
Les propositions des Chambres d’agriculture pour l’avenir de l’agriculture française
En vue des échéances électorales de 2027, Chambres d’agriculture France formule ses propositions pour l’avenir de l’agriculture française.
En vue des échéances électorales de 2027, Chambres d’agriculture France formule ses propositions pour l’avenir de l’agriculture française et porte les priorités du réseau pour répondre aux défis agricoles de demain, à travers son document de position “Les défis de l’agriculture française : propositions concrètes pour un avenir durable”.
Ce document de position, travaillé au niveau des commissions nationales de Chambres d'agriculture France, est structuré autour de 4 grands axes :
- Produire
- Accompagner
- Entreprendre
- Protéger
Derrière chacun de ces enjeux se dessine une même ambition : remettre le développement agricole au cœur du projet politique français et européen.
« Dans un contexte géopolitique tendu, face aux aléas climatiques et à la concurrence internationale, la souveraineté alimentaire doit rester la priorité. »
Depuis plusieurs années, alors que les contraintes sur l’agriculture française s’accumulent, la question de la production est progressivement passée au second plan dans le débat public. Or, il est impossible de parler de souveraineté alimentaire sans parler de soutien au potentiel productif agricole, notamment via une Politique Agricole Commune forte.
À chaque étape du parcours d’un agriculteur, les Chambres d’agriculture mobilisent leur expertise pour :
- sécuriser les projets
- renforcer la compétitivité des exploitations
- et améliorer durablement le revenu des agriculteurs.
Il est capital de développer l’accompagnement global des agriculteurs tout au long de leur carrière via la mobilisation de conseillers compétents et des moyens ciblés vers l’accompagnement humain à la prise de risque.
Être agriculteur, c’est avant tout être un entrepreneur. Chaque agriculteur est un chef d’entreprise qui décide, investit, innove et assume des risques importants. Cette réalité mérite d’être davantage reconnue, et surtout mieux soutenue par les politiques publiques. Il ne faut pas opposer transition et compétitivité, mais plutôt les concilier avec des projets qui contribuent à la hausse du revenu.
La souveraineté alimentaire suppose aussi de protéger ceux qui la garantissent en produisant notre alimentation, en portant une nouvelle politique commerciale au niveau européen, afin de mettre en place des garanties réelles de réciprocité et de concurrence loyale. Préserver notre secteur agricole national, c’est garantir à chacun des Français l’accès à une alimentation saine, durable et de qualité
Ce document de position met en avant l’expertise de terrain des Chambres d’agriculture et leur capacité à formuler des propositions concrètes, transpartisanes et ancrées dans les réalités économiques et territoriales, autour de priorités essentielles :
- le développement agricole
- la gestion de l’eau
- et la Politique agricole commune (PAC).
Ce document de position existe en 2 versions :
- Une version longue, structurée comme un programme politique autour de quatre grandes thématiques, déclinées en sous-thèmes et en propositions concrètes
- Une version courte, rédigée sous forme de manifeste, qui synthétise les messages essentiels à travers une à deux idées fortes par thématique.

Réunion des ministres de l’agriculture du G7 du 19 octobre 2026
Dans le cadre de la présidence française du G7, les ministres de l’Agriculture du G7 et le Commissaire européen à l’Agriculture et à l’Alimentation se sont réunis le 19 octobre 2026 à Paris, en marge du Salon International de l’Alimentation (SIAL), pour approfondir leurs échanges sur le renforcement de la durabilité et de la résilience des systèmes agricoles et alimentaires, et notamment la gestion des nutriments en agriculture et la santé des sols.
La réunion des ministres de l’Agriculture le 8 juin dernier avait permis de discuter des moyens de soutenir à court terme les agriculteurs face aux hausses des prix des engrais et aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement.et reconnu le caractère stratégique des engrais Dans un contexte où les systèmes agricoles et alimentaires sont confrontés à des tensions croissantes, géopolitiques et économiques, ainsi qu’à la multiplication des aléas climatiques, les ministres ont élargi leurs échanges aux solutions de moyen et long terme pour aider les agriculteurs à faire face aux crises. Ils ont notamment abordé l’utilisation efficace des engrais, la gestion des cycles des nutriments et les pratiques agricoles favorables à la santé des sols.
Ils ont aussi, à l’occasion du Salon International de l’Alimentation, échangé avec des entreprises de l’ensemble des pays du G7 sur des produits alimentaires innovants et rencontré les principaux acteurs français et internationaux de l’alimentation.
