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Les marchés

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Marché des céréales

Analyse par Grégoire Samson

La faiblesse des prix du blé impose des arbitrages

Dans de nombreux pays occidentaux exportateurs de céréales, les producteurs confrontés à nouveau choc pétrolier, puis à une raréfaction des engrais disponibles dans les prochaines semaines, ajusteront leur assolement 2026-2027 en faisant des arbitrages sévères pour ne pas produire à pertes.

Outre la flambée des cours des engrais, la fermeture du golfe persique bloque la livraison d’engrais vers les pays asiatiques d'Asie du Sud et du Sud-Est, mais aussi vers l’Afrique subsaharienne et vers certaines régions d'Amérique latine, compromettant l’ensemble des cultures de la prochaine campagne céréalière australe.

A ce jour, près d’un million de tonnes d’engrais serait bloqué dans le Golf selon Kpler, spécialiste des marchés des matières premières. Si le détroit d'Ormuz reste fermé pendant une période prolongée, les livraisons d'engrais, ou de leurs composants, diminueraient de 30 à 50 %, ce qui affecterait directement les semis de riz, blé maïs et leurs rendements potentiels.

Les agriculteurs français et européens passent en général leurs commandes d’engrais avant chaque récolte estivale. Mais si les prix des céréales demeurent à leurs niveaux actuels (160-170 € sortie ferme) en 2026-2027, les producteurs sont certains de produire de nouveau à pertes.

Or l’été dernier, la très grande majorité d’entre eux avait déjà débuté leur campagne de commercialisation 2025-2026 en perdant plus de 60-70 € par tonne de blé vendue.

La faiblesse des cours pénalise non seulement les céréaliers français mais aussi les européens et tous ceux qui produisent, dans le reste du monde, des grains pour les exporter.

Le marché des céréales ne peut pas être indéfiniment approvisionné par des agriculteurs qui les cultivent à des coûts supérieurs aux prix de vente.

Des arbitrages aux dépens de la production

Le marché à terme Euronext du blé semble quelque peu intégrer cette dimension économique en anticipant une hausse des prix sur le marché physique. Les cours sont supérieurs de 30 €/t à 40 €/t à ceux en vigueur à Rouen, en fonction des échéances mensuelles. L’offre mondiale de grains pourrait aussi être moins abondante dans les prochains mois.

Mais si la conjoncture céréalière ne se redresse pas, les agriculteurs feront des arbitrages sur leur prochain assolement afin d’éviter de nouvelles pertes financières. Et la mise en jachère des parcelles les moins productives pourrait parfois être la meilleure des moins mauvaises solutions.

Au Brésil, durant l’automne austral qui approche, les céréaliers s’apprêtent à emblaver à peine 3 millions d’hectares, une superficie inférieure de 5 % à 15 % à celle de 2025, selon le Conab. Aussi, la production potentielle de la céréale est d’ores déjà annoncée en repli de 12,3 % sur un an à moins de 7 Mt.

En Russie, « les producteurs indiquent que la hausse des coûts de production, les taux d'emprunt élevés et les droits d'exportation réduisent considérablement la rentabilité de la culture céréalière », rapporte Ukragroconsult. Les exploitations de dimension humaine ne parviennent pas à être aussi compétitives que les conglomérats de plusieurs dizaines de milliers d’hectares. Mais tous les agriculteurs rencontrent des difficultés pour entretenir et renouveler leurs matériels.

L’Ukraine en guerre, amputée d’environ 11,5 millions d'hectares, souffre aussi de la faiblesse des prix des grains. La pénurie de main d’œuvre, les coupures d’électricité, l’utilisation de générateurs, mais aussi les coûts logistiques et les primes d’assurance maritime en hausse, accroissent directement ou indirectement les coûts de production. Enfin, la faiblesse de la Hryvnia (devise Ukrainienne) renchérit les prix des intrants importés.

