Présentation des conclusions de la mission flash sur l’incidence économique de l’utilisation d’hydrocarbures dans la production d’huiles alimentaires et leur mise sur le marché
Réaction de l’interprofession
À l’occasion de la présentation des conclusions de la mission flash sur l’incidence économique de l’utilisation d’hydrocarbures dans la production d’huiles alimentaires et leur mise sur le marché, qui a eu lieu aujourd’hui, par ses co-rapporteurs Richard Ramos et Julien Gabarron, en commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale, Terres Univia regrette que les premiers éléments présentés en séance ne traduisent pas les actions et l’implication de la filière qui ont été évoquées en toute transparence dans le cadre de la mission flash.
À ce titre, Terres Univia rappelle que l’interprofession a lancé de nombreux travaux pour préciser les connaissances disponibles sur l’utilisation de l’hexane dans la fabrication des denrées alimentaires, notamment des huiles végétales. Elle s’est aussi engagée proactivement dans une démarche de transparence pour mettre ces travaux à la disposition des rapporteurs à l’occasion de l’audition de Laurent Rosso, directeur de Terres Univia, par la mission flash, le 4 novembre 2025.
Dans ce contexte, l’interprofession des huiles et protéines végétales souhaite aujourd’hui rappeler certains éléments scientifiques présentés à cette occasion :
- Il existe une différence fondamentale, étayée par de nombreuses études scientifiques, entre les effets potentiels d’une substance causés par l’inhalation d’une part et l’ingestion d’autre part. Dans ce cadre, Terres Univia s’est volontairement concentrée sur les effets par ingestion, seuls pertinents au regard de l’exposition des consommateurs, et a conduit une revue bibliographique des connaissances scientifiques disponibles sur ce volet. Aucune des études scientifiques répertoriées n’a apporté d’éléments nouveaux permettant de remettre en cause les connaissances actuelles. Ces éléments ont été transmis aux rapporteurs de la mission flash.
- La présence de traces infimes d’hexane dans les huiles végétales est strictement encadrée par une réglementation protectrice dont l’objectif prioritaire, celui de garantir la santé des consommateurs, est pleinement partagé par la filière. Cette réglementation fixe une limite maximale de résidus dans les huiles, établie avec une marge de sécurité très élevée afin de protéger le consommateur.
- Par ailleurs, alors que la détection d’éventuelles traces d’hexane dans les aliments d’origine animale continue de faire l’objet d’interrogations, Terres Univia a engagé des travaux sur le sujet. À ce titre et dans une démarche responsable, Terres Univia a fait réaliser des analyses sur produits alimentaires par des laboratoires indépendants dont les résultats ne montrent pas la présence de traces d’hexane dans les produits testés. Elle a également sollicité la Direction Générale de l’Alimentation pour obtenir un avis référent à apporter au débat. Ces éléments ont également été portés à la connaissance de la mission flash.
- La filière étudie depuis plusieurs années les solvants alternatifs à l’hexane et leur application industrielle. Ces travaux donnent lieu à plusieurs publications scientifiques, mettant en évidence que tout changement de technologie doit être évalué de façon globale, au regard de l’ensemble des critères sanitaires, environnementaux, techniques et économiques.
- Enfin, un cadre réglementaire applicable à l’étiquetage des produits existe. Cette réglementation précise que la catégorie des auxiliaires technologiques, dont l’hexane fait partie, n’a pas à figurer sur les étiquettes.
Terres Univia tient également à rappeler que les travaux menés par l’Assemblée nationale doivent être considérés dans le contexte plus global des travaux de réévaluation réalisés par l’EFSA, dont les conclusions sont attendues en novembre 2027. Cette réévaluation ne signifie pas qu’un risque avéré ait été identifié, mais qu’il convient de consolider les données disponibles avant de tirer des conclusions. Attachée à la production de produits sains pour les consommateurs, la filière y participe activement et volontairement via la transmission de l’ensemble des travaux qu’elle engage. Dans la poursuite de ses objectifs de qualité sanitaire, de réduction des impacts environnementaux et de performance industrielle, la filière poursuit ses efforts d’innovation afin de réduire encore les traces d’hexane résiduelles, de développer des méthodes d’analyses fiables, d’étudier l’impact des résidus dans l’alimentation des animaux et ses travaux de R&D sur les procédés et solvants alternatifs.

Nouvelle publication proposée par Terres Univia, Perspectives et Innovation s’attache à présenter les résultats des projets de Recherche & Développement financés par les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales. Pour ce premier numéro, la part belle est donnée à l’alimentation animale avec un panorama des usages des tourteaux dans les élevages français.
L’observatoire ORIFLAAM, une base de données clé pour l’alimentation animale
L’Observatoire des Ressources Incorporées dans les Flux de l’Alimentation AniMale (ORIFLAAM) a été déployé en 2023. C’est un outil d’observation de l’alimentation des animaux, issu du groupe de travail « Protéines pour les filières animales » de Terres Univia.
Son originalité : une passerelle entre les filières animales et végétales, avec une segmentation par filières animales et par typologies d’aliments (conventionnel, non OGM et bio).
Pour Isabelle de la Borde, en charge de l’Observatoire, ORIFLAAM est le fruit d’une vision commune et collaborative de la filière : « Avec ORIFLAAM, c’est le collectif qui prime. Nous avons fait le pari de mettre en place un outil commun, avec des données vérifiées et partagées par tous, filières animales et végétales confondues. Ce panorama est la suite logique du traitement de la donnée et nous permet d’en tirer des enseignements les plus proches de la réalité possible ».
Un objectif principal en filigrane : améliorer la connaissance sur les flux de matières premières à destination de l’alimentation animale et suivre ses évolutions sur le long terme.
C’est grâce au travail collectif de onze partenaires que ce projet a pu voir le jour : FranceAgriMer, Terres Univia, Sofiprotéol pour le compte du Fonds d’Actions Stratégiques pour les Oléagineux et les protéagineux (FASO), l’ensemble des interprofessions animales et végétales (Anvol, Cniel, Inaporc, Interbev, Intercéréales), les syndicats des fabricants d’aliments du bétail (FAB – La Coopération Agricole Nutrition Animale et SNIA) et Duralim.
Un panorama de la campagne 2022/23
La gestion des données dans le cadre d’ORIFLAAM nous a permis de dresser un panorama de la campagne 2022/23. Lors de cette période, l’élevage français a consommé 95,3 millions de tonnes (Mt) de matières premières et de fourrages, dont 6,7 Mt d’oléagineux. Le tourteau de soja confirme sa domination dans la ration du cheptel français avec 45% des usages, suivi de près du tourteau de colza et du tourteau de tournesol.
Quatre filières animales concentrent 93% des usages de tourteaux : bovins lait, porcs, volailles de chair et bovins viande.
Si on considère la ration complète, en y incluant les fourrages, l’autonomie protéique des élevages atteint 84%. Si l’on ne prend en compte que les aliments fabriqués seuls, celle-ci se situe à 49%. Il est à noter que les filières non OGM et bio renforcent leur autonomie protéique en faisant appel prioritairement à des tourteaux français.
Perspectives & Innovation – Panorama des usages des tourteaux dans les élevages...