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Actualités de la filière

plan exceptionnel

de plus d’1 milliard d’euros



Plus d’1 milliard d’euros débloqués par le Gouvernement pour soutenir les agriculteurs et la continuité de la production à la suite de la sécheresse

Après un été marqué par des épisodes de canicule et de sécheresse d’une intensité exceptionnelle, auxquels se sont ajoutés de nombreux incendies, la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, a annoncé ce vendredi 4 septembre un plan exceptionnel de plus d’1 milliard d’euros pour soutenir les trésoreries et relancer la production.

Ce plan poursuit un double objectif : d’une part, indemniser les pertes exceptionnelles pour éviter les faillites et, d’autre part, redémarrer la production agricole en facilitant l’approvisionnement des agriculteurs en intrants (fourrages, semences, plants…).

Des conséquences majeures pour notre agriculture

Les canicules à répétition et la sécheresse ont eu des impacts massifs sur l’agriculture française. Alors que la température moyenne nationale de juillet 2026 (24,9 °C) a été plus forte que les précédents historiques de 2003 et 1976, 65 % du territoire a été confronté à une sécheresse inédite. Ainsi, 95 départements ont été soumis à des restrictions d’eau, dont 79 catégorisés en « crise » au plus fort de l’été. On recense des pertes de rendements de 50 % en moyenne dans de nombreux territoires. Dans de nombreuses régions les stocks fourragers sont inférieurs de plus de 50 %, et l’ensemble des régions sont concernées par une situation économique agricole fortement dégradée.

Un plan à la hauteur de la situation

Le plan annoncé par la ministre repose sur un principe clair : un agriculteur dont une partie de la récolte, du fourrage ou de l’outil de production sont impactés, doit pouvoir être accompagné au plus vite, afin de préserver le tissu productif agricole.

1 - Indemniser rapidement les pertes exceptionnelles et éviter ainsi les faillites

a. Mobilisation autant que de besoin de l’ISN

L’Etat s’engage à mobiliser et à abonder les différents dispositifs d’indemnisation de pertes, à la hauteur des besoins constatés sur le terrain. Selon les premières estimations, le dispositif d’Indemnisation de solidarité nationale (ISN) devrait représenter 520 millions d’euros.

Le versement de l’ISN sera accéléré afin de permettre aux exploitants touchés de percevoir leurs indemnisations dans les meilleurs délais. Les procédures de reconnaissance seront adaptées et les premières commissions d’examen renforcées. Pour les agriculteurs assurés, le plafond des acomptes d’ISN a d’ores-et-déjà été porté de 70 % à 80 % du montant prévisionnel de l’indemnisation, afin de faire arriver le plus rapidement les premières sommes sur les comptes des exploitations.

b. Indemniser les pertes et soulager les agriculteurs

Le plan prévoit également la mobilisation du régime des calamités agricoles pour les pertes de fonds non assurables pour les végétaux (cultures pérennes, vignes, etc.) et les animaux (bovins, ovins, volailles, etc.) pour un montant de 30 millions d’euros.

Par ailleurs, toujours dans cet objectif d’alléger la facture des pertes, la taxe foncière sur les propriétés non bâties fera l’objet de dégrèvements locaux, pour plus de 300 millions d’euros.

Enfin, pour l’avenir, la période de référence servant au calcul des pertes de rendement sera portée de cinq à huit ans à compter de la campagne 2027, afin de mieux prendre en compte la répétition des aléas climatiques et donc de mieux indemniser les agriculteurs. Il s’agit là d’une réforme majeure, négociée avec succès par la France à Bruxelles.

2 - Redémarrer la production, pour éviter une perte de souveraineté agricole

a. Soutenir la relance de l’activité

Afin d’assurer la mise en production en vue de la prochaine campagne, dans l’hexagone comme dans les Antilles, la ministre a mis en place un fonds de réarmement agricole de 235 millions d’euros, placé sous le pilotage des préfets de région et de départements.

