
Premiers résultats de récolte satisfaisants malgré une campagne très marquée par le changement climatique
Le colza, pilier oléagineux de notre souveraineté protéique, alimentaire et énergétique, confirme sa résilience culturale et sa capacité à soutenir le revenu des exploitations agricoles. Terres Univia, Terres Inovia et la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP), dévoilent les premiers résultats d’une récolte de colza précoce mais globalement satisfaisante au niveau national, confirmant la place stratégique du colza dans les rotations. Les aléas agronomiques et climatiques, qui ont une nouvelle fois lourdement impacté les grandes cultures lors de cette campagne 2025/26, ont parfois conduit à des rendements décevants dans certaines régions.
Avec des surfaces de colza en 2026 estimées par Agreste à 1 417 000 hectares, en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente, la production pourrait s’établir autour de 4,7 millions de tonnes (Mt), soit un niveau proche de 2025 et supérieur de près de 10 % à la moyenne quinquennale (4,1 Mt).
Le rendement moyen serait, selon les premières estimations, autour de 33,4 quintaux/hectare (q/ha), en nette baisse par rapport à un rendement 2025 exceptionnel (36,6 q/ha), et en léger retrait de 4 % par rapport à la moyenne quinquennale (33,6 q/ha).
Cette récolte de colza, globalement satisfaisante à l’échelle nationale, avec toutefois une grande disparité entre le Sud et le Nord, permettra de répondre aux besoins de la filière pour de multiples débouchés en alimentation humaine, alimentation animale et énergie.
Exceptionnellement précoce depuis février, la campagne colza a traversé une succession de stress climatiques et d’attaques de ravageurs, générant des rendements globalement inférieurs à ceux de la campagne précédente et surtout beaucoup plus contrastés selon les régions et les situations. Par exemple, les rendements ont été relativement bons dans le Sud-Ouest, très confortables dans le Nord du Bassin parisien, mais particulièrement décevants dans les zones intermédiaires (Poitou-Charentes et Centre-Val-de-Loire, Bourgogne Franche-Comté), aggravant les fortes difficultés agronomiques et économiques auxquelles ces régions sont confrontées.
Le colza s’est plutôt bien installé en début de campagne malgré quelques hétérogénéités.
La période automnale, plutôt réparatrice, a permis une croissance rapide des plants qui ont atteint une biomasse satisfaisante, fréquemment autour de 1,5 kg/m². La pression des ravageurs a été observée dès l’entrée d’hiver, avec des niveaux de larves d’altises élevés à très élevés dans plusieurs régions (Normandie, Grand Est, Poitou-Charentes, Centre, Nord-Est et Auvergne-Rhône-Alpes).
Le point de bascule de la campagne est arrivé avec l’épisode pluvieux de février, mois le plus pluvieux observé en France depuis 1950, impactant la qualité de l’enracinement à la reprise de végétation. La campagne s’est poursuivie avec une douceur exceptionnelle en mars qui a amorcé des floraisons précoces, chaotiques et longues exposées aux vols généralisés de méligèthes (hormis dans le Grand Est et les Hauts-de-France), causant de nombreux avortements de boutons. Le mois d'avril, exceptionnellement sec, a fini de pénaliser le nombre de siliques en sols superficiels. Ailleurs, le colza a fait preuve de résilience et a bénéficié des pluies de mai pour établir un nombre de graines par silique suffisant voire supérieur.
Mai 2026, 2e mois de mai le plus chaud depuis 1900, a abrégé précocement la fin de cycle du colza et son potentiel de rendement. Le déficit pluviométrique persistant en juin, associé aux très fortes chaleurs de la seconde quinzaine du mois, a certes accentué la sécheresse des sols jusqu’aux moissons mais avec un effet limité sur le colza ; la plupart des parcelles ayant déjà atteint un stade de maturité avancé.
Les fortes chaleurs de fin de cycle ont un peu impacté la qualité des graines. Ces dernières sont très sèches (5-6 % d'humidité ou moins dans l’Est) et ont de petits Poids de Mille Grains (PMG), ce qui implique quelques adaptations au niveau des opérations de trituration.
Favorisées par les conditions d’ensoleillement du printemps, les teneurs en huile seraient élevées (45-46 %), d’après les premières analyses disponibles, mais moindres après une excellente année 2025.
La marge brute du colza est de nouveau satisfaisante pour la campagne 2025/26 mais masque une grande disparité territoriale, notamment dans les sols superficiels des zones intermédiaires.
La campagne pourrait s’achever pour le colza sur une marge prévisionnelle moyenne nationale proche de la campagne précédente, comprise entre 900 euros/hectare (€/ha) pour un rendement de 29 q/ha, à 1 100 €/ha sur la base d’un rendement moyen aux normes de 33,4 q/ha, avec un prix de vente indicatif de 520 euros/tonne.
La qualité satisfaisante des graines 2026, avec une teneur en huile qui s’annonce plutôt élevée, devrait se traduire par une bonne valorisation globale des graines françaises sur le marché dont il conviendra de faire bénéficier chaque maillon de la filière, notamment des producteurs, permettant ainsi de consolider la rentabilité de leurs exploitations et de soutenir la production française.
« La campagne 2025/26 continue avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête des agriculteurs. Les grandes cultures subissent de plein fouet les impacts du dérèglement climatique. Parmi les résultats parfois dramatiques pour certaines cultures et exploitations agricoles, le colza montre sa capacité à compenser certains impacts climatiques. Si cette culture est très technique, elle peut être robuste si elle est bien pilotée. C’est tout l’intérêt de la démarche colza robuste mise en place par Terres Inovia pour soutenir les agriculteurs dans la conduite de cette culture », déclare Gilles Robillard, agriculteur et président de Terres Inovia.
