
Réindustrialisation agricole
Phyteurop Industry investit 5 millions d’euros pour un nouveau bâtiment dédiée aux bio intrants
Le jeudi 09 avril 2026, les équipes de Phyteurop Industry (groupe InVivo Ag°) ont posé la première pierre du futur bâtiment de 1300 m2 dédié aux bio-intrants sur son site de Montreuil-Bellay (49-Maine-et-Loire), en présence de Marc BONNIN Maire de Montreuil-Bellay et de Christophe CAROL Sous-préfet de Saumur. Ce projet baptisé « Jeffrey2 » représente un investissement de 5 millions d’euros, marquant une nouvelle étape dans la stratégie de réindustrialisation agricole du groupe.
Un investissement stratégique dans un marché en transformation
Face à l’évolution des attentes réglementaires et des pratiques agricoles, Phyteurop Industry renforce ses capacités industrielles pour accompagner la montée en puissance des solutions alternatives. Le futur bâtiment de 1300m2, dont la mise en service est prévue à partir d’octobre 2026, permettra d’industrialiser de nouvelles gammes et de structurer une offre en bio-intrants en forte croissance. Ce nouvel investissement s’inscrit dans la stratégie Nutrition Innovante du groupe, avec l’industrialisation à grande échelle de solutions telles que FertiRoc®, pour accompagner la transition des grandes cultures et renforcer la souveraineté agricole française.
Dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement, le projet vise à consolider un acteur industriel français capable de formuler et produire des solutions de protection des plantes à destination du marché national et à l’international. Implantée en Maine-et-Loire, cette nouvelle unité contribue à la réindustrialisation agricole en renforçant les capacités de production sur le territoire.
Un passage à l’échelle industrielle
Implanté sur un site industriel majeur de 150 000 m², Phyteurop Industry s’appuie sur un outil industriel déjà dimensionné pour accompagner la transformation du marché des intrants agricoles. Le site produit aujourd’hui près de 25 millions de litres/kg et vise à atteindre à terme une capacité de 40 millions de litres, en s’appuyant notamment sur le développement des bio-intrants. Le site de Montreuil-Bellay devient la plateforme industrielle de référence pour la production de bio-intrants et d’engrais de spécialité, avec une capacité portée à 40 millions de litres, au service de toutes les agricultures
Une ambition : servir toutes les agricultures
« Ce projet s’inscrit dans la stratégie de la « 3e voie de l’agriculture », portée par le groupe InVivo Ag°, l’objectif : rendre accessibles à tous les agriculteurs des solutions innovantes, robustes et industrialisées, pour conjuguer performance économique et transition environnementale » a déclaré Laurent MARTEL, directeur Général de InVivo Ag°.
Un impact industriel et territorial

Plan et Illustration du projet « Jeffrey2 »
Le projet s’accompagne d’une montée en puissance des équipes, avec une augmentation estimée de +7 à +8 % des effectifs du site, traduisant le renforcement des compétences industrielles et l’ancrage local de l’activité.
« Cet investissement illustre notre volonté de consolider en France un outil industriel performant, capable de répondre aux enjeux de souveraineté, d’innovation et de transition agricole », a ajouté Pierre COTHENET directeur nutrition innovante chez InVivo Ag°.
Avec Jeffrey 2, Phyteurop Industry consolide sa position d’acteur industriel français de référence, capable de sécuriser la chaîne de valeur, d’accompagner la montée en puissance des bio-intrants et de répondre aux enjeux de souveraineté et de compétitivité.
Photo : de gauche à droite : Pierre COTHENET (dir. nutrition innovante InVivo Ag°, Martin DELLAMAGGIORE (Dir. Site Phyteurop industry, Marc Bonnin (Maire Montreuil-Bellay) crédit photo : Virginie Cartier

Le conseil spécialisé « Grandes cultures-marchés céréaliers » s’est réuni le 15 avril 2026 sous la présidence de Benoît Piètrement pour faire le point sur l’évolution des marchés céréaliers aux niveaux mondial, européen et français. Le contexte géopolitique mondial toujours très incertain complique les arbitrages des agriculteurs pour les semis, face au manque de visibilité sur l’évolution du prix des engrais.
