Anciens numéros

S'abonner à l'hebdo

Pour vous abonner à l'hebdo des coops métiers du grain, dont la diffusion est réservée aux adhérents de La Coopération Agricole et à son réseau, merci de remplir et de valider le formulaire ci-dessous.

obligatoire




Valider

Déclaration CNIL
La Coopération Agricole met en place un traitement de données à caractère personnel dans le cadre de ses missions d'assistance et d'information aux coopératives adhérentes. Ces données sont collectées lors de votre adhésion, des missions de conseil que nous réalisons ou lorsque vous remplissez ce formulaire et sont destinées aux employés de La Coopération Agricole exclusivement. Elles sont par ailleurs contrôlées annuellement. Conformément à l'article 32 de la loi du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression des données vous concernant. Ce droit peut être exercé auprès du service informatique à l'adresse suivante : mdg@lacoopagri.coop.

Partager la page

Actualités de la filière

Conjoncture agricole

de rentrée 2026



Le choc climatique de l’année 2026, qui s’est caractérisé par un épisode aigu de canicule et de sécheresse, commence à lourdement affecter l’économie française dans son ensemble, et le secteur agricole en particulier.

Dans sa dernière note de conjoncture, datée du 28 août, l’INSEE indique que le taux de croissance du PIB de l’économie française était de 0%, après une contraction de – 0,2% au premier trimestre. 

En rythme annuel, la croissance est plus faible que prévu, à +0,3%. Cette évolution se traduit par une nette détérioration du pouvoir d’achat des ménages par unité de consommation (– 0,6%), qui pourrait affaiblir la consommation sur les prochains mois. Toutefois, les ménages ont puisé dans leur épargne pour préserver leur niveau de consommation (+0,3 % sur le second trimestre, contre – 0,3% au cours du trimestre 1), le taux d’épargne reculant de de 17,9 à 17,2%. La consommation de produits alimentaires est stable à 0%.

Le recul de la croissance est selon l’INSEE imputable à la dégradation de la production agricole au cours du deuxième trimestre de l’année 2026, indissociable de la crise climatique. Les chiffres vont s’affiner au gré des prochains mois, intégrant les répercussions de la sécheresse sur le secteur agricole.

Sur le plan de l’inflation, l’indice des prix se fixe en août à + 2,4%, contre + 2,1% en juillet. Pour le poste alimentation, la hausse est de + 1,1% en août, avec une accélération pour les produits frais (+ 5,8 % contre + 3,8% en juillet).

Consulter la note de conjoncture

cuma1194

Changer de méthode



Face à la crise agricole, le Réseau Cuma appelle à changer de méthode

Face à une crise agricole qui frappe l’ensemble de l’écosystème, la Fédération Nationale des Cuma (FNCuma) appelle à sortir des réponses partielles, du « saupoudrage » et des effets de communication. Banques, collectivités, organismes de contrôle, État : chacun dispose de leviers pour agir. Pourtant, la réponse à la crise continue de reposer essentiellement sur l’intervention de l’État. ​La FNCuma appelle à changer de méthode et à ce que tout l’écosystème agricole prenne sa part.

Contribuer sans être entendu n’est plus tenable

Depuis 2024, le Réseau Cuma interpelle les pouvoirs publics et formule des propositions pour réduire les charges qui pèsent sur les exploitations agricoles, levier sous-exploité. Dans le cadre du plan CASI, le Réseau Cuma a été appelé à contribuer et à formuler des propositions. Au regard des dernières annonces, ce travail a été du temps perdu, une situation qui se répète à l’aune de la multiplication des consultations tout azimut ces dernières années.
Pour Marine Boyer, présidente de la FNCuma : « La crise agricole ne s’arrête pas à la porte des exploitations. Elle touche l’ensemble de l’écosystème qui les entoure. Les Cuma jouent un rôle d’amortisseur à tous les stades de la vie des exploitations, et particulièrement lors des crises à répétition que traverse le monde agricole. Mais un amortisseur ne peut pas absorber indéfiniment tous les chocs ».
La réponse à la crise doit désormais concerner l’agriculture dans son ensemble.