« Dans cette période si complexe pour les agriculteurs, entre impacts croissants du changement climatique sur les récoltes et un contexte engrais plus que tendu, les signaux positifs ne sont pas si courants. La campagne de production colza 2025/26 s’avère globalement satisfaisante grâce à la résilience de cette culture : une illustration parfaite des raisons pour lesquelles notre filière a investi sur cette culture depuis de nombreuses années ! La demande ferme en huile au niveau mondial tire vers le haut les prix des oléagineux et cela semble pouvoir durer. Avec des prix soutenus, le colza reste intéressant dans l’assolement, même pénalisé par l’augmentation du prix des engrais », ajoute Benjamin Lammert, agriculteur et président de Terres Univia et de la FOP.

Quelles conséquences économiques pour les filières agro‑alimentaires ?
ARTICLE REDIGE AVEC THE CONVERSATION - Taxe sur les pesticides, diffusion des pratiques agroécologiques, interdiction d’importer des produits cultivés avec des pesticides non-utilisés en France… Les pistes pour permettre une nette baisse de l’utilisation des pesticides sont nombreuses, mais toutes n’ont pas les mêmes effets attendus sur les rendements et les revenus des agriculteurs. Plusieurs chercheurs INRAE ont contribué à cet article.
Depuis près de vingt ans, la France cherche à réduire l’utilisation des pesticides à travers une succession de mesures et de plans qui n’ont pour l’instant pas atteint leurs objectifs initiaux. Cette réduction reste toujours un objectif car les impacts dommageables des pesticides sur la santé humaine comme sur la biodiversité sont de plus en plus confirmés par les travaux scientifiques récents. En outre, l’efficacité des pesticides peut s’éroder avec le temps et le changement climatique tend à augmenter leur utilisation. Mais peut-on atteindre en France une baisse significative de l’utilisation des pesticides sans nuire aux filières agroalimentaires ?
Deux stratégies qui s’opposent
Pour bien comprendre quelles seraient les conséquences possibles d’une réduction des pesticides, commençons d’abord par voir les différentes options plébiscitées pour cela, telles qu’elles ont été mises en lumière par les récents débats sur la loi Duplomb.
Les défenseurs de cette loi estiment qu’il sera possible, à terme, de développer des solutions technologiques permettant de rendre l’agriculture conventionnelle plus vertueuse et moins dépendante des intrants chimiques. Ils misent notamment sur les avancées génétiques, avec des cultures capables de se protéger elles-mêmes, contre les maladies notamment. Mais le développement de ces solutions exige encore du temps et des investissements lourds.
Ces solutions soulèvent également des débats majeurs sur la brevetabilité du vivant, l’impact sur la biodiversité et la concentration du pouvoir économique dans les mains de quelques acteurs du secteur de l’agrochimie où, à l’extrême, tous les agriculteurs pourraient être contraints à acheter leurs semences à la même multinationale.
Les opposants à la loi Duplomb défendent une stratégie opposée, reposant sur l’arrêt immédiat ou très rapide de l’utilisation des pesticides les plus dangereux. Dans cette perspective, la transition ne doit pas être principalement technologique, mais agroécologique, ce qui suppose de repenser en amont l’organisation même des systèmes de culture, des systèmes de production, et plus globalement des systèmes alimentaires.
Au niveau de la production, cela passe par diverses actions préventives (aussi appelées prophylactiques), telles que la diversification de la succession des cultures et l’utilisation de variétés résistantes ou tolérantes. C’est dans cette voie que s’est engagée la France il y a plus de quinze ans, avec le plan Écophyto, mis en place à la suite du Grenelle de l’environnement de 2007 et en cohérence avec la Directive 2009/128/CE du Parlement européen et du Conseil.
Force est de constater que, malgré les efforts déployés, les résultats n’ont pas été à la hauteur des objectifs fixés : l’indicateur NODU (qui mesure l’intensité du recours aux pesticides en agriculture) n’a pas évolué à la baisse comme escompté.
Taxer les pesticides
Alors quels autres instruments économiques aurait-on pu mettre en place ? Pour répondre à cette question, des simulations ont été réalisées visant à estimer l’impact d’une taxe sur les pesticides, fixée à un niveau suffisamment élevé pour inciter les agriculteurs à réduire de moitié leur utilisation en Europe. Cette idée faisait écho à celle d’un projet de règlement de la Commission européenne en 2024, finalement abandonné.
L’étude a été calibrée à partir de données relatives aux comportements observés dans les filières agricoles françaises et des autres états membres pendant plus de trente ans, qui montrent que les achats de pesticides réagissent peu aux variations de prix, sauf lorsque celles-ci deviennent très importantes. Autrement dit, les agriculteurs ne basculeront pas spontanément vers des alternatives comme la protection agroécologique des cultures si l’incitation économique n’est pas particulièrement forte.
Les résultats des simulations montrent qu’une forte taxe sur les pesticides, combinée à un soutien découplé au revenu des agriculteurs, c’est-à-dire indépendant de leur niveau de production comme les actuelles aides de la Politique Agricole Commune, aurait deux effets majeurs largement sous-estimés dans les études précédentes : une baisse de la production végétale de 26 % (expliquée par une baisse des rendements de 16 % et une réduction de la surface agricole dédiée aux cultures non fourragères de 10 %) d’une part ; une hausse du prix des produits alimentaires pour les consommateurs de l’ordre de 15 % d’autre part.
