
Marché des céréales
Révision à la baisse des stocks de report de céréales françaises
La semaine a été dominée par un équilibre fragile entre abondance de l’offre et soutien ponctuel de la demande, dans un contexte de volatilité accrue par les tensions internationales et les mouvements de devises.
Le marché européen a connu une tendance générale de léger repli. Cette pression baissière a été alimentée par le recul des prix à Chicago, affectés par l’annulation de l’échange entre Donald Trump et Xi Jinping, et par la perspective de nouvelles taxes douanières américaines sur les produits chinois.
L’abondance mondiale joue également un rôle prégnant : la production russe de blé a été révisée à la hausse à 87,8 millions de tonnes - Mt (contre 87,2 Mt pour la précédente estimation selon SovEcon), tandis que les conditions météorologiques en Europe – notamment du Sud-Est - et en Amérique du Nord ont favorisé l’avancée des récoltes et des semis. Aux États-Unis, la moisson de maïs progresse rapidement (44 % des surfaces récoltées d’après les analystes locaux, en l’absence de publication du Crop Progress), et les conditions de culture restent globalement bonnes à excellentes.
En France, la récolte de maïs continue sous des conditions favorables, et les semis d’hiver de blé et d’orge avancent correctement malgré un léger retard par rapport à 2024. Les fondamentaux restent solides : Agreste estime la production de blé tendre à 33,178 Mt et celle de maïs grain à 12,64 Mt (respectivement -116 000 t et +158 000 t par rapport à la dernière estimation). En parallèle, les stocks de report ont été révisés à la baisse pour le blé tendre (2,792 Mt soit -851 000 t), le maïs (1,953 Mt soit -272 000 t) et l’orge (1,942 Mt soit -247 000 t), ce qui soutient localement les prix malgré la pression de l’offre mondiale.
Le commerce international continue d’être un facteur clé. Les appels d’offres et achats internationaux ont ponctuellement soutenu les cours : l’Arabie Saoudite a acquis 500 000 t de blé (origine mer Noire, Australie et Brésil), la Jordanie 60 000 t et la Tunisie 100 000 t (origine optionnelle). Les exportations ukrainiennes restent en retrait par rapport à l’an passé, tandis que la Russie affiche un redressement avec 5,17 Mt de blé prévues pour octobre.
Sur le marché physique européen, les cotations ont suivi les évolutions des marchés à terme, avec un ajustement des primes sur le Rhin et sur certaines zones de production françaises. Les prix du blé meunier et de l’orge ont progressé sur le Rhin, en raison des surcoûts liés aux basses eaux. En revanche, bien que la demande en maïs reste soutenue, les transactions ne suivent pas forcément.
Le maïs européen a été plus hétérogène, avec des baisses sur certaines échéances et de légères reprises sur d’autres. La demande européenne reste limitée, tandis que la pression des récoltes états-uniennes et sud-américaines influence les anticipations de marché. Aux États-Unis, la rétention des agriculteurs favorise la stabilité des prix, alors que le blé se trouve concurrencé par l’Argentine et l’Ukraine sur le marché export.

