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Technique et innovation

revue RECMA



Les coopératives d’utilisation de matériel agricole : 80 ans d'innovation sociale et organisationnelle

Un numéro spécial de la revue internationale d'économie sociale RECMA célèbre les 80 ans d’innovation sociale et organisationnelle des coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma). Au-delà du panorama historique, il intègre une décennie de recherches approfondies sur les pratiques de repérage d’innovations et la structuration du mouvement coopératif français, à travers deux contributions majeures de chercheurs et chercheuses INRAE. Destiné à tous ceux curieux du sujet de la coopération, il intéressera notamment les étudiants et enseignants-chercheurs concernés par les questions agricoles, rurales, environnementales et d'économie sociale et solidaire

L'année 2025 a marqué les 80 ans de la naissance de plusieurs organisations innovantes qui ont révolutionné leurs secteurs respectifs : l'Organisation des Nations Unies (ONU), la Sécurité Sociale française et les coopératives d'utilisation de matériel agricole (CUMA). 

Ces coopératives singulières ont accompagné les mutations de l'agriculture française depuis 1945, et été aux avant-postes des changements sur les exploitations agricoles, du déploiement de la mécanisation dans les champs en appui au Plan Marshall jusqu'à la transition agroécologique actuelle. Depuis 10 ans, plusieurs équipes de chercheurs d'horizons disciplinaires différents étudient cette agriculture de groupe et ses effets sous différents angles : l'agronomie, la sociologie, l'économie, les sciences de gestion trouvent dans le réseau CUMA des terrains de recherche permettant d'étudier le fonctionnement et la gouvernance des collectifs d'agriculteurs, de tester des hypothèses relatives à leurs capacités d'innovation et d'évolution de leurs pratiques au regard des attentes sociétales et des grands bouleversements (climat, biodiversité,...). 

Ce numéro spécial de la RECMA est l'occasion de marquer cette date anniversaire en créant un contenu inédit regroupant les travaux de plusieurs chercheurs s'étant intéressé à « l'écosystème Cuma » au cours de la décennie écoulée et mettant en lumière que, derrière l'acte fondateur de la mutualisation de matériel agricole, ces collectifs offrent bien d'autres avantages en termes d'entraide, d'innovation et de dynamiques territoriales. Dans un monde dominé par les postures individualistes, ce numéro spécial de la RECMA apporte une preuve supplémentaire en faveur des démarches collectives, dans le contexte spécifique de l'agriculture : être en groupe permet de se réassurer entre pairs dans un environnement socio-économique de plus en plus incertain, être en groupe permet d'accélérer l'engagement dans les transitions, être en groupe renforce la résilience économique et sociale par la réduction des charges et l'amélioration des conditions de travail.

Eclairages INRAE

  • « Les Cuma : synthèse d’un mouvement coopératif agricole en France » . L'article de Véronique Lucas (INRAE, UMR BAGAP) propose une vue d’ensemble du mouvement, qui regroupe aujourd’hui plus de 10 000 coopératives mutualisant matériel, travail et parfois salariés, représentant aujourd'hui le plus grand réseau de groupes d’agriculteurs en France . A partir de l’évolution historique du mouvement depuis sa création en 1945, elle souligne le rôle crucial des fédérations nationale et régionales dans la mise en place d'une gouvernance collaborative qui rassemble des exploitations très hétérogènes tout en conservant une identité collective forte. L’autonomie, la mutualisation du matériel et la coopération territoriale sont présentées comme les leviers principaux qui ont permis aux Cuma de perdurer pendant huit décennies, même face aux mutations économiques et démographiques du secteur. L'article montre aussi que la capacité des Cuma à s’adapter aux nouveaux défis tels que le renouvellement des générations, les effets du changement climatiques et les innovations technologiques, constitue aujourd’hui le principal enjeu pour garantir leur rôle de pilier de la résilience rurale.
  • « Organisation du repérage d’innovations de terrain dans un réseau de développement agricole ». Dans cet article, Chloé Salembier  (INRAE-UMR SADAPT), Hervé Bossuat (FNCuma), Julie Labatut (INRAE, UMR LISIS) et Jean-Marc Meynard, (INRAE-UMR SADAPT) exposent les résultats d'une enquête immersive, menée dans le réseau Cuma, sur l’organisation du repérage d’innovations de terrain pour soutenir des transformations de l’agriculture. Les pratiques de repérage étudiées apparaissent plurielles, implicites et partiellement coordonnées à l’échelle du réseau fédératif. Les résultats ouvrent des pistes de réflexion pour la professionnalisation et l’organisation du repérage d’innovations (formation des agents, création d’outils numériques de suivi et établissement de critères d’évaluation,...), dans un contexte de mise à l’agenda stratégique de cette activité dans différents réseaux de développement agricole en France. 

