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Les marchés

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Marché des céréales

Analyse par Grégoire Samson

Marchés des céréales : Le dérèglement du climat, le second front de bataille de l’Ukraine

L’Ukraine n’a pas achevé sa récolte de maïs. Trois millions de tonnes de grains sont perdues en raison des mauvaises conditions climatiques observées des derniers mois. Ces pertes impactent les chiffres d’affaires des exploitations ukrainiennes, pas le fonctionnement des marchés des céréales.

Ce début de mois de décembre, il ne neige toujours pas en Ukraine. Les sols sont détrempés. Après un été sec et caniculaire, se sont succédé d’intenses précipitations automnales.

Près de la moitié des champs de maïs ne sont toujours pas récoltés dans la région d’Uman, à 250 kilomètres au sud de Kiev. A l’échelle nationale, l’USDA évalue à 25 % la superficie de maïs encore sur pied.

Les agriculteurs attendent l’arrivée de l’hiver et de ses températures négatives pour que le sol gèle en profondeur. La moisson pourra alors s’achever car les parcelles seront de nouveau praticables. Et le taux d’humidité des épis de maïs raboté de quelques points limitera les frais de séchage.

Actuellement la tonne de maïs sortie ferme est payée 200 dollars si le taux d’humidité est de 18-20 %. Mais si ce dernier est compris entre 24 % et 26 %, la tonne de grains ne vaut plus que 130 € dans la région d’Uman. Et à plus de 30 %, la céréale ne sera plus alors récoltable compte tenu des coûts de séchage à supporter.

Cette année, une fin de récolte très tardive a au moins un intérêt, celui de limiter l’engorgement du transport par camions des grains, depuis les fermes et les organismes de stockage vers les ports d’embarquement.

L’Ukraine manque de chauffeurs. L’armée en a mobilisés un grand nombre. Mais le pays n’échappera pas à de nouvelles tensions logistiques lorsque les moissons reprendront. Une partie des grains alors disponibles à l’export serait acheminée en Union européenne selon l’USDA même si le contingent à droit zéro est déjà dépassé.

En attendant, une partie de la récolte sera perdue. L’USDA n’estime plus qu’à 29 millions de tonnes (Mt) la production ukrainienne de maïs et le disponible exportable à 23 Mt. Cette production de maïs revue en baisse de 3 Mt comparée à son niveau du mois de novembre dernier s’explique par des rendements dorénavant estimés à 6,80 t/ha contre 7,27 t/ha annoncé le mois passé. Mais cette moyenne masque d’importantes diversités entre régions (3 à 12 t/ha).

Au sud du pays, où les étés caniculaires se succèdent, la culture du maïs pourrait être abandonnée pour privilégier l’implantation de céréales d’hiver, de colza ou de pois récoltables au début de l’été. Par ailleurs, certains champs situés à portée de missiles ou à proximité de zones de combat ne pourront pas être récoltés car ils sont régulièrement bombardés.
Quoi qu’il en soit, les récoltes retardées rendent impossible l’emblavement de cultures d’hiver sur les parcelles concernées.

A l’échelle mondiale, le malheur des céréaliers ukrainiens n’a aucune incidence sur l’évolution des cours mondiaux et de la campagne de commercialisation. Depuis un mois, le prix de la tonne de maïs reste inchangé à Bordeaux autour de 180-184 €.

Dans son dernier rapport, l’USDA confirme le niveau astronomique de la production mondiale de maïs de 1 282 Mt. La production en hausse de 50 Mt ne relancerait qu’à la marge les échanges commerciaux (197 M; + 6 Mt).

Toutefois, ces prévisions sont inférieures à celles du Conseil international des céréales qui annonce une production mondiale de maïs excédentaire de 10 Mt à 1 298 Mt alors que l’USDA l’anticipe légèrement déficitaire de 10 Mt. Probablement une question de curseur.