La ministre a annoncé l’organisation, les 3 et 4 décembre prochains, par INRAE, d’un dialogue réunissant les hauts responsables scientifiques agricoles des pays du G7. Cette rencontre permettra d’identifier les priorités communes, les besoins de recherche et les pistes de coopération en matière de santé des sols et de gestion des nutriments, sujets clés pour bâtir une agriculture productive, durable et résiliente sur le long terme. Selon les résultats de ce dialogue scientifique de haut niveau, sa poursuite pourra être envisagée à l’initiative des futures présidences du G7.
En parallèle, les hauts responsables vétérinaires du G7 se réuniront les 19 et 20 novembre à Paris pour échanger sur les menaces biologiques ainsi que sur les enjeux liés à la désinformation et à la mésinformation auxquels sont confrontés les services vétérinaires. Ces travaux contribueront, sur le volet sanitaire, aux efforts communs visant à renforcer la résilience des systèmes agricoles et alimentaires et à concourir à la sécurité alimentaire mondiale.
« Face aux chocs successifs auxquels nos agriculteurs sont confrontés, nous devons agir dans la durée. Mieux gérer les nutriments, préserver la santé de nos sols et réduire nos vulnérabilités font partie des grandes priorités. La recherche et les connaissances scientifiques sont indispensables pour éclairer nos politiques et identifier les solutions adaptées à nos agricultures. Avec les autres membres du G7 nous sommes déterminés à soutenir nos agriculteurs pour traverser ces crises, à court terme et à moyen terme », a déclaré Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.
Photo : Thomas Hubert/agriculture.gouv.fr

Avec une production nationale estimée en recul de 50% par rapport à l’année précédente avec seulement 7 millions de tonnes, la récolte de maïs grain 2026 figure parmi les plus faibles des cinquante dernières années. Les rendements nationaux s'établissent à 66 q/ha, avec une différence importante entre le pluvial (46 q/ha) et l’irrigué (97 q/ha), conséquence directe d'une succession de sécheresses et de canicules qui ont frappé l'ensemble du territoire et du manque d’outils d’adaptation de l’agriculture française face au changement climatique.
Pour l'AGPM, cette campagne marque un tournant. « Depuis des années, nous alertons. Aujourd'hui, la catastrophe n'est plus un risque : elle est là », déclare Franck Laborde, président de l'AGPM. Dans certains territoires, les pertes atteignent jusqu'à 100 % et des dizaines de milliers d'exploitations agricoles se retrouvent dans une situation économique critique. On estime ainsi, globalement, les pertes de chiffres d’affaires pour l’amont de la filière à plus de 2,5 milliards d’euros.
La campagne 2026 démontre trois réalités incontestables : l'absence d'adaptation crée une fracture entre les territoires, l'eau est indéniablement le facteur déterminant de la production agricole et la France demeure sous-équipée et insuffisamment adaptée face à l'accélération du changement climatique. Les conséquences sont dramatiques sur la production et sur l’économie des exploitations, des filières et des territoires.
Face à cette situation, l'AGPM appelle le gouvernement à agir sans délai pour sauver les exploitations et assurer la campagne maïs 2027. D’abord, en gérant le court-terme par un soutien exceptionnel à la hauteur des pertes subies, de l’ordre de 450€ / ha, regroupant à la fois les mesures du plan CASI, des soutiens régionaux et départementaux mais également l’élargissement du plan d’urgence engrais dont l’enveloppe n’est consommée à date qu’à 10%, ainsi qu’une dérogation générale sur les couverts en 2026 pour ne pas imposer 200 € / ha de surcharge aux agriculteurs. Sur ces dernières mesures que l’AGPM réclame avec instance depuis plusieurs semaines, elle reste encore sans réponse concrète et satisfaisante du gouvernement et ce malgré l’ampleur de la crise. Dans le même temps, il nous faut impérativement assurer le long-terme par un renforcement de l'assurance climatique, une accélération des solutions d'adaptation, un développement du stockage de l'eau, une libération des moyens de production et une protection contre les distorsions de concurrence et ce pour assurer l’avenir de nos filières.
« L’agriculture et la filière maïs sont au milieu d’une crise sans précédent qui impose une action forte ainsi qu’un changement de cap radical et immédiat pour notre production alimentaire. Pendant trop longtemps, sur fond d’idéologie décroissante, nous avons opposé la production à l’environnement : il faut que cela cesse. Nous avons besoin d'un véritable sursaut : nourrir la France par l’acte de production de nos agriculteurs doit redevenir une ambition nationale ! », conclut Franck Laborde.