Ce fonds, territorialisé et adapté aux spécificités des territoires et des filières, permettra d’accompagner les exploitations confrontées aux difficultés les plus importantes, notamment pour financer l’approvisionnement en intrants (aliments pour animaux, fourrages, semences, plants, autres intrants). Cette enveloppe intègre également un volet « incendies », afin de venir en aide aux exploitations sinistrées par les feux de cet été.

La solidarité nationale sera également renforcée pour garantir l’approvisionnement en fourrage des élevages les plus exposés. Les échanges entre territoires continueront d’être facilités et la France continuera de mobiliser ses partenaires européens afin de faciliter l’approvisionnement si nécessaire.

b. Accompagner les agriculteurs

Le plan prévoit par ailleurs le renforcement de la prise en charge des cotisations sociales agricoles (PEC) par la MSA pour la campagne d’autonome à hauteur de 20 millions d’euros. Des échéanciers individualisés pour permettre aux exploitants les plus en difficultés de différer le paiement de leurs cotisations seront également mis en place et un renforcement de l’accompagnement social et psychologique des agriculteurs en difficulté.

Face à une année climatique exceptionnelle, le Gouvernement allège également certaines contraintes administratives qui deviennent matériellement difficiles à respecter. La ministre demande notamment l’accélération de la généralisation du contrôle unique, afin de réduire les contrôles redondants ou successifs subis par les exploitants. Aussi, la possibilité est donnée aux préfets de prendre des dérogations prévues par les règles nationales et européennes (lorsque les conditions locales le permettent), notamment en matière de couverture des sols.

Le Gouvernement annonce par ailleurs la reconduction des mesures destinées à sécuriser la prochaine campagne :

  • prolongation jusqu’au 31 décembre 2026 du guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés pour un montant de 145 millions d’euros dont 38 millions de crédit nationaux, afin de tenir compte du décalage des semis lié à la sécheresse ;
  • prolongation jusqu’à octobre 2026 du soutien exceptionnel au GNR agricole (15 ct/litre) pour un montant total de 106 millions d’euros, afin d’accompagner les travaux agricoles d’automne.

c. Poursuivre les efforts mis en œuvre et préparer l’avenir

Ce plan s’ajoute à différentes décisions déjà prises par la ministre courant juin et juillet, comme les dérogations pour valorisation précoce des jachères, l’augmentation du taux d’acompte pour l’indemnisation de solidarité nationale, l’augmentation du taux d’avance PAC, les autorisations de dérogations pour les règles des couverts, le déblocage immédiat de capacités supplémentaires d’enfouissement des animaux ou encore les prêts pour la ventilation des élevages.

Par ailleurs, il complète les dispositifs d’adaptation au changement climatique relancés ou renforcés cette année (plan Agriculture-Méditerranée, appel à projets rénovation des vergers et innovation variétale, fonds hydraulique agricole, PARSADA).

Une mobilisation totale de l’État

Pour garantir la mise en œuvre du plan, l’implication de tous les services de l’État sera maximale. Depuis juillet, chaque département dispose d’une cellule sécheresse associant les services de l’État, les chambres d’agriculture, les organisations professionnelles, la MSA, les acteurs bancaires et l’ensemble des partenaires utiles ; ces cellules sont pérennisées et continueront d’exercer leurs missions.

La ministre a également installé au niveau national une cellule spécifiquement dédiée au déploiement du plan d’aides, en coordination avec les cellules mises en place par les préfets.

« La sécheresse de cet été menace à double titre notre souveraineté agricole : en dégradant fortement certaines trésoreries, et en faisant courir le risque d’une plus faible remise en production pour la campagne 2027, d’autant qu’elle s’ajoute aux difficultés rencontrées en matière de carburant et d’engrais.