Durant la campagne actuelle, l’Union européenne (UE) sera la deuxième puissance importatrice de maïs (20 Mt) devant le Mexique (25 Mt). La Chine est loin derrière à 8 Mt. L’Empire du milieu opte pour le déstockage plutôt que l’import pour couvrir ses besoins (313 Mt) supérieurs à sa production (299 Mt).

Le 7 décembre dernier, l’UE a déjà importé 7,1 Mt de grains de pays tiers dont 2,9 Mt du Brésil, 2,1 Mt des Etats-Unis et 1,6 Mt d’Ukraine, selon la Commission européenne. L’an passé à la même époque, 4,9 Mt avaient déjà été livrées.

Depuis le début de la campagne, l’Espagne s’est fait livrer 3 Mt de maïs en provenance de pays tiers, l’Italie 1,23 Mt et les Pays Bas 1 Mt. A l’export, 572 000 t ont été expédiées depuis la Roumanie (248 000 t) et la France (215 000 t) hors Union européenne.

La Roumanie et la Bulgarie seront les grands absents de cette campagne de commercialisation. Leur production de maïs est très faible car les rendements excèdent à  peine 3t/ha. D’ici quelques années, ces deux pays, mais aussi la Slovaquie, pourraient ne plus être le grenier à maïs de l’Union européenne, selon FranceAgriMer. Le déficit européen s’aggraverait alors de plusieurs millions de tonnes.

Sur le marché européen, la France est très présente. En trois mois de campagne (derniers chiffres connues compte tenu des délais de traitement des services douaniers), elle a déjà vendu 1,3 Mt, soit 800 000 t de plus que l’an passé à la même époque. Ses quatre principaux clients sont à ses frontières : Pays Bas 365 000 t, Espagne (344 000 t), Belgique (197 000 t) et Italie (110 000 t).

Blé tendre

Cotation du Blé Tendre Rendu Rouen
(€/t) R2023 R2024 R2025
29/12/2023 215    
05/01/2024 214,5    
12/01/2024 212,81    
19/01/2024 211,56    
26/01/2024 212,06    
02/02/2024 207,06    
09/02/2024 200,31    
16/02/2024 202,56    
23/02/2024 194,06    
01/03/2024 187,20    
08/03/2024 180,70    
15/03/2024 183,20    
22/03/2024 188,20    
29/03/2024 191,70    
05/04/2024 188,20 208,39  
12/04/2024 192,70 211,89  
19/04/2024 191,95 208,39  
26/04/2024 198,45 224,64  
03/05/2024 217,45 220,89  
10/05/2024 217 239,20  
17/05/2024 238,20 241,64  
24/05/2024   250,39  
31/05/2024   250,64  
07/06/2024   237,39  
14/06/2024   232,14  
21/06/2024   218,89  
28/06/2024   215,64  
05/07/2024   217,64  
12/07/2024   220,89  
19/07/2024   212,64  
26/07/2024   219,89  
02/08/2024   220,39  
09/08/2024   217,64  
16/08/2024   204,14  
23/08/2024   201,39  
30/08/2024   204,89  
06/09/2024   198,89  
13/09/2024   217,89  
20/09/2024   213,10  
27/09/2024   218,60  
04/10/2024   230,50  
11/10/2024   228,60  
18/10/2024   227,50  
25/10/2024   220,35  
01/11/2024   215,85  
08/11/2024   214,60  
15/11/2024   210,10  
22/11/2024   219,10  
29/11/2024   221,35  
06/12/2024   226,60  
13/12/2024   230,10  
20/12/2024   225,56  
27/12/2024   228,31  
03/01/2025   236,31  
10/01/2025   225,31  
17/01/2025   222,06  
24/01/2025   225,31 226,39
31/01/2025   227,56 227,14
07/02/2025   226,06 229,39
14/02/2025   225,06 230,64
21/02/2025   223,06 234,14
28/02/2025   214,06 226,64
07/03/2025   219,56 220,89
14/03/2025   218,70 221,89
21/03/2025   220,20 224,64
28/03/2025   214,70 216,89
04/04/2025   212,5 213,25
11/04/2025   212,45 212,39
18/04/2025   201,95 210,14
25/04/2025   201,20 203,14
02/05/2025   194,5 197,75
07/05/2025   193,95 197,39
16/05/2025   196,70 200,14
23/05/2025   203,70 207,14
30/05/2025   196,00 196
06/06/2025   197,89 197,89
13/06/2025   194,64 194,64
20/06/2025   203,64 203,64
27/06/2025     189,89
04/07/2025     194,89
11/07/2025     198,89
18/07/2025     197,64
25/07/2025     197,14
01/08/2025     196,39
08/08/2025     199,00
15/08/2025     193,00
22/08/2025     195,00
29/08/2025     191,50
05/09/2025     186,39
12/09/2025     186,85
19/09/2025     188,60
26/09/2025     188,10
03/10/2025     186,35
10/10/2025     189,35
17/10/2025     188,35
24/10/2025     188,10
31/10/2025     189,10
07/11/2025     189,85
14/11/2025     188,35
21/11/2025     188,60
28/11/2025     188,35
05/12/2025     186,31
12/12/2025     185,56
19/12/2025      
26/12/2025      
02/01/2026      
colza-fob-mozelle

