
Marché des céréales
2025-2026 : la France exporte plus, l’Union européenne importe moins
Campagne 2025-2026 : l’Hexagone est en bonne voie pour atteindre ses objectifs commerciaux à l’export. Ses quatre principaux clients sont la Belgique, les Pays Bas, le Maroc, la Chine et l’Arabie saoudite.
A l’échelle de l’Union européenne, le bilan à l’export est plus mitigé. Mais ses importations de céréales sont en net repli.
Un point sur la campagne de commercialisation 2025-2026 de céréales de l’Union européenne et de la France.
Dans l’Hexagone à la fin du mois de février, plus des trois quarts des céréales disponibles avaient déjà été collectées par les coopératives et les organismes stockeurs, selon FranceAgriMer (FAM).
Les stocks de blé des collecteurs s’élevaient à 6,3 Mt, ceux d’orges à 2,9 Mt, ceux de maïs à 4,3 Mt et de blé dur à 422 000 t. Ces stocks sont inférieurs à la moyenne des cinq dernières années, le blé dur mis à part.
Au 13 avril ? la France a exporté 11,7 Mt de blé (objectif de campagne 14,9 Mt), 4,9 Mt d’orges (6,2 Mt), 3,9 Mt de maïs (5,4 Mt) et 600 000 tonnes de blé dur (850 000 tonnes) (1).
Avec ses partenaires européens, l’Hexagone a vendu 5,34 Mt de blé (objectif de campagne 7,7 Mt), 1.6 Mt d’orges (3,1 Mt, malt compris), 3,5 Mt de maïs (4,8 Mt) et 500 000 tonnes de blé dur (690 000 t)
Les Pays-Bas et la Belgique sont les deux premières destinations des céréales vendues. Y ont été acheminées 2,6 Mt de blé, 1,2 Mt d‘orges, 1,7 Mt de maïs et 120 000 t de blé dur.
Hors Union européenne, la France a expédié 4,8 Mt de blé (objectif de campagne de 7,1 Mt), 100 000 t de blé dur (160 000 t), 3,35 Mt d’orges (4,4 Mt malt compris) et enfin 310 000 t de maïs.
Parmi les vingt-sept pays européens, l’Hexagone est distancé par la Roumanie pour le blé (6,2 Mt) et le maïs (820 000 t).
Des exportations européennes sans éclats
A l’échelle des vingt-sept pays membres, l’Union européenne a expédié 18,5 Mt de blé ; 7,8 Mt d’orges, 2,3Mt de malt, 1,4 Mt de maïs et 400 000 t de farine de blé tendre.
Mi-avril, les exportations de blé sont ainsi inférieures de 7 Mt à 2023-2024 mais les ventes d’orges explosent (+2,8 Mt).
Le Maroc est premier pays destinataire du blé exporté (2,8 Mt), suivi par l’Egypte (1,7 Mt), la preuve s’il en fallait une, que la céréale européenne est très compétitive sur la scène internationale.
La Chine et l’Arabie saoudite ont chacune importé environ 1,5 Mt d’orges.
Des importations européennes en repli
Depuis le début de la campagne, l’Union européenne a importé 3 Mt de blé tendre, 1,4 Mt de blé dur, 430 000 t d’orges et 13,9 Mt de maïs.
Elle a ainsi réduit de moitié ses achats de blé tendre comparés à 2024-2025 et divisé par quatre ceux d’orges versus 2023-2024.
A l’import, le Canada est en tête des pays qui approvisionnent l’Union européenne en blé tendre (1 Mt comme en 2024-2025) devant l’Ukraine (676 000 t versus 4,2 Mt en 2024-2025). Il est aussi le premier pays exportateur de blé dur (810 000 t).
Quant au maïs, l’Ukraine (6 Mt) a expédié un peu moins de la moitié des quantités importées par l’Union européenne (13,5 Mt) même si les volumes livrés sont inférieurs d’un tiers à la campagne passée (9Mt).
Sinon, les 7,5 Mt de grains restants ont été acheminées des Etats-Unis, du Brésil (volume doublé) et du Canada.
A la porte de l’Union européenne, le bilan partiel la campagne de commercialisation de l’Ukraine est le suivant, selon UkraAgroconsult : « Au 17 avril, le pays a exporté 28,2 Mt de céréales et de légumineuses, soit 6,13 Mt de moins (17,8 %) que l'année précédente. Ces données proviennent du site web du ministère de la Politique agraire et de l'Alimentation d'Ukraine », mentionne Ukragroconsult.
Les ventes de blé ukrainien s'élèvent à 10,7 Mt (- 2,85 Mt versus 2024-2025 ou - 21,0 %). Par ailleurs, le pays a expédié 1,42 Mt d’orges (- 36 % sur un an) et 15,6 Mt de maïs (-2,4 Mt ou - 13,2 % sur un an).
En France, la campagne d’achats des engrais pour 2026-2027 va débuter.
Leurs prix très élevés soulèvent la question de savoir comment les céréaliers raisonneront la fertilisation de leurs cultures durant la campagne 2026-2027.
Dans le contexte actuel, l’optimum de rendement n’est pas l’optimum économique.
Aussi, les céréaliers achèteront leurs engrais en fonction de la rentabilité escomptée de leurs cultures. Et comme ils n’ont pas les moyens de produire à pertes , ils pourraient geler en 2026-2027 les parcelles les moins productives.
« Le blocus du détroit d'Ormuz a fortement perturbé le transport maritime d'engrais, faisant craindre une crise alimentaire » commente Ukragoconsult. Face à cette situation, les pays ont commencé à rechercher des voies d'approvisionnement alternatives pour les agriculteurs. Cependant, certains grands producteurs ont restreint leurs exportations, ce qui entraîne une hausse des prix pour les acheteurs.
Tous les chiffres avancés : sources douanes françaises et Commission européenne.