Développement de la coopération entre Chambres d’agriculture : retour sur le déplacement en république Tchèque
Dans le cadre de sa démarche de renforcement des coopérations avec les réseaux consulaires agricoles européens, Chambres d’agriculture France poursuit ses échanges avec ses homologues européens.
Rencontres avec le secteur agricole tchèque
Dans le cadre de sa démarche de renforcement des coopérations avec les réseaux consulaires agricoles européens, Chambres d’agriculture France poursuit ses échanges avec ses homologues européens.
Le 30 septembre, Sébastien Windsor, Président de Chambres d’agriculture France, s’est rendu à Prague pour rencontrer :
- M. Martin Pých, Vice-président de la Chambre agraire tchèque et président de l’Association agricole de la République tchèque ZSCR
- M. Louis de Fouchécou, Ambassadeur de France en République Tchèque
- Mme Jaroslava Špalková, Vice-ministre pour l’agenda de l’UE et les négociations de la nouvelle PAC et M. Ladislav Němec, directeur des Relations Internationales
- M. Jaroslav Šebek, président de l’Association de l’agriculture privée ASZ et M. Jan Štefl, Vice-président ASZ
- M. Milan Škvor, directeur de la division agriculture d’Agrofert ; M. David Behenský, directeur pour les affaires de l´UE ; Mme Martina Tampierová, manager pour les politiques agricoles de subventions et M. Pavel Heřmanský, porte-parole
- Mme Dana Večeřová, Présidente de la Chambre agro-alimentaire, et M. Jiří Šír, directeur pour les relations internationales.
Une occasion de porter les priorités des Chambres d'agriculture
PAC post-2027, Horizon Europe et Fonds européen de compétitivité
Lors de ces échanges, Sébastien Windsor a rappelé les propositions des Chambres d'agriculture visant à refaire de la PAC une politique de production au service de la compétitivité et de la résilience des agriculteurs.
Voici les principales propositions évoquées :
- Un budget européen à la hauteur des ambitions européennes affichées en termes de souveraineté alimentaire, en sanctuarisant une enveloppe PAC élevée
- La préservation du caractère commun de la PAC, afin d’éviter les distorsions de concurrence intra-européennes, notamment en fixant un plafond au taux de cofinancement
- La pérennisation du travail mené en France sur la définition de l’agriculteur actif, dans la continuité de la programmation PAC 2023-2027
- L’accompagnement financier des agriculteurs vers des systèmes rémunérateurs, résilients et vertueux pour l’environnement, notamment à travers les actions agro-environnementales et climatiques.
En abordant les opportunités que représente le renforcement de la coopération entre les Chambres d’agriculture européennes sur des projets Horizon Europe, Sébastien Windsor a également réaffirmé l’importance de préserver la place de l’agriculture au sein d’Horizon Europe et du Fonds européen de compétitivité, notamment en y octroyant une enveloppe sanctuarisée pour le secteur.

Les demandes du Réseau Cuma trouvent de premiers relais dans les débats budgétaires en cours. La FNCuma appelle le Gouvernement et les parlementaires à conforter ces avancées dans le budget 2027 et le plan de relance agricole.
Les parlementaires au rendez- vous
La FNCuma salue l’ouverture du dispositif de prêts garantis GRETEA (Garantie pour le réaménagement des dettes et le renforcement de la trésorerie des exploitations agricoles) aux Cuma adopté en commission des affaires économiques à l’initiative du député Dominique Potier, qui constitue une première étape à conforter. Lors de son rendez-vous avec la FNCuma le 15 octobre, Annie Genevard, ministre de l’agriculture, a annoncé soutenir cette mesure. Cet appui doit désormais être concrétisé dans l’ensemble du parcours législatif, avec des critères adaptés aux Cuma et une prise en charge du coût de la garantie. L’accompagnement des Cuma pour surmonter les difficultés passe aussi par le fait de conforter le dispositif DiNA que plusieurs parlementaires souhaitent réabonder.
La FNCuma salue également la mobilisation importante des parlementaires des différents bords pour étendre le crédit d’impôt mécanisation collective aux agriculteurs relevant du régime dit “micro-BA”. En période de crise, le régime fiscal choisi par l’agriculteur ne doit pas constituer un obstacle au soutien à la mutualisation de matériel, d’autant que cela concerne les plus petites exploitations.
