Résultats de la Commission des Comptes de l’Agriculture Française : les Chambres d’agriculture alertent sur la fragilisation de l’agriculture
Alors que le contexte national, européen et mondial dans lequel évolue l’agriculture française est à la fois complexe et incertain, la Commission des Comptes de l’Agriculture Française s’est réunie aujourd’hui pour communiquer les résultats provisoires de la branche agricole.
Le premier fait marquant à retenir est une nouvelle baisse de la production de près de 9% en 2024 par rapport à 2023. Les chutes les plus marquées sont observables en céréales (–17% en volume) et en viticulture (–29% en volume). La production viticole contribue à elle seule à tirer vers le bas l’ensemble de la production agricole.
Ensuite, les prix agricoles demeurent orientés à la baisse, et continuent ainsi leur décrue, hypothéquant les résultats économiques des agriculteurs. Une tendance atténuée en partie par une diminution des prix des consommations intermédiaires, surtout ceux des aliments pour animaux et des engrais.
Il en découle, et ce troisième point est préoccupant, que la valeur ajoutée s’affaiblit pour la deuxième année consécutive, et de –15% en 2024/2023. La valeur ajoutée nette au coût des facteurs par actif non salarié chute de 18%. La branche agricole crée ainsi de moins en moins de richesses.
L’INSEE indique que le résultat net de la branche agricole par actif non salarié en termes réels s’affaiblit de – 32% sur un an.
Enfin, les résultats 2024 du commerce extérieur montrent que l’excédent en produits bruts n’est plus que de +1,6 milliard d’€, et que, dans cet ensemble, le solde en céréales est en repli sur un an de près de 1 milliard d’€ (926 millions exactement).
Alors que les échéances sur la prochaine PAC se dessine, alors que la tension monte au sujet de la ratification de l’accord avec le Mercosur et que l’UE a décidé de surtaxer les importations d’engrais, les Chambres d’agriculture alertent de cette fragilisation de l’agriculture française.
La reconquête de la souveraineté alimentaire est, au regard des chiffres rendus publics, encore une perspective lointaine.

Inrae et bpifrance s’associent pour démultiplier la création de startups deeptech au service des transitions agricole, alimentaire et environnementale
Carole Caranta, Directrice générale déléguée Science & Innovation d’INRAE, Réjane Le Tinevez, Directrice générale d’INRAE Transfert, Sophie Rémont, Directrice de l’Expertise de Bpifrance et David Boujo, Directeur adjoint de la Direction Deeptech de Bpifrance, ont signé le 3 juillet 2025 une convention de partenariat structurante pour accélérer la transformation de résultats scientifiques en innovations concrètes à fort impact. Ce partenariat s’inscrit pleinement dans le Plan deeptech, opéré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, qui vise à faire émerger en France un tissu dense de startups de rupture technologique.
Un continuum d’accompagnement global pour faire émerger les startups de demain
Cette collaboration entre INRAE, INRAE Transfert et Bpifrance vise à structurer un parcours complet d’accompagnement des projets deeptech, depuis l’identification des résultats de recherche jusqu’à la levée de fonds, en passant par la formation des porteurs de projets, l’accès à l’expertise, au financement et aux infrastructures :
- Renforcement des dispositifs de détection et de création de startups, via le programme START And GROw d’INRAE, en lien avec des start-up studios spécialisés ;
- Soutien à la R&D des startups à travers le Challenge InnoTech, adossé aux dispositifs de financement opérés par Bpifrance (BFTE, ADD) ;
- Accès à des infrastructures de démonstration préindustrielles (TWB, MetaGenoPolis, Ferments du Futur) ;
- Accompagnement vers la levée de fonds, via des revues de portefeuille régulières entre INRAE et les équipes d’investissement de Bpifrance, et la mobilisation du réseau de business angels et fonds deeptech ;
- Accès aux services nationaux “Les Deeptech” de Bpifrance, tels que Tandem (trouver un associé), Tango (constituer un advisory board), et l’Observatoire deeptech.
Mobiliser les talents, partager les expertises, fluidifier le transfert de technologies
Ce partenariat prévoit également :
- La mobilisation des talents deeptech via les viviers de Bpifrance pour renforcer les équipes fondatrices issues de la recherche ;
- Le partage de bonnes pratiques en matière de transfert de technologie, RH, financement et accompagnement ;
- L’engagement commun à renforcer la transparence et la lisibilité des processus de valorisation pour lever les freins à l’entrepreneuriat deeptech.
Ces actions visent à créer un environnement plus ouvert, plus fluide et plus efficace pour tous les acteurs de l’écosystème, dans une logique de bien commun au service des transitions.
Une ambition commune : transformer l’excellence scientifique en champions industriels
Carole Caranta, Directrice générale déléguée Science & Innovation d’INRAE : « Ce partenariat structure une chaîne de valeur ambitieuse pour transformer plus de connaissances en solutions avec nos partenaires du continuum recherche-développement-innovation. Il permettra à nos chercheurs et chercheuses d’accéder à un écosystème plus mature et mieux connecté aux réalités économiques, environnementales et sociétales. »
David Boujo, Directeur adjoint Deeptech de Bpifrance : « En unissant nos forces avec INRAE, nous renforçons un chaînon clé du Plan Deeptech dans les domaines agricoles, alimentaires et environnementaux. Ce partenariat est à la fois stratégique et exemplaire, car il associe accompagnement, transparence, et ambition d’impact. »
Rejane Le Tinevez, directrice générale d’INRAE Transfert : « Ce partenariat renforcera les collaborations déjà établies entre INRAE et la BPI autour des programmes Start & Grow, Innotech et Agrio portés par INRAE et INRAE Transfert, et permettant de soutenir nos actions en faveur de la création d’entreprises innovantes, que celle-ci soient créées à partir des résultats obtenus par les scientifiques ou adossées aux laboratoires d’INRAE au travers de partenariats de recherche. »