Références

  • Revue complète : RECMA 2026/1 – N° 374 (Éditions Le Bord de l’Eau, 120 pages) 
  • Lucas V., « Les Cuma : synthèse d’un mouvement coopératif agricole en France », RECMA 2026/1, pp. 20-35, DOI 10.3917/recma.374.0021
  • Salembier C. et al., « Organisation du repérage d’innovations de terrain dans un réseau de développement agricole », RECMA 2026/1, pp. 78-99, DOI 10.3917/recma.374.0079

Colloque « Dix années de travaux de recherche sur les Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (Cuma)»

En février 2026, le Palais Bourbon a accueilli un colloque dédié aux coopératives d’utilisation de matériel agricole. Parmi les intervenants, Véronique Lucas (INRAE, UMR BAGAP) et Chloé Salembier (INRAE, UMR SADAPT) ont présenté leurs travaux respectifs, soulignant l’importance du repérage d’innovations de terrain et la nécessité de renforcer les structures fédératives pour accompagner la transition agroécologique.  Les interventions réalisées dans le cadre de ce colloque sont reprises dans le numéro RECMA ci dessus.

L’événement était co-organisé par la Fédération nationale des Cuma et les députés Dominique Potier, Pascal Lecamp et Julien Dive. Il a réuni près de 230 participants, parmi lesquels des parlementaires, des chercheurs, des représentants des pouvoirs publics et des acteurs du monde agricole.

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Cultures associées



Quelles stratégies pour lever les freins à leur développement ?

Malgré leurs nombreux bénéfices agronomiques et environnementaux, les cultures associées peinent encore à se diffuser à grande échelle en Europe. Pour comprendre cette situation, le projet européen Intercropvalues a publié une analyse des principaux freins au développement des cultures associées et présente plusieurs stratégies concrètes permettant d'agir à différents niveaux des systèmes agricoles et alimentaires.

L’originalité de cette approche est de considérer les cultures associées comme une innovation systémique. Leur développement ne dépend pas uniquement des choix des agriculteurs et agricultrices mais également de l’ensemble des acteurs qui interviennent avant et après la production : équipementiers, réseaux de conseil, monde de la recherche, organismes de collecte, de transformation, de distribution, consommateurs et consommatrices et pouvoirs publics. 

Des stratégies complémentaires pour agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur

Les stratégies et solutions pratiques pour lever les freins au développement des cultures associées sont regroupées autour de quatre grands défis.

Le défi des pratiques agricoles

Le principal frein au développement des cultures associées est l’incertitude. Les agriculteurs manquent de références techniques fiables, de conseils adaptés et de retours d’expérience. Cette situation rend plus complexe le choix des espèces, la conduite des cultures et la gestion des récoltes. À cela s’ajoutent des contraintes matérielles, économiques, organisationnelles et administratives qui augmentent le risque perçu par les producteurs. Pour favoriser leur adoption, il est donc nécessaire de renforcer la production et le partage de connaissances, l’accompagnement technique, l’adaptation des équipements et le soutien des politiques publiques.