Le plan que je présente aujourd’hui répond à ce double défi : il indemnise les pertes exceptionnelles pour éviter les faillites, et il prépare la relance de la production agricole. C’est un effort financier conséquent, symbole de la solidarité nationale et de l’attachement de tous nos concitoyens à l’agriculture française.

Au-delà, je poursuis et j’amplifie l’adaptation de l’agriculture au changement climatique, qui m’occupe depuis le premier jour de ma prise de fonctions. En favorisant les projets d’avenir agricoles et en les avantageant fiscalement, en renforçant le fonds hydraulique agricole, en sanctuarisant les autres plans, nous dessinons la nouvelle agriculture de demain, plus résiliente face aux effets du dérèglement climatique. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

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Enseignement agricole



La ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, lance le programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant (PNOD)

Ce 8 septembre, la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire lance, en présence du ministre de l’Éducation nationale, le programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant (PNOD). Son ambition : permettre à chaque jeune de mieux connaître les métiers du vivant et les formations qui y conduisent, pour renouveler les générations agricoles.

Prévu par la loi du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA) le PNOD vise à multiplier les occasions de découvrir concrètement les métiers et formations du monde agricole face au défi du renouvellement des générations. De l’agriculture à l’agroalimentaire, de la forêt au paysage, de l’environnement à la santé animale ou à l’aquaculture, les métiers du vivant offrent de nombreuses perspectives professionnelles, mais restent encore insuffisamment connus des jeunes et de leurs familles.

Mieux coordonner pour mieux agir

Le PNOD ne part pas d’une feuille blanche. Partout en France, les établissements d’enseignement, les professionnels, les collectivités et les acteurs de l’orientation conduisent déjà de nombreuses actions pour faire découvrir les métiers du vivant. Le programme vise à mettre ces initiatives en cohérence, renforcer les coopérations et diffuser les actions qui ont fait leurs preuves.

Cette dynamique repose sur la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème de l’enseignement agricole, aux côtés, notamment, de l’Éducation nationale, des acteurs de l’orientation et de l’emploi et des filières professionnelles. Elle a vocation à se décliner au plus près des territoires, en associant les acteurs locaux autour d’actions communes.

Des actions concrètes pour faire découvrir les métiers du vivant

Ce programme repose sur une volonté claire : inciter les jeunes à découvrir les métiers du vivant dans chaque territoire grâce à des initiatives locales et à la volonté du milieu agricole de les attirer. C’est pourquoi :

  • une enveloppe nationale de 500 000 euros permettra d’accompagner environ 50 projets territoriaux en faveur de l’attractivité des métiers et des formations du vivant ;
  • un Tour de France des dynamiques régionales permettra par ailleurs d’aller chercher et encourager les initiatives là où elles naissent ;
  • un prix national est créé afin de distinguer les meilleures initiatives portées par des élèves ambassadeurs de l'enseignement agricole.

La découverte de ce milieu doit être portée par les professionnels de l’éducation et de l’emploi afin de créer de réelles vocations. Ainsi, parmi les premières actions à mettre en place figurent le développement des stages, immersions et mini-stages, le renforcement des liens entre établissements scolaires et professionnels, ou encore le renforcement des coopérations avec les acteurs de l’emploi et de l’insertion.

Le PNOD fixe donc des objectifs précis à horizon 2030 : la mise en place de 10 000 offres de stage de 3e et de seconde dans le milieu agricole et agroalimentaire et la création de 75 classes de mentorat entre un élève de l’enseignement agricole et une entreprise.

Ce programme s’adresse ainsi aux jeunes, de l’école élémentaire à l’enseignement supérieur, mais également à tous ceux qui les accompagnent dans leurs choix : familles, équipes éducatives, professionnels de l’orientation, maîtres de stage et d’apprentissage et acteurs de l’insertion et de l’emploi.