Les Cuma ne peuvent pas devenir les banques de dernier ressort de l’agriculture

Une récente question parlementaire du député Taupiac le souligne : « ce sont désormais les coopératives, les Cuma, les fournisseurs, les bailleurs ou encore les organismes professionnels qui consentent des délais de paiement et assurent, de fait, un rôle de soutien à la trésorerie qui devrait relever du financement bancaire ».
Cette situation ne peut pas devenir la norme. En acceptant des délais de paiement, en absorbant des décalages de trésorerie et en maintenant l’accès à des matériels mutualisés, les Cuma participent déjà directement à l’effort collectif et soutiennent de fait la trésorerie des exploitations.
Mais leur capacité à jouer ce rôle n’est pas illimitée. Fragiliser les Cuma, c’est aussi fragiliser un outil qui permet aux agriculteurs et agricultrices de mutualiser leurs investissements et de réduire leurs charges de mécanisation. « Il n’y a aujourd’hui aucune mesure du plan CASI qui répond aux difficultés des Cuma », note Marine Boyer.

À chacun de prendre sa part

Alors que l’agriculture a été consacrée comme étant d’« intérêt général majeur », la FNCuma appelle chacun des acteurs à prendre sa part :

  • Aux banques : travailler sur le report des annuités demandé par les structures agricoles en difficulté, notamment les Cuma, et rechercher des modalités permettant de préserver leur capacité future d’investissement,
  • Aux collectivités territoriales : étudier la possibilité de se porter caution, totalement ou partiellement, afin de sécuriser auprès des banques les reports d’annuités nécessaires, Aux assurances : prendre leur part dans l’effort collectif en gelant les cotisations d’assurance des Cuma pour 2027 à leur niveau de 2026,
  • Aux assurances : contribuer à l’effort collectif en gelant les cotisations d’assurance des Cuma pour 2027 à leur niveau de 2026,
  • Aux organismes chargés des contrôles annuels, notamment les commissaires aux comptes : consentir exceptionnellement à une baisse de leurs tarif au regard du contexte. Ces prestations représentent des charges directes obligatoires mais coûteuses pour des Cuma qui, par construction, facturent leurs services à prix coûtant à leurs adhérents,
  • À l’État : continuer d’adapter les dispositifs fiscaux à la réalité de la crise. Le crédit d’impôt en faveur de la mécanisation collective pourrait notamment être exceptionnellement ouvert aux exploitations agricoles relevant du “micro-BA”.

Changer de méthode

Pour la FNCuma, l’enjeu n’est donc pas seulement d’empiler de nouvelles mesures, mais de changer la manière dont les réponses à la crise sont construites, et qui n’est pas à la hauteur des enjeux. « Nous sommes chacun porteur d’un bout de la solution. À l’État de l’accepter et de prendre conscience que c’est une méthode de co-construction qui permettra d’apporter des réponses efficaces à la crise », souligne Marine Boyer.
Le plan CASI ne peut rester un dispositif élaboré en circuit fermé. Le Réseau Cuma appelle l’État à ouvrir le jeu et à réunir autour de la table banques, collectivités, organisations agricoles et acteurs économiques, afin que chacun mobilise les leviers dont il dispose.
Face à l’ampleur de la crise, aucune réponse isolée ne suffira. L’agriculture est une responsabilité collective, chacun doit s’engager.

patrimoine1194

Journées du patrimoine



Visitez les patrimoines du ministère et son marché des lycées agricoles

Le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire ouvrira ses portes les 19 et 20 septembre 2026, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.

Les visiteurs pourront découvrir les trésors architecturaux du ministère ainsi que son marché des lycées agricoles. Pour la 43e édition de l’événement, les thèmes « Patrimoine de la photographie » et « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer » sont mis à l’honneur. Dans ce cadre, une exposition de photographies issue du fonds photographique du ministère sera proposée au public.

Télécharger le document pdf

Le plan d’action simplification

de FranceAgriMer



Depuis sa prise de fonction, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, a fait de la simplification un chantier majeur. Ainsi, en février 2025, la ministre a confié aux organismes payeurs, dont FranceAgriMer, la mission d’élaborer un plan d’action visant à simplifier et moderniser les processus administratifs. 

Pour y répondre, une task force a été constituée, chargée d’élaborer un plan d’action, qui a pu être remis à la ministre mi-juin 2025. Trois membres de cette task force nous en présentent les grands axes.

Un enjeu stratégique pour l’établissement

Le chantier de la simplification s’inscrit pleinement dans le Contrat d’objectifs et de performance (COP) de FranceAgriMer signé en 2024, ainsi que dans le projet d’établissement adopté par le conseil d’administration en 2025. 

