
Des avancées majeures obtenues hier au niveau Européen
La FNSEA, AGPB, AGPM, FOP, CGB, UNPT et AFCOME saluent les avancées majeures obtenues hier au niveau européen sur les engrais.
Les progrès réalisés lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne ouvrent la voie à une suspension possible du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) sur les engrais, ainsi qu’à la suspension temporaire des droits de douane sur ces produits essentiels.
Ces avancées constituent une étape décisive pour garantir la disponibilité et l’accessibilité des engrais, éléments clés de la sécurité alimentaire nationale et européenne.
En attendant l’adoption définitive de la décision, nous appelons l’Etat à garantir le risque financier de non-adoption de la suspension auprès des importateurs, afin qu’ils puissent engager immédiatement la baisse du coût des engrais.
Dans les semaines à venir, nous poursuivrons nos efforts pour expliquer les dysfonctionnements du marché des engrais et l’impérieuse nécessité d’une suspension du MACF sur les engrais.
« Il y a urgence à prévenir toute rupture d’approvisionnement et poursuivre au plus vite les importations d’engrais. Avec l’assurance de cette garantie, les importateurs de l’AFCOME sont prêts à s’engager moralement sur les volumes qu’ils importent et ne pas intégrer les coûts du MACF dans leurs facturations pendant cette période d’incertitude » concluent-ils en insistant sur la poursuite de leur mobilisation : « une suspension pure et simple du MACF est impérative pour redonner de la visibilité à tous les acteurs des filières agricoles ! »
Crédit photo : ©2025 Pavlo Vakhrushev -Canva Pro-AGPB
La souveraineté alimentaire est un enjeu vital pour la France et pour la filière des huiles et protéines végétales. Dans un contexte agricole incertain et sous contraintes, les Conférences de la souveraineté alimentaire sont l’occasion de rappeler que notre ambition collective à projeter l’avenir de la filière reste inchangée et doit reposer sur un cadre tangible et des moyens conséquents sur le long terme. La diversité des grandes cultures et de leurs produits, avec au cœur les oléoprotéagineux, est une richesse qu’il faut préserver, faire fructifier et soutenir conjointement avec les pouvoirs publics. Dans cette optique, la filière s’appuie sur 10 mesures stratégiques pour 2025-2035.
Un secteur face à de nombreuses mutations
La filière des huiles et protéines végétales mobilise 100 000 agriculteurs sur 2,7 millions d’hectares cultivés en 2023 pour une production annuelle de 7 à 8 millions de tonnes de graines. Elle fournit la quasi-totalité des huiles végétales alimentaires de la France et plus de la moitié des tourteaux pour l’élevage en agriculture conventionnelle ou biologique. Grâce à son modèle de valorisation intégrale des graines, tant sur le plan alimentaire qu’énergétique, elle a permis à la France d’atteindre près de 60 % d’autonomie en matières riches en protéines végétales pour l’alimentation animale, faisant de notre pays le leader européen.
À l’instar des grandes cultures, la filière est confrontée à des mutations profondes qui impactent la compétitivité du secteur : géopolitique et climat, dépendance aux importations, différentiel de compétitivité, transition agroécologique et attentes sociétales, évolution de la consommation… À titre d’exemple, l’accumulation des contraintes normatives imposées aux producteurs et la pression fiscale induisent pour les protéines françaises un coût de revient supérieur de 15 à 40 % à celui des matières premières concurrentes mondiales. La filière a pris en main l’ensemble de ces évolutions pour consolider durablement une vision stratégique agricole et agroalimentaire, tant au niveau national qu’européen.
10 mesures pour gagner en souveraineté
La réussite de ce nouvel élan repose sur un socle de compétitivité qui doit être accompagné de mesures et de moyens. « En scénario volontariste, la France peut viser d’ici 10 ans une augmentation de 500 000 hectares de cultures riches en protéines, permettant de couvrir une grande partie de ses besoins en protéines végétales. Le choix est donc clair : il faut engager dès maintenant les moyens pour gagner en souveraineté, ou voir notre dépendance perdurer. Pour projeter l’avenir de notre filière et de ses professionnels, nous avons réfléchi à 10 mesures stratégiques dans le cadre des Conférences de la souveraineté alimentaire.
L’accompagnement des pouvoirs publics est essentiel pour donner corps à ces initiatives, » déclare Benjamin Lammert, agriculteur et président de Terres Univia.
Cela implique de :
- Stimuler la demande et valoriser l’origine France
- Assurer un revenu compétitif aux producteurs
- Préserver l’ensemble des débouchés des huiles et notamment non alimentaires et énergétiques
- Accorder un soutien public ciblé et stable au développement des filières des légumineuses à graines
- Soutenir l’innovation agronomique et variétale
- Engager une transition agroécologique gagnante
- Renforcer l’organisation de filière et la contractualisation
- Moderniser et adapter les infrastructures et la logistique
- Contribuer à un export de qualité et au rayonnement de l’agriculture française
- Mettre en place un suivi et une gouvernance agile et efficiente entre l’État et les filières
La France doit renforcer significativement sa souveraineté alimentaire en huiles et protéines végétales dans la prochaine décennie. La filière oléoprotéagineuse a déjà démontré sa capacité d’adaptation et d’innovation. En capitalisant sur ses atouts, en mettant en place des actions, la France peut devenir un élément moteur d’une sécurité alimentaire européenne plus soutenable.