« Face au défi du renouvellement des générations, nous devons permettre à davantage de jeunes de découvrir les métiers essentiels à l’avenir de notre pays. Le programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant a une ambition simple : donner à chacun les moyens de mieux connaître ces métiers, les perspectives qu’ils offrent et les formations qui y conduisent, pour permettre aux jeunes de construire une orientation choisie. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

Photo : ©Thomas Hubert / agriculture.gouv.fr

Plan CASI

Le milliard d’euros en « trompe-l’œil »



La ministre de l’Agriculture a annoncé ce jour son plan à 1 milliard d’euros pour faire face à la crise agricole historique que connaît notre pays. Derrière ce chiffre, la réalité est beaucoup moins spectaculaire : une large partie correspond à des indemnisations déjà prévues, des reports de charges ou des dispositifs existants. Pendant ce temps, des milliers d’exploitations n’ont tout simplement plus assez de trésorerie pour préparer la prochaine récolte. Les Associations spécialisées de Grandes cultures réitèrent leur alerte sur la situation économique dramatique du secteur et leur demande immédiate d’aide à la trésorerie de 450 euros par hectare.

Le milliard d’euros annoncé peut impressionner, mais il ne doit pas masquer la réalité. Une part importante de cette enveloppe correspond à des mécanismes qui existaient déjà et qui ont précisément vocation à intervenir lorsqu’un agriculteur subit une perte de récolte ou un accident climatique majeur. Leur mobilisation est nécessaire, mais elle ne constitue pas, à elle seule, la réponse exceptionnelle qu’exige la situation actuelle.

Car le problème n’est plus seulement de compenser les pertes de 2026. Il est désormais de savoir combien d’exploitations en grandes cultures auront encore les moyens de semer/planter et produire en 2027. Reporter une dette ne recrée pas de trésorerie. Différer une charge ne permet pas d’acheter des semences, des plants ou des engrais. Et indemniser une perte déjà subie ne suffit pas toujours à redonner à une exploitation les moyens de financer une nouvelle campagne.

L’écart entre les besoins et la réponse publique est considérable. Pour les seules grandes cultures, les pertes sont aujourd’hui estimées à 6,6 milliards d’euros. Face à cette situation, les Associations spécialisées demandent une mesure simple, massive et immédiatement opérationnelle.

Cette aide doit permettre aux producteurs de payer leurs fournisseurs, de financer leurs intrants, de maintenir l’emploi sur les exploitations et, surtout, de remettre une récolte en terre. Sans cela producteurs de grandes cultures abandonneront.

Plus incompréhensible encore, le plan ne comporte aucune mesure simple, rapide et concrète telle que la suspension de la redevance pour pollution diffuse, le gel des redevances irrigation ou encore la prise en compte des difficultés accrues des zones intermédiaires et à faible potentiel.

« Nous sommes en colère. Le milliard annoncé ne répond pas à la gravité de ce qui se passe aujourd’hui dans nos fermes. Les trésoreries sont exsangues et, sans soutien beaucoup plus massif, des dizaines de milliers d’agriculteurs risquent de ne pas pouvoir repartir. Nous demandons 450 euros par hectare de trésorerie directe, parce qu’à force de nous expliquer qu’on sauvera l’agriculture demain, demain il n’y aura tout simplement plus assez d’agriculteurs à sauver. » déclarent les présidents de l’AGPB, de l’AGPM, de la CGB, de la FOP et de l’UNPT.

Sécheresse et canicule



Les Chambres d’agriculture mobilisées pour répondre à l’urgence et préparer l’avenir

Face à l’ampleur des conséquences de la sécheresse et des épisodes de canicule, Chambres d’agriculture France salue le plan d’urgence annoncé ce jour par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

Les Chambres d’agriculture sont d’ores et déjà mobilisées pour accompagner les agriculteurs, notamment à travers la réalisation de bilans fourragers permettant d'évaluer les besoins et d'anticiper les mesures à prendre. Les Chambres d’agriculture seront également pleinement mobilisées et travailleront avec les préfets et les services de l’État pour mettre en œuvre les mesures d’urgence et préparer la relance de la capacité productive, sans oublier la mobilisation des cellules Réagir pour accompagner les exploitations les plus en difficulté.

