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Actualités de la filière

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PPL simplification



Une réponse nécessaire à la crise de compétitivité de la filière alimentaire

Proposition de loi de simplification des sénateurs Laurent Duplomb et Franck Menonville : Une réponse nécessaire à la crise de compétitivité de la filière alimentaire.

Face aux multiples chocs, climatiques, sanitaires, économiques et de consommation qui fragilisent les filières agricoles et agroalimentaires et menacent la production française, et alors que la stratégie de montée en gamme adoptée par la France montre ses limites dans un contexte d’inflation dans des marchés ultra-concurrentiels, La Coopération Agricole salue l’initiative législative portée par les sénateurs Laurent Duplomb et Franck Menonville. Ce texte "antidote" vise à libérer la production agricole de certaines surtranspositions normatives et vient répondre aux nombreux appels lancés par La Coopération Agricole sur la mise en œuvre d’un choc de simplification et de compétitivité au service d’une stratégie alimentaire conquérante.

Cette proposition de loi, qui intègre plusieurs recommandations de La Coopération Agricole "pour moins de complexité et plus de compétitivité", est indispensable pour enrayer le déclin de la production française et engager la reconquête de notre souveraineté agricole et industrielle. Basée sur des mesures ciblées pour permettre de rétablir les moyens de production nécessaires et faire face à la concurrence déloyale que nous dénonçons tous, elle complètera utilement les dispositions prévues dans loi d'orientation agricole. Parmi les mesures phares, l’abrogation de la séparation vente-conseil est la conséquence logique de l’ensemble des travaux parlementaires menés depuis plusieurs années, lesquels dénoncent unanimement l’inefficience de cette mesure.

La simplification des contraintes administratives et réglementaires sur la modernisation des élevages prévue par cette proposition de loi est également fortement attendue par les professionnels pour se donner les moyens de produire l’alimentation qui est aujourd’hui consommée en France et de gagner en compétitivité sur nos marchés nationaux comme à l’export.

Pour Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole : « La compétitivité de nos filières agricoles et agroalimentaires passera par un choc de simplification et de compétitivité. Je remercie les sénateurs Laurent Duplomb et Franck Menonville de donner l’occasion à la représentation nationale les moyens d’y parvenir. Assumons qu'il faut être compétitifs pour libérer notre potentiel de production et construire une stratégie alimentaire conquérante, nous permettant d'investir sur du long terme en faveur de notre souveraineté agricole et industrielle, tout en poursuivant notre engagement dans les transitions. »

VEG&LAIT



Une association vertueuse du lait et des légumineuses

Lauréat du programme d’investissement d’avenir, VEG&LAIT a démarré en 2024. Ce projet ambitieux, piloté par INRAE et auquel participe Terres Inovia, vise à produire des aliments plus durables et nutritifs, mais aussi à transformer de manière systémique les pratiques agricoles et les chaînes d'approvisionnement alimentaires.

Vers une transformation des légumineuses à la ferme

L’introduction des légumineuses au cœur des filières laitières constitue une belle opportunité pour adapter les systèmes alimentaires au changement climatique et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

C’est tout l’enjeu du projet VEG&LAIT, qui entend exploiter la complémentarité entre le lait et les légumineuses pour créer une filière intégrée de produits mixtes associant ces deux ingrédients et, de ce fait, promouvoir une transition agroécologique en développant des chaînes courtes de production et de transformation des légumineuses à la ferme. Une manière aussi de répondre à la demande croissante de produits alimentaires durables et diversifiés.

Différents scénarios évalués

Lancé en mai 2024 pour cinq ans et piloté par l’INRAE, ce projet contribue à l'engagement du plan France 2030 en faveur d'un système alimentaire sain et durable.

Lauréat du programme d’investissement d’avenir par le biais de l’appel à projets Prot-Leg de France 2030, VEG&LAIT propose en effet une « troisième voie », construite sur l’association vertueuse du lait et des légumineuses. Cette construction implique toutes les parties prenantes de la ferme à l’assiette, en tirant parti de l’ancrage territorial et des capacités de diversification de ses partenaires.

L’objectif est ainsi de produire des aliments plus durables et nutritifs, mais aussi à transformer de manière systémique les pratiques agricoles et les chaînes d'approvisionnement alimentaires.