Les tensions géopolitiques et les incertitudes concernant la durée du conflit au Moyen-Orient continuent de peser sur le marché mondial. Malgré les fluctuations au fil des annonces contradictoires, les cours du pétrole et du gaz restent très supérieurs à ceux d’avant-guerre. Les coûts du fret maritime sont toutefois maîtrisés pour le vrac sec, à la différence des pétroliers et conteneurs.
Les prix internationaux des céréales sont contenus par l’abondance de l’offre mondiale et des conditions climatiques globalement favorables. Mais les tensions sur les prix des engrais, pourraient compliquer les semis dans l’hémisphère sud et menacer la sécurité alimentaire de certaines régions du monde, si le conflit au Moyen-Orient se prolonge.
Au niveau européen, alors que les prix du blé et du maïs sont orientés à la baisse sur Euronext, les prix de l’urée ont flambé depuis le déclenchement du conflit en Iran. Le prix des engrais azotés continue d’augmenter sur le marché européen, dans le sillage du prix du gaz. Il évolue plus vite que le prix des engrais importés, souvent négociés plusieurs mois avant le début des hostilités.
Nouvelles prévisions de FranceAgriMer pour la commercialisation des céréales françaises en 2025/26
Le bilan prévisionnel français du blé tendre reste lourd malgré un stock final en léger retrait par rapport aux prévisions du mois dernier. Le stock de report en fin de campagne 2025/26 est désormais attendu à un peu plus de 3,3 Mt (millions de tonnes). L’augmentation des prévisions de livraison de blé tendre vers l’Union européenne à près de 7,7 Mt (+ 125 000 tonnes par rapport aux prévisions de mars) contribue à l’allégement des stocks, malgré des disponibilités ajustées à la hausse et un léger repli des prévisions d’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail français. Les prévisions d’exportation vers les pays tiers sont maintenues à 7,1 Mt.
L’augmentation des prévisions d’exportations de maïs vers l’Union européenne, désormais attendues à près de 4,8 Mt (+ 170 000 tonnes par rapport au mois dernier), ne suffit pas à absorber une nouvelle hausse des disponibilités (+ 123 000 tonnes), ainsi que les ajustements à la baisse des prévisions d’utilisations par les semouliers français (- 60 000 tonnes) et des exportations vers les pays tiers (- 20 000 tonnes). Le stock de maïs attendu en fin de campagne s’alourdit à plus de 2,3 Mt.
En orge, le stock final attendu en fin de campagne s’alourdit aussi à près de 1,5 Mt, sous l’effet de la révision à la hausse des prévisions de collecte et donc des disponibilités pour le marché (+ 90 000 tonnes).
Pour en savoir plus, retrouvez le diaporama sur la situation des marchés céréaliers au niveau mondial, européen et français présenté en conseil spécialisé ainsi que les nouveaux bilans prévisionnels détaillés des principales céréales françaises pour la campagne commerciale 2025/26.
Photo : © Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Dans le cadre des travaux d’élaboration des prochains SDAGE (Schémas directeurs d’Aménagement et des Gestion des Eaux) 2028-2033 dans lesquels les Chambres d’agriculture participent activement, Chambres d’agriculture France a tenu une conférence de presse ce 22 avril matin pour dénoncer un renforcement des contraintes pesant sur l’activité agricole et a appelé à une meilleure prise en compte des enjeux de souveraineté et de résilience économique.
Un déséquilibre majeur entre protection et développement
Les versions actuelles des projets de SDAGE traduisent un déséquilibre global. Elles ne garantissent pas l’équilibre entre la protection de la ressource, le développement économique et l’adaptation des territoires au changement climatique.
L’agriculture y est trop souvent stigmatisée et perçue comme un problème, alors qu’elle occupe la moitié des surfaces de la France hexagonale et fait partie des solutions (entretien des haies, infiltration des eaux pluviales, maintient des zones humides par l’élevage…).