Compte tenu de l’évolution rapide de la situation et de la diversité des impacts selon les territoires et les productions, les Chambres d’agriculture appellent à ce que des points de situation réguliers soient organisés afin d’adapter les mesures et l’enveloppe financière aux réalités du terrain et aux besoins des agriculteurs. Points qui devront aussi associer les acteurs du monde agricole, l’État mais aussi les acteurs économiques et bancaires qui doivent aussi se mobiliser. Pour les Chambres d’agriculture, l’enjeu est d’accompagner tous les secteurs, toutes les exploitations agricoles face à la dégradation de la situation.

Au-delà des mesures d’urgence, cette crise majeure doit renforcer le besoin de porter un véritable projet pour l’avenir de l’agriculture. Remettre la production au cœur de notre ambition agricole, c’est renforcer notre souveraineté alimentaire. Cela suppose de donner aux agriculteurs les moyens d’adapter leurs systèmes, de sécuriser leurs investissements et de développer leurs projets.
Les Chambres d'agriculture sont mobilisées pour accompagner les agriculteurs dans leurs projets, de l'adaptation des systèmes de production, de la sécurisation des investissements, de l'installation-transmission, de la diversification et du développement de nouvelles activités.

« Les Chambres d’agriculture restent fortement mobilisées et seront aux côtés des agriculteurs pour affronter cette crise et préparer l’avenir » Sébastien Windsor, Président de Chambres d’agriculture France.

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Canicules/sécheresse



Premières reconnaissances par l’État des pertes de récolte ouvrant la voie au versement de l’indemnisation de solidarité nationale (ISN) pour les exploitants non assurés

Conformément aux engagements du plan Climat-Adaptation-Sécheresse-Incendies (CASI) présentés par Annie GENEVARD, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, le 4 septembre, la procédure d’indemnisation de solidarité nationale (ISN) pour les cultures non assurées a été simplifiée et accélérée pour indemniser au plus tôt les agriculteurs les plus durement touchés par les canicules et sécheresse de l’été 2026.

Pour les agriculteurs assurés, le versement de l’ISN est géré par les entreprises d’assurance, qui se sont engagées dès le mois de juillet à accélérer le traitement des dossiers d’indemnisation et le versement d’acomptes aux exploitants assurés, à la fois pour la part « assureurs » et pour l’indemnité de solidarité nationale (ISN). A cette fin le gouvernement a publié, dès le 31 juillet 2026, un arrêté portant le taux maximal de l’acompte d’ISN aux exploitants assurés à 80 %.

Dès le lundi 7 septembre, le Comité national de la gestion des risques en agriculture (CNGRA) et la Commission chargée de l'orientation et du développement des assurances garantissant les dommages causés aux récoltes (CODAR) se sont réunies de manière exceptionnelle pour statuer sur les premières demandes de reconnaissance en pertes de récolte (ISN) pour les cultures non assurées, liées aux canicules et à la sécheresse de 2026. Le gouvernement témoigne ainsi de sa pleine mobilisation pour apporter des réponses rapides aux agriculteurs confrontés à une sécheresse exceptionnelle, comme cela est évoqué dans les mesures 1 et 2 du plan CASI.

Les zones qui recouvrent tout ou partie de 18 départements ont ainsi pu faire l’objet d’une reconnaissance lors des CNGRA/CODAR du 7 septembre. Cette reconnaissance ouvre la voie à l’ouverture, dans les jours à venir, des premiers guichets d’ISN par les Directions départementales des territoires (DDT) puis à l’instruction des dossiers individuels d’indemnisation qui seront déposés par les agriculteurs. Les premiers paiements d’ISN aux exploitants non assurés arriveront dès octobre 2026.

