs américains soutient relativement la compétitivité des origines européennes, sans suffire à neutraliser l’effet des disponibilités mondiales accrues.

Le point météorologique est particulièrement important en France : l’absence de pluies compromet les conditions de semis et de levée des cultures d’hiver. Cette situation constitue un risque pour l’installation du potentiel 2027, alors que les pertes de volume sur le marché céréalier français pour la récolte 2026 se chiffrent à -9.3Mt.

Point par culture

Blé tendre

Le blé français subit la pression d’un bilan mondial révisé à la hausse par l’USDA qui anticipe une récolte mondiale 2026-2027 au-delà de 822 Mt, portée notamment par l’Australie et le Canada. Cette offre supplémentaire réduit les perspectives de prix à l’export, d’autant que les difficultés de la mer Noire pourraient être partiellement compensées par d’autres origines.

La situation française est néanmoins plus équilibrée. La récolte de blé tendre est estimée à 31,7 Mt, sous le niveau de 2025 et de la moyenne quinquennale. Les chargements vers l’Égypte et le renforcement des primes à Rouen et La Pallice traduisent un regain de demande portuaire. La consommation intérieure progresse également, en alimentation animale comme en meunerie. FranceAgriMer a revu les stocks de fin de campagne à 3 Mt, un niveau modéré, mais a réduit ses perspectives d’exportation à 13,5 Mt (-700 000 tonnes vers les pays tiers et -300 000 tonnes vers l’UE). Les producteurs devront donc surveiller l’évolution des primes locales : elles peuvent temporairement mieux valoriser le blé que le marché à terme, sans éliminer le risque de concurrence roumaine, bulgare ou ukrainienne en seconde partie de campagne.

Orge

L’orge a reculé sous l’effet du blé et de l’affaiblissement des primes portuaires. Les programmes de chargement restent actifs vers l’Arabie saoudite et l’Asie, mais la perspective d’un trafic davantage consacré au blé pénalise la demande portuaire à court terme.

À l’inverse, l’orge regagne de l’intérêt dans les rations animales grâce à sa compétitivité face au maïs. La récolte française est estimée à 10,8 Mt, en baisse sur un an et sous la moyenne des cinq dernières campagnes. Les stocks de fin de campagne sont ramenés à 1,6 Mt. Les orges brassicoles restent soutenues par une demande communautaire active, tandis que les faibles niveaux du Danube et du Rhin réduisent temporairement la pression concurrentielle des origines d’Europe de l’Est.

Maïs

Le maïs français constitue le principal foyer de tension. Les estimations de production et de collecte divergent selon les organismes, mais convergent vers une récolte très dégradée : Agreste prévoit une collecte de 7,9 Mt, en recul de 41 % sur un an, supérieure aux estimations d’autres analystes (AGPM, Argus Media…). À l’échelle européenne, les prévisions les plus prudentes situent la récolte à 46,2 Mt, soit le plus bas niveau depuis 1992.

Cette rareté soutient la prime du maïs face aux autres céréales, mais elle en réduit aussi l’usage en alimentation animale : environ 40% de la consommation de maïs pourrait être substituée vers le blé et l’orge. Les exportations françaises seraient limitées à 2,5 Mt, contre 5,85 Mt la campagne précédente, tandis que les importations pourraient progresser. Les contraintes logistiques ukrainiennes, les basses eaux et la baisse prévue des exportations brésiliennes entretiennent un risque de tension sur les approvisionnements. Pour les producteurs, l’enjeu est de valoriser cette prime sans perdre de vue le risque de recul de la demande des fabricants d’aliments.

Perspectives : vigilance sur la concurrence à l’export et les semis d’automne

À court terme, le marché restera partagé entre une offre mondiale abondante en blé et des tensions régionales sur le maïs. Le dynamisme des ports français, la demande intérieure et les stocks de fin de campagne plus serrés peuvent soutenir les bases françaises, mais les débouchés export resteront disputés face aux origines de la mer Noire, de Roumanie et de Bulgarie.

À moyen terme, trois éléments seront déterminants : la capacité de l’Ukraine à remettre ses flux logistiques en route, l’évolution des conditions de semis et de levée en France, et l’arbitrage des fabricants d’aliments entre maïs, blé et orge. Aucun changement de politique céréalière n’est signalé dans les dernières informations disponibles.