La diffusion des innovations agroécologiques
Il convient toutefois d’interpréter ces résultats peu enthousiasmants avec prudence. Premièrement, ces simulations reposent en effet sur l’hypothèse que les systèmes de production resteraient inchangés, autrement dit à technologie constante.
Or, dans la réalité, les agriculteurs peuvent s’adapter. L’adoption d’innovations agroécologiques permettrait d’atténuer, au moins en partie, les effets d’une hausse des prix des pesticides, si ces innovations se diffusaient largement dans les exploitations. Sur ce point, l’expérience française est éclairante : depuis 2012, un réseau de 3000 fermes pilotes accompagne cette transition, et des travaux récents montrent que les pratiques innovantes testées ont déjà généré des résultats mesurables, y compris à l’échelle nationale, grâce à une forte dynamique d’apprentissage entre agriculteurs au sein de leurs réseaux de pairs.
Changer règles des échanges commerciaux
Deuxièmement, les résultats de ces simulations sont obtenus sous l’hypothèse que les règles aux échanges commerciaux ne seraient pas modifiées. Or, elles pourraient l’être. Il convient en effet de rappeler que près de la moitié des pesticides consommés dans l’UE provient des importations, qui ne représentent pourtant que 16 % de la consommation totale.
Ces chiffres invitent à considérer l’opportunité de mettre en place des clauses miroirs, c’est-à-dire des dispositions dans les accords commerciaux bilatéraux permettant de régir les échanges de produits agricoles et agroalimentaires pour une meilleure performance environnementale et sans pertes économiques importantes. Une étude récente montre en effet qu’une forte réduction des pesticides en Europe n’impliquerait pas nécessairement une trop forte baisse des revenus agricoles si les usages interdits en Europe étaient aussi interdits pour les produits importés.
Toutes ces études convergent vers un même constat : réduire fortement l’utilisation des pesticides suppose des politiques publiques ambitieuses, pérennes et accompagnées d’un soutien aux agriculteurs, et impliquant l’ensemble des acteurs du système agroalimentaire.
Enfin, si la transition agroécologique apparaît coûteuse à court terme, ce diagnostic doit être complété à deux niveaux : d’une part en intégrant les coûts cachés de la pollution agricole (sanitaires, environnementaux et sociaux) ; d’autre part en évaluant les bénéfices de tous les instruments économiques susceptibles d’atténuer les coûts de la transition.
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Le Conseil constitutionnel a validé la très-grande majorité des dispositions qui avaient été adoptées par le Parlement. Pour les producteurs de grandes cultures, il s’agit d’une avancée essentielle, qui permettra notamment d’améliorer le stockage de l’eau et de réduire certaines distorsions de concurrence, alors même que le contexte économique est plus que dégradé. Les Associations spécialisées rappellent donc que des réponses d’ampleur sont attendues, à court terme pour faire face aux conséquences délétères des canicules, et à long terme pour remédier à la crise structurelle qui frappe le secteur, notamment dans les zones intermédiaires et à faibles potentielles.
La décision du Conseil constitutionnel marque une étape décisive dans une longue bataille syndicale pour apporter des réponses concrètes aux besoins exprimés par les agriculteurs dans tous les départements de France. Des mobilisations de l’hiver dernier au suivi constant des débats parlementaires, les Associations spécialisées ont été totalement engagées pour obtenir des avancées opérationnelles en matière de stockage de l’eau, d’accès et de défense des moyens de production ou encore de protection des exploitations.
Cette avancée n’aurait pas non plus été possible sans le courage politique de celles et ceux qui ont porté ce texte au Parlement. Portée par plusieurs parlementaires et soutenue par de nombreux élus engagés tout au long des débats, cette loi marque une rupture importante dans la manière d’appréhender les enjeux agricoles. Elle traduit la volonté de remettre la capacité à produire, l’accès aux moyens de production et la souveraineté alimentaire au cœur des choix publics. Les Associations spécialisées saluent cet engagement et appellent désormais à confirmer ce changement de cap dans les prochains textes.
Le texte doit être immédiatement promulgué ainsi que les textes d’application. Les producteurs de grandes cultures appellent désormais à sortir de la polarisation du débat agricole, et que leurs demandes soient comprises. .Partout en France, les effets de la sécheresse et des fortes chaleurs sont désormais visibles dans les parcelles. Dans ce contexte, les agriculteurs demandent avant tout de pouvoir disposer des meilleures conditions pour produire et continuer à offrir une alimentation de qualité à leurs concitoyens. .
À ce titre, les Associations spécialisées insistent sur la gravité de la crise qui met à mal de nombreuses exploitations qui cultivent des céréales, du maïs, des pommes de terre, des betteraves et des oléo-protéagineux. Si la France veut préserver sa capacité à se nourrir et à assurer la sécurité alimentaire de sa population, un plan de sauvegarde sans précédent est indispensable.
" Après la victoire obtenue au Parlement, la décision du Conseil constitutionnel constitue une nouvelle avancée majeure pour nos cultures. Nous demandons désormais une promulgation rapide du texte et la publication sans délai des décrets nécessaires à sa pleine application. Mais cette loi ne peut être qu’une première étape. Face à des exploitations fragilisées par plusieurs années de crise et à des parcelles durement touchées par la sécheresse et les fortes chaleurs, nous demandons l’ouverture immédiate d’un plan d’urgence pour les grandes cultures. Il faut maintenant traduire ce changement de cap en actes et redonner aux producteurs les moyens de garantir durablement notre souveraineté alimentaire ", déclarent les présidents des Associations spécialisées des grandes cultures.