Sont concernés par une reconnaissance au titre de l’ISN les 18 départements suivants : Ardèche, Corrèze, Côtes-d’Armor, Eure-et-Loir, Ille-et-Vilaine, Indre, Loir-et-Cher, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Haute-Marne, Mayenne, Morbihan, Oise, Puy-de-Dôme, Rhône, Sarthe, Vendée et Haute-Vienne. Ces premières reconnaissances concernent les grandes cultures ainsi que les fruits et légumes pour lesquels des constats de pertes ont d’ores et déjà pu être étayés au niveau départemental.

De plus, comme prévu par la mesure 3 du plan CASI, le décret simple de mise en œuvre de la « moyenne olympique à 8 ans » a également fait l’objet d’une présentation à la CODAR, et sera prochainement soumis à l’avis du Comité consultatif de la législation et de la réglementation financières (CCLRF), dans la perspective d’une publication rapide du décret.

Une nouvelle réunion exceptionnelle des CNGRA/CODAR sera organisée dès le 1er octobre pour examiner les autres demandes de reconnaissance au titre de l’ISN liées aux canicules et à la sécheresse de 2026 qui seront remontées par les DDT d’ici le 15 septembre.

Photo : ©Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr

Conférence de rentrée

de Chambres d’agriculture France



« Face au changement climatique, retrouver notre capacité à produire devient une urgence. » C'est l'un des messages portés par Sébastien Windsor, président de Chambres d'agriculture France, aux côtés de Arnaud Delestre et Guillaume Lefort, lors de la conférence de presse de rentrée des Chambres d'agriculture, ce mercredi 9 septembre.

Une agriculture sous pression

Records de chaleur, sécheresse, productions en baisse, stocks de fourrage entamés : les conséquences sont déjà visibles dans de nombreuses filières. La pousse des prairies est par exemple inférieure de 37 % à la normale et la récolte de maïs pourrait être la plus faible depuis les années 1980.

"Cette année, j'ai vécu deux mois sans pluie. Jusqu’ici, je n’avais jamais connu plus de quinze jours. Vous mesurez le niveau de changement que ça a pu amener sur nos exploitations." Sébastien Windsor

Ces pertes de production ont aussi des conséquences économiques, auxquelles s'ajoutent la hausse des charges et les difficultés de trésorerie. Le risque désormais c'est que les agriculteurs réduisent leurs productions, renoncent à certains investissements ou soient contraints de vendre une partie de leurs troupeaux pour faire face à court terme.

Répondre à l'urgence, préparer la suite

Face à l'urgence, Chambres d'agriculture France appelle à la mise en place de dispositifs simples, rapidement accessibles et ciblés vers les exploitations qui en ont le plus besoin.

Sur le terrain, le réseau des Chambres d'agriculture est déjà mobilisé :

  • des bilans fourragers gratuits ou à coût très faible pour évaluer précisément les besoins des élevages
  • les cellules Réagir pour détecter et soutenir les exploitations en difficulté
  • un accompagnement technique et la recherche de dérogations adaptées à la situation
  • un travail aux côtés des services de l'État pour faciliter la mise en œuvre des aides.

Mieux gérer l'eau pour continuer à produire

Après un hiver particulièrement humide et un été parmi les plus secs, la succession de ces deux extrêmes pose directement la question de notre capacité à stocker et gérer l'eau lorsqu'elle est disponible.

“Pour nous, stocker de l'eau reste indispensable pour anticiper sur les périodes de manque” indique Arnaud Delestre, premier vice-président de Chambres d'agriculture France.

Sur le terrain, les Chambres d'agriculture travaillent déjà sur le stockage et l'irrigation, développent des outils d'aide à la décision et expérimentent des solutions comme la micro-irrigation. Le réseau renforce également son ingénierie pour accompagner les agriculteurs dans leurs projets de réserves et développe un outil de gestion collective de l'eau à l'échelle des territoires.