  • La stratégie d’adaptation des cultures et variétés consiste à choisir des espèces et variétés plus adaptées aux cultures associées afin de faciliter leur conduite. Les leviers proposés incluent le développement de connaissances sur les variétés adaptées, la création de guides de choix variétal et l’intégration des cultures associées dans les programmes de sélection variétale.
  • La stratégie d’adaptation des équipements vise à développer ou modifier les équipements existants afin de faciliter le semis, la récolte, le tri et le stockage des cultures associées. La brochure recommande notamment de tester différents systèmes de tri, d’adapter les chaînes de nettoyage et de stockage et de collaborer avec les fabricants d’équipements.

Le défi du traitement post-récolte

Le principal verrou du post-récolte réside dans la gestion des impuretés et de la variabilité des récoltes issues des cultures associées. Les filières de transformation sont construites autour de standards stricts et de procédés standardisés, souvent peu compatibles avec ces productions. Les agriculteurs doivent investir dans des opérations de tri coûteuses, sans garantie de meilleure rémunération. Le manque de coordination entre producteurs, collecteurs et transformateurs accentue encore ces difficultés. Le défi consiste donc à adapter les équipements, les standards de qualité et l’organisation des filières pour permettre une meilleure valorisation des récoltes issues des cultures associées.

  • La stratégie de minimisation des impuretés vise à réduire autant que possible la présence d’impuretés dans les récoltes issues des cultures associées afin qu’elles répondent aux standards habituels des filières. Les solutions proposées comprennent le développement de technologies de tri plus performantes, l’investissement dans des équipements adaptés, l’amélioration des réglages de récolte et l’appui financier aux innovations techniques. L’objectif est de rendre les lots issus des cultures associées comparables aux productions pures.
  • La stratégie d’« acceptation » vise à relever le seuil d’impuretés accepté par les acteurs intermédiaires à un niveau plus facilement atteignable par les agriculteurs et les collecteurs avec les machines actuelles, sans pour autant impliquer de changements ni dans la transformation ni dans le produit final.
  • La stratégie « d’adaptation » vise à relever le seuil d’impuretés accepté par les acteurs intermédiaires à un niveau plus facilement atteignable par les agriculteurs et les collecteurs avec les machines dont ils disposent actuellement, tout en impliquant des changements dans la transformation mais pas dans le produit final.
  • La stratégie de « valorisation » propose de considérer les impuretés et la variabilité de la qualité technologique des récoltes comme une opportunité pour développer de nouveaux produits.

Le défi « Normalisation, vente et marketing »

Le défi de la standardisation et de la commercialisation réside dans le décalage entre la diversité des productions issues des cultures associées et les exigences de filières construites autour de matières premières standardisées. La variabilité des récoltes complique la transformation industrielle, tandis que l’absence de marché structuré et la faible connaissance des consommateurs limitent les débouchés. Le développement des cultures associées suppose donc de travailler simultanément sur l’adaptation des filières, la création de marchés, la différenciation des produits et la communication auprès des consommateurs.

  • La stratégie « nouveau produits & circuit court » consiste à développer de nouveaux produits à partir de cultures associées, qu’elles soient commercialisées après tri ou sous forme de mélanges, puis à les valoriser dans des filières courtes ou artisanales.
  • La stratégie « nouveaux produits & filières longues » consiste à développer de nouveaux produits à partir des cultures associées et à les diffuser dans des marchés plus larges. Les leviers proposés incluent la création de nouveaux produits, le développement de marques ou certifications spécifiques, l’organisation de campagnes de dégustation et la structuration de réseaux d’acteurs économiques.
  • La stratégie «produits existants & circuits courts » consiste à commercialiser des produits déjà connus des consommateurs, issus de cultures associées, dans des circuits courts ou artisanaux. Par exemple le développement de débouchés locaux, l’organisation de dégustations et la mise en place de filières de proximité.
  • La stratégie « produits existants &  filières longues » vise à intégrer les cultures associées dans les chaînes de valeur conventionnelles. Cela suppose notamment de travailler avec les acteurs économiques sur les seuils d’impuretés, les standards de qualité et le partage des connaissances scientifiques.