VEG&LAIT évaluera ainsi différents scénarios incluant l’autoproduction de légumineuses à la ferme, leur transformation en farines, concentrés ou isolats sur des outils de proximité puis leur mise en œuvre dans la formulation de « yaourts », crèmes desserts et glaces mixtes de qualité fermière.  

Le rôle actif de Terres Inovia

Coordonné par INRAE, VEG&LAIT mobilise l’expertise de Terres Inovia sur les légumineuses. L’institut technique sera chargé, en particulier, d’évaluer les risques sanitaires et les impacts environnementaux, mais aussi d’analyser les données pour les choix agronomiques, les inventaires de cycles de vie et les inventaires des dangers.

Consulter la fiche dédiée au projet

« Coup de pousse 2024 »

7 projets pour semer l’avenir !



Grâce à l’opération “Coup de Pousse 2024”, lancée en mars dernier par la section Diversité des semences de SEMAE, afin de soutenir de petites associations locales, 7 projets innovants vont voir le jour pour préserver le patrimoine semencier. Découvrez ces initiatives qui font germer l’avenir !

Début juillet, un jury d’experts s’est réuni pour étudier les 15 dossiers reçus à la suite de l’appel à projets “Coup de pousse 2024” dont l’objectif est de promouvoir des actions locales et sensibiliser aux enjeux liés aux semences.

Un élan de solidarité pour la biodiversité

Face à l’érosion de la biodiversité et à l’importance de préserver les semences locales, SEMAE a souhaité soutenir des initiatives citoyennes.
Grâce à une enveloppe globale de 20 000 €, 7 projets portés par des associations de toute la France vont pouvoir se concrétiser. Cette enveloppe a été partagée entre tous les projets afin d’en permettre la faisabilité, dans la limite de 3 000 € par projet.

Des projets variés pour répondre à tous les enjeux

De la création de grainothèques à la réalisation d’essais comparatifs de variétés anciennes, en passant par des ateliers de sensibilisation à destination des scolaires, les projets des lauréats sont aussi variés qu’ambitieux.

Quelques mots sur les gagnants de cette première édition :

  • « Occupons-nous de nos oignons ! » : remise au goût du jour d’un oignon local par sa sélection, sa multiplication, sa diffusion et sa consommation, sur l’initiative de l’association Agrobio Périgord.
  • Essais comparatifs de variétés de légumes : dans l’objectif de sensibiliser à la diversité des variétés de légumes dans les potagers, la SNHF (Société nationale d’horticulture de France) souhaite réaliser des essais de comparaison de variétés de légumes par participation citoyenne de jardiniers amateurs répartis en France.
  • « Semons la biodiversité à Sarcelles ! » : l’association Inven’terre propose la mise en place d’une grainothèque sur la ville de Sarcelles, qui permettra de sensibiliser le public à la biodiversité et au développement durable. Génératrice d’échanges et de partage, de lien social et de convivialité, le but d’une grainothèque est d’impliquer le public en tant qu’acteur de son environnement.
  • « Super-Graines » : ce projet s’inscrit dans les objectifs de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs, de sensibiliser et d’accompagner l’évolution des méthodes plus respectueuses de jardinage amateur. Il s’agit d’un accompagnement des associations de jardins familiaux (via des formations), pour une meilleure prise en compte de l’importance du choix des semences dans l’adaptation des plantes au changement climatique.
  • « Le Village de Stains : Semons, Récoltons et Partageons » : également porté par la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs, ce projet vise à la création d’une grainothèque et l’organisation d’ateliers dans le cadre d’une action citoyenne de végétalisation de la ville.
  • « Grainothèque partagée des jardins Vaudaix » : dans l’objectif de rapprocher les urbains avec la nature, l’association Graines urbaines souhaite valoriser sa grainothèque par des animations et des ateliers d’initiation au jardinage dans des collèges, des écoles, des crèches ou encore des IME (instituts médicaux éducatifs).
  • « Graines de terroirs » : il s’agit d’un projet participatif de diffusion des semences patrimoniales et savoir-faire, porté par l’association Graines de troc.

En soutenant ces projets, SEMAE réaffirme son engagement en faveur d’une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Ces initiatives sont autant de graines d’espoir pour un avenir où chacun pourra préserver le patrimoine semencier, pour les générations futures.

