
Marché des céréales
Le coronavirus sème la panique
sur les marchés
Blé
Les marchés mondiaux ont brutalement cédé en début de semaine dans un contexte de craintes concernant la propagation du coronavirus et des conséquences sur la demande chinoise et mondiale. Il semblerait que le pic de la maladie en Chine devrait être atteint en mars, mais les inquiétudes concernent désormais la propagation de la maladie sur l’ensemble de la planète.
La mise en œuvre effective de la phase 1 de l’accord sino-américain est reléguée au second plan et le marché de Chicago a réagi en cédant $16cts/bu lundi avant de partiellement corriger mardi. Le marché à terme d’Euronext a suivi le mouvement et ouvert avec un différentiel de 1,75€/t par rapport à la session précédente et cédé 1,50€/t sur la journée.
Cependant l’activité européenne à l’exportation ne montre pas de signe de ralentissement. Les chiffres publiés par la Commission européenne font apparaître un volume de blé exporté à 18,715Mt au 23 février, soit une augmentation de +64% par rapport à l’an dernier à la même date. Et la demande reste dynamique : l’Arabie Saoudite a acheté 715kt de blé la semaine dernière dont une partie d’origine allemande et balte, la Tunisie est aux achats pour 125kt sur mars/mai, mais aussi la Jordanie, la Corée,…
En France, les chargements continuent également à destination principalement de l’Egypte, du Maroc et de l’Algérie, les prix demeurants compétitifs.
Selon le Conseil International des Céréales, 2020 s’annonce comme une année record pour la production de blé au niveau mondial. Alors que les surfaces européennes de blé sont en repli (-2,5%) en raison des difficultés de semis notamment en France, celle-ci sont compensées par des surfaces en hausse en Amérique du Nord (USA, Canada), en Russie et en Inde. Le CIC prévoit des surfaces à 221,4Mha (+2,1%). La production mondiale pour la campagne 2020/2021 est estimée au record de 769Mt (+1% par rapport à la récolte 2019). La consommation mondiale est estimée à 759Mt (+1%) avec une demande centrée principalement sur l’Asie et l’Afrique. Les stocks mondiaux devraient augmenter de +10 Mt (285Mt), avec des stocks en hausse principalement en Chine (+ 3 Mt) et en Inde (+ 6 Mt).
Maïs
Suite à la conférence sur les perspectives de l’offre et demande agricole de vendredi dernier, l’USDA prévoit une hausse de 6% des surfaces américaines de maïs pour la prochaine campagne, ce qui représenterait la plus grande surface de maïs emblavée depuis 2016.
Au niveau européen, les semis difficiles en céréales à paille devraient laisser des surfaces disponibles pour les semis de printemps dont le maïs. La sole européenne de maïs est prévue en hausse de +4%. Une hausse du même ordre est également attendue pour l’Ukraine. Les surfaces mondiales sont estimées à 192,9Mha selon le CIC, le plus haut depuis 3 ans. En prenant en compte un rendement moyen de ces dernières années, la production de maïs pourrait être de l’ordre de 1,156 milliard de tonnes (+4% p/r à cette campagne).
Dans ce contexte, et tenant compte d’un stock de début de campagne plus faible que les années précédentes (284 Mt contre 323Mt en 19/20), les disponibilités s’annoncent importantes, ces perspectives pourraient peser sur les cours mondiaux.
Orge
En orges, on assiste à un ralentissement d’activité dans les exportations. Les chiffres de la Commission européenne montrent des exportations à 5,9kt et 35kt ces deux dernières semaines alors que les semaines précédentes les exportations hebdomadaires s’affichaient à plus de 120kt/semaine. Mais il semblerait que de nouveaux chargements soient attendus.
Concernant la campagne 2020/21, les surfaces d’orges sont estimées en hausse de +1,5% en Europe ainsi qu’en Australie (+3,8%) selon le CIC. Mais celles-ci sont prévues en baisse en Russie (-2,4%). Au final, les surfaces mondiales totalisent 49,6Mha (-0,9%).





