
Marché des céréales
Le retour de la France sur les marchés
Cette campagne-ci, l’Hexagone a les moyens d’approvisionner en céréales des pays délaissés l’an passé faute de grains disponibles à l’export. Il convoite aussi de nouveaux marchés. Mais l’Algérie boycotte l’origine française.
Dans son rapport publié la semaine dernière, l’USDA évalue dorénavant la production mondiale 2025-2026 de blé tendre et de blé dur à 838 millions de tonnes (Mt). L’augmentation de 37 Mt sur un an est portée par cinq pays producteurs exportateurs majeurs. A eux seuls, ils ont engrangé 410 Mt, soit 40 Mt de plus que l’an passé, quasiment la moitié de la production mondiale de blé.
Une des conséquences de cette nouvelle prévision haussière est la baisse sans fin du prix du blé tendre observée sur le marché de Rouen. Inférieur à 180 €, le cours de la tonne de grains est inférieur à celui du maïs et de l’orge. En fait, les trois céréales évoluent dans un tunnel de prix très étroit car les marchés sont abondamment pourvus.
Au sein de l’Union européenne (144 Mt), la France (33 Mt) contribue à l’augmentation de la production mondiale de blé à hauteur de 8 Mt. Selon FranceAgriMer, elle exporterait 7,4 Mt de blé tendre en Union européenne et 7,6 Mt vers des pays tiers.
Sur son site Eurostat, la Commission européenne mentionne l’expédition par la France de 3,4 Mt de blé vers les pays tiers en cinq mois et demi de campagne. L’Hexagone a aussi vendu 1,8 Mt d’orges, 312 000 t de malt et 220 000 t de maïs.
Ces ventes de blé et d’orges sont supérieures à l’an passé à la même époque. La France est même redevenue un des moteurs européens sur les marchés du blé et de l’orge à destination des pays tiers.
Les informations collectées par les douanes françaises permettent d’avoir un aperçu de la diversité des débouchés des céréales exportées mais ce 19 décembre, les chiffres disponibles ne portent que sur les quatre premiers mois de campagne (compte tenu des délais de traitement nécessaires). Pour autant, notre pays affiche déjà quelques belles performances:
- Blé : 2,45 Mt versus 1,83 Mt en 2024-2025 ;
- Orge : 883 000 t versus 812 000 t;
- Maïs : 1,45 Mt versus 845 000 t.
- Blé dur : 230 000 t versus 217 000t.
Hors de l’Union européenne, les ventes ont explosé :
- Blé: 2,95 Mt versus 1,06 Mt;
- Orge: 1,62 Mt versus 779 000 t ;
- Blé dur : 59 000 t versus 46 000 t.
Les commercialisations d’avoine et de triticale ont aussi progressé mais pas celles de seigle.
Quoi qu’il en soit, les prix sortie ferme des céréales ne couvrent pas les coûts de production.
La ventilation par pays
Sur le marché européen, la France compte parmi ses clients qu’elle approvisionne en blé (en milliers de tonnes ou kt) :
- la Belgique : 727 Kt ;
- les Pays Bas : 590 Kt ;
- l’Espagne : 439 kt;
- l’Italie : 220 kt ;
- le Portugal : 174kt ;
- l’Allemagne :152 kt ;
- l’Irlande : 118 kt ;
Vers les pays tiers :
- le Maroc : 1 337 kt ;
- l’Egypte : 339 kt ;
- La Côte d’Ivoire : 230 kt;
- La Tunisie : 155 kt ;
- La Mauritanie : 140 kt ;
L’Algérie n’a pas importé une tonne de blé.
Hors continent africain, la France a renforcé ses positions en Thaïlande (220 kt+ 70 kt sur un an) et a conquis le Bengladesh (55 kt).
Pour l’orge, la Belgique (391 kt), les Pays Bas (223 kt) et l’Espagne (70 kt) sont les trois principales destinations des grains expédiés en Europe.
Hors Union européenne, la France a comme client la Chine (870 kt); l’Arabie Saoudite (312 kt) ; la Jordanie (105 kt) et la Lybie (90 kt).
L’an passé, la France n’avait pas les quantités de céréales exportables suffisantes pour expédier du blé en Mauritanie (140 000 t) ou encore en Tunisie (135 000 t) ni de l’orge vers l’Arabie Saoudite (312 kt), la Lybie (90 kt) ou encore la Jordanie (105 kt), de nouveaux pays conquis ou reconquis.
Pour le maïs, les plus proches voisins de la France sont ses premiers clients: Pays Bas (501kt), Espagne (466 kt), la Belgique (266 kt) et l’Italie (143 kt).
Mais vers les pays tiers, les ventes sont très timides : le Royaume uni (118 kt) et la Suisse (57 kt).