 Le défi de l’engagement et de la communication entre les acteurs de la chaîne de valeur

Le développement des cultures associées est freiné par un déficit généralisé d’information, de formation et de dialogue entre les acteurs des filières. Agriculteurs, conseillers, collecteurs, transformateurs, distributeurs et décideurs publics connaissent encore insuffisamment les bénéfices et les contraintes de ces systèmes. Ce manque de communication limite la coopération, entretient les incertitudes et renforce les rapports de force au sein des filières. Le principal enjeu est donc de créer des espaces d’échange, de produire et diffuser des références partagées, et d’impliquer l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur dans la construction des solutions.

  • La stratégie centrée sur les agriculteurs vise à accroître l’adoption des cultures associées en renforçant la sensibilisation, les compétences et l’intérêt des agriculteurs. Les actions proposées consistent notamment à communiquer sur les bénéfices agronomiques et économiques des cultures associées, diffuser des retours d’expérience, adapter les formations agricoles, simplifier les démarches administratives et sensibiliser les pouvoirs publics.
  • La stratégie des acteurs intermédiaires cherche à stimuler la demande des collecteurs, transformateurs et distributeurs pour les produits issus des cultures associées. Elle repose sur une meilleure connaissance des bénéfices environnementaux et nutritionnels des cultures associées, l’implication des entreprises dans les projets de recherche, la reconnaissance de ces pratiques dans les standards de durabilité et l’utilisation éventuelle de mécanismes comme les crédits carbone.
  • La stratégie « Société » vise à promouvoir l’utilisation des technologies de l’information et de la communication en sensibilisant davantage la société à leurs avantages. Elle s’appuie non seulement sur les consommateurs, mais aussi sur des acteurs institutionnels tels que les banques et les fonds de pension.

Le cas du CICS 10 : des cultures associées au service de la sécurisation des systèmes biologiques

Parmi les 13 cas d’études (appelés « CICS »), le collectif français du Maine et Loire illustre concrètement plusieurs de ces stratégies. Le groupe s’est principalement appuyé sur une logique d’adaptation des cultures. Les agriculteurs ont expérimenté différentes associations autour de la lentille biologique, notamment avec la cameline, le lin, le seigle, le blé ou encore l’orge, afin d’améliorer la tenue des cultures, de limiter certains risques agronomiques et de sécuriser les rendements.

Cette dynamique s’est accompagnée d’un important travail d’apprentissage collectif, correspondant à la stratégie centrée sur les agriculteurs. Les agriculteurs ont partagé leurs résultats, comparé différentes modalités techniques, organisé des visites de parcelles et construit progressivement des références adaptées à leurs contextes.

Le collectif a également exploré les questions de tri et de post-récolte, rejoignant ainsi les stratégies d’adaptation des équipements et de minimisation des impuretés. Plusieurs réflexions ont porté sur les équipements de tri, le stockage et la qualité des récoltes, avec notamment l’étude d’un projet de trieur optique collectif.

Enfin, le collectif a cherché à construire des débouchés territoriaux, notamment en direction de la restauration collective. Cette démarche fait écho à la stratégie de développement de produits existants en circuits courts, même si plusieurs obstacles organisationnels, économiques et logistiques ont limité leur concrétisation.

Quels enseignements pour les accompagnateurs de collectifs ?

Les travaux d’IntercropVALUES et l’expérience du collectif du Maine et Loire convergent vers plusieurs enseignements utiles pour les animateurs de groupes et les structures d’accompagnement.

Le premier est qu’il est souvent plus pertinent d’entrer par une problématique concrète des agriculteurs, comme la maîtrise des adventices, la sécurisation du rendement, la diversification des cultures, la réduction des intrants ou la création de valeur que par la promotion des cultures associées en tant que telles. Les cultures associées apparaissent alors comme un moyen de répondre à un besoin identifié.

Le deuxième enseignement est l’importance de construire progressivement les références techniques. Les essais à la ferme, les comparaisons entre modalités, les échanges entre pairs et les visites de terrain constituent des leviers majeurs d’apprentissage collectif et de réduction de l’incertitude.