Marché des oléagineux

Analyse par Cécilia Goffinet

Le marché des oléagineux, tiraillé entre rebonds techniques et fondamentaux toujours pesants

La semaine a été marquée par la difficulté du complexe oléagineux à dégager une orientation claire, pris entre une pression structurelle de l’offre mondiale, des signaux de demande contrastés et un environnement macroéconomique défavorable aux exportations européennes. Colza et soja ont alterné phases de repli et rebonds techniques, au gré des annonces étatsuniennes, de la dynamique sud-américaine et des mouvements de change.

La semaine débute sur un marché du soja fragilisé. Vendredi, Chicago enregistre un plus bas d’un mois, pénalisé par les doutes persistants sur les achats chinois. Les ventes exceptionnelles annoncées par l’USDA — 462 000 t vers la Chine — apportent un soutien ponctuel mais ne suffisent pas à inverser la tendance, d’autant que le sérieux retard dans la transformation de ces ventes en expéditions entretient les inquiétudes. La Chine, malgré des importations record en novembre (8,11 Mt), semble toujours acheter en-deçà des attentes américaines, ce qui nourrit la crainte d’une révision baissière des exportations US. La concurrence brésilienne demeure particulièrement agressive : en novembre, les exportations brésiliennes bondissent à 4,2 Mt (+64 % sur un an), et l’Anec relève encore sa prévision mensuelle de décembre à 3,33 Mt. A noter que les semis brésiliens progressent dans des conditions plus favorables, avec 94 % des surfaces implantées.

Le rapport Wasde du 9 décembre n’a pas apporté d’éléments de soutien : les stocks de soja US sont maintenus à 290 Mbu, tandis que les stocks mondiaux sont légèrement relevés. Les exportations hebdomadaires américaines restent faibles (1,02 Mt), confirmant la pression concurrentielle du Brésil. Quelques annonces de ventes supplémentaires (132 000 t puis 136 000 t vers la Chine, et près de 330 000 t vers destinations inconnues) permettent un léger rebond technique mercredi, appuyé par de très bons chiffres de trituration US (record en octobre à 237 Mbu).

Le marché du colza évolue en miroir de ces tensions internationales. Vendredi et lundi, les prix parviennent à grappiller quelques euros mais restent bloqués sous les 480 €/t, seuil devenu psychologique. L’abondance de l’offre mondiale — production canadienne record à 21,8 Mt, révision haussière de la production mondiale 2025-2026 à 95,27 Mt — continue de peser lourdement. Mardi, un décrochage de 5 €/t ramène l’échéance février à distance du seuil des 480 €/t, dans un contexte de hausse des surfaces en Europe et au Royaume Unis pour 2026-2027. Le rebond observé mercredi (+4,75 €/t sur février) reste essentiellement technique, porté par l’approbation en Allemagne de la transposition de RED III, ainsi que par les achats à bon compte après les pertes de la veille. Le renchérissement de l’euro vers 1,17 $, renforcé à la veille de la décision de la FED, continue néanmoins de brider tout potentiel haussier significatif.