Photovoltaïque et Agrivoltaïsme
Les organisations dénoncent un coup d’arrêt porté aux projets du monde agricole
La Coopération Agricole et la FNSEA dénoncent les orientations envisagées pour les prochains appels d'offres photovoltaïques de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). En abaissant les niveaux de soutien et en mettant l'agrivoltaïsme en concurrence sur le seul critère du prix, le Gouvernement menace directement des centaines de projets agricoles partout en France.
Cette décision brutale et incohérente est en totale contradiction avec le vote de la loi APER et les engagements pris par l'État ces dernières années pour accélérer la transition énergétique.
L’Etat a instauré, avec le soutien de la profession agricole, un cadre réglementaire exigeant pour l'agrivoltaïsme à travers la loi APER et fixé des objectifs ambitieux de développement avec le Pacte solaire.
Le choix de privilégier des projets d’avant la loi APER, au moment où, grâce à des investissements important de la filière agrivoltaïque, les projets de plus en plus compétitifs arrivent à maturité est incompréhensible.
Une vision uniquement guidée par le prix
La logique retenue dans les futurs appels d’offres revient désormais à faire du prix le critère exclusif de sélection. Avec cette approche, le Gouvernement ignore totalement la valeur agricole, économique et territoriale créée par ces projets.
Le photovoltaïque sur bâtiments agricoles permet de moderniser les outils de production et de renforcer leur résilience dans un contexte agricole particulièrement éprouvé. Cette solution permet également de limiter l'artificialisation des sols. A l’heure où les agriculteurs font face à la multiplication des aléas climatiques, à la volatilité des marchés et à une pression économique sans précédent, la production d’énergie constitue un complément de revenu indispensable permettant d’investir pour le futur de notre souveraineté alimentaire. Ce revirement soudain et non concerté est un très mauvais signal.
L’agrivoltaïsme, quant à lui, n'est pas une simple production d'électricité. C'est un outil d'adaptation au changement climatique qui permet de protéger les cultures, de limiter les effets de la sécheresse et des fortes chaleurs, d’améliorer le bien-être animal et d’accompagner durablement la transformation des exploitations. L’agrivoltaïsme génère un triple dividende : une énergie décarbonée compétitive, produite sur le territoire, une agriculture plus résiliente face au changement climatique et une meilleure acceptabilité locale grâce à des projets À taille humaine, construits avec les acteurs des territoires.
Une menace directe pour des centaines de projets agricoles
Partout en France, des projets ont été développés dans le respect des exigences règlementaires fixées par l’Etat.
Aujourd’hui, les acteurs découvrent que les conditions économiques de leurs projets pourraient être profondément dégradées, voire tout simplement remis en cause.
Alors que près de 50 000 exploitations participent aujourd'hui à la production d'énergies renouvelables et que cette contribution pourrait être multipliée par trois d'ici 2050 selon l’ADEME, sacrifier l'agrivoltaïsme et fragiliser le photovoltaïque agricole reviendrait à affaiblir simultanément notre souveraineté énergétique, notre souveraineté alimentaire et la vitalité économique de nos territoires ruraux. Car chaque projet génère de la valeur au cœur des territoires en soutenant l'emploi local, l'activité économique et en permettant des ressources supplémentaires pour renforcer leur résilience face au changement climatique.
Aussi, nous appelons le Gouvernement à suspendre les évolutions annoncées et ouvrir une concertation urgente avec les représentants du monde agricole :
- Garantir dès maintenant, une place spécifique et identifiable à l'agrivoltaïsme dans les futurs appels d'offres ;
- Préserver les conditions de développement des projets déjà engagés ;
- Retrouver une simplicité de réalisation pour le photovoltaïque sur bâtiments agricoles
- Donner rapidement de la visibilité sur les volumes et calendriers des futurs appels d'offres.
Le monde agricole demande de la cohérence, de la stabilité et le respect des engagements pris par la puissance publique.

Depuis plusieurs semaines, notre agriculture fait face à un épisode exceptionnel de canicule, de sécheresse et d’incendies. Aujourd’hui, 98 départements sont concernés par la sécheresse, dont 57 sont placés en situation de crise, avec des restrictions importantes des usages de l’eau. Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes qui voient leurs cultures souffrir, leurs prairies se dessécher, leurs troupeaux confrontés à un manque de fourrage et leurs trésoreries se dégrader. C’est toute la chaîne agricole qui est touchée. Face à cette situation, l’État est pleinement mobilisé et renforce son action avec une organisation claire, coordonnée et des réponses concrètes.
Une organisation de l’État pour piloter la crise agricole au plus près du terrain
La ministre a réuni l’ensemble des préfets afin de disposer d’un état des lieux complet des conséquences de la canicule et de la sécheresse dans chaque territoire, d’identifier les difficultés rencontrées et d’adapter nos réponses au plus près des réalités locales.
Une cellule nationale « Sécheresse » est activée au sein du ministère de l’Agriculture. Elle assure un suivi quotidien de la situation, coordonne l’action des services de l’État et accompagne les territoires tout au long de cet épisode climatique exceptionnel.
La ministre a également demandé à chaque préfet de désigner un référent « sécheresse » et de mettre en place, sans délai, une cellule départementale sécheresse. Véritable relais opérationnel de la cellule nationale, elle devra réunir l’ensemble des acteurs concernés : organisations professionnelles agricoles, chambres d’agriculture, banques, services sociaux des départements, caisses locales de la Mutualité sociale agricole et services de l’État. Afin d’établir un diagnostic précis de la situation et de me transmettre rapidement des propositions adaptées aux réalités de chaque département.
Un plan d’aides adapté, et des mesures dérogatoires
Un plan global d’accompagnement « Canicule – Sécheresse – Incendies » (CASI) est en cours de préparation, sur la base notamment des remontées d’informations émanant des « cellules sécheresse » au sein des préfectures. Ce plan comportera des mesures d'urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées. Aucun agriculteur ne sera laissé seul face à cette situation.