Le troisième enseignement concerne l’intégration précoce des acteurs de l’aval. Les questions de tri, de stockage, de qualité des lots et de débouchés doivent être abordées dès les premières phases des projets afin d’éviter que les contraintes de filière ne deviennent un frein au développement des cultures associées.

Enfin, l’expérience montre que les innovations techniques et les innovations organisationnelles doivent être pensées conjointement. La réussite d’un projet de cultures associées dépend autant de la maîtrise agronomique des systèmes que de la capacité des acteurs à construire collectivement des solutions de commercialisation, de transformation et de gouvernance adaptées.

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Xanthium, datura, ambroisie

Leviers concrets pour reprendre la main au champ



Retour sur la matinée technique organisée à Galapian, chez Joël Soulage, dans le cadre du Rallye Transfert 47

Mardi 2 juin, les partenaires du Rallye Transfert 47 ont réuni agriculteurs, techniciens et acteurs de terrain autour d’un sujet très concret : mieux identifier, prévenir et maîtriser trois adventices qui compliquent fortement la conduite des cultures d’été.

La rencontre s’est tenue chez Joël Soulage, au lieu-dit Guillots à Galapian, avec un fil conducteur clair : partir de la biologie des plantes pour raisonner les interventions au bon moment. Xanthium, datura et ambroisie n’ont pas les mêmes dynamiques de levée ni les mêmes impacts, mais elles ont un point commun : lorsqu’elles montent à graines, la pression peut s’installer durablement dans les parcelles.

La première partie de la matinée a permis de rappeler les facteurs favorables à leur développement : perturbation du sol, sols nus, levées échelonnées, bordures de parcelles, zones de passage ou encore fenêtres climatiques propices après les pluies. Les échanges ont aussi souligné l’importance d’une surveillance précoce, car l’efficacité des leviers mécaniques dépend fortement du stade d’intervention.

Un zoom particulier a été consacré à l’ambroisie, dont la gestion dépasse le seul enjeu agronomique. Son pollen allergisant en fait une plante à fort impact sanitaire. La prévention de sa floraison et de sa dissémination doit donc être intégrée dans les pratiques de gestion, y compris sur les abords de parcelles, les chemins, les fossés et les zones non cultivées.

Les ateliers ont ensuite permis de comparer les modalités de gestion disponibles : prévention, rotation, couverture du sol, faux-semis, interventions mécaniques, et lorsque les systèmes le permettent, leviers chimiques ciblés. Les résultats d’essais présentés ont rappelé qu’il n’existe pas de solution unique : la réussite repose sur la combinaison des leviers et sur leur positionnement dans le temps.

La détection et le repérage ont occupé une place importante dans les échanges. La reconnaissance par drone et le suivi avec l’outil NeoCultura ont été présentés comme des pistes intéressantes pour localiser les foyers, prioriser les interventions et éviter que quelques pieds isolés ne deviennent un problème généralisé. Le point silo a également rappelé l’enjeu de vigilance jusqu’à la récolte et à la gestion des lots.

La séquence terrain a permis de passer de la théorie à l’observation concrète. Les démonstrations dynamiques d’outils de désherbage et de préparation du sol, dont le strip-till, l’Orbis, le Stripcat et le matériel de l’exploitation, ont servi de support pour discuter profondeur de travail, agressivité, recouvrement, vitesse d’avancement et conditions de réussite après passage.

Au-delà du choix de l’outil, les échanges ont insisté sur les réglages : positionnement des éléments, pression au sol, gestion des résidus, précision de guidage et capacité à intervenir dans une fenêtre météo courte. Sur des adventices estivales à levées parfois échelonnées, l’observation de la parcelle reste déterminante pour ajuster la stratégie au fil de la campagne.

Cette matinée a montré tout l’intérêt des rendez-vous techniques au champ : voir les outils travailler, comparer les effets sur le sol et les adventices, confronter les résultats d’essais aux contraintes des exploitations, et partager les retours d’expérience entre agriculteurs. Un temps convivial a clôturé la rencontre, prolongeant les discussions autour de solutions opérationnelles et adaptées aux réalités locales.