Les freins constatés
- Une méthode et un calendrier inadaptés : les documents sont longs, complexes et difficilement appropriables par les acteurs de terrain. Le SDAGE doit fixer des orientations et non imposer des obligations directes aux acteurs à travers des rédactions prescriptives. Par ailleurs, le calendrier d’élaboration est particulièrement contraint et ne permet pas une concertation constructive.
- Des enjeux économiques non pris en compte : les projets de SDAGE entrainent un renforcement des contraintes pesant sur les activités agricoles, sans prise en compte des enjeux de résilience économique. Tout cela traduit un déséquilibre global des SDAGE qui ne garantissent pas un équilibre entre la protection de la ressource mais aussi développement économique et adaptation des territoires au changement climatique.
- La souveraineté alimentaire oubliée : les zones agricoles doivent pouvoir rester des zones de production qui contribuent à la souveraineté alimentaire. Sans eau, il n’y a pas d’arboriculture, de maraichage, de cultures de semences… Les volontés affichées de réduction d’eau vont à l’encontre du maintien de la souveraineté alimentaire.
- Des réalités techniques ignorées : les SDAGE ont vocation à définir une stratégie de gestion de l’eau à l’échelle de bassin, sans intervenir dans la définition de politiques sectorielles et en particulier sans imposer de modèle agricole. Ce qu’ils essayent de faire dans chaque disposition mentionnant l’agriculture, mais cela va parfois jusqu’à vouloir supprimer tout recours aux intrants sur les surfaces agricoles des bassins.
- Une vision restrictive de la gestion de l’eau : avec les impacts du changement climatique, les besoins en eau sont amenés à être de plus en plus importants et répartis sur le territoire. De nouveaux usages de l’eau apparaissent : irrigation d’appoint sur les céréales de printemps, les fourrages…Les chambres d’agriculture alertent face au mot « sobriété » qui semble être entendu uniquement comme économie d’eau et qui revient dans tous les projets de SDAGE, à de multiples reprises, alors que l’objectif qui est inscrit dans le code de l’environnement est bien « une utilisation efficace, économe et durable de la ressource ».
« À force d’injonctions déconnectées de la réalité économique, on est en train de perdre les agriculteurs, qui ne sont plus reconnus comme des moteurs du progrès. Cette situation conduit à une faible application des mesures et à une démobilisation générale, ce qui est contre-productif. Il est indispensable de renouer le dialogue, de travailler avec le monde agricole et de réaffirmer notre volonté d’agir ensemble, notamment sur la question de l’eau. C’est pourquoi nous demandons notamment à changer la gouvernance afin de permettre aux acteurs agricoles de représenter 30% des voix. Il faut construire les SDAGE avec les agriculteurs et non pas contre les agriculteurs. Les chambres d’agriculture continueront à se mobiliser et à échanger avec toutes les parties prenantes pour nous l’espérons disposer d’une V2 des SDAGE à la hauteur des enjeux actuels » Sébastien Windsor, Président de Chambres d’agriculture France.
Face à la persistance de prix élevés des carburants, le Gouvernement renforce son soutien aux agriculteurs
Alors que les tensions internationales continuent de peser durablement sur les marchés de l’énergie, la ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, annonce une nouvelle mesure de soutien en faveur des agriculteurs, avec la prise en charge exceptionnelle de 15 centimes par litre de gazole non routier agricole (GNR) pour le mois de mai, pour un total de 53 millions d’euros environ.
Depuis plusieurs semaines, le contexte géopolitique au Moyen-Orient entraîne une pression continue sur les prix des carburants, avec des répercussions directes sur les coûts de production agricoles. Cette situation fragilise la trésorerie des exploitations, déjà exposées à des charges élevées liées au renchérissement des intrants essentiels.