Plus d’informations : Appel à Projets : Coup de Pousse 2024

BASF Agro poursuit

son engagement pour l’agroécologie



BASF France – Division Agro vous propose un point d’étape sur l’avancement de sa feuille de route agroécologique à horizon 2030. L’innovation, l’agriculture durable et les partenariats sont au coeur de notre stratégie d'entreprise : focus sur les investissements du Groupe BASF en R&D, son pipeline d'innovations à venir, dont des biosolutions, son agriculture numérique, le Carbon Farming pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Axe Innovation & Durabilité : diversifier l'offre pour répondre aux besoins

BASF France – Division Agro a toujours aspiré à se positionner comme acteur pionnier de l’innovation. Rester innovant dans la conception d’offres concrètes et rentables pour l’agriculture s’avère chaque année plus complexe, dans un monde en perpétuel renouvellement. Le chemin de l’innovation et de la durabilité est aujourd'hui un défi commun impliquant l’ensemble des acteurs du monde agricole. En ce sens, BASF France – Division Agro fait de la co-construction son ambition première, reflétée au travers du déploiement d’initiatives partenariales concrètes.

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Crise de la filière céréalière



Les annonces d’Annie Genevard témoignent d’une prise en compte de la situation mais restent encore trop floues pour répondre concrètement à l’urgence !

Très attendues par les céréaliers confrontés à leur pire moisson depuis 40 ans, les mesures annoncées par Annie Genevard pour répondre à l’urgence économique, peinent à rassurer les producteurs dont les trésoreries sont désormais dans le rouge. Si les dispositifs annoncés semblent répondre aux attentes et propositions de la profession, c’est davantage leurs critères et modalités d’application qui interrogent l’AGPB sur leur réelle capacité à bénéficier aux agriculteurs.

« Certains pourraient nous reprocher de faire la fine bouche, alors disons-le clairement : Annie Genevard a entendu nos attentes et les grandes lignes de nos propositions, et nous saluons son écoute pour nous aider à passer le cap, mais pourquoi tant de zones d’ombres et si peu de concret ? » questionne inquiet Eric Thirouin, le président l’Association Générale de Producteurs de Blé et autres céréales à paille (AGPB).

Pour le président des céréaliers français, les critères et les modalités d’application des dispositifs proposés sont en l’état, trop peu précis pour garantir un soutien réellement efficient à court terme auprès des agriculteurs dont les trésoreries sont désormais le rouge : « Concernant les prêts à taux bonifiés, nous n’avons eu de cesse de défendre depuis le mois d’août des prêts à un taux maximum de 1% sur 5 ans . Aujourd’hui on nous annonce que celui-ci pourrait être de 2% sur 3 ans, se rapprochant ainsi de prêts bancaires classiques : quel serait alors l’intérêt pour soulager et sécuriser la trésorerie des agriculteurs ? » interroge Eric Thirouin en soulignant qu’au regard de complexité des formalités à remplir, le jeu n’en vaudrait alors pas la chandelle.

Sur les réponses économiques de long terme, même déception : si l’AGPB salue l’intention de proposer des prêts de restructuration de la dette avec une prise en charge du risque garantie par l’Etat à la hauteur de 50%, son président déplore le manque de réalisme de la mesure : « Ces prêts sont proposés pour une durée de seulement  5 à 7 ans, c’est bien trop peu pour espérer remettre sur pied l’économie de son exploitation,  alors qu’il faudrait 10 à 15 ans pour que cela soit économiquement supportable ! »

Eric Thirouin avertit : « Les mesures attendues ne peuvent plus se limiter à de simples effets d’annonce mais doivent pouvoir bénéficier concrètement à tous les agriculteurs en urgence ! », en expliquant que les propositions de l’AGPB appellent également à la mise en place d’un fond d’allègement des charges bénéficiant réellement aux céréaliers, ainsi qu’à la demande d’activation par la France de la réserve de crise européenne.

Pour l’AGPB, ces mesures conjoncturelles essentielles ne doivent pas faire oublier pour autant, l’urgence structurelle, et plus particulièrement la fragilisation des moyens de production qui menace la compétitivité agricole française : « Alors que le désarroi dans nos campagnes explose à nouveau, nous restons déterminés à défendre l’avenir de notre souveraineté alimentaire face à des politiques agricoles hors sol » conclut Eric Thirouin.

