
Marché des céréales
Frémissement sur le marché mondial du blé ?
Blé tendre
Jeudi, courait une rumeur sur une aide à hauteur de 100 % des coûts de transport ferroviaire que la Russie pourrait mettre en place pour faciliter l’acheminement des grains de l’intérieur du pays vers les ports. Réaliste, faisable, intox ou réalité ? Il est trop tôt pour le savoir. Mais parce qu’elle contribue à mettre en évidence la volonté exportatrice de la Russie, qui totalise plus de 4 Mt de céréales chargées au cours du mois d’août, cette information accentue la pression exercée par le blé russe sur le marché mondial.
Pourtant, cette semaine s’était inscrite sur une tonalité quelque peu différente, avec un frémissement à la hausse des cours sur diverses places internationales. Tout d’abord, les ouragans qui sévissent actuellement dans l’Atlantique impressionnent par leur intensité et suscitent de fortes inquiétudes et des incertitudes pour les marchés. Après Harvey qui a endommagé les installations pétrolières et portuaires, les chargements au départ de la côte texane n’ont pas encore repris. Quant à Irma, c’est son passage attendu sur la Floride et peut-être sur une partie de la côte est américaine qui retient l’attention des marchés. Anticipations irrationnelles ou censées ? Il faudra attendre la semaine prochaine pour décrypter plus objectivement les impacts éventuels de ces évènements sur le commerce des grains.
Alors que les récoltes de l’hémisphère nord touchent à leur fin, l’attention est maintenant concentrée sur les zones de production de l’hémisphère sud. En Argentine, des excès de pluie persistent dans le nord et l’est du pays. Selon certaines sources, ce pourrait être un tiers des surfaces de blé qui serait impacté par ces mauvaises conditions. En Australie, le sud et l’est du pays sont exposés à des vent secs et à des températures plus froides que la normale, avec des risques élevés de gel. Dans ces deux pays, les prix se sont appréciés ces derniers jours. En Chine également, les cours progressent sur la Bourse de Dalian. Quant aux USA, c’est essentiellement la baisse du dollar qui soutient la reprise des prix à Chicago.
En Europe, les cours peinent à prendre une direction. Les chargements dans les ports de l’UE font pâle figure au regard des performances russes et ukrainiennes. Depuis le 1er juillet, les exportations de blé de l’Union européenne ont totalisé seulement 2,7 millions de tonnes, soit 48 % de moins que l’an passé à pareille date. Tandis que les ventes d’orge ont atteint 543 000 tonnes, soit 54 % de moins qu’en 2016. La proportion de blé allemand qui pourrait correspondre aux exigences des Pays-Tiers pourrait encore baisser significativement. Au problème qualitatif s’ajoute le prix. Comme en France, les prix à destination du secteur de l’alimentation animale sont, à ce jour, plus attractifs que le marché meunier mondial. Par contre, la demande en blé de qualité pour la meunerie allemande génère un regain d’activité au départ de la France.
Maïs
Les cours du maïs évoluent peu cette semaine sur la scène internationale. Les USA peinent toujours à réaliser leur programme d’exportation alors que le Brésil a fait preuve d’une cadence exceptionnelle tout au long du mois d’août. Ainsi, 5,6 Mt de maïs ont été chargés dans les ports brésilien en août, soit 2 fois plus qu’en août 2016 !
En Europe, les droits de douane variables imposées sur les maïs qui entrent dans l’union européenne en fonction du cours du maïs américain sont à ce jour de 10$/t. Depuis le mois d’aout, les prix Mer Noire s’ajustent en conséquence pour tout de même entrer dans l’Union Européenne … Toutefois, la cadence des imports semble ralentir avec un chiffre nettement plus bas cette semaine. Ceci étant, le maïs français reste déconnecté et les prix Fob France apparaissent plus cher d’environ 15 €/t par rapport aux maïs importés par les fabricants du nord de l’Union européenne.
Orge
La demande en portuaire reste présente et les primes proposées tant à Dunkerque, La Pallice que Rouen restent fermes, avec une préférence marquée par les chargeurs pour les ports pouvant chargées des bateaux de plus de 50 kt.




