
Marché des céréales
La parité eurodollar donne un coup de pouce aux marchés
Les remous gouvernementaux français se sont immiscés dans les marchés via la baisse de la monnaie unique face au dollar. Le marché physique reste toutefois peu dynamique.
Alors que la France cherche une issue à la crise politique en cours, l’euro s’est affaissé cette semaine face au dollar en passant sous les 1,16$ et ce au bénéfice des grains européens et français en particulier. Les marchés à terme se sont légèrement raffermis pour le blé Euronext sur la semaine avec une échéance décembre qui se replace au-dessus des 190€ et l’échéance mars qui a repassé la barre des 194€. Les marchés physiques des blés et des orges ont eux aussi bénéficié de ce léger mieux sans volumes significatifs. Le maïs participe lui aussi à cette remontée et atteignait 187,5€ en clôture ce jeudi sur l’échéance mars.
Le rapport hebdomadaire CéréObs de FranceAgriMer du 10 octobre estiment les avancées des semis de blé en France à 5%, 3 points sous la moyenne quinquennale. Pour les orges, le chiffre atteint 10% contre 14% pour la moyenne quinquennale. La récolte de maïs atteint quant à elle 37%, bien au-dessus du chiffre de l’an dernier à 5% et 1 point au-dessus de la moyenne quinquennale. Les maïs encore sur pied jugés bons à très bons restent à 62%.
Un appel d’offre de la Tunisie cette semaine pour 100 000t de blé tendre pourrait concerner les opérateurs français tandis que des traders européens ont confirmé cette semaine l’émission d’un nouvel appel d’offre de la Jordanie pour 120 000t de blé livrable sur janvier et février 2026. Le précédent appel offre avait été infructueux. Le pays a aussi émis un appel d’offre pour 120 000t d’orge fourragère. L’Arabie Saoudite a elle conclut un autre appel d’offre pour 455 000 t (7 chargements de 65 000t) de blé meunier sur les périodes décembre et janvier. Les opérateurs rapportent que les origines principales seraient de Mer Noire.
Tandis que Démocrates et Républicains ne se sont toujours pas entendus sur le budget, les services publics américains sont encore à l’arrêt. Le rapport sur l’offre et la demande mondiale du département à l’Agriculture attendu le 10 octobre va donc faire défaut ce mois-ci, tout comme les autres bulletins statistiques émis par l’USDA jusqu’à nouvel ordre. L’agence de presse Reuters a tenté de prendre le relais et a publié ses propres estimations sur l’avancée de la récolte de maïs aux États-Unis. D’après ses analystes, l’avancement aurait atteint 29% au 5 octobre, à 1 point de la campagne dernière. L’état des cultures encore sur pieds atteindrait les 65% bons à excellents. Dans ce contexte incertain, le marché de Chicago n’a pas connu d’évolutions notables cette semaine.
Toujours côté chiffres, la bourse de Rosario a relevé ses perspectives de récolte pour le blé argentin sur la campagne 2025/2026, à 23 Mt contre 20Mt précédemment. La raison, des sols qui sont restés humides pendant la majeure partie du cycle de croissance, ce qui tire les rendements au-dessus des attentes. En maïs, les mêmes analystes attendent une récolte à 61 Mt pour la prochaine campagne alors que 28% des semis ont été effectués.
Retour dans l’hexagone, FranceAgriMer a dévoilé son actualisation du bilan céréalier bio pour cette campagne. Au même titre que sur le conventionnel, la collecte de blé bio en conversion (C2) est bien plus élevée cette année avec un bond de près de 40% et un total de 285 000t. Les importations restent toutefois assez stables à 45 000t, tirées par les fabricants d’aliment du bétail et les moulins, à 15 000t. Les utilisations sont en hausse à 316 700t. Les orges sont aussi en augmentation côté production avec 27%, Bio et C2 confondus. Une baisse est revanche attendue en maïs avec près de 20% de moins collectés à 115 000t sur la campagne 2025-2026 ce qui impacterait directement l’export avec 3 000t potentiellement égarées sur un an.