Par ailleurs, l’organisation au plus près du terrain permettra d’examiner, au cas par cas, toutes les marges de manœuvre offertes par la réglementation en vigueur, notamment pour adapter les mesures de gestion de l’eau dans le respect du cadre fixé par le guide sécheresse et l’instruction interministérielle de 2023. L’objectif est de concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles.
Dans le même objectif, la ministre a également saisi la Commission européenne. Lorsque nos agriculteurs sont confrontés à des événements climatiques d’une telle intensité, la Politique agricole commune doit savoir faire preuve de pragmatisme. La ministre a donc demandé que les dispositions relatives aux circonstances exceptionnelles soient pleinement mobilisées afin qu’aucun exploitant ne soit pénalisé lorsqu’il lui est objectivement impossible de respecter certaines exigences de la PAC en raison de la sécheresse. Cela concerne notamment les obligations de couverture minimale des sols ou de rotation des cultures lorsque les semis n’ont pu être réalisés ou que les couverts n’ont pas levé du fait des conditions climatiques. Les agriculteurs ne doivent pas subir une double peine : celle du climat, puis celle des sanctions administratives.
« Ma priorité est simple : être aux côtés des agriculteurs pendant la crise, organiser une réponse rapide de l’État et préparer dès aujourd’hui la remise en production des exploitations les plus durement touchées. Face à des événements climatiques qui deviennent plus fréquents et plus intenses, notre devoir est d’agir avec réactivité, méthode et pragmatisme. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
Prévoyez-vous d'investir au deuxième semestre 2026 ? Donnez-nous votre avis sur l'actualité
Comme tous les trimestres, la rédaction d’Entraid Médias réalise son enquête sur le moral des agriculteurs.
Malgré un contexte économique difficile, comment évoluent vos projets ? Renouvellement de matériel en cuma, modernisation de votre ferme ou nouveaux équipements : votre avis nous intéresse.
Partagez vos perspectives avec nous !
Répondre à l'enquête

Pour la première fois depuis 44 ans, le congrès international du colza aura lieu en France, du 18 au 21 avril 2027. Cet événement planétaire, véritable catalyseur de la recherche mondiale, est coorganisé par Terres Inovia, avec Terres Univia et la FOP, en partenariat avec l’INRAE. Pour Terres Inovia, Vincent Jauvion, président du congrès, revient sur les enjeux et les objectifs de cette édition exceptionnelle.
Pourquoi ce congrès organisé à Paris constitue-t-il un événement majeur pour tous les acteurs de la filière du colza ?
Le congrès international du colza, organisé tous les quatre ans dans un pays différent, rassemble les meilleurs experts internationaux autour des grandes questions scientifiques, techniques, économiques et sociétales qui façonnent l'avenir du colza, du canola et des espèces associées. Cette édition a aussi une dimension particulière puisqu'elle marque également les 50 ans du GCIRC, l’association qui est au cœur du congrès.
L’édition 2027 est marqué par un fil rouge : «Repenser l'innovation pour un monde en transition». Pourquoi ce choix ?
Le changement climatique, les nouvelles attentes sociétales, les tensions géopolitiques, la transition énergétique ou encore les progrès fulgurants de la génomique, de l'intelligence artificielle et de la robotique bouleversent profondément notre environnement. Toutes ces évolutions se produisent simultanément et changent la façon de concevoir l'innovation. Si le message d’accroche est ambitieux, c’est qu’il est à la mesure des défis.
Quel est le rôle de l’innovation dans ce contexte ?
Pendant longtemps, innover signifiait améliorer une variété, développer une nouvelle pratique, contrer des ravageurs, augmenter les rendements, faire progresser les procédés ou mettre au point une nouvelle technologie. Aujourd'hui, on ne peut plus réfléchir uniquement en prenant chaque problème isolément. Il faut au contraire connecter les différentes approches et relier les disciplines. C'est cette nouvelle manière d'innover que nous souhaitons explorer, avec ce congrès international, pour répondre aux enjeux et transitions actuels et à venir. Ce congrès constitue donc un catalyseur pour fournir des réponses collectives et multidisciplinaires pour mieux faire face à ces transitions.
Au-delà du fil conducteur, quel sera l’objectif scientifique du congrès ?
Nous souhaitons faire un état des lieux des connaissances scientifiques et des innovations techniques qui permettront de sécuriser une production de colza et de canola économiquement performante, environnementalement durable et socialement responsable. Le congrès abordera naturellement les grandes thématiques qui structurent aujourd'hui la recherche internationale et l’animation du GCIRC : la génétique, la génomique et la sélection, les maladies, les insectes ravageurs, l'agronomie, les stress abiotiques, les produits, leurs usages et leur qualité, l'économie, les filières et les marchés. Mais ce qui rendra cette édition particulière, c'est le lien entre toutes ces disciplines et les nouveaux outils à notre disposition pour permettre de déployer efficacement ces progrès scientifiques sur le terrain auprès des acteurs de la filière. C’est pourquoi j'invite les chercheurs à venir au congrès pour présenter leurs travaux et tous les acteurs de la filière à participer à cette dynamique collective.
Pourquoi le colza est-il une culture emblématique des transitions agricoles ?
C’est une espèce qui concentre tous les grands défis de l'agriculture de demain : elle produit une huile alimentaire de grande qualité, contribue à l'autonomie protéique grâce à ses tourteaux et participe au développement des bioénergies et de la bioéconomie. Le colza joue également un rôle essentiel dans les rotations culturales et peut contribuer à améliorer la fertilité des sols et à soutenir les pollinisateurs. Peu de cultures réunissent autant d'enjeux.