« L’amélioration continue des dispositifs est une priorité constante », rappelle Marie Touvais, Cheffe du service Gestion du potentiel et amélioration des structures vitivinicoles, direction des Interventions. « Le travail engagé sur l’aide à la restructuration et à la reconversion du vignoble, avec la suppression de certaines sanctions et de la déclaration préalable d’arrachage, en est un exemple. La simplification est un enjeu fort pour FranceAgriMer et ses usagers. »  

Des actions concrètes à déployer rapidement

Les travaux de la task force ont été menés en deux temps : tout d’abord, une consultation interne des services, complétée par la valorisation des consultations déjà réalisées auprès des services territoriaux et des organisations professionnelles (notamment les recours des demandeurs et des usagers remontés aux instances de concertation de l’Établissement).  

« Cette matière a permis, dans un second temps, de dégager des axes prioritaires et des actions concrètes à déployer rapidement », explique Vanessa Laugé, cheffe adjointe du service territorial FranceAgriMer, DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes.

Résultats : 40 actions et 7 chantiers identifiés

Les travaux de la task force ont abouti à 40 actions réparties en 3 axes : 

  • simplifier la compréhension et les règles de mise en œuvre des dispositifs gérés par FranceAgriMer ; 
  • améliorer la relation avec l’usager grâce à une communication adaptée, qu’elle soit collective ou individuelle ; 
  • repenser le cadre de conception des dispositifs d’aide, notamment en formalisant une contractualisation du cadre de gestion avec les différentes parties prenantes. 

« Pour réaliser ces 40 actions, 7 chantiers ont été identifiés. Ils mobilisent la direction des Interventions, le service des Systèmes d’information, le service Juridique et coordination européenne, le service des Ressources humaines, le service Communication et le ministère en charge de l’agriculture », précise Florian Giraud, chef du service Soutien, investissement et innovation dans les filières, direction des Interventions.

Photovoltaïque et Agrivoltaïsme



Les organisations dénoncent un coup d’arrêt porté aux projets du monde agricole

La Coopération Agricole et la FNSEA dénoncent les orientations envisagées pour les prochains appels d’offres photovoltaïques de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). En abaissant les niveaux de soutien et en mettant l’agrivoltaïsme en concurrence sur le seul critère du prix, le Gouvernement menace directement des centaines de projets agricoles partout en France.
Cette décision brutale et incohérente est en totale contradiction avec le vote de la loi APER et les engagements pris par l’État ces dernières années pour accélérer la transition énergétique.

L’Etat a instauré, avec le soutien de la profession agricole, un cadre réglementaire exigeant pour l’agrivoltaïsme à travers la loi APER et fixé des objectifs ambitieux de développement avec le Pacte solaire.
Le choix de privilégier des projets d’avant la loi APER, au moment où, grâce à des investissements important de la filière agrivoltaïque, les projets de plus en plus compétitifs arrivent à maturité est incompréhensible.

Une vision uniquement guidée par le prix

La logique retenue dans les futurs appels d’offres revient désormais à faire du prix le critère exclusif de sélection. Avec cette approche, le Gouvernement ignore totalement la valeur agricole, économique et territoriale créée par ces projets.
Le photovoltaïque sur bâtiments agricoles permet de moderniser les outils de production et de renforcer leur résilience dans un contexte agricole particulièrement éprouvé. Cette solution permet également de limiter l’artificialisation des sols. A l’heure où les agriculteurs font face à la multiplication des aléas climatiques, à la volatilité des marchés et à une pression économique sans précédent, la production d’énergie constitue un complément de revenu indispensable permettant d’investir pour le futur de notre souveraineté alimentaire. Ce revirement soudain et non concerté est un très mauvais signal.
L’agrivoltaïsme, quant à lui, n’est pas une simple production d’électricité. C’est un outil d’adaptation au changement climatique qui permet de protéger les cultures, de limiter les effets de la sécheresse et des fortes chaleurs, d’améliorer le bien-être animal et d’accompagner durablement la transformation des exploitations. L’agrivoltaïsme génère un triple dividende : une énergie décarbonée compétitive, produite sur le territoire, une agriculture plus résiliente face au changement climatique et une meilleure acceptabilité locale grâce à des projets À taille humaine, construits avec les acteurs des territoires.

Une menace directe pour des centaines de projets agricoles
Partout en France, des projets ont été développés dans le respect des exigences règlementaires fixées par l’Etat.
Aujourd’hui, les acteurs découvrent que les conditions économiques de leurs projets pourraient être profondément dégradées, voire tout simplement remis en cause.

PAC post-2027



La Commission et la France doivent être ambitieuses

À l’occasion de la visite du Commissaire européen Christophe Hansen aux Terres de Jim en Moselle vendredi, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA ont réaffirmé l’attente très forte de l’ensemble du monde agricole français concernant le prochain cadre financier pluriannuel et la future PAC.

D’ici à la fin de l’année, les États membres devront se positionner sur le futur budget européen et, pour les agriculteurs français, le constat est clair : en l’état actuel des propositions, le compte n’y est pas.

Jeunes Agriculteurs et la FNSEA réaffirment leur exigence d’un budget agricole français maintenu au minimum à son niveau actuel, en tenant pleinement compte de l’inflation. Dans le scénario le plus optimiste, les agriculteurs français perdraient 13% des crédits consacrés à l’agriculture sur la prochaine programmation. Après la sécheresse estivale, qui n’a épargné aucun territoire ni aucune production, une telle baisse serait un signal catastrophique pour les jeunes agriculteurs qui souhaitent s’installer, tout comme pour toutes les exploitations agricoles françaises. C’est donc la question de la capacité de la France à demeurer une grande puissance agricole qui se pose.

Au-delà de la situation économique des exploitations, c’est la souveraineté alimentaire française et européenne qui est menacée par ces coupes budgétaires. Lors d’une table ronde consacrée à la PAC aux Terres de Jim, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA ont demandé au Commissaire de sanctuariser les budgets supplémentaires annoncés par la Commission dans le budget dédié à la politique agricole commune. Christophe Hansen a écouté avec attention cette proposition. L’arbitrage final est à la main des Etats membres. Nous demandons donc au Président de la République et au Gouvernement de reprendre cette position, essentielle pour assurer le maintien d’une PAC ambitieuse, apte à répondre aux défis climatiques et économiques à venir.

Propriété intellectuelle

La position de l’UFS



Face aux défis agricoles, climatiques et alimentaires, la création variétale constitue un levier essentiel. Elle repose sur un effort de recherche de long terme : les entreprises semencières consacrent en moyenne 13 % de leur chiffre d’affaires à la recherche et au développement sachant que la mise au point d’une nouvelle variété nécessite généralement entre 7 et 12 ans.

Dans ce contexte, la propriété intellectuelle est indispensable pour reconnaître les investissements réalisés, stimuler l’innovation et permettre sa diffusion. L’UFS défend un cadre équilibré, capable de protéger les innovations sans freiner l’accès au progrès génétique tout en conservant la diversité des acteurs du secteur.

Pourquoi deux protections complémentaires ?

Le Certificat d’Obtention Végétale (COV) protège une variété dans son ensemble, tout en permettant l’« exemption du sélectionneur » : une variété protégée peut être utilisée librement par son concurrent, pour son propre programme de recherche et la création de nouvelles variétés.

Le brevet, quant à lui, ne protège pas une variété Il peut protéger un caractère spécifique créé par un moyen technique, sous réserve du respect strict des critères de brevetabilité, notamment la nouveauté et l’inventivité, tels qu’ils sont définis par la directive 98/44/CE et appliqués par l’Office européen des brevets (OEB).

Pour l’UFS, ces deux outils peuvent être mobilisés de manière complémentaire selon la nature de l’innovation. Leur articulation doit toutefois préserver le modèle « d’innovation ouverte » spécifique au secteur semencier qui permet aux sélectionneurs d’accéder aux variétés existantes pour en créer de nouvelles.

Six principes de l’UFS pour préserver l’innovation ouverte

  1. Garantir une exemption limitée du sélectionneur en matière de brevets, afin de permettre l’utilisation d’une variété contenant un caractère breveté pour créer de nouvelles variétés.
  2. Maintenir la non-brevetabilité des méthodes conventionnelles de sélection et permettre l’usage des marqueurs brevetés dans le cadre de la création variétale.
  3. Exclure de la brevetabilité les caractères natifs et ceux issus de la mutagénèse aléatoire, qui relèvent de la diversité naturelle ou des méthodes conventionnelles.
  4. Veiller à une application rigoureuse des critères de brevetabilité, notamment la nouveauté, l’inventivité et la description suffisante.
  5. Renforcer la transparence sur les caractères brevetés présents dans les variétés commercialisées, au moyen d’une information accessible et fiable.
  6. Faciliter l’accès aux licences à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires, avec une attention particulière portée aux petites entreprises.

