
Marché des céréales
Les marchés céréaliers retrouvent un peu de soutien
Dans ce début d’année encore calme sur le plan des affaires, le marché céréalier mondial voit débarquer les récoltes prometteuses argentines et australiennes tandis que les tensions en Mer Noire devraient se poursuivre.
Les fondamentaux pour ce début d’année 2026 n’indiquent pas de bouleversements pour cette campagne toujours très bien approvisionnée. Après les bonnes récoltes de l’hémisphère nord, les records attendus pour les principaux pays producteurs de l’hémisphère sud se confirment. En Argentine, les moissons de blé auraient atteint les 27,8 millions de tonnes selon la Bourse de Buenos Aires, soit un total supérieur de plus de 25% au précédent record de 2021-2022 de 22,4 millions de tonnes. L’Australie serait sur les mêmes tendances. Le dernier rapport du Département de l’Agriculture (Abares) de décembre tablait sur des rendements record en blé et une production de 35,6 millions de tonnes, 29% au-dessus de la moyenne décennale. En orge, ce serait même 33% supérieur à la moyenne des dix dernières années à 15,7 millions de tonnes.
En Mer Noire, ce n’est pas la production qui inquiète, avec des conditions hivernales favorables pour la prochaine récolte russe ou ukrainienne. En revanche, les attaques des infrastructures portuaires ukrainiennes par des drones russes rapportées par les autorités soutiennent les prix de la campagne actuelle localement, rappelant que la logistique reste un enjeu majeur dans la région. Les pourparlers de paix enclenchés ces dernières semaines semblent par ailleurs à l’arrêt, accentuant le risque de perturbations ces prochains mois. Il faudra néanmoins toujours compter avec la Russie sur cette campagne. L’analyste SovEcon a révisé à la hausse les exports de blé sur cette campagne à 44,6 millions de tonnes, ceux d’orge à 3,8 millions et ceux de maïs à 2,5 millions, portés par un rythme plus soutenu qu’attendu sur les dernières semaines 2025. Beaucoup de vendeurs de cette zone sont néanmoins absents en cette semaine de Noël orthodoxe.
Dans ce contexte et avec une parité eurodollar qui est repassée sous les 1,17 dollar les marchés sur Euronext ont retrouvé du soutien cette semaine. Le blé a ainsi refait surface au-dessus des 191 €/t sur son échéance mars pour la première fois en 2026. Sur la même échéance, le maïs l’a imité avec des cotations supérieures à 190 €/t.
Aux États-Unis, le prochain rapport USDA attendu le 12 janvier prochain sera très suivi par les opérateurs, notamment sur le maïs. En effet, beaucoup d’analystes estiment que les précédents chiffres de rendement et production du mois de décembre, pourtant en baisse, sont encore trop élevés. Des ajustements pourraient donc apparaitre côté production, mais aussi côté demande, elle aussi jugée surestimée. Le Brésil via son agence nationale CONAB diffusera lui aussi son bulletin mensuel d’estimation de la production agricole, avec un volume de maïs qui devrait confirmer la deuxième plus grande récolte historique du pays. La demande domestique devrait demeurer élevée cette année tirée notamment par une consommation pour la production d’éthanol soutenue, bataillant avec la demande à l’export.