On peut dire qu’il est aussi confronté aux bouleversements de l’agriculture ?
Oui car il doit faire face aux excès climatiques, à des stress abiotiques, à la résistance des maladies et des ravageurs, à la réduction des solutions phytosanitaires, aux attentes environnementales, à la fluctuation des marchés internationaux… C’est donc un excellent terrain d'innovation pour faire émerger de nouvelles solutions.
Terres Inovia joue un rôle clé dans l’organisation de ce congrès. Quelle est la valeur ajoutée de l’institut technique ?
J'y vois un symbole fort. Les instituts techniques occupent une place centrale dans l'écosystème de l'innovation. Ils sont à l'interface entre la recherche, l'expérimentation et les acteurs du terrain. Ils transforment les connaissances scientifiques en solutions concrètes pour les agriculteurs, les industriels et les filières. Or, à une époque où les transitions s'accélèrent, cette capacité à relier efficacement la science à l'action est plus importante que jamais.
Pour ce congrès organisé en France, y a-t-il une coloration européenne, voire nationale, qui sera apportée ?
La France possède une longue tradition d'innovation agronomique et l'Europe constitue aujourd'hui l'un des grands espaces mondiaux de production et de coopération scientifique sur les cultures oléagineuses. Accueillir ce congrès est une reconnaissance de la qualité du travail original mené depuis de nombreuses années par la communauté scientifique, technique et professionnelle et de notre filière. C’est bien-sûr l'occasion aussi de faire rayonner cette dynamique, de la partager aux chercheurs venant d’ailleurs tout en bénéficiant de l'expérience et des innovations développées sur les autres continents et de conforter les pratiques.
Comment se prépare un événement de cette ampleur ?
Avec beaucoup d'enthousiasme… et énormément de travail collectif ! Depuis plusieurs mois déjà, les membres du comité d'organisation, du comité scientifique et de nombreuses équipes, en particulier de Terres Inovia, sont pleinement mobilisés pour construire un congrès à la hauteur des attentes de la communauté internationale. Je souhaite d'ores et déjà remercier très chaleureusement toutes celles et tous ceux qui consacrent leur temps, leur expertise et leur énergie à cette préparation ainsi que l'ensemble de nos partenaires et sponsors.
Quel message souhaitez-vous adresser à la communauté scientifique et professionnelle internationale ?
J'aimerais lancer une invitation à nous rejoindre pour cette 17ème édition du congrès international du colza. Face aux enjeux des transitions agricoles, jamais les besoins de coopération internationale n'ont été aussi importants. Les solutions naîtront des échanges entre chercheurs, sélectionneurs, agronomes, économistes, industriels, instituts techniques, étudiants, agriculteurs et décideurs. Et c’est précisément le lieu où ces échanges peuvent créer des collaborations, dont découleront des innovations pour le colza et les filières.
Le GCIRC, la clé de voûte de la recherche internationale sur le colza
Cette association internationale, dont Terres Inovia assure le secrétariat, vise au développement de la recherche scientifique et technique ainsi que les études et expériences concernant l'amélioration du colza et de ses produits transformés du point de vue agronomique, technologique et alimentaire. Elle crée et assure également des liens étroits entre les chercheurs spécialisés.
Ses trois missions principales :
- Contribuer à la coordination des études techniques réalisées dans les différents pays;
- Participer à l’organisation des congrès en retenant les dates et lieux des congrès internationaux sur le colza (tous les quatre ans);
- Convoquer des scientifiques de différents domaines et pays dans le cadre d’une séance plénière ou de comités d’études spécialisés tenus périodiquement entre deux congrès.
Sponsorisez le congrès international du colza !
Le congrès international du colza constitue une véritable vitrine internationale pour la recherche agricole française en rassemblant une communauté importante de scientifiques et d’acteurs de développement de tous les pays. Sponsoriser cet événement planétaire est un gage de visibilité. Si une dizaine de sponsors sont déjà engagés, il n’est pas trop tard pour apporter votre pierre à l’édifice. Plusieurs niveaux de sponsoring existent, allant de 3 000 à 60 000 euros.
N’hésitez pas à les rejoindre, en nous adressant un message à : secretary@irc2027.org
Le congrès en pratique
Du 18 au 21 avril 2027, au Palais des congrès, à Paris
Au programme :
- 16-17 avril : Field Tour et visites techniques (Troyes)
- 18 avril : soirée d’ouverture du Congrès (Paris)
- 19-21 avril : congrès au Palais des Congrès (Paris)
- 20 avril : dîner de Gala aux Pyramides (Yvelines)

Une nouvelle relève de dossiers fixée au 1er septembre 2026
Dans le cadre de l’appel à projets 2025-2026 du Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (PARSADA), une nouvelle relève de dossiers est fixée au 1er septembre 2026.
Ouvert depuis le 30 juin 2025 par FranceAgriMer, l’appel à projets 2025-2026 est instruit au fil de relèves successives. Cette nouvelle échéance intervient après sept relèves organisées depuis le début de l’année 2026.
Faire émerger des alternatives concrètes pour les filières
Né en 2023, le PARSADA vise à anticiper les retraits potentiels de substances actives au niveau européen, plutôt que de les subir, en accélérant le développement et le déploiement de techniques alternatives pour la protection des cultures.
Le plan repose sur une logique de « vagues » successives, construites avec les acteurs des différentes filières végétales. Cette démarche permet de cibler les besoins les plus urgents, culture par culture, et de faire émerger des solutions adaptées aux réalités du terrain. Les appels à projets ouverts par FranceAgriMer doivent ainsi répondre aux besoins identifiés dans les plans d’action des filières, en associant notamment le monde de la recherche et l’amont agricole.