Faire tenir les Cuma pour aider les agriculteurs à tenir
Pour Marine Boyer, Présidente de la FNcuma, « dans l’exercice budgétaire en cours, les mesures soutenant les Cuma doivent s’intégrer dans l’ensemble des réponses que le Gouvernement apporte pour l’agriculture que ce soit dans le cadre du plan de relance agricole, ou encore de l’adaptation de la fiscalité agricole. L’enjeu est de permettre aux Cuma de tenir tout en renforçant leur rôle pour réduire les charges de production et offrir aux agriculteurs un collectif sur lequel compter face aux difficultés ».
Encore plus en cette année de grandes difficultés agricoles, la FNCuma appelle le Gouvernement et les parlementaires à donner à l’agriculture un budget pour 2027, avec les moyens nécessaires aux outils qui, à l’instar des Cuma, renforcent la sécurité économique des agriculteurs et agricultrices et leur permettent de ne pas rester seuls face à la crise.
Photo : Le 15 octobre 2026, Marine Boyer (à gauche), présidente de la FNCuma, rencontrait Annie Genevard, Ministre de l’agriculture


Du petit-déjeuner aux soins à l’hôpital, du livre que l’on feuillette à l’emballage que l’on trie, les produits de l’amidonnerie sont partout dans notre quotidien. Pourtant, leurs origines et leurs usages restent souvent méconnus.
Première productrice d’amidon en Europe, l’industrie amidonnière française valorise chaque année 5 millions de tonnes de matières premières agricoles, dont 97 % ont poussé en France.
À travers la brochure d’infographies, l’USIPA vous invite à découvrir l’amidonnerie et ses produits. Une occasion de mieux connaître une industrie ancrée dans les territoires, au croisement de l’agriculture, de l’alimentation, de la santé et de nombreux autres secteurs.
Au sommaire :
- L’édito de la Présidente de l’USIPA
- Les chiffres clés de l’amidonnerie
- Son histoire
- Son engagement dans la décarbonation
- Comment sont obtenus l’amidon et leurs dérivés ?
- Pour quels usages ?
Et bien plus encore…
Le recueil intégral de nos infographies est disponible !
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Plus de 5 milliards d’euros versés dès le 16 octobre pour soutenir la trésorerie des agriculteurs
Face aux difficultés de trésorerie rencontrées par le monde agricole, aggravées par la sécheresse et la canicule de cet été, Annie Genevard accélère le versement des aides de la Politique agricole commune (PAC). Dès le vendredi 16 octobre, 261 723 exploitations agricoles bénéficieront d'une avance, pour un montant total de plus de 5 milliards d’euros versés d'ici au 20 octobre.
Un soutien financier immédiat pour les agriculteurs
Conformément aux engagements pris par Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, plus de 5,04 milliards d’euros seront versés entre le 16 et le 20 octobre par l’Agence de services et de paiement (ASP).
Pour apporter davantage de trésorerie aux exploitations, la ministre a décidé de relever le taux d’avance des aides du premier pilier de la PAC de 70 % à 75 %, et de le maintenir à 85 % pour l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), soit le maximum autorisé par l’Union européenne. Cette décision s'appuie notamment sur les souplesses accordées par la Commission européenne dans le cadre du plan engrais.
Ces versements concernent les principales aides au revenu de la PAC (aide de base au revenu, aide complémentaire aux jeunes agriculteurs, Ecorégime, aide redistributive) ainsi que certaines aides structurantes (notamment l’ICHN et la plupart des aides couplées animales).
Des aides versées au plus grand nombre, sans attendre la fin de tous les contrôles
Au total, 261 723 exploitations bénéficieront de cette première vague de paiements, dont 9 950 pour lesquelles les contrôles sur place ne sont pas encore achevés. Une décision prise par la ministre pour éviter que ces procédures ne retardent le soutien financier aux exploitations.
98,2 % des demandeurs de l’aide de base au revenu percevront ainsi leur avance, contre 97,5 % en 2025. Les dossiers éligibles qui n'ont pas encore été réglés feront l'objet de versements complémentaires réguliers. Le paiement du solde interviendra à compter de la première quinzaine de décembre.
Une PAC mobilisée pour faire face aux conséquences de la crise climatique
Après un été marqué par une sécheresse et une canicule particulièrement éprouvante pour les exploitations, la PAC doit jouer pleinement son rôle de filet de sécurité pour les agriculteurs.