La multiplication des conflits dans le monde, menaçant la sécurité alimentaire des pays importateurs de blé, d’orges et de maïs les plus vulnérables, conduit certains d’entre eux à mener des politiques agricoles offensives pour renforcer leur auto-approvisionnement.

L’Egypte, est l’un deux. La politique de prix avantageuse du gouvernement incite les agriculteurs à emblaver jusqu’à 1,5 million d’hectares de terre. Le pays pourrait ainsi engranger 9,8 millions de tonnes (+ 6 % sur un an), un record historique pour le pays.

Enfin, cette excellente moisson réduirait les importations de blé et favoriserait la production de farine destinée à l’export (1,2 Mt équivalent de blé).

Bilan partiel de huit mois de campagne

Lors du conseil spécialisé Grandes Cultures, FranceAgrimer a communiqué le premier bilan partiel de la campagne de commercialisation des céréales européennes et françaises en huit mois de campagne.

L’Union européenne a exporté 17,3 Mt de blé tendre et de farine (sur les 28,5 Mt escomptées d’ici fin juin) (1), 6,7 Mt d’orges et 1,97 Mt de malt (11 Mt) (1) mais seulement 1,17 Mt de maïs de Roumanie essentiellement.

Concomitamment, leurs importations sont les suivantes: 2,7 Mt de blé, 1,12 Mt de blé dur, 12 Mt de maïs dont 5 Mt par l’Espagne et 376 000 t d’orges.

Selon les Douanes françaises, l’Hexagone a vendu à ses voisins européens, en sept mois (juillet 2025 - janvier 2026, derniers chiffres connus), 2,99 Mt de maïs (4,7Mt) (1) mais aussi 1,4 Mt d’orges (2,5 Mt), 4,6 Mt de blé tendre (7,6 Mt) et 445 000 t de blé dur (650 000 t).

Hors UE, les ventes hexagonales portent sur 5,26 Mt de blé (7,1 Mt), 3,1 Mt d’orges (3,7 Mt), 0,3 Mt de maïs (0,5 Mt) et 97 000 t de blé dur (160 000 t).

Tous ces chiffres sont largement supérieurs à ceux de la dernière campagne catastrophique 2024-2025.

(1) entre parenthèses les objectifs le campagne de commercialisation à atteindre fin juin 2026.

Blé tendre

Cotation du Blé Tendre Rendu Rouen
(€/t) R2024 R2025
03/05/2024 220,89  
10/05/2024 239,20  
17/05/2024 241,64  
24/05/2024 250,39  
31/05/2024 250,64  
07/06/2024 237,39  
14/06/2024 232,14  
21/06/2024 218,89  
28/06/2024 215,64  
05/07/2024 217,64  
12/07/2024 220,89  
19/07/2024 212,64  
26/07/2024 219,89  
02/08/2024 220,39  
09/08/2024 217,64  
16/08/2024 204,14  
23/08/2024 201,39  
30/08/2024 204,89  
06/09/2024 198,89  
13/09/2024 217,89  
20/09/2024 213,10  
27/09/2024 218,60  
04/10/2024 230,50  
11/10/2024 228,60  
18/10/2024 227,50  
25/10/2024 220,35  
01/11/2024 215,85  
08/11/2024 214,60  
15/11/2024 210,10  
22/11/2024 219,10  
29/11/2024 221,35  
06/12/2024 226,60  
13/12/2024 230,10  
20/12/2024 225,56  
27/12/2024 228,31  
03/01/2025 236,31  
10/01/2025 225,31  
17/01/2025 222,06  
24/01/2025 225,31 226,39
31/01/2025 227,56 227,14
07/02/2025 226,06 229,39
14/02/2025 225,06 230,64
21/02/2025 223,06 234,14
28/02/2025 214,06 226,64
07/03/2025 219,56 220,89
14/03/2025 218,70 221,89
21/03/2025 220,20 224,64
28/03/2025 214,70 216,89
04/04/2025 212,5 213,25
11/04/2025 212,45 212,39
18/04/2025 201,95 210,14
25/04/2025 201,20 203,14
02/05/2025 194,5 197,75
07/05/2025 193,95 197,39
16/05/2025 196,70 200,14
23/05/2025 203,70 207,14
30/05/2025 196,00 196
06/06/2025 197,89 197,89
13/06/2025 194,64 194,64
20/06/2025 203,64 203,64
27/06/2025   189,89
04/07/2025   194,89
11/07/2025   198,89
18/07/2025   197,64
25/07/2025   197,14
01/08/2025   196,39
08/08/2025   199,00
15/08/2025   193,00
22/08/2025   195,00
29/08/2025   191,50
05/09/2025   186,39
12/09/2025   186,85
19/09/2025   188,60
26/09/2025   188,10
03/10/2025   186,35
10/10/2025   189,35
17/10/2025   188,35
24/10/2025   188,10
31/10/2025   189,10
07/11/2025   189,85
14/11/2025   188,35
21/11/2025   188,60
28/11/2025   188,35
05/12/2025   186,31
12/12/2025   185,56
19/12/2025   183,06
26/12/2025   187,81
02/01/2026   186,31
09/01/2026   189,06
16/01/2026   186,81
23/01/2026   186,06
30/01/2026   187,81
06/02/2026   189,06
13/02/2026   187,81
20/02/2026   189,06
27/02/2026   191,70
06/03/2026   194,70
13/03/2026   201,70
20/03/2026   198,70
27/03/2026    
03/04/2026    
10/04/2026    
17/04/2026    
24/04/2026    
01/05/2026    
08/05/2026    
15/05/2026    
colza-fob-mozelle