Blé tendre

Cotation du Blé Tendre Rendu Rouen
(€/t) R2024 R2025 R2026
03/05/2024 220,89    
10/05/2024 239,20    
17/05/2024 241,64    
24/05/2024 250,39    
31/05/2024 250,64    
07/06/2024 237,39    
31/05/2024 250,64    
07/06/2024 237,39    
14/06/2024 232,14    
21/06/2024 218,89    
28/06/2024 215,64    
05/07/2024 217,64    
12/07/2024 220,89    
19/07/2024 212,64    
26/07/2024 219,89    
02/08/2024 220,39    
09/08/2024 217,64    
16/08/2024 204,14    
23/08/2024 201,39    
30/08/2024 204,89    
06/09/2024 198,89    
13/09/2024 217,89    
20/09/2024 213,10    
27/09/2024 218,60    
04/10/2024 230,50    
11/10/2024 228,60    
18/10/2024 227,50    
25/10/2024 220,35    
01/11/2024 215,85    
08/11/2024 214,60    
15/11/2024 210,10    
22/11/2024 219,10    
29/11/2024 221,35    
06/12/2024 226,60    
13/12/2024 230,10    
20/12/2024 225,56    
27/12/2024 228,31    
03/01/2025 236,31    
10/01/2025 225,31    
17/01/2025 222,06    
24/01/2025 225,31 226,39  
31/01/2025 227,56 227,14  
07/02/2025 226,06 229,39  
14/02/2025 225,06 230,64  
21/02/2025 223,06 234,14  
28/02/2025 214,06 226,64  
07/03/2025 219,56 220,89  
14/03/2025 218,70 221,89  
21/03/2025 220,20 224,64  
28/03/2025 214,70 216,89  
04/04/2025 212,5 213,25  
11/04/2025 212,45 212,39  
18/04/2025 201,95 210,14  
25/04/2025 201,20 203,14  
02/05/2025 194,5 197,75  
07/05/2025 193,95 197,39  
16/05/2025 196,70 200,14  
23/05/2025 203,70 207,14  
30/05/2025 196,00 196  
06/06/2025 197,89 197,89  
13/06/2025 194,64 194,64  
20/06/2025 203,64 203,64  
27/06/2025   189,89  
04/07/2025   194,89  
11/07/2025   198,89  
18/07/2025   197,64  
25/07/2025   197,14  
01/08/2025   196,39  
08/08/2025   199,00  
15/08/2025   193,00  
22/08/2025   195,00  
29/08/2025   191,50  
05/09/2025   186,39  
12/09/2025   186,85  
19/09/2025   188,60  
26/09/2025   188,10  
03/10/2025   186,35  
10/10/2025   189,35  
17/10/2025   188,35  
24/10/2025   188,10  
31/10/2025   189,10  
07/11/2025   189,85  
14/11/2025   188,35  
21/11/2025   188,60  
28/11/2025   188,35  
05/12/2025   186,31  
12/12/2025   185,56  
19/12/2025   183,06  
26/12/2025   187,81  
02/01/2026   186,31  
09/01/2026   189,06  
16/01/2026   186,81  
23/01/2026   186,06  
30/01/2026   187,81  
06/02/2026   189,06  
13/02/2026   187,81  
20/02/2026   189,06  
27/02/2026   191,70 200,39
06/03/2026   194,70 205,89
13/03/2026   201,70 212,39
20/03/2026   198,70 212,14
27/03/2026   196,95 209,89
03/04/2026   202,50 200,89
10/04/2026   186,45 198,89
17/04/2026   186,7 207,39
24/04/2026   191,70 213,39
30/04/2026   198 196,14
07/05/2026   201 201,89
15/05/2026   202 207,64
22/05/2026   205,95 202,14
29/05/2026   191,23 205,14
05/06/2026   182,55 198,89
12/06/2026     196,14
19/06/2026     201,89
25/06/2026     207,64
03/07/2026     202,14
10/07/2026     205,14
17/07/2026     228,39
24/07/2026     228,89
31/07/2026     224
07/08/2026     230
14/08/2026     234
21/08/2026     236,50
28/08/2026     238,64
03/09/2026     240,14
11/09/2026     244,35
18/09/2026     241,60
25/09/2026      
02/10/2026      
09/10/2026      
16/10/2026      
23/10/2026      
30/10/2026      
06/11/2026      
13/11/2026      
20/11/2026      
27/11/2026      
04/12/2026      
11/12/2026      
18/12/2026      
25/12/2026      
colza-fob-mozelle

Marché des oléagineux

Analyse par Anna Nassibe

Oléagineux : entre repli du pétrole et inquiétudes sur les récoltes

Colza :  volatilité suit le repli du pétrole

En début de semaine, les cours du colza étaient à la hausse sur le physique français et le marché à terme européen, en réaction à une nouvelle envolée des cours du brut.