À la demande de la ministre, toutes les dérogations permises par la réglementation européenne de la PAC ont également été mobilisées, afin que les agriculteurs ne soient pas pénalisés dans le montant des aides perçues lorsque les conséquences des aléas climatiques les empêchent de respecter certaines obligations.
Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, déclare :
« Face aux difficultés que traversent nos agriculteurs, notre responsabilité est de faire arriver les aides plus vite, au plus grand nombre. C'est le sens de ma décision d'augmenter les taux d'avance de la PAC : en quelques jours, plus de 5 milliards d'euros vont être versés à plus de 98% des demandeurs d’aides de la PAC pour soulager la trésorerie des exploitations. Après un été particulièrement difficile, la PAC doit être un soutien concret, rapide et efficace pour nos agriculteurs. »
La ministre salue la mobilisation des services du ministère, de l’Agence de services et de paiement et des directions départementales des territoires et de la mer, qui permet de garantir ces versements dans les délais annoncés.
Photo : ©Thomas Hubert/agriculture.gouv.fr

Les mesures de soutien aux agriculteurs se concrétisent dans tous les territoires
Le plan d’urgence annoncé par Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, le 4 septembre dernier se déploie rapidement dans l’ensemble des territoires. Les dernières données de suivi témoignent d’une accélération des dépôts de dossiers, de l’instruction et des premiers paiements.
Le Fonds de réarmement agricole : une accélération marquée des dossiers et des paiements
Conformément à la demande du Premier ministre, de premiers paiements du Fonds de réarmement sont parvenus début octobre sur les comptes bancaires d’agriculteurs, à hauteur de plusieurs millions d’euros. La majeure partie des versements sera effectuée d’ici fin-octobre début novembre.
Le nombre de demandes déposées auprès du Fonds confirme sa pertinence : rien qu’au cours de la semaine du 12 octobre, 54 672 demandes ont été reçues, contre 37 170 la semaine précédente, soit une progression de près de 50 %.
Plusieurs régions affichent une dynamique particulièrement forte de dépôt, notamment la Bretagne, les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine. Les services de l’État poursuivent leur mobilisation pour amplifier cette progression et accélérer le versement des aides.
Par ailleurs, les 21 M€ de la réserve nationale du fonds de réarmement agricole seront déployés sans attendre, afin de renforcer le soutien aux filières et aux territoires les plus en difficulté.
Prise en charge de cotisations sociales, et échéanciers de paiement : les enveloppes vont être prochainement notifiées aux caisses
Au 12 octobre, 3 106 demandes de prises en charge de cotisations ont été adressées à la MSA. En parallèle, 1 776 échéanciers de paiement ont déjà été accordés par les caisses.
Une nouvelle étape vient d’être franchie : la répartition de l’enveloppe de prise en charge des cotisations sociales entre les caisses locales de la MSA a été validée par la Caisse centrale le 14 octobre. Les enveloppes seront très prochainement notifiées aux caisses afin de permettre le déploiement opérationnel du dispositif au bénéfice des exploitations concernées.
Conformément aux orientations données par la ministre, la MSA a également renforcé son accompagnement des agriculteurs en situation de mal-être. Depuis la mi-septembre, le nombre d’appels sortants engagés par ses services a significativement augmenté. Le nombre d’interventions des travailleurs sociaux et de rendez-vous d’accompagnement progresse également fortement.
Engrais : des critères assouplis pour faciliter l’accès à l’aide
Le guichet d’aide à l’achat d’engrais a enregistré 7 248 dossiers déposés, pour un montant prévisionnel de 17,1 M€. Sa montée en puissance est attendue compte tenu du paiement des aides PAC intervenu le 16 octobre, qui facilitera l’achat d’engrais. Cet enjeu est d’autant plus important que le financement du guichet par l’aide européenne est temporaire.
Afin de rendre cette aide accessible à davantage d’exploitations et de faciliter les démarches, la ministre a annoncé récemment plusieurs assouplissements :
- l’abaissement du plancher minimal d’aide de 750 € à 350 €, pour permettre à davantage d’agriculteurs d’accéder au dispositif ;
- la possibilité de déposer un bon de commande ou une facture non acquittée, afin de réserver sa place dans la file de traitement, sous réserve de transmettre ensuite la facture acquittée dans le délai prévu ;
- la prolongation de la période d’éligibilité des achats jusqu’au 31 décembre 2026.