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Suivi de la biodiversité



Une caméra embarquée pour capter l’insaisissable

Observer presque n’importe quel animal ou plante, au gré des intempéries, de jour comme de nuit. Cela a été rendu possible grâce au travail de chercheurs de Westlake University, en collaboration avec INRAE, qui ont conçu une « caméra à vision embarquée » capable d’analyser les images en temps réel et en continu. L’appareil, léger et facilement déployable, a pu être testé dans différents cas d’application en Chine. Les scientifiques ont même pu capturer de nuit des photos de renards volants (très grandes chauves-souris) pollinisant des fleurs de durian. Les résultats publiés le 28 octobre dans la revue Methods in Ecology and Evolution décrivent une nouvelle méthode automatique de suivi de la biodiversité.

Pour protéger et gérer la biodiversité, il est nécessaire de l’inventorier et la suivre, mais elle est souvent difficile à détecter car cachée, minuscule ou fuyante. La technologie est d’une aide précieuse pour recenser les espèces et étudier leur comportement. Souvent, les scientifiques utilisent les « pièges photos », des caméras placées à des endroits stratégiques qui s’activent par détection de mouvement grâce à des capteurs infrarouges qui captent la chaleur.

Ce système, approprié pour les animaux suffisamment près ou grands, ne permet pas de détecter d’autres organismes comme les insectes (trop petits), les chauves-souris (trop rapides), les oiseaux (trop lointains) ou encore les plantes (immobiles). Le déclenchement étant déconnecté du contenu de l’image, des faux positifs peuvent se produire par la chute d’une branche ou des faux négatifs à cause d’une chaleur environnante trop importante.

Une nouvelle technologie : la caméra à vision embarquée

Des chercheurs de Westlake University, en collaboration avec INRAE, ont mis au point une « caméra à vision embarquée », capable d’analyser les images en temps réel et en continu. Dans ce système, l’appareil photo est associé à des traitements algorithmiques ce qui permet, contrairement aux « pièges photos », d’extraire des informations provenant des images en direct via la reconnaissance de formes, l’analyse de mouvement ou encore la détection d’objets.

En partant de cette technologie, les scientifiques ont conçu des appareils légers et étanches, alimentés par des batteries et donc déployables sur le terrain. Le boîtier peut intégrer différents objectifs pour varier les angles de vue et la mise au point. D’une autonomie de plusieurs jours, il peut également être relié à une batterie externe ou des petits panneaux solaires.

Observer l’invisible : l’exemple de la pollinisation du durian

Pour montrer la robustesse de ce dispositif, les scientifiques l’ont testé à travers 6 cas d’études dans les régions tempérées et tropicales de Chine. Ils ont pu détecter automatiquement des chauves-souris en vol et leurs proies, des insectes ravageurs nocturnes de cultures de riz, des canards mandarins sur un lac, des abeilles pollinisant des fleurs de colza ou encore des œillets tapissant le sol.

L’exemple le plus emblématique est celui de la prise de vue de renards volants (une espèce de très grande chauve-souris frugivore) qui pollinisent des fleurs de durian. C’est sur l’île de Hainan, située au Sud de la Chine, que les scientifiques ont installé leur caméra embarquée près d’un arbre à durian, en période de floraison. Bien que les chauves-souris soient connues pour leur service de pollinisation, aucune preuve n’avait été rapportée dans cette région du monde et la pollinisation des fleurs était faite à la main pour produire le « roi des fruits » du Sud-Est asiatique. L’appareil a été mis en place durant 12 nuits consécutives, ce qui a permis aux scientifiques d’obtenir 122 images de renards volants, dont 59 où le mammifère butine une fleur.

Ainsi, le dispositif a montré son efficacité dans de nombreux domaines d’application, de l’étude du comportement à l’écologie du paysage en passant par l’agronomie. Il pourrait par ailleurs être utile aux parcs naturels car l’appareil peut fonctionner en dehors du réseau électrique et sans connexion internet. Ce système a été développé en une version commerciale, brevetée en Chine et disponible à l’international, et également en une version ouverte en libre accès, imprimable en 3D, qui continue d’être développée par le chercheur INRAE et ses nouveaux partenaires et collègues français.

Référence : Darras K., Balle M., Xu W. et al. (2024). Eyes on nature: Embedded vision cameras for multidisciplinary terrestrial biodiversity monitoring. Methods in Ecology and Evolution, DOI:  https://doi.org/10.1111/2041-210X.14436
Photo : © Marcel Balle