Analyses et perspectives

de septembre 2026



Quand les zones intermédiaires interrogent le modèle agricole français

Au sommaire de cet "Analyses et perspectives" : quand les zones intermédiaires interrogent le modèle agricole français ; les trajectoires pour les exploitations en zones intermédiaires.

L’agriculture française est aujourd’hui confrontée à une accumulation de chocs économiques, climatiques et géopolitiques qui contraignent les exploitations à repenser leurs modes de production et leurs stratégies d’adaptation. 

Si ces évolutions concernent l’ensemble du secteur, elles se manifestent avec une intensité particulière dans les zones intermédiaires. Longtemps considérées comme des territoires moins performants, elles apparaissent aujourd’hui comme un révélateur des contraintes du modèle agricole spécialisé et constituent, à ce titre, un terrain privilégié pour réfléchir aux évolutions de l’agriculture française.

Consulter "Analyses et Perspectives" de septembre 2026 sur les zones intermédiaires

foire-chalon-ministre

Annonces du gouvernement

pour l’agriculture



Les réactions du Réseau Cuma

Présente au lancement des Rencontres nationales des agricultrices à la Foire de Châlons, Marine Boyer, a réagit aux annonces d'Annie Genevard sur le plan CASI

Le 4 septembre 2026, la Foire de Châlons a accueilli le lancement des Rencontres nationales des agricultrices. Conçu comme un rendez-vous annuel, cet événement vise à renforcer la place des femmes en agriculture, à mettre en lumière les initiatives et à favoriser les échanges entre acteurs pour faire émerger des solutions concrètes. Invitée par la Foire de Châlons et Séverine Couvreur, Marine Boyer, présidente de la FNCuma, figurait parmi les intervenantes de la table ronde « Agricultrices cœur de nos territoires », consacrée notamment à la visibilité des agricultrices et à leur accès aux responsabilités.

Cette rencontre, à laquelle assistait la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, se tenait le même jour que l’annonce à Paris du plan de soutien face à la canicule et à la sécheresse (CASI). Pour la présidente de la FNCuma, ces deux rendez-vous constituaient l’occasion de partager les constats et de rappeler les attentes du réseau Cuma.

Alléger les charges et soulager les trésoreries des Cuma

Lors de son intervention, Marine Boyer a rappelé que le réseau Cuma avait porté des propositions auprès des préfets et du gouvernement au cours de l’été. Le réseau Cuma défend le rôle des Cuma comme « amortisseurs de crise pour l’ensemble des agricultrices et des agriculteurs » et réaffirme la nécessité d’alléger les charges de ces structures et de soulager leurs trésoreries.

Cet effort doit être partagé. L’État doit prendre sa part, mais aussi, les organismes qui interviennent auprès des collectifs, notamment ceux dont les coûts pèsent sur les agricultrices et les agriculteurs membres de Cuma.

Au regard de ces attentes, le réseau Cuma estime que les annonces du plan canicule-sécheresse (CASI) restent insuffisantes : « Le compte n’y est pas. L’effort de solidarité doit être collectif. »

Construire une vision au- delà des réponses aux crises

Au-delà des mesures de soutien immédiat, Marine Boyer appelle à définir un cap pour les années à venir. Elle considère que les prochaines élections présidentielles doivent permettre de redonner une vision à l’agriculture, tout en constatant qu’à ce stade, aucun candidat n’en propose.

« Nous ne pouvons plus nous contenter d’un catalogue annuel de mesures en réponse à des crises », souligne-t-elle. Elle invite à prendre le temps de réunir les acteurs et actrices du secteur et de mener une réflexion collective sur l’avenir de l’agriculture.

Dans cette perspective, Marine Boyer affirme que le réseau Cuma sera force de proposition pour contribuer à cette prise de conscience et à la construction d’un avenir prospère pour l’agriculture française.

Photo : Foire de Châlons 2026 – Table ronde des Rencontres nationales des agricultrices