Les projets doivent permettre d’accélérer la mise au point et le déploiement de solutions alternatives concrètes, opérationnelles et viables, en mobilisant l’ensemble des leviers disponibles. Une attention particulière est portée à la territorialisation des actions et au déploiement des solutions chez les agriculteurs, afin que les résultats des projets puissent se traduire rapidement et concrètement dans les pratiques.
Accélérer le passage de la recherche au terrain
Au-delà des moyens financiers mobilisés (98 M€ en 2024 et 45 M€ en 2025), le PARSADA introduit une nouvelle manière de faire travailler ensemble les acteurs. Le plan décloisonne la science fondamentale, la recherche appliquée et le transfert, en réunissant les acteurs autour de priorités définies par les professionnels et en favorisant la co-construction de plans d’action partagés.
L’objectif est clair : il ne s’agit pas seulement de financer des projets, mais de faire émerger des alternatives directement utilisables dans les exploitations, en anticipant dès aujourd’hui l’évolution des pratiques agricoles. Le PARSADA entend ainsi inscrire ses résultats dans la durée et renforcer, de manière pérenne, le panel de solutions disponibles pour les agriculteurs.
En savoir plus sur l’appel à projets 2025-2026 du PARSADA

Rendements à nouveau en recul, l’urgence grandit pour les céréaliers français
Après trois années marquées par des revenus négatifs pour les producteurs de grandes cultures, la récolte 2026 creusera encore davantage les difficultés économiques des exploitations céréalières. Les rendements chutent une nouvelle fois, avec de fortes disparités entre les cultures et les territoires. Dans ce contexte, l’AGPB appelle le Gouvernement à prendre sans attendre des mesures à la hauteur de l’urgence.
Les moissons 2026, débutées avec près de deux semaines d’avance, sont désormais achevées. Les premières observations font apparaître des rendements inférieurs aux moyennes quinquennales, avec une hétérogénéité particulièrement importante entre les régions et les exploitations.
Selon les premières estimations d’Arvalis, la récolte 2026 se caractérise par une forte hétérogénéité des rendements, globalement inférieurs aux moyennes quinquennales. En blé tendre, le rendement moyen national est estimé à 70 q/ha, soit 3 % de moins que la moyenne. En blé dur, le rendement moyen atteint 51 q/ha (-4 % par rapport à la moyenne), avec des résultats particulièrement décevants dans plusieurs bassins de production. Les orges affichent également des résultats contrastés : les orges d’hiver enregistrent un rendement moyen de 63 q/ha, proche de la moyenne mais toujours avec de fortes disparités régionales, tandis que les orges de printemps atteignent 53 q/ha, un niveau globalement inférieur aux références habituelles.
Derrière ces moyennes nationales se cachent des écarts parfois considérables entre régions et exploitations, liés notamment aux excès d’eau hivernaux, au déficit de rayonnement observé dans certaines zones ainsi qu’aux épisodes de canicule et au manque d’eau en fin de cycle.
Cette situation exige des mesures rapides de la part du gouvernement à intégrer d’urgence dans le prochain budget de l’Etat. Une attention particulière doit notamment être accordée aux zones intermédiaires, où les exploitations cumulent des potentiels agronomiques plus limités, une forte exposition aux aléas climatiques et une fragilité économique croissante. Sans accompagnement adapté, le risque de voir la production céréalière reculer durablement dans ces territoires est réel.
Pour l’AGPB, les rendements 2026 confirment que la réponse au défi climatique passe aussi par des politiques qui donnent aux céréaliers les moyens d’investir et d’innover. Sélection variétale, protection des cultures, accès à l’eau, recherche agronomique et compétitivité sont autant de leviers indispensables pour maintenir le potentiel de la production céréalière française.
« Chaque campagne défie la capacité d’adaptation des céréaliers. Nous ne pourrons pas préparer l’avenir si, dans le même temps, nos moyens de production continuent d’être remis en cause. Préserver notre capacité à produire est aujourd’hui un enjeu de souveraineté alimentaire. », déclare Éric Thirouin, Président de l’AGPB
Source : Arvalis, synthèse d’experts issue d’enquêtes régionales et des remontées des organismes collecteurs, juillet 2026.

la « bombe démographique »

Il n’y a pas si longtemps, certains évoquèrent la « bombe démographique », voulant dire par là que l’accroissement du nombre d’habitants sur la planète Terre constituerait une grave menace sur les équilibres écologiques, et sur la sécurité alimentaire. D’une certaine manière, cela renvoyait à la vision du pasteur et néanmoins économiste Thomas Robert Malthus, qui était convaincu que la démographie augmenterait plus rapidement que les ressources. Il n’en a rien été jusqu’à présent, y compris au moment de la guerre en Ukraine, puisque le secrétaire général de l’ONU avait pronostiqué l’avènement d’"ouragans de famines" à l’échelle mondiale. Qu’en est-il aujourd’hui de ces prévisions démographiques ?
Consulter la Lettre

Annie Genevard réunit la filière et appelle à la responsabilité de tous quant aux prix pratiqués depuis l’annonce de l’aide à l’achat d’engrais, destinée à sécuriser la campagne 2027
Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, a réuni ce jour l’ensemble de la filière engrais – producteurs, importateurs, négociants et distributeurs –, en présence du cabinet de Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, ainsi que de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
À cette occasion, la ministre a rappelé que l’effort exceptionnel de 145 M€ consenti par la Nation et la Commission européenne au bénéfice des agriculteurs via le guichet engrais, appelle une responsabilité collective de l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement. Elle a ainsi prévenu que l’État sera très vigilant à ce que toute évolution des prix soit le reflet fidèle de la situation géopolitique et économique, et qu’aucune hausse indue des prix, pouvant être mise en lien avec l’ouverture de ce guichet engrais, ne saurait être acceptée.