En revanche, en cette fin de semaine le colza coté sur Euronext a fait volte-face à la baisse cédant de 6,75€/t à 550,75 €/t sur l’échéance novembre 2026, dans le sillage notamment du repli des prix du pétrole. Le baril de Brent retombait notamment sous la barre des 100 $ à la mi-journée du 17 septembre, en réaction à une éventuelle possibilité de l’Arabie saoudite à approvisionner le marché mondial. Le pays pourrait en effet finalement restaurer en quelques jours la moitié des flux de l’oléoduc Est Ouest qui avait été durement frappé durant le week-end dernier par des attaques de drones. La progression des rebelles Houthis du Yémen jusqu’au détroit de Bab el Mandeb et le contrôle encore du détroit d’Ormuz par les forces iraniennes maintiennent cependant toujours une tension critique sur le marché de l’énergie.

En France

Les prix du colza Fob Moselle ont légèrement baissé (recul de 6€/t à 553€/t sur la période octobre-décembre 2026).

Campagne 2025-2026

La production française de colza est confirmée par Agreste à 4,7 Mt, soit près de 15 % au-dessus de la moyenne 2021-2025, en raison d’une forte hausse annuelle des surfaces cultivées, tandis que le rendement reste dans la moyenne quinquennale.

Campagne 2026 -2027

Les semis se poursuivent mais il est fort probable que toutes les surfaces prévues ne seront pas emblavées et que celles qui ont été réalisées vont être endommagées par le manque d’eau et la présence de nombreux ravageurs et adventices.

Soja

La Chine accélère ses achats de soja américain, d’après un article de Reuters du 10 septembre, la Chine a acheté, en semaine 37, presque un million de tonnes de soja américain.

L'USDA affiche ainsi, pour 2026/2027, des ventes de soja à 1,7 Mt (dont 875 300 t vers la Chine et 218 900 t à destination inconnue).

Cette accélération intervient alors que le président chinois, Xi Jinping, est attendu à Washington plus tard dans le courant du mois. A noter que la Chine applique toujours une surtaxe de 10 % aux produits américains, dont les denrées agricoles. Ces achats pourraient contribuer à apaiser les relations commerciales entre les deux pays. Ils interviennent toutefois dans un contexte de stocks brésiliens en baisse, réduisant les disponibilités mondiales en oléagineux.

Sur le marché américain, la fermeté des cours des graines de soja reste d'actualité. L'échéance novembre 2026 à Chicago revient au-dessus de 13,20 $/bu.

La production brésilienne 2026/2027 publiée par la CONAB a retenu l'attention du marché ce jeudi 17 septembre, avec un volume de 181,64 Mt, contre une prévision de 186 Mt avancée par l'USDA dans son dernier rapport WASDE.

Sur Euronext, les cours ont reculé : - 3,50 €/t, à 550,75 €/t pour le terme le plus dynamique de novembre 2026 (559 €/t au plus haut et 548,75 €/t au plus bas en séance) et – 1,75 €/t, à 556,75 €/t, pour le deuxième le plus travaillé de février 2027 (563 €/t atteint au plus haut et 554,50 €/t au plus bas en séance).

Soja Ukrainien

Côté soja origine Ukraine, et selon un rapport publié par Grain Trade le 10 septembre, les coûts de fret ont augmenté de 15 à 20 % en août, avec une nouvelle hausse possible de 10 à 20 % en septembre-octobre. Les premiers résultats de la récolte indiquent une teneur en protéines de 31 à 32 % dans certaines régions de l'Ukraine, soit un niveau inférieur à la base de 33 % retenue pour certaines offres d'exportation. A noter aussi que les achats européens se concentrent désormais sur la période décembre 2026 – février 2027, tandis que les activités sur octobre-novembre sont limitées par les contraintes logistiques et les capacités de manutention. 