Consulter la position complète de l’UFS sur la propriété intellectuelle : https://www.ufs-semenciers.org/wp-content/uploads/2026/09/20251003_Proposition-position-2025-UFS-sur-la-PI-4.pdf

Plantes de services



SEMAE chiffre les bénéfices économiques des couverts végétaux

Azote, carbone, structure des sols : une nouvelle étude de SEMAE traduit en euros les bénéfices agronomiques des plantes de services pour les exploitations agricoles.

Combien les plantes de services peuvent-elles réellement rapporter à une exploitation agricole ? Jusqu’à 105 €/ha pour l’azote restitué, jusqu’à 960 €/ha de rendement préservé grâce à la lutte contre le tassement des sols.

Autant de repères chiffrés proposés par une nouvelle étude publiée par SEMAE, l’interprofession des semences et plants, consacrée à la valorisation économique des plantes de services.

Portée par la Section Fourragères et à gazon, cette étude apporte une nouvelle grille de lecture à un sujet jusqu’ici principalement abordé sous l’angle agronomique : quel est le retour économique des services rendus par les couverts végétaux ?

Des bénéfices agronomiques désormais traduits en euros

Réduire les intrants, préserver les sols, stocker du carbone, améliorer la structure des terres… Les plantes de services portent bien leur nom, car elles sont reconnues pour les nombreux services qu’elles peuvent rendre aux systèmes agricoles.

Mais leur implantation représente également un coût pour l’exploitation. Quel est alors le bilan économique de ces pratiques ?

Pour apporter des éléments objectifs à cette question, la Section Fourragères et à gazon de SEMAE a croisé une revue de littérature scientifique française avec l’expertise de plusieurs organismes et acteurs de terrain, notamment Arvalis, l’INRAE, les Chambres d’agriculture et la commission Plantes de services. L’étude permet ainsi de convertir plusieurs bénéfices agronomiques en repères économiques exprimés en €/ha.

Trois chiffres pour mesurer la valeur des plantes de services

  • Jusqu’à 105 €/ha pour la valeur de l’azote restitué au système de culture.
  • Jusqu’à 128 €/ha/an pour la valeur associée au stockage de carbone.
  • Jusqu’à 960 €/ha de rendement préservé grâce à la lutte contre le tassement des sols.

Attention toutefois : ces valeurs ne peuvent être additionnées. Chacune repose sur des hypothèses et des situations spécifiques. L’intérêt de l’étude réside donc moins dans la recherche d’un “gain total” que dans la mise à disposition de repères permettant de mieux apprécier la valeur économique de chacun des services rendus.

Le vrai retour sur investissement : préserver le potentiel de production

Au-delà de la seule réduction des achats d’intrants, l’étude fait ressortir un enseignement majeur : la valeur économique des plantes de services tient aussi à leur capacité à préserver le capital sol et à sécuriser le potentiel de production dans le temps.  Autrement dit, le coût d’implantation d’un couvert ne doit pas être regardé uniquement comme une charge immédiate. Il peut également être considéré comme un investissement dans la fertilité, la structure et la capacité productive des sols.

Cette étude donne enfin aux agriculteurs et aux distributeurs des repères concrets pour arbitrer sereinement en faveur des plantes de services”, insiste Luc Jacquet, vice-président de la Section Fourragères et à gazon de SEMAE.

La qualité de la semence : un facteur économique essentiel

L’étude ouvre également une piste de réflexion sur un élément encore peu documenté : le rôle de la qualité des semences dans la réussite d’un couvert et, par conséquent, dans son bilan économique. Une implantation réussie conditionne en effet la capacité du couvert à assurer les services attendus. La semence de qualité constitue le premier investissement dans la réussite de la plante de services.

Cette question mérite d’autant plus d’attention que les agriculteurs sont aujourd’hui confrontés à un double enjeu : maîtriser leurs charges tout en développant des pratiques permettant de préserver durablement leur potentiel de production.

Une étude pour éclairer les choix des agriculteurs

Avec cette étude, SEMAE souhaite contribuer à objectiver les choix techniques et économiques des agriculteurs et des distributeurs, en donnant une valeur économique aux différents services rendus par les plantes de services. L’objectif n’est pas de présenter les plantes de services comme une solution universelle, mais de fournir des données et des repères pour mieux intégrer leur coût et leurs bénéfices dans les décisions de l’exploitation.

Télécharger l'étude complète