Le guichet d’aide, mis en place à la suite de la forte hausse des prix des engrais provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, vise en effet à débloquer les achats nécessaires à la campagne agricole 2027, à préserver les capacités de production des exploitations et à garantir la souveraineté alimentaire de la France. L’aide publique a donc vocation à compenser une partie des surcoûts supportés par les exploitants agricoles. La ministre a été très claire : elle ne saurait alimenter des marges supplémentaires ou des comportements opportunistes.
Les agriculteurs doivent pouvoir acheter leurs engrais dans des conditions reflétant strictement la réalité des coûts d’approvisionnement résultant des tensions internationales.
La ministre a indiqué avoir été destinatrice de premières remontées faisant état de possibles tensions sur les prix. Sans préjuger de leur réalité, elle a souligné la nécessité d’une vigilance collective afin que le soutien public bénéficie pleinement aux agriculteurs.
Le Gouvernement suivra ainsi avec la plus grande attention l’évolution des cours des engrais azotés simples pendant toute la période d’éligibilité du dispositif.
Comme annoncé lors de la mise en place du guichet, un point de situation sera réalisé au 1er octobre afin d’évaluer l’évolution des prix des engrais et de déterminer s’il est nécessaire d’adapter le dispositif au regard des surcoûts effectivement constatés. Toute hausse injustifiée des prix serait susceptible de pénaliser l’efficacité du soutien apporté aux agriculteurs et, en définitive, l’ensemble de la filière.
« L’État prend sa part en mobilisant jusqu’à 145 millions d’euros pour permettre aux agriculteurs d’acheter les engrais nécessaires à la prochaine campagne. J’attends de chaque acteur de la filière qu’il prenne également la sienne. Les tensions géopolitiques peuvent justifier une évolution des prix des matières premières lorsqu’elles correspondent à une hausse réelle des coûts d’approvisionnement. En revanche, elles ne sauraient justifier des augmentations qui iraient au-delà de cette réalité économique. Cette aide est destinée aux agriculteurs, pour qu’ils puissent se projeter dans leur production et ainsi préserver notre capacité à produire et notre souveraineté alimentaire. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

Avec la publication du décret d'application de l'exonération dégressive de cotisations sociales, Annie Genevard met en œuvre l'une des mesures phares de son plan d'action pour renforcer la place des femmes en agriculture. Cette avancée leur facilitera l'accès au statut de cheffe d'exploitation et contribuera au renouvellement des générations agricoles.
Bien qu’indispensables à l'avenir de notre agriculture, les femmes demeurent encore confrontées à de nombreux obstacles pour accéder pleinement au statut de cheffe d'exploitation et bénéficier de droits sociaux protecteurs. Annie Genevard a donc présenté, le 23 février dernier à l'occasion du Salon international de l'agriculture, un plan d'action de 41 mesures destiné à renforcer durablement la place des femmes en agriculture. La publication aujourd'hui de ce décret d'application constitue une première traduction concrète de cet engagement.
La loi du 17 décembre 2021 a prévu que le statut de collaborateur d'exploitation ou d'entreprise agricole soit limité à cinq ans à compter du 1er janvier 2022 (pour les personnes alors situées à plus de dix ans de l'âge de départ à la retraite à taux plein). Ainsi, au 1er janvier 2027, plus de 8 000 conjoints collaborateurs, dont plus de 80 % sont des femmes, devront quitter ce statut. Afin d'accompagner cette évolution, l'article 10 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a instauré une exonération dégressive de cotisations sociales destinée à encourager leur installation comme chefs d'exploitation ou coexploitants. La publication du décret permet désormais son entrée en vigueur.
Les bénéficiaires pourront ainsi profiter, pendant cinq ans, d'une exonération de cotisations sociales selon les mêmes modalités que celles applicables aux jeunes agriculteurs, mais adaptée aux conjoints collaborateurs âgés de plus de quarante ans. Ils devront exercer leur activité en qualité de chef d'exploitation ou d'entreprise agricole à titre principal ou exclusif pendant au moins cinq années à compter de leur installation.
Une première concrétisation du plan d'action en faveur des femmes en agriculture
Cette mesure s'inscrit pleinement dans l'ambition portée par la ministre de renforcer la place des femmes dans l'agriculture française, de mieux reconnaître leur engagement et de favoriser leur accès aux responsabilités entrepreneuriales.
Près de 7 500 personnes, très majoritairement des femmes, sont susceptibles de bénéficier de cette mesure.
Des cotisations sociales allégées pendant cinq ans
L'exonération portera sur les cotisations d'assurance maladie, invalidité-maternité, allocations familiales et assurance vieillesse de base. Elle sera accordée de manière dégressive pendant les cinq années suivant l'installation : à hauteur de 65 % la première année, 55 % la deuxième, 35 % la troisième, 25 % la quatrième et 15 % la cinquième, dans la limite du plafond prévu par les textes.
« Les femmes sont une chance pour notre agriculture. Trop longtemps, certaines ont exercé leur métier avec un statut insuffisamment protecteur. Avec la publication de ce décret, nous transformons un engagement en réalité. Nous donnons à des milliers de conjointes collaboratrices les moyens de devenir pleinement cheffes d'exploitation, de sécuriser leur avenir et de construire celui de notre agriculture. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
Photo : ©Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr