
Marché des céréales
Tension sur l'offre européenne et instabilité des flux logistiques
Instabilité géopolitique et risques climatiques
Le marché céréalier de cette mi-juillet 2026 évolue sous l'influence de fortes tensions énergétiques et monétaires, corrélées à une logistique internationale fragilisée. Au Moyen-Orient, les hostilités dans le détroit d'Ormuz ont fait remonter le pétrole Brent à ) et le WTI à /baril le 17 juillet, pendant que le dollar se dépréciait face à l'euro, ce dernier s'échangeant à .
Ces tensions énergétiques mondiales s'accompagnent de graves blocages logistiques en Mer Noire : en mer d’Azov, les frappes ukrainiennes contre les navires russes bloquent l'exportation de grains, tandis qu'en Ukraine, un terminal d'exportation majeur près de Tchornomorsk a été touché, bloquant des milliers de tonnes de blé.
Sur le front météorologique, l'Europe fait face à un stress hydrique persistant avec des températures supérieures aux normales, ce qui accélère exceptionnellement les récoltes. Si les conditions restent bonnes pour les cultures en mer Noire malgré un déficit de pluie, un temps chaud et sec prolongé s'installe sur l'ouest de la Corn Belt américaine, menaçant le maïs qui est en avance de floraison à 16 % au 6 juillet.
Point par culture
- Blé : les contrastes sont majeurs entre la France et l'international. Dans son dernier rapport du 15 juillet, Agreste table sur une récolte française de blé tendre 2026 en retrait de sur un an (mais reste proche de la moyenne quinquennale), à , en raison d'un rendement moyen en baisse à . Le blé dur s'effondre également, dépassant à peine le million de tonnes, soit un recul de sur un an. À l'inverse, la campagne d'exportation passée 2025-2026 s'est achevée sur un excellent bilan au port de Rouen avec de blé expédiés, principalement portés par la demande marocaine à hauteur de . Sur le plan des cours mondiaux, les prix ont divergé. Sur le CBOT de Chicago, le blé a reculé le 14 juillet en raison de l'avancée rapide des moissons américaines (67 % récoltés au 12 juillet) et d'une demande à l'export morose. En revanche, Euronext a vu ses prix fortement progresser de 15 €/t sur septembre 2026 à 231,5 €/t et 234,75 €/t sur décembre 2026, sous l'effet des blocages logistiques de la Mer Noire et d’une baisse des rendements.
- Orge : le marché de l'orge affiche lui aussi des trajectoires très opposées. La production française d'orge d'hiver est attendue en hausse à ( sur un an), tandis que l'orge de printemps subit un véritable effondrement avec une récolte estimée à seulement , traduisant une chute historique de .
- Maïs : pour le maïs, le bilan mondial se resserre nettement. L'USDA a révisé à la baisse les stocks de fin de campagne américains pour la campagne 2026/2027 à , ce qui entraîne une baisse des stocks mondiaux de à . De plus, l'USDA a lourdement revu à la baisse la production de maïs dans l'Union européenne, estimée à seulement contre en juin. Sur les marchés à terme, le maïs a légèrement reculé sur le CBOT grâce à une amélioration relative des conditions de culture aux États-Unis, alors qu'il progressait sur Euronext, l'échéance rapprochée d'août 2026 atteignant , tout en diminuant sur les échéances au-delà de décembre 2027. En effet, la canicule a lourdement pénalisé la culture du maïs en perturbant sa pollinisation, forçant les producteurs à rediriger les parcelles les plus touchées vers l'alimentation animale ou la filière biomasse. En parallèle, cette dégradation des perspectives de récolte a incité les fonds financiers à renforcer leurs positions acheteuses sur les marchés du blé et du maïs, entrainant les cours céréaliers à la hausse mi-juillet. En Argentine, la production est révisée en hausse de à par l'USDA, alors que le gouvernement confirme une baisse progressive des taxes à l'export à partir de 2027.
Perspectives à court terme
À court terme, le marché européen présente des perspectives fermes en raison du repli global de l'offre locale. Le cumul de la production française de céréales à paille devrait s'établir à seulement , marquant un recul de sur un an et de par rapport à la moyenne quinquennale. Cette baisse significative de l'offre hexagonale, conjuguée aux révisions baissières de la récolte de maïs au sein de l'Union européenne, pourrait soutenir physiquement les cours sur le continent européen.