Ces évolutions doivent faciliter le dépôt des dossiers et accélérer la mobilisation de cette aide, dotée de 145 M€ au total, pour soutenir les exploitations face à la hausse du coût des engrais et préparer la prochaine campagne de production.
Aides PAC : les avances commencent à être versées le 16 octobre
Plus de 5 milliards d’euros d’avances des aides de la politique agricole commune (PAC) sont décaissées progressivement depuis le 16 octobre. Ces versements constituent un apport de trésorerie important pour les exploitations, à un moment où nombre d’entre elles doivent faire face aux conséquences des épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs, ainsi qu’à la hausse de leurs charges.
GNR agricole : la réouverture annoncée des guichets d’avril, mai et juin est imminente
La dynamique de versement des aides au gazole non routier (GNR) se poursuit : près de 74 M€ ont déjà été versés à plus de 184 000 agriculteurs dans le cadre des guichets d’avril à août grâce à la forte mobilisation des agents de la DGFiP. Les guichets d’avril, de mai et de juin sont quasiment soldés, avec respectivement 97 %, 96 % et 91 % des demandes déposées déjà traitées ; le guichet de juillet, clôturé fin septembre, est déjà traité à plus de 50 %, et celui d’août, ouvert jusqu’au 31 octobre, est en cours d’instruction (29 %).
La signature du décret permettant la réouverture des campagnes d’avril, mai et juin est imminente. Cette mesure doit permettre aux agriculteurs qui n’avaient pas pu déposer leur demande dans les délais initiaux, compte tenu des travaux agricoles de cet été, de bénéficier à nouveau de ce soutien.
Par ailleurs, la décision récente du Premier ministre de libérer 10 millions de barils de gazole permettra de renforcer le montant d’aide au litre : jusqu’à 35 centimes par litre de GNR, soit 350 € pour 1 000 litres (aide de 15 centimes, et réduction du prix jusqu’à 20 centimes par litre).
Dégrèvements de taxe foncière : des allègements adaptés aux productions
Le dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) est largement mobilisé dans les territoires, avec des taux qui varient selon les productions et les dommages constatés : de 20 à 75 % pour les cultures arables, de 15 à 80 % pour les prairies, de 20 à 70 % pour les vergers et de 25 à 100 % pour les vignes. Les consignes d’attention aux situations les plus fragiles, passées en la matière par le Gouvernement, conduisent à apporter un surcroît important de trésorerie.
Ces dégrèvements constituent un levier complémentaire pour soulager les charges des exploitations touchées.
Des moyens d'urgence importants sont mobilisés pour mettre en œuvre le plan d'urgence en faveur des filières agricoles. Un décret publié le 14 octobre ouvre plus de 400 millions d’euros pour les aides de crise dont 215 M€ permettront de financer l’assurance récolte, le fonds de réarmement agricole et la prolongation jusqu’à la fin de l’année du guichet exceptionnel de soutien au GNR agricole.
Photo : Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Jusqu’à 35 centimes par litre de soutien pour les agriculteurs grâce aux mesures du Gouvernement
Face à la hausse persistante du prix du gazole non routier (GNR), qui pèse directement sur les charges et la trésorerie des exploitations agricoles, le Gouvernement poursuit et renforce son soutien aux agriculteurs. Grâce au cumul de l’aide directe de l’État et de la baisse annoncée par les distributeurs à la suite de la mobilisation des stocks stratégiques, les agriculteurs concernés pourront bénéficier d’un allègement atteignant 35 centimes par litre de GNR en novembre et décembre 2026.
Une aide directe de l’État portée à 15 centimes par litre et prolongée jusqu’à la fin de l’année
Dès le mois d’avril, le Gouvernement a mis en place un dispositif exceptionnel de soutien aux agriculteurs pour faire face à l’envolée du prix du GNR. Elle est de 15 centimes d’euros par litre.
Pour accompagner les exploitations dans la durée, le Gouvernement a décidé de prolonger ce soutien jusqu’au 31 décembre 2026, alors que le guichet devant s’éteindre initialement fin septembre. Plus de 167 000 dossiers d’agriculteurs ont été payés depuis l’ouverture du guichet.
Afin de permettre au plus grand nombre d'en bénéficier, Annie Genevard a également annoncé, le 8 octobre dernier au Sommet de l’élevage de Cournon, la réouverture des guichets d’aide pour les mois d’avril, mai et juin 2026.
