
Marché des céréales
Les marchés céréaliers sous la pression des stocks et de la récolte, malgré un retour timide de la demande
Les marchés des céréales ont été dominés par la publication de stocks plus élevés qu’attendu aux États-Unis et la pression des récoltes de maïs en cours dans l’hémisphère nord. Le blé, d’abord pénalisé par une vague de ventes techniques, a trouvé un léger soutien dans le retour de la demande internationale, tandis que le maïs reste fragilisé par la progression rapide des chantiers et l’abondance mondiale.
Le marché du blé a reculé en début de semaine, en raison de la publication, mardi, des stocks trimestriels américains à 2,12 milliards de boisseaux (Mdbu), au-dessus des attentes des analystes. Les fonds ont procédé à des ventes massives, d’autant que l’USDA a relevé son estimation de production totale à 1,985 Mdbu, neutralisant l’effet de la baisse des surfaces semées.
En Europe, la Commission a revu sa production 2025 à la hausse, à 132,6 millions de tonnes (Mt), renforçant la pression sur Euronext. Les échéances proches ont testé les 185 €/t, avant un rebond timide mercredi et une stabilisation jeudi, portée par un regain d’intérêt acheteur du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Après l’Algérie la semaine passée, l’Arabie Saoudite est entrée en lice avec un appel d’offres portant sur 420 000 tonnes de blé tendre à 12,5 % de protéines, tandis que la Jordanie recherchait 120 000 tonnes de blé tendre. L’Ukraine et la Roumanie restent compétitives dans ces dossiers, marginalisant encore l’offre française.
Le maïs a subi le même mouvement baissier que le blé. À Chicago, le contrat décembre a été pénalisé par des stocks trimestriels de 1,532 Mdbu, eux aussi supérieurs aux attentes des analystes. Aux États-Unis, la récolte est désormais avancée à 18 % contre 11 % la semaine précédente, avec des conditions jugées favorables à 66 %.
En Amérique du Sud, la dynamique reste positive : 32 % des semis sont réalisés au Brésil et 12,3 % en Argentine, sous de bonnes conditions climatiques. La Bourse de Buenos Aires confirme par ailleurs un potentiel record à 58 Mt.
En Europe, la Commission a légèrement abaissé sa prévision à 56,8 Mt, tandis que la moisson française progresse rapidement sous l’effet d’une météo favorable. Au 29 septembre, Céré’Obs estimat les récoltes réalisées à 24%, soit un gain de 10 points en une semaine et un niveau équivalent à la moyenne quinquennale. Le stade humidité du grain à 50% est légèrement en avance à 98% contre 93% sur la moyenne quinquennale et 80% en récolte 2024. Sur Euronext, l’échéance novembre a brièvement cassé le seuil psychologique des 180 €/t mercredi avant de se reprendre.
Sur le plan international, les États-Unis restent dynamiques à l’export, avec un rythme de ventes de blé et de maïs supérieur à celui de 2024/25. La semaine s’est illustrée par des achats de maïs par le Mexique (135 660 t) et la Corée du Sud (68 000 t fourrager). En revanche, l’annulation d’un appel d’offres jordanien et la sélection par l’Algérie d’origines ukrainiennes, roumaines et bulgares confirment le repli de la compétitivité française. La Russie, de son côté, a légèrement revu en baisse ses prévisions d’exportation de blé à 43,4 millions de tonnes mais conserve une position dominante, tandis que la Turquie a renforcé ses importations de maïs ukrainien, en hausse de 140 % sur janvier-juillet.
Le retour de la demande internationale redonne un souffle au marché du blé, la pression des récoltes reste déterminante, notamment pour le maïs. Les prochains jours seront scrutés avec attention : l’évolution du « shutdown » aux États-Unis pourrait perturber la publication de données USDA, rendant la visibilité encore plus incertaine.

