
nouvelles techniques
génomiques (NTG)
Accord européen sur les nouvelles techniques génomiques (NTG) : La FNAB alerte sur des futurs OGM “invisibles” dans l’assiette des consommateurs
Le 3 décembre 2025, le Parlement européen et le Conseil ont conclu un accord politique provisoire sur la réglementation des nouveaux OGM produits par les Nouvelles Techniques Génomiques (NTG). Si le texte est confirmé en l’état, des OGM se retrouveraient dans nos assiettes sans aucune possibilité d’en être informé et fragiliserait la capacité du bio à garantir l’absence d’OGM.
« Autoriser des NTG sans les tracer ni les étiqueter, sans traçabilité, c’est retirer aux citoyens et citoyennes leur droit de choisir ce qu’ils mettent dans leur assiette. Pour la bio, c’est un risque non négligeable même si les NTG resteront interdites en agriculture biologique. En cas de contamination d’une parcelle bio par une parcelle voisine cultivée avec des variétés NTG, nous ne pourrons ni détecter, ni prouver l’absence de NTG dans nos cultures. C’est la robustesse du label, un mode de production sans OGM, fondé sur la transparence et la confiance, qui risque de vaciller » explique Daniel Evain, référent OGM pour la FNAB.
Le risque d’un basculement sans possible retour en arrière
L’alerte de l’ANSES[i] est sans équivoque : aucun fondement scientifique ne permet de considérer les NTG comme équivalentes aux plantes conventionnelles. Les risques potentiels restent mal connus et l’agence préconise une évaluation rigoureuse au cas par cas, recommandation écartée dans le compromis politique actuel. Ni évaluation des risques, ni traçabilité réelle : les conséquences pourraient être aussi invisibles qu’irréversibles.
« On nous dit que les NTG seront la réponse au dérèglement climatique, mais les OGM n’ont jamais augmenté les rendements et n’ont jamais sauvé la biodiversité, ni le climat. L’Europe a continué de produire sans OGM et n’a pas pour autant disparu. La vraie résilience, l’innovation, c’est l’agriculture biologique : des systèmes vivants, diversifiés, adaptés aux conditions pédoclimatiques, pas des solutions technologiques qui prétendent réparer ce que nous dérégulons par ailleurs » explique Daniel Evain qui ajoute “ nous nous sommes toujours battus contre les OGM et continuerons de nous battre pour garantir une alimentation sans OGM aux citoyen-nes. »
Les demandes de la FNAB
Cet accord doit encore faire l’objet d’une adoption formelle par les États membres au Conseil, et par les eurodéputés lors d’un vote final en plénière du Parlement avant d’entrer en vigueur.
La FNAB appelle la France et les eurodéputés à ne pas entériner ce texte sans corrections majeures, et demande :
- Une traçabilité complète et un étiquetage clair de tous les produits issus de NTG, et pas uniquement sur les sacs de semences : les opérateurs bio doivent pouvoir facilement acheter des produits sans NTG et les consommateurs doivent en avoir systématiquement l’information ;
- Le maintien strict de l’interdiction des NTG en bio, avec des règles réelles de protection et d’indemnisation vis-à-vis des contaminations ;
- Un encadrement strict des brevets sur les plantes NTG et leurs descendants, car sans régulation, la mise sur le marché de ces variétés ouvre la voie à un risque accru de privatisation du vivant.
[i] https://www.anses.fr/fr/system/files/BIOT2023AUTO0189.pdf?utm

Christophe Chassande est désigné coordonnateur interministériel de la Stratégie Écophyto 2030, chargée d’accompagner la réduction de l’usage et des risques des produits phytopharmaceutiques dans l’agriculture
Christophe Chassande, actuellement Délégué interministériel en charge de la gestion de l’eau en agriculture auprès des ministres chargés de l’agriculture et de la transition écologique, ingénieur général des Ponts, des eaux et des forêts, doté d’une solide expérience interministérielle et de direction de services déconcentrés, voit ses missions élargies à la coordination interministérielle de la stratégie Écophyto 2030. Cette stratégie traduit la triple ambition de la France en matière agricole :
- Préserver la santé publique et celle de l’environnement ;
- Soutenir les performances économique et environnementale des exploitations ;
- Maintenir un haut niveau de protection des cultures par une adaptation des techniques utilisées.
La stratégie Écophyto 2030 est pilotée par les ministères chargés de l’agriculture, de l’environnement, de la santé et de la recherche, en lien avec le ministère chargé des outre-mer. Sa mise en œuvre nécessite de coordonner au mieux l’action des services concernés, dans une logique opérationnelle, territorialisée et partenariale.
Dans ce cadre, Christophe Chassande travaillera en lien étroit avec tous les membres du Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) de la stratégie Écophyto 2030, et présidera dans les prochaines semaines un comité de pilotage opérationnel (CPO), rassemblant les services des ministères et des opérateurs concernés, afin de décliner la Stratégie en un plan d’actions permettant un suivi du déploiement, des financements et des résultats en articulation notamment avec les mesures agricoles du plan eau.