La mobilisation des stocks stratégiques pour faire baisser le prix du GNR agricole
En complément de ces aides directes, le Premier ministre a annoncé le déblocage de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques de l’État, afin de contribuer à la détente des prix du carburant, notamment pour les agriculteurs.
À la suite de cette décision et des échanges engagés avec le Gouvernement, certains distributeurs se sont engagés à appliquer une baisse de 20 centimes par litre sur le GNR fourni aux agriculteurs, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027.
Cette décision permettra aux exploitations agricoles concernées de bénéficier directement des effets de la mobilisation des réserves stratégiques.
Jusqu’à 35 centimes par litre de soutien cumulé pour les agriculteurs
Concrètement, en novembre et décembre 2026, les agriculteurs pourront cumuler :
- 15 centimes par litre remboursés par l’État au titre du dispositif exceptionnel d’aide au GNR agricole ;
- jusqu’à 20 centimes par litre de baisse du prix du GNR, rendue possible par la mobilisation des stocks stratégiques.
Soit un soutien cumulé pouvant atteindre 35 centimes par litre, représentant 350 euros pour 1 000 litres de GNR achetés dans les conditions prévues par les dispositifs.
Cette combinaison de mesures permet d’agir simultanément sur le prix d’achat du carburant et sur les charges supportées par les exploitations.
« Nos agriculteurs n’ont pas à subir seuls les conséquences des tensions internationales sur les prix de l’énergie. Depuis avril, nous avons plus que triplé notre aide au GNR et nous l’avons prolongée jusqu’à la fin de l’année. Je salue également l’engagement de distributeurs comme TotalEnergies à réduire de 20 centimes par litre le prix du GNR pour les agriculteurs, grâce à la mobilisation des stocks stratégiques décidée par le Gouvernement. Avec jusqu’à 35 centimes de soutien par litre, notre priorité est claire : alléger concrètement les charges de nos agriculteurs, préserver leur trésorerie et sécuriser notre production agricole. » Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
Photo : Pascal Xicluna/agriculture.gouv.fr
RFL 5
Destination Lyon en 2027
La 5e édition des Rencontres Francophones sur les Légumineuses (RFL) se déroulera à Lyon du 27 au 29 octobre 2027. La thématique choisie pour cette année : « Les légumineuses en partage : construire l’avenir entre Science, Filières et Société ». Laurent Rosso, directeur de Terres Univia, nous en dit plus sur cet évènement charnière qui réunit une diversité d’acteurs de la recherche, du développement et des filières autour des légumineuses.
C’est quoi les RFL ?
RFL, c’est l’acronyme de Rencontres Francophones sur les Légumineuses. C’est un évènement, à but non lucratif, qui a lieu tous les deux ans, co-organisé par le CIRAD, l’INRAE, Terres Inovia et Terres Univia. L’intention commune à la création des RFL est de renforcer le partage des connaissances scientifiques et de l’innovation entre pays francophones autour de toutes les légumineuses - légumineuses à graines, fourragères mais aussi ligneuses - qu’elles soient adaptées aux climats tempérés ou tropicaux. Les RFL ont une vraie spécificité qui est à souligner : il s’agit d’un colloque scientifique résolument ouvert vers les filières, qui génère des échanges entre le monde de la recherche et les acteurs économiques.
Concrètement, les RFL facilitent les échanges autour de ces cultures en mettant en lumière tant leur rôle dans la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires que leurs usages diversifiés en alimentation humaine, animale et non-alimentaire.
Nous espérons que cette nouvelle édition sera tout aussi réussie que la précédente qui a réuni 200 participants en janvier 2024 à Dakar-Saly au Sénégal.
Pouvez-vous nous en dire plus sur cette nouvelle édition ?
Cette 5e édition est organisée à Lyon, en 2027 en partenariat avec l’ISARA, Ecole d’ingénieur d’agronomie et d’alimentation, qui est aussi hôte de l’évènement.
Le collectif est le mot d’ordre de cette année ! Les RFL auront pour thématique centrale « Les légumineuses en partage : construire l’avenir entre Science, Filières et Société ». Nous attendons à cette occasion près de 400 participants représentatifs de l’ensemble des zones francophones (scientifiques, start-up, semenciers, organismes collecteurs, industriels, opérateurs de l’alimentation animale ou humaine…).