Dans ce contexte, le Gouvernement poursuit une stratégie de réponse graduée, mobilisant des leviers adaptés à l’intensité et à la durée de la crise, afin de protéger les exploitations agricoles. C’est selon cette logique qu’ont été mis en place :
- Une prise en charge exceptionnelle des cotisations sociales pour les exploitations fragiles, pour un montant de 20 millions d’euros.
- Le remboursement par l’Etat de tout droit d’accise du GNR pour le mois d’avril, pour un montant de 14 millions d'euros ;
- Des prêts de court terme exceptionnels encadrés par BPI France, dits « prêts carburant », pour amortir la hausse des prix de l'énergie ;
- Un report de cotisations sociales, sans frais ni majoration, et un étalement des échéances fiscales, à la demande des exploitants.
Toutefois, face à la persistance de prix élevés à la pompe, la Ministre annonce que l’aide au litre est plus que triplée et atteindra, en mai, 15 centimes le litre. Cette mesure s’ajoute à la faible fiscalité sur le GNR agricole, qui représente un coût d’1,3 Md€ en 2026. Au global, le soutien direct aux agriculteurs s’élève à près de 90 millions d’euros depuis le début de la crise.
« Face à une crise qui s’installe, le Gouvernement continue d’agir avec responsabilité et détermination. Ce soutien direct sur le carburant, qui fait plus que tripler l’aide mise en place depuis le mois d’avril, répond à une attente très concrète du terrain. Je reste vigilante sur l'évolution de la situation. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

Un conseil d’orientation dédié à la compétitivité des filières agricoles et agroalimentaires françaises
Le conseil d’orientation permanent de FranceAgriMer s’est réuni, à Montreuil, le 9 avril 2026, sous la présidence de Franck Sander, aux côtés de Martin Gutton, directeur général de l’Etablissement, et de Julie Brayer Mankor, directrice générale adjointe.
A retenir pour cette séance : une étude sur la compétitivité des filières agricoles et agroalimentaires françaises, des travaux sur la performance économique des exploitations agricoles et le programme d’études économiques de l’Etablissement pour 2026.
Compétitivité des filières agricoles et agroalimentaires françaises
Le centre d’études et de prospective (CEP), rattaché au service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, a présenté les principaux enseignements d’une étude sur les performances commerciales et la structuration des filières agricoles et agroalimentaires françaises, et une analyse comparée de six pays de l’Union européenne (Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne).
A noter :
- la diminution de la balance commerciale agricole et alimentaire française est multifactorielle : effets prix, évolution de la consommation, érosion des volumes de certaines productions,… ;
- la France dispose de structures de production plutôt favorables : exploitations de grande taille, restructuration rapide, vieillissement des actifs moins marqué ;
- sur le plan économique, la production française présente des caractéristiques qui la différencient des autres pays étudiés : diversité des débouchés et autonomie alimentaire en lait, exploitations de grande taille,… ;
- côté transformation, l’agro-alimentaire français affiche un chiffre d’affaires, une productivité du travail et une valeur ajoutée élevés. Cependant, l’excédent brut d’exploitation (EBE) semble décrocher, sans que cela ne remette en cause la capacité d’investissement des entreprises.
Compétitivité des exploitations agricoles françaises
Le conseil a également pris connaissance des travaux du conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), visant à apprécier la performance économique des exploitations agricoles françaises par rapport à leurs concurrentes européennes, au travers d’un focus sur trois filières (grandes cultures, bovins-lait, volailles).
Les principaux constats et perspectives de cette étude permettront de nourrir les réflexions des professionnels des filières.
Programmes d’informations et d’études économiques de l’Etablissement pour 2026
FranceAgriMer a présenté le programme des études et des achats de données pour 2026, qui se décline ainsi :
- des dépenses récurrentes : achats ou production externalisée de références pour les observatoires économiques pilotés par l’Etablissement ;
- des données de consommation, veilles concurrentielles,… ;
- des études exploratoires correspondant à des enjeux structurants identifiés par l’Etablissement en lien avec les interprofessions ;
- le financement ou co-financement pour l’accompagnement des filières sur des sujets d’actualité, ponctuels ou stratégiques.
