
Marché des céréales
Panorama des productions de blé et d’orges dans l’hémisphère nord
L’augmentation de la production de blé et d’orges dans l’hémisphère nord est d’abord européenne (21 Mt). Dans les autres bassins de production, les résultats sont quelque peu similaires à l’an passé, le Moyen Orient mis à part.
Depuis trois ans, la consommation mondiale de blé croît plus vite que la production qui n’en finit pas pourtant de battre des records. Ce mois-ci, le Conseil International des Céréales (CIC) mentionne une nouvelle récolte mondiale 2025 de 808 millions de tonnes (Mt), inférieure aux besoins de la planète (816 Mt en 2025-2026). Pour l’orge, la nouvelle campagne serait à l’équilibre (146 Mt).
Mais cette période de moisson donne un sentiment d’abondance et la parité du dollar affaiblit les prix en Euros des céréales en vente sur le marché européen. Toutefois, les cours du blé ont augmenté de près de 15 € depuis le début du mois sur le marché de Rouen. Le seuil de 200 € la tonne a été franchi le 23 juillet dernier. Pour sa part, l’orge fourragère a gagné une quinzaine d’euros et son cours est dorénavant supérieur à son niveau de l’an passé à la même époque. Le seuil de 190 € a été franchi le 22 juillet dernier.
Dans son dernier rapport, le CIC dresse un panorama des productions de blés et d’orges dans l’hémisphère nord. La Chine (140 M) et l’Inde (117 Mt) sont parties pour réaliser des campagnes au moins équivalentes à l’an passé.
En Union européenne, la vague de chaleur a coïncidé avec la phase de maturation des blés tendre et dur. Aussi, elle n’a pas globalement altéré leur potentiel de rendement. Les productions de blé tendre et dur (137 Mt) sont même supérieures de 18 Mt à l’été 2024. L’Ukraine amputée de 20 % de son territoire à l’est, récolterait autant de blé que l’an passé (25 Mt). Mais la moisson n’est pas achevée…
La Russie compte sur la céréale de printemps, qui se développe dans de bonnes conditions dans la partie centrale du pays, pour compenser la faiblesse des rendements des blés d’hiver moissonnés dans la région sud. A ce jour, près de 81-82 Mt de grains devraient être engrangées comme la campagne passée. Mais les retours de terrains rendent parfois ses prévisions optimistes.
Aux Etats-Unis et au Canada, les récoltes sont quelques peu similaires à l’an passé. Près de 87 Mt de blé seraient engrangées à la fin de l’été. En Afrique du Nord, la moisson est meilleure que l’an passé (27 Mt ; +1,5 Mt) et notamment au Maroc (3,4 Mt) et en Algérie. Quoi qu’il en soit la région, importera 32,5 Mt de blé cette campagne-ci.
L’Egypte et l’Algérie font partie des quatre principaux pays importateurs au monde blé suivis par le Maroc en 7ème position. Le Maghreb achète chaque année plus d’un million de tonnes de blé supplémentaires.
Au moyen Orient, la production de blé (40,7 Mt) a chuté de près de 7 Mt par rapport la campagne passée, qui était cependant exceptionnelle. Dans tous les pays de la région, les conditions de cultures très sèches ont pénalisé le développement de la céréale.
Au cours de la campagne, la Turquie (19,6 Mt) devrait revenir sur les marchés en important 7,5 Mt grains (3,2 Mt la campagne passée) qu’elle réexportera sous forme de farine.
Pour l’orge, l’augmentation de 3 Mt de la production mondiale est d’abord européenne (61,5 Mt ; +3,7 Mt). Au Moyen Orient, la céréale n’a pas été épargnée par la sécheresse (11,8 Mt ; -1,7 Mt). Parmi la Communauté des Etats indépendants (CIS), la Russie serait la grande gagnante de cette campagne. Elle récolterait 18,5 Mt de grains, soit près de 1,8 Mt de plus que l’an passé. En Ukraine la production est quasiment stable (6 Mt) mais au Kazakhstan (3,4 Mt), elle baisserait de 10 %. En Amérique du Nord, le seul pays qui compte réellement sur les marchés est le Canada qui plafonne à 8 Mt comme l’an passé.
La campagne passée, la Turquie avait surpris les marchés en exportant jusqu’à 1,1 Mt d’orges. Mais l’ancien empire ottoman avait été contraint de se lancer dans une opération de déstockage, selon l’USDA. Les deux années précédentes, le pays avait importé massivement de l’orge et engrangé des récoltes abondantes. Par ailleurs, du maïs, lui aussi importé massivement, a concurrencé l’orge turque dans la composition des aliments pour animaux. Tous ces facteurs avaient alors contribué à la constitution de stocks. Les pays frontaliers ont été les principaux clients destinataires de ses exportations contraintes : l’Irak (541 000 tonnes), l'Iran (254 000 tonnes) et à l'Arabie saoudite (157 000 tonnes).