Le canola canadien s’inscrit lui aussi dans une tendance baissière, miné par une offre abondante et une demande chinoise absente, malgré une trituration nationale dynamique qui amortit partiellement la chute. L’huile de palme, quant à elle, recule en raison de stocks malaisiens très élevés – au plus haut depuis six ans - et d’une demande indienne ralentie.

Colza

Cotation du Colza Fob Moselle
(€/t) R2023 R2024 R2025
29/12/2023 438    
05/01/2024 422,50    
12/01/2024 426    
19/01/2024 437,75    
26/01/2024 437,50    
02/02/2024 423,50    
09/02/2024 413,50    
16/02/2024 421,50    
23/02/2024 416    
01/03/2024 412    
08/03/2024 423,25    
15/03/2024 435    
22/03/2024 448,75    
29/03/2024 446,75    
05/04/2024 443,75    
12/04/2024 451    
19/04/2024 450    
26/04/2024 459    
03/05/2024 466 473  
10/05/2024 466.75 465,50  
17/05/2024   473,50  
24/05/2024   495  
31/05/2024   479,50  
07/06/2024   474,50  
14/06/2024   465  
21/06/2024   463,50  
28/06/2024   460,75  
05/07/2024   500,75  
12/07/2024   477  
19/07/2024   488,25  
26/07/2024   495,50  
02/08/2024   474,50  
09/08/2024   464  
16/08/2024   458,50  
23/08/2024   444,75  
30/08/2024   464,75  
06/09/2024   468,50  
13/09/2024   468,25  
20/09/2024   466,25  
27/09/2024   477  
04/10/2024   483  
11/10/2024   497  
18/10/2024   496  
25/10/2024   510,75  
01/11/2024   518  
08/11/2024   534,75  
15/11/2024   532,50  
22/11/2024   512,75  
29/11/2024   502,50  
06/12/2024   531,25  
13/12/2024   540  
20/12/2024   526,50  
27/12/2024   527  
03/01/2025   529,50  
10/01/2025   531  
17/01/2025   525,50  
24/01/2025   529,50  
31/01/2025   513,50 484,25
07/02/2025   522,75 492
14/02/2025   522,25 490,5
21/02/2025   533 502,75
28/02/2025   538 502,25
07/03/2025   503,50 483,25
14/03/2025   472 460,25
21/03/2025   487,25 472,5
28/03/2025   522 482,75
04/04/2025   518,25 480,75
11/04/2025   513 469,75
18/04/2025   536 477
25/04/2025   523,50 479,5
02/05/2025   472 462
07/05/2025   474 474
16/05/2025   484 484
23/05/2025   489,50 489,5
30/05/2025   471 474,5
06/06/2025   481 481
13/06/2025   480 483,25
20/06/2025   481 494
26/06/2025   483,25 479,25
04/07/2025     466
11/07/2025     460,50
18/07/2025     478,75
25/07/2025     473
01/08/2025     477,50
08/08/2025     476,25
15/08/2025     475,75
22/08/2025     476,75
29/08/2025     465,50
05/09/2025     461,25
12/09/2025     466,50
19/09/2025     476
26/09/2025     472,25
03/10/2025     461,75
10/10/2025     471,75
17/10/2025     467,75
24/10/2025     476,50
31/10/2025     483,25
07/11/2025     476
14/11/2025     483,50
21/11/2025     486,25
28/11/2025     485,25
05/12/2025     476,50
12/12/2025     482,75
19/12/2025      
26/12/2025      
02/01/2026