Egalement à l’ordre du jour de cette séance
Les principaux enseignements de l’enquête menée par FranceAgriMer auprès des lecteurs de ses publications de veilles concurrentielles sur les filières, et les propositions visant à améliorer leur utilisation par les professionnels.
Enfin, la présentation d’un point à date sur la mise en œuvre des dispositifs de soutien aux filières, opérés par l’Etablissement.
Photo : © Laurence Gibert-Mesnil / FranceAgriMer

PAC 2026
À vos déclarations !
Le 1er avril a marqué le lancement de la campagne PAC 2026. Les exploitants agricoles doivent, jusqu’au lundi 18 mai, déclarer, sur Télépac, site administré par l’ASP, leurs surfaces pour percevoir les aides auxquelles ils peuvent prétendre.
Tout savoir sur la PAC
Représentant près de 30% du budget européen, la Politique Agricole Commune (PAC) vise à :
- assurer un revenu, favoriser le développement d’un secteur agricole compétitif
- garantir la sécurité alimentaire sur le long terme
- soutenir la protection de l’environnement
- et consolider le tissu socioéconomique des zones rurales.
Le premier pilier de la PAC concerne l'ensemble de paiements directs ayant pour objectif de soutenir le revenu des exploitations agricoles et d’encourager la production des certaines cultures végétales/animaux tandis que le second pilier comprend des dispositifs de soutien aux interventions agroenvironnementales, aux zones soumises à des handicaps naturels ainsi que des dispositifs gérés par les conseils régionaux qui accompagnent les installations et les investissements réalisés par les exploitants.

Sécuriser sa déclaration grâce à sa Chambre d'agriculture
Les conseillers des Chambres d’agriculture accompagnent historiquement les agriculteurs dans leurs démarches d’accès aux aides de la PAC en réalisant et sécurisant leurs déclarations.
Pour toute demande d’accompagnement, contactez votre Chambre d’agriculture locale.
Structurer son dossier PAC avec MesParcelles
L’outil MesParcelles, développé par les Chambres d’agriculteurs se positionne comme un allié essentiel pour anticiper, sécuriser et fiabiliser sa déclaration.
Grâce à son portail cartographique complet, les exploitants peuvent récupérer facilement les informations nécessaires à la constitution du dossier (couches de référence, historique des cultures, etc.) et les transférer vers TéléPAC, limitant ainsi les erreurs de saisie et les manques à gagner qu’elles pourraient causer !

Leçons du plan de relance
Les Cuma, un vrai levier d’efficacité pour les politiques agricoles
Dans un contexte de tension budgétaire accrue, de multiplication d’appels à projets pour financer du matériel ces dernières années, et alors que s’élabore une nouvelle politique agricole commune, la question de l’efficacité des soutiens publics agricoles est centrale.
Comment maximiser l’impact des aides, notamment les aides aux investissements, tout en maîtrisant la dépense ? L’évaluation du Plan de relance conduite par FranceAgriMer apporte aujourd’hui des éléments de réponse clairs : les investissements portés par les Cuma apparaissent comme un levier particulièrement performant.
Un objectif atteint à 150 % rien que par les Cuma
Le Plan de relance agricole visait initialement à accompagner 25 000 exploitations dans leurs investissements. Cet objectif a été largement dépassé, en grande partie grâce à l’effet des investissements collectifs portés par les Cuma. Les travaux menés conjointement entre la FNCuma et la cellule d’évaluation de FranceAgriMer, fondés sur un croisement inédit de données, montrent que près de 37 000 exploitations agricoles ont bénéficié de matériels acquis par les Cuma.
À elles seules, les Cuma contribuent ainsi à 150 % de l’objectif initialement fixé par les pouvoirs publics dans le dispositif, démontrant leur rôle structurant dans la diffusion des investissements.
Des investissements en Cuma plus structurants
Les Cuma se distinguent par leur capacité à porter des investissements d’envergure. Elles représentent une part limitée des dossiers déposés, mais concentrent une part significative des montants engagés : par exemple 10% des dossiers pour la réduction des intrants, mais 25 % des montants, ou encore 6% des dossiers pour 21% des montants sur les protéines végétales .