Tournesol :  

En Europe

L’impact de l’escalade de la guerre en Ukraine est bien sûr encore observé avec préoccupation. Outre les destructions d’unités de stockage provoquées par les frappes russes, l’engorgement des flux logistiques par voie terrestre ainsi que les phénomènes de basses eaux sur les fleuves européens limitent actuellement la capacité de l’Ukraine à exporter son huile vers l’Europe de l’Ouest.

En France

En France, le marché reste en outre très prudent avant l’arrivée de la nouvelle moisson, ce qui limite pour le moment les transactions. Les premiers retours de rendements sont cependant préoccupants et semblent confirmer le très faible potentiel de cette moisson 2026. Agreste a d’ailleurs diminué de 90 kt son estimation de récolte française de tournesol cette année, à 1,31 Mt, soit une perte de 100 kt par rapport à l’an dernier et la plus faible moisson nationale enregistrée depuis 2019.

Révisé à moins de 17 q/ha, le rendement du tournesol en France, s’il se confirme, serait le plus faible enregistré depuis au moins 1980 indique Agreste. On craint aussi un taux d’huile dégradé compte tenu de la taille réduite des graines. La hausse des surfaces (+13% sur un an), qui se retrouvent un niveau proche de la moyenne 2021-2025, atténuerait en partie le recul de la production à 1,3Mt (-7% sur un an).

Concernant les prix du tournesol hexagonal, ils ont suivi une tendance globalement baissière sur la semaine évoluant entre -20€/t et +2,5 €/t selon la place et l’échéance (le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a stagné à 595€/t sur la période octobre-décembre 2026).

Colza

Cotation du Colza Fob Moselle
(€/t) R2024 R2025 R2026
03/05/2024 473    
10/05/2024 465,50    
17/05/2024 473,50    
24/05/2024 495    
31/05/2024 479,50    
07/06/2024 474,50    
14/06/2024 465    
21/06/2024 463,50    
28/06/2024 460,75    
05/07/2024 500,75    
12/07/2024 477    
19/07/2024 488,25    
26/07/2024 495,50    
02/08/2024 474,50    
09/08/2024 464    
16/08/2024 458,50    
23/08/2024 444,75    
30/08/2024 464,75    
06/09/2024 468,50    
13/09/2024 468,25    
20/09/2024 466,25    
27/09/2024 477    
04/10/2024 483    
11/10/2024 497    
18/10/2024 496    
25/10/2024 510,75    
01/11/2024 518    
08/11/2024 534,75    
15/11/2024 532,50    
22/11/2024 512,75    
29/11/2024 502,50    
06/12/2024 531,25    
13/12/2024 540    
20/12/2024 526,50    
27/12/2024 527    
03/01/2025 529,50    
10/01/2025 531    
17/01/2025 525,50    
24/01/2025 529,50    
31/01/2025 513,50 484,25  
07/02/2025 522,75 492  
14/02/2025 522,25 490,5  
21/02/2025 533 502,75  
28/02/2025 538 502,25  
07/03/2025 503,50 483,25  
14/03/2025 472 460,25  
21/03/2025 487,25 472,5  
28/03/2025 522 482,75  
04/04/2025 518,25 480,75  
11/04/2025 513 469,75  
18/04/2025 536 477  
25/04/2025 523,50 479,5  
02/05/2025 472 462  
07/05/2025 474 474  
16/05/2025 484 484  
23/05/2025 489,50 489,5  
30/05/2025 471 474,5  
06/06/2025 481 481  
13/06/2025 480 483,25  
20/06/2025 481 494  
26/06/2025 483,25 479,25  
04/07/2025   466  
11/07/2025   460,50  
18/07/2025   478,75  
25/07/2025   473  
01/08/2025   477,50  
08/08/2025   476,25  
15/08/2025   475,75  
22/08/2025   476,75  
29/08/2025   465,50  
05/09/2025   461,25  
12/09/2025   466,50  
19/09/2025   476  
26/09/2025   472,25  
03/10/2025   461,75  
10/10/2025   471,75  
17/10/2025   467,75  
24/10/2025   476,50  
31/10/2025   483,25  
07/11/2025   476  
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