Le post de la semaine
« Nous sommes dans un scénario noir : les prix des céréales baissent, et dans le même temps, l'engrais s'envole. Il faut user de tous les moyens pour alléger les coûts de production et cela passe notamment par la suspension du MACF. » Antoine Hacard, président de La Coopération Agricole Métiers du Grain, dans Les Échos ce mardi 14 avril.
+120 €/ha de surcoût sur le blé lié à l’envolée des engrais. Des céréaliers français dans le rouge pour la 3e année consécutive, avec des pertes pouvant atteindre 500 €/ha. L’effet ciseaux, prix agricoles en baisse, intrants en hausse se referme. Et une taxe carbone européenne va aggraver la situation dès 2026.
Le MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) a une intention légitime : éviter le dumping climatique. Mais appliqué aux engrais en pleine crise du grain et géopolitique, il devient une taxe supplémentaire sur la production alimentaire française, au pire moment.
Soyons clairs : nous voulons la transition. Mais on ne finance pas la transition avec des exploitations et coopératives en faillite. Un agriculteur qui met la clé sous la porte n'investit plus dans le bas carbone il disparaît. Pour La Coopération Agricole, l'inflation des coûts de production fait peser un risque majeur de faillite sur l'agriculture française et européenne.
Le commissaire européen à l'Agriculture Christophe Hansen l'a lui-même reconnu lors de son déplacement à l'usine de Piesteritz le 9 avril : le futur plan européen devra « renforcer la production de l'UE, réduire les dépendances, soutenir les agriculteurs et accélérer l'innovation bas-carbone ». Les mots sont bons. Il faut maintenant les traduire en actes et vite.
Pendant ce temps : L’Inde mobilise 4,5 milliards de dollars de subventions. Et plus proche de chez nous, l’Espagne débloque 500 millions d’euros. Nos concurrents agissent. L’Europe hésite. La Coopération Agricole Métiers du Grain demande la suspension temporaire du MACF sur les engrais, le temps de :
- sécuriser les approvisionnements
- redonner de la compétitivité aux producteurs européens
- créer les conditions économiques d’une transition crédible
Ce n’est pas un recul. C’est la condition pour réussir.