Loin de traduire une concentration inefficiente, ces chiffres reflètent la capacité des Cuma à investir dans des équipements plus performants et structurants.
Un effet levier massif au service du plus grand nombre
L’un des apports majeurs des Cuma réside dans leur effet multiplicateur. Un matériel acquis collectivement bénéficie en moyenne à 9,3 exploitations agricoles . Ce mécanisme change profondément l’impact réel des aides.
Ainsi, 1 700 Cuma bénéficiaires et 4 000 matériels financés ont permis de toucher près de 37 000 exploitations agricoles. Les exemples sectoriels illustrent cette capacité de diffusion :
- 235 semoirs de semis direct couvrent près de 100 000 hectares par an et bénéficient à plus de 3 000 exploitations ;
- 414 matériels de désherbage mécanique sont utilisés par près de 5 000 exploitations, sur environ 85 000 hectares ;
- Dans l’autonomie protéique, près de 200 équipements bénéficient à plus de 1 200 exploitations.
Ces résultats montrent qu’un investissement ciblé peut, via la mutualisation, produire un impact à grande échelle auprès des agriculteurs.
Une efficience économique triplée et objectivée
Au-delà de l’effet levier, les Cuma démontrent une efficience économique particulièrement élevée. Si les montants d’aide par dossier sont plus importants, ils doivent être rapportés au nombre d’utilisateurs.
Ainsi, le coût public moyen par exploitation s’établit selon les dispositifs entre 3 000 et 5 800 € via les Cuma, contre 10 000 à plus de 15 000 € en individuel. Autrement dit, à budget équivalent et en adaptant les taux et plafonds, les Cuma permettent de soutenir en moyenne trois fois plus d’exploitations. Ce qui justifie aussi la définition de taux et de plafonds spécifiques adoptés dans les différents dispositifs.
Cette performance repose sur deux facteurs clés : la mutualisation des équipements et leur taux d’utilisation élevé.
Des impacts élargis au- delà de l’économique
Les bénéfices des Cuma ne se limitent pas à l’efficience économique. Le modèle collectif génère également des externalités positives importantes.
En limitant la multiplication des achats individuels, il contribue à réduire l’empreinte carbone liée à la fabrication des matériels. L’usage partagé d’équipements innovants favorise par ailleurs la diffusion rapide de nouvelles pratiques agricoles et l’apprentissage collectif entre exploitants.
Démontrée par une étude récente réalisée par des chercheurs de l’Université de Rennes et de l’Institut Agro Rennes-Angers, l’affirmation “plus de Cuma, moins de phyto” prend toute sa cohérence en renforçant l’impact environnemental et technique des aides publiques, en cohérence avec les objectifs de transition agricole.
Des enseignements pour les politiques publiques
Les résultats de cette évaluation apportent des éléments solides pour orienter les politiques publiques. Ils justifient pleinement les dispositifs spécifiques en faveur des Cuma, notamment les majorations de taux ou les plafonds adaptés, qui permettent de tenir compte de leur capacité à diffuser largement les investissements.
Ils invitent également à repenser certains mécanismes d’attribution des aides, comme la logique du « premier arrivé, premier servi », afin de mieux cibler et prioriser les projets collectif à fort effet levier.
Dans le contexte des discussions sur les orientations futures de la PAC, ces enseignements plaident pour une meilleure intégration de la dimension collective dans les dispositifs de soutien.
En conclusion : faire plus et mieux avec les Cuma
L’évaluation du Plan de relance met en évidence une réalité claire : les Cuma permettent de concilier efficacité économique, impact environnemental et diffusion à grande échelle des innovations.
En combinant effet levier, efficience budgétaire et externalités positives, elles apparaissent comme un outil stratégique pour maximiser l’impact des politiques publiques agricoles.
À l’heure où chaque euro investi doit produire davantage d’effets, le modèle Cuma est une réponse opérationnelle et éprouvée.

