
Marché des céréales
La baisse de l’euro/dollar soutient
les prix français
Blé tendre
Le cours du blé s’améliore de 3 €/t cette semaine. La baisse de l’euro/dollar donne une petite bouffée d’air aux céréales européennes. Mais le principal soutien à cette embellie est à chercher du côté des affaires vers les Pays Tiers. L’Arabie Saoudite a finalisé ce week-end un achat de 739 kt de blé tendre. Compte tenu de la qualité exigée et des prix des différentes origines, il est fort probable qu’une bonne partie de cet achat sera exécuté au départ des ports français entre avril et juin. Enfin une bonne nouvelle sur le front de l’exportation ! La belle qualité du millésime 2017 permet exceptionnellement au blé français de fournir l’Arabie Saoudite … Certes le prix reste peu rémunérateur pour le producteur, mais la protéine cette année, si elle ne permet pas momentanément une « prime », pourrait contribuer à sauver le bilan de l’offre et de la demande du blé français. Que ce soit à destination de nos clients européens, ou de nos partenaires des Pays-Tiers, nos disponibilités en blé de qualité, renforcées par la moindre présence de l’Allemagne, permettent de conquérir de nouveaux débouchés. Tout l’enjeu maintenant, plus encore qu’en début de campagne, est bel et bien d’alimenter le marché et réussir à sortir les grains actuellement dans les silos, afin de limiter les pressions sur les prix pour la campagne prochaine.
Les optimistes se satisferont de cette belle opportunité sur l’Arabie Saoudite. Les pessimistes (ou réalistes ?) diront que cela ne compensera pas les pertes de part de marché sur l’Algérie au profit de l’Argentine, sur l’Afrique de l’Ouest au profit de la Mer Noire et sur le Maroc au profit de l’Allemagne (Cf. bilan à mie-campagne France Export Céréales dans notre rubrique Statistiques et Références). Pour le moment, le retard pris sur la première partie de campagne pèse fortement sur les perspectives. Il ne faudrait pas que le mauvais temps perturbant les opérations de chargement perdure et oblitère toutes possibilités de rattraper les volumes perdus.
Orge
Lybie, Chine, Jordanie, Tunisie : les chargements d’orge se poursuivent vers des destinations variées, signe de l’intérêt que porte les acheteurs internationaux à l’origine française. Cette bonne demande continue donc de soutenir les prix en portuaire. Et pour la première fois depuis le début de la campagne les exportations au départ de l’Union Européenne (à 3,35 Mt) dépassent celles de l’an passé à la même date (2,89 Mt).
Maïs
Le rapport mensuel de l'USDA sur l’offre et la demande mondial de grain paru jeudi 8 février est jugé neutre par les opérateurs. Il comporte peu de changements par rapport au mois passé, et aucune surprise. La légère baisse du stock aux Etats-Unis et les modifications de prévisions de production en Argentine devraient soutenir les cours du maïs sur le marché américain.
Suite au manque de pluie en Argentine, l’USDA a réduit sa prévision de la production argentine de maïs de 3 Mt pour l’établir à 39 Mt, ce qui se traduit par une diminution de 1,5 Mt des exportations argentines qui s’établissent à 27,5 Mt. Les exportations brésiliennes du maïs augmentent d’1 Mt, tandis que celles de l’Ukraine baissent de 0,5 Mt en raison d’une baisse de la production ukrainienne de maïs de près d’1 Mt. Dans le même temps l’activité export au départ des Etats-Unis s’améliore. Certes, les relations qui se tendent entre la Chine et les Etats-Unis pourraient perturber les équilibres … mais il semble qu’on ne soit qu’au début de la grande partie de poker menteur. Difficile en effet de voir la Chine se passer du soja américain.
Dans ce contexte, le maïs français réagit en suiveur du marché du blé et en profite pour gagner quelques euros, à la faveur d’affaires sporadiques sur le rapproché.