L’évènement se déclinera en quatre axes thématiques :
- Sécuriser la capacité à produire des légumineuses face aux aléas
- Enjeux géopolitiques et économiques liées à la souveraineté et à la compétitivité des légumineuses
- Formation, conseil et transfert des connaissances
- Bénéfices et valorisations des légumineuses en alimentation humaine et animale
Pourquoi faire un évènement centré sur les légumineuses ?
Les légumineuses c’est la vie ! Trêve de plaisanteries...les légumineuses sont effectivement un levier majeur pour relever les défis mondiaux du changement climatique et de la sécurité alimentaire. Elles ont des atouts multiples, que ce soit au niveau nutritionnel, organoleptique, agronomique… constituant un formidable vivier d’innovations pour l’alimentation de demain. Malgré toutes leurs qualités reconnues, il n’en demeure pas moins qu’elles sont souvent délicates à produire, notamment dans notre pays.
Créer cet évènement nous a permis de mettre l’emphase sur leur rôle stratégique dans le développement de systèmes de cultures plus durables, plus particulièrement au sein des pays francophones.
Pour en savoir plus sur la prochaine édition : www.rfl-legumineuses.com

Après son rendez-vous avec la Ministre de l’agriculture, la FNAB fait le bilan des enjeux pour la Bio
Prochaine PAC, contaminations au prosulfocarbe, plan engrais, sécheresse, les nombreuses actualités de l’agriculture biologique ont été passées en revue lors d’un rendez-vous lundi dernier avec la Ministre de l’agriculture Annie Genevard. La FNAB remercie la ministre pour son temps.
Une écoute attentive sur les enjeux pour la Bio dans la prochaine PAC
Les Etats Membres sont en train de livrer leurs positionnements sur la future PAC à Bruxelles, mais la mise en place d’une aide au maintien bio reste une question floue. « La Ministre s’est montrée à l’écoute de nos besoins sur le rééquilibrage entre aides à la conversion et aides au maintien sur la prochaine PAC. Nous attendons maintenant rapidement la présentation d’une première maquette de la déclinaison française de la PAC » explique Loïc Madeline, co-président de la FNAB.
Un désaccord de fond sur le plan engrais
Alors que les budgets alloués au plan engrais ne sont pas dépensés, la Ministre a réitéré son refus de voir les bio y émarger, en affirmant qu’il n’y a aucun lien entre la hausse de 30 % du prix des engrais utilisables en bio et la crise du détroit d’Ormuz et ce alors même que les données INSEE montrent une hausse brutale des prix depuis début 2026. L’Espagne, l’Italie et le Portugal ont ouvert cette même aide aux agriculteurs biologiques.
Le rendez-vous est pris sur le prosulfocarbe
Dans le cadre d’Ecophyto, trois inspections ministérielles ont produit un rapport sur la mise en place d’un mécanisme d’indemnisation des producteurs bio contaminés par le prosulfocarbe. La Ministre de l’agriculture s’est engagée à l’examiner rapidement et à en partager les conclusions. La FNAB demande que les propositions des inspections soient intégrées dans les débats sur le projet de loi de finances 2027.
Sécheresse et assurances, un sujet à travailler
La Ministre de l’agriculture souhaite que le maximum d’agriculteurs puissent s’assurer contre les effets du réchauffement climatique. La FNAB a partagé l’inadaptation des mécanismes assurantiels pour les fermes bio en raison de leur diversité. « La Ministre nous a encouragé à échanger avec les assureurs, nous attendons donc désormais qu’elle officialise une invitation pour que nous puissions participer à la commission chargée de l’orientation et du développement des assurances (le CODAR) » explique Oliver Chaloche, co-président de la FNAB.
Crédit animation bio : pas de conversion en bio sans accompagnement sur le terrain.
En 2026, sans aucune concertation préalable, le Ministère de l’agriculture a supprimé deux tiers des financements territoriaux pour l’animation à l’agriculture biologique, en contradiction avec les objectifs de développement de la Bio.
« 21% de surfaces biologiques c’est 2 millions d’hectares à convertir. Peu importe que ce soit en 2030 ou en 2032, on va avoir besoin d’accompagner ces fermes techniquement et dans la structuration de leurs débouchés. Le développement agricole c’est une compétence de l’Etat financée avec les taxes prélevées sur nos fermes » conclut Loïc Madeline.
La FNAB va travailler avec les Ministères de l’agriculture et de l’écologie sur le maillage territorial du développement agricole biologique afin que les objectifs ne restent pas lettre morte.