Marché des oléagineux

Analyse par Anna Nassibe

Oléagineux : volatilité et tensions géopolitiques en toile de fond

Sur le marché européen, la volatilité est le maître mot en cette fin de semaine sur le marché du pétrole, sur les devises et in fine sur les grains.

COLZA : le colza Euronext subit les mouvements brutaux du pétrole

Après le franchement  la semaine dernière de la barre des 500 €/T et atteint 512 €/T Euronext, la graine de colza a perdu 9€/T sur l’échéance mai entre le 11 et le 18 mars. Cette évolution s’est répercutée sur le marché physique : la graine de colza est passée de 516 à 506 €/T en FOB Moselle. Peu d’éléments fondamentaux propres à la graine sont venus expliquer cette baisse qui n’a fait que réagir aux prix de l’énergie, eux-mêmes fortement perturbés par le conflit au Moyen-Orient.

Le passage de quelques bateaux dans le détroit d’Ormuz et le déstockage des réserves stratégiques des pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont en effet quelque peu apaisé l’extrême tension du secteur de l’énergie. Cependant, la quasi-paralysie du trafic maritime dans le Golfe Persique et les frappes iraniennes sur les infrastructures pétrolières de la région menacent encore les économies mondiales d’un réel « choc pétrolier ».

En France, l’instabilité des prix et les conséquences encore incertaines de la guerre en Iran ont par ailleurs provoqué un regain de prudence des triturateurs, désormais absents des affaires, tant sur l’ancienne que sur la prochaine récolte.

SOJA

À l’international, les prix du soja ont lourdement décroché en début de semaine, après que Donald Trump ait annoncé un report de sa rencontre prévue avec Xi Jinping à la fin du mois (en raison notamment du refus de la Chine de participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz). La graine de soja a perdu 43 ct$ / boisseau sur le CBOT sur la semaine pour s’établir à 11,62 $/boisseau.

La demande est restée ferme pour le débouché des biocarburants.

La demande mondiale en huiles et en tourteaux reste très dynamique dans un contexte de disponibilité en graines de soja très importante, permise par une récolte attendue à un niveau record au Brésil.

En France, Le prix acheteur de la graine de soja départ Sud-Ouest s’établit à 435 €/T le 18 mars, ce qui témoigne d’une fermeté de la demande industrielle.

TOURNESOL

Les prix du tournesol n’enregistrent pas d’évolution majeure sur le physique français, malgré la rapide tension provoquée par la guerre en Iran sur l’ensemble du complexe oléagineux.