À retenir techniquement

  • Identifier tôt les foyers pour éviter la montée à graines et l’installation durable de la pression.
  • Combiner prévention, rotation, couverture du sol, faux-semis et désherbage mécanique selon le contexte de la parcelle.
  • Intervenir au bon stade : les outils sont plus efficaces sur plantules jeunes et en conditions météo favorables après passage.
  • Soigner les réglages : profondeur, agressivité, vitesse, pression au sol, gestion des résidus et précision de guidage.
  • Surveiller aussi les bordures, chemins, fossés et zones de récolte, notamment pour l’ambroisie.
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Guide de culture colza 2026



Les clés pour sécuriser l’implantation et optimiser la marge de l’exploitation

Terres Inovia vient de publier la nouvelle édition de son guide de culture dédié au colza pour accompagner les producteurs et les conseillers au cours de la prochaine campagne. Il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de l’institut et peut également être commandé en version imprimée.

Les prix soutenus de la graine de colza confortent son intérêt dans l’assolement. Malgré une mise de trésorerie automnale à anticiper, le colza est une culture à considérer dès lors que l’implantation est sécurisée. Dans ces conditions, il conserve une place importante dans la rotation et contribue à la marge de l’exploitation. Les choix d’assolements 2026-2027 sont un levier majeur pour sécuriser la marge des exploitations agricoles.

Pour conseiller les agriculteurs dans ces choix stratégiques, les experts de Terres Inovia ont mis à disposition leur expertise dans une synthèse et une note détaillée qui proposent des repères techniques pour positionner les oléoprotéagineux comme leviers de réduction du risque économique et pédoclimatique.

Pour compléter cet accompagnement, le guide de culture colza 2026 a été revu à l’aune des nouvelles connaissances de Terres Inovia. Il se décline selon les traditionnelles rubriques d’un guide de culture de l’institut. A noter, parmi les nouveautés et les sujets d’intérêt majeurs de cette édition :

  • Atouts : dans le contexte économique actuel, le colza présente de nombreux atouts et leviers pour améliorer sa rentabilité économique tant par la façon de l’insérer dans la succession des cultures que par sa conduite culturale. Une nouvelle rubrique en début de guide aborde ces leviers d’action concrets.
  • Variétés : depuis 2023, trois nouveaux grands regroupements ont été créés (quart Nord-Est, quart Nord-Ouest et moitié Sud). Les six regroupements régionaux habituels sont conservés. Des variétés issues du catalogue européen et des variétés résistantes à certains pathotypes de hernie des crucifères ont été ajoutées dans une quinzaine de lieux. Ces essais font l’objet d’une double validation agronomique et statistique rigoureuse. S’ils sont retenus, ils sont alors regroupés par grandes régions.
  • Implantation : le contexte actuel renforce l’importance d’obtenir un colza robuste qui pourra exprimer son potentiel de rendement tout en étant peu dépendant de l’usage des intrants. La réussite de l’implantation conditionne la robustesse du colza, et donc sa capacité à supporter les attaques de bioagresseurs, en particulier les insectes d’automne et les aléas climatiques.
  • Désherbage : ce poste de charges est conséquent avec 115 €/ha en moyenne*. Ainsi, dans un contexte de tensions économiques et de pressions graminées en constante progression, le raisonnement du désherbage est un levier majeur de rentabilité de la culture de colza. Les évolutions du guide visent à préciser le discours de l’institut pour orienter les producteurs dans leurs choix de solutions vers un optimum technico-économique.
  • Ravageurs : les cartes de résistances ont été mises à jour ainsi que les tableaux de produits insecticides et molluscicides. Pour mémoire, les résultats du Plan de sortie du phosmet (altise d’hiver et charançon du bourgeon terminal) sont à disposition sur le site de Terres Inovia et le replay du colloque dédié de mars 2026 est disponible sur la chaîne YouTube de l’institut.
  • Maladies : des évolutions réglementaires s’appliquent quant à l’application de produits phytosanitaires durant la floraison des cultures attractives pour les pollinisateurs depuis le 1er janvier 2026. Tous les éléments de compréhension nécessaires sont présents dans ce guide. A noter, les informations concernant les spécialités fongicides autorisées à floraison du colza n’ont pas vocation à être exhaustives.