Les premières estimations de surfaces pour la campagne 2026 font apparaître une baisse très préoccupante des surfaces de maïs grain, confirmée à ce stade par les données de l’institut technique Arvalis et par l’AGPM.
Alors que partout en France, les semis de maïs ont largement débuté dans des conditions plutôt propices et satisfaisantes, les premières estimations de surface pour cette nouvelle campagne inquiètent. La baisse des surfaces de maïs grain est aujourd’hui estimée entre -10 et -15 % au niveau national (1,33 Mha), tandis que les surfaces de maïs fourrage (1,20 Mha) et de maïs semences (63 000 ha) seraient globalement stables. Pour le maïs doux, les prévisions font état d’une nouvelle baisse en 2026, représentant -4% par rapport à 2025 et -40% depuis 2023. On constate de fortes disparités régionales, avec des reculs nettement plus marqués, au-delà de –15 % dans plusieurs bassins majeurs, notamment en région Centre, dans le Sud-Ouest et en Poitou-Charentes alors que la Bretagne ou l’Alsace restent stables.
Une baisse multifactorielle, révélatrice d’un malaise profond
Cette contraction des surfaces de maïs grain, traduisant une perte de capacité productive inquiétante pour la filière maïs, s’explique par plusieurs facteurs cumulatifs :
- Un arbitrage partiel en faveur des céréales d’hiver, dont les surfaces progresseraient de près de +300 000 hectares par rapport à 2025 pour revenir à un niveau de moyenne à 5 ans ;
- Les restrictions cumulées et successives des moyens de production tels que les solutions phytosanitaires, les outils d’innovation variétale, l’accès à l’eau ;
- Mais aussi et surtout, une situation de trésorerie extrêmement dégradée dans les exploitations, alors qu’au moment où les charges d’implantation du maïs impactent la décision de semer sont plus élevées que pour les autres cultures ;
- Le tout dans un contexte de hausse continue des coûts de production : prix du gaz, des engrais et du GNR, qui pèse lui aussi lourdement sur les décisions de semis.
Le paradoxe d’une culture pénalisée malgré des conditions favorables
Cette situation est d’autant plus alarmante qu’elle intervient alors que les conditions agronomiques
sont objectivement favorables :
- Des conditions de semis globalement bonnes, avec des températures et un climat adaptés sur l’ensemble du territoire ;
- Un bon niveau de recharge hydrique des sols et un remplissage quasi-total des nappes et réservoirs, grâce à des pluies régulières tout au long de l’hiver.
La baisse des surfaces ne s’explique donc ni par le climat ni par l’eau, bien que la question de pouvoir accéder à l’eau reste une inquiétude majeure dans de nombreux territoires, mais bien par l’asphyxie économique des producteurs de grandes cultures. Et dans ce contexte, pour de trop nombreux producteurs, l’alternative au maïs sera peut-être ne pas semer du tout !
L’illustration d’une déprise des grandes cultures
Pour l’AGPM, cette évolution constitue un signal d’alarme clair et est bien l’illustration d’une déprise des grandes cultures en général et des céréales en particulier : « Le décrochage et la déprise du secteur des grandes cultures s’illustrent aujourd’hui de manière très nette en maïs grain. Sans réponses rapides et concrètes, c’est l’ensemble de la filière – de l’amont à l’aval – qui sera durablement fragilisée après 3 années consécutives d’exercice négatif et bientôt une quatrième année. Sans décisions rapides, la souveraineté agricole et la compétitivité de la filière maïs sont en jeu. » indique Franck Laborde, président de l’AGPM. « Aussi, nous appelons les pouvoirs publics à agir sans tarder, notamment au travers du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, afin de travailler à débloquer les moyens de production, à assurer l’accès à l’eau et le développement du stockage, mais aussi à garantir des mesures de soutien à la trésorerie des exploitations. Si ces mesures n’étaient pas garanties et mises en oeuvre, les producteurs asphyxiés n’auront pas d’autre issue que de retourner dans la rue. »