L’offre est certes épuisée, mais la demande des triturateurs est également très réduite, compte tenu de marges de trituration peu attractives et d’une huile de tournesol désormais peu compétitive sur le marché européen face aux autres huiles végétales. Le développement de conditions climatiques favorables en Europe de l’Ouest écarte par ailleurs pour le moment de potentielles primes de risque sur la prochaine moisson. La montée des prix des engrais laisse par ailleurs anticiper des réductions de surfaces de maïs cette année, au profit, notamment, d’assolement de tournesol.

Les cours ont été reconduits pour l’ancienne récolte, faute d’activité notable. Ils affichent toujours 640 €/t à Saint-Nazaire. Ils ont en revanche augmenté de 10 €/t pour les livraisons en nouvelle récolte, à 550 €/t

Les cotations en qualité linoléïque n’ont pas évolué.

Colza

Cotation du Colza Fob Moselle
(€/t) R2024 R2025
03/05/2024 473  
10/05/2024 465,50  
17/05/2024 473,50  
24/05/2024 495  
31/05/2024 479,50  
07/06/2024 474,50  
14/06/2024 465  
21/06/2024 463,50  
28/06/2024 460,75  
05/07/2024 500,75  
12/07/2024 477  
19/07/2024 488,25  
26/07/2024 495,50  
02/08/2024 474,50  
09/08/2024 464  
16/08/2024 458,50  
23/08/2024 444,75  
30/08/2024 464,75  
06/09/2024 468,50  
13/09/2024 468,25  
20/09/2024 466,25  
27/09/2024 477  
04/10/2024 483  
11/10/2024 497  
18/10/2024 496  
25/10/2024 510,75  
01/11/2024 518  
08/11/2024 534,75  
15/11/2024 532,50  
22/11/2024 512,75  
29/11/2024 502,50  
06/12/2024 531,25  
13/12/2024 540  
20/12/2024 526,50  
27/12/2024 527  
03/01/2025 529,50  
10/01/2025 531  
17/01/2025 525,50  
24/01/2025 529,50  
31/01/2025 513,50 484,25
07/02/2025 522,75 492
14/02/2025 522,25 490,5
21/02/2025 533 502,75
28/02/2025 538 502,25
07/03/2025 503,50 483,25
14/03/2025 472 460,25
21/03/2025 487,25 472,5
28/03/2025 522 482,75
04/04/2025 518,25 480,75
11/04/2025 513 469,75
18/04/2025 536 477
25/04/2025 523,50 479,5
02/05/2025 472 462
07/05/2025 474 474
16/05/2025 484 484
23/05/2025 489,50 489,5
30/05/2025 471 474,5
06/06/2025 481 481
13/06/2025 480 483,25
20/06/2025 481 494
26/06/2025 483,25 479,25
04/07/2025   466
11/07/2025   460,50
18/07/2025   478,75
25/07/2025   473
01/08/2025   477,50
08/08/2025   476,25
15/08/2025   475,75
22/08/2025   476,75
29/08/2025   465,50
05/09/2025   461,25
12/09/2025   466,50
19/09/2025   476
26/09/2025   472,25
03/10/2025   461,75
10/10/2025   471,75
17/10/2025   467,75
24/10/2025   476,50
31/10/2025   483,25
07/11/2025   476
14/11/2025   483,50
21/11/2025   486,25
28/11/2025   485,25
05/12/2025   476,50
12/12/2025   482,75
19/12/2025   469
26/12/2025   453
02/01/2026   454,75
09/01/2026   455,75
16/01/2026   473,50
23/01/2026   478,25
30/01/2026   468
06/02/2026   487,75
13/02/2026   482
20/02/2026   496,75
27/02/2026   488
06/03/2026   507
13/03/2026   518
20/03/2026   505
27/03/2026    
03/04/2026    
10/04/2026    
17/04/2026    
24/04/2026    
01/05/2026    
08/05/2026    
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