
Marché des céréales
L'USDA en rajoute une couche sur les bilans céréaliers
Le rapport sur l'offre et la demande publié par l'USDA cette semaine confirme la production record du maïs américain, dépassant les prédictions des analystes. L'organisme augmente aussi ses prévisions en blé au niveau mondial.
Les analystes du marché américain répétaient depuis plusieurs semaines que les estimations de la production de maïs locale étaient surévaluées et que l'USDA allait selon toute vraisemblance corriger ses chiffres à la baisse. Son dernier rapport dévoilé cette semaine a donc surpris son monde avec une hausse de près de 7 Mt de la récolte sur cette campagne. L'augmentation des chiffres de la demande n’a pas suffi pour absorber le rebond des estimations. Les stocks de fin de campagne passeraient ainsi de 51,5 à 56,5 Mt.
Toujours dans ce rapport, les analystes ont également relevé le chiffre de l'offre mondiale de blé à 842 Mt soit 4 millions de plus que l'estimation de décembre dernier. La production argentine est augmentée à 27,5 Mt et celle de la Russie également avec 2 Mt de tonnes supplémentaires à 89,5 Mt. Dans ce contexte toujours plus lourd en blé, l’USDA voit l’Union européenne laisser quelques plumes sur l’exportation avec 500 000 tonnes de moins.
Dans un marché désespérément en mal de nouvelles fondamentales haussières, les effets ne se sont pas fait attendre avec une baisse des cotations du blé à Chicago mais aussi sur Euronext qui est repassé sous les 190€/tonne.
Des prix bas généralisés qui ont aiguisé l’appétit chinois selon plusieurs analystes qui ont observé une hausse des importations sur le mois de décembre notamment au bénéfice de l’Australie mais aussi de l’Argentine qui a atteint sur le mois son plus haut total vers cette destination depuis…1997.
Un mois qui n’a pas réussi aux exportations ukrainiennes de blé qui auraient chuté de 25% selon l’analyste CM Navigator et 13% en maïs. Sur un an, c’est une baisse de 16% qui est observée toutes céréales confondues. Si les retards de récolte en maïs sont pointés, ce sont les attaques russes sur les infrastructures de stockage et portuaires qui ralentissent le rythme des chargements.
FranceAgrimer a également publié ses données mensuelles cette semaine. Parmi les ajustements par rapport à décembre, une amputation de 100 000 tonnes des exportations de blé tendre vers les pays tiers, à 7,5 Mt. Un total plus que compensé par le marché unique européen qui absorberait 122 000 tonnes supplémentaires sur cette campagne. Les destinations UE et pays tiers sont ainsi presque identiques pour la France. En orge, les exportations françaises perdraient 50 000 t vers les pays tiers avec un total de 3,35 Mt. C’est l’inverse en maïs avec une hausse de 50 000 t vers les destinations hors UE à 525 000 t, quand le marché européen prend la plus grande part du gâteau avec 5,1 Mt attendus sur cette campagne.
Sur le plan monétaire, la parité euro-dollar continue son travail plutôt favorable aux origines européennes en restant sur une tendance baissière depuis le début de l'année sous les 1,17 dollar.