Commander ou télécharger le guide

*selon la dernière enquête de Terres Inovia.

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Il fertilise

ses céréales avec du lisier depuis 30 ans



Face à l’augmentation des prix des engrais, à la quête d’autonomie et à la valorisation des effluents, Valéry Landeau apporte des solutions depuis de longues années.

DEPUIS PLUS DE 30 ANS, IL FERTILISE SES CÉRÉALES AVEC SON PROPRE LISIER D’ÉLEVAGE

Hausse du coût des engrais, recherche d’autonomie, valorisation des effluents : autant d’enjeux auxquels Valéry Landeau répond depuis de nombreuses années. Éleveur de porcs naisseur-engraisseur à Miré dans le Maine-et-Loire, il épand le lisier de son élevage sur ses céréales depuis 1992. Une pratique qu’il a progressivement affinée et qui constitue aujourd’hui un pilier de sa stratégie de fertilisation.

Pour Valéry Landeau, le lisier n’est pas un déchet dont il faut se débarrasser. C’est avant tout une ressource agronomique produite sur l’exploitation, dont la valeur mérite d’être pleinement exploitée.

Depuis plus de trente ans, les effluents issus de son élevage sont ainsi intégrés dans le programme de fertilisation des cultures. Une démarche qui lui permet de valoriser les éléments nutritifs présents dans le lisier tout en limitant le recours aux engrais minéraux.

Une pratique mise en place dès 1992

L’épandage de lisier sur céréales ne date pas d’hier sur l’exploitation. Dès le début des années 1990, l’éleveur a fait le choix d’utiliser les effluents produits par son atelier porcin pour fertiliser ses parcelles.

Au fil des campagnes, cette pratique s’est affinée grâce à l’observation du comportement des cultures, à la maîtrise des périodes d’intervention et à l’expérience acquise sur le terrain.

« Avec les années, on apprend à mieux valoriser les éléments fertilisants présents dans le lisier et à les intégrer dans le raisonnement global de la fertilisation », explique-t-il.

Considérer le lisier comme un fertilisant à part entière

Azote, phosphore, potassium : les éléments contenus dans le lisier représentent une ressource précieuse pour les cultures. Encore faut-il les valoriser dans les bonnes conditions.

Pour l’éleveur, l’enjeu est de raisonner les apports comme pour n’importe quel autre fertilisant. Les doses, les périodes d’épandage et les conditions d’intervention doivent être adaptées aux besoins des cultures et aux caractéristiques des parcelles.

Cette approche permet de mieux valoriser les ressources disponibles sur l’exploitation tout en sécurisant les performances agronomiques.

Un levier d’autonomie face à la hausse du coût des intrants

Ces dernières années, l’envolée du prix des engrais a remis en lumière l’intérêt économique des effluents d’élevage. Pour les exploitations disposant de ressources organiques, leur valorisation constitue un levier important pour limiter la dépendance aux achats extérieurs.

Sur l’exploitation de Valéry Landeau, cette stratégie est mise en œuvre depuis longtemps. Elle contribue à renforcer l’autonomie de la ferme tout en optimisant le recyclage des éléments nutritifs produits par l’élevage.

Retour d’expérience en vidéo

À travers cette vidéo, Valéry Landeau partage plus de trente années de recul sur l’épandage de lisier sur céréales. Un témoignage concret qui illustre l’intérêt agronomique, technique et économique de cette pratique lorsqu’elle est pleinement intégrée dans la stratégie de fertilisation de l’exploitation.

DECOUVREZ SON RETOUR D’EXPÉRIENCE ET LES ENSEIGNEMENTS TRIES DE PLUS DE 30 ANS DE PRATIQUE