
Marché des céréales
Un quart du maïs produit dans le monde est transformé par l’industrie
En 2025-2026, la production mondiale de maïs est estimée à 1 276 Mt par le Conseil international des céréales (CIC). Elle progresserait de 50 Mt comparée à l’an passé. L’alimentation animale reste le premier débouché (751 Mt). Les échanges commerciaux stagneront. Mais 342 Mt de maïs seront livrées à l’industrie et notamment distillées en bioéthanol.
L’orge fait bande à part sur les marchés français des céréales. La tonne de grains vaut une douzaine d’euros de moins que le maïs dont le prix équivaut peu ou prou à celui du blé. Les récentes précipitations n’ont pas levé les inquiétudes des planteurs français, du sud-ouest en particulier. Le déficit hydrique persiste. Les conditions de cultures sont un peu plus défavorables chaque semaine. Selon FranceAgriMer, seules 69 % étaient encore bonnes ou très bonnes la troisième semaine du mois de juillet dernier. L’an passé, elles l’étaient à hauteur de 82 %.
Le Conseil international des céréales (CIC) reste cependant confiant. Dans son dernier rapport, il estime la production potentielle de maïs en France à 13,4 millions de tonnes (Mt). Il l’a même réévaluée de 500 000 tonnes par rapport à sa prévision du mois de juin.
Dans le reste de l’Union européenne, le CIC commence à prendre en compte la dégradation des conditions de cultures en estimant dorénavant la production de maïs des vingt-sept Etats membres à 60 Mt. Elle serait ainsi inférieure de 2 Mt à la prévision du mois passé. Mais l’organisation n’a pas encore pris conscience de la situation dramatique observée en Bulgarie et en Roumanie, confrontées à une sécheresse d’une rare intensité.
Aussi le déficit européen de maïs sera de nouveau comblé par plus de 20 Mt d’importations.
Mais la planète ne manquera pas de maïs durant la campagne 2025-2026 à en croire encore les prévisions du CIC. L’organisation estime à 1 276 Mt la production mondiale de grains. Elle progresserait ainsi de près de 50 Mt comparée à la précédente campagne. La Chine en engrangerait 300 Mt et les Etats-Unis 399 Mt…pour ne pas dire 400 Mt. La céréale américaine se développe du reste très bien cette année. Le rendement est d’ores et déjà estimé à 11,4 tonnes par hectare. « Les conditions nationales sont jugées bonnes/excellentes à 74 %, contre 68 % l'an dernier et 65 % pour la moyenne quinquennale », rapporte le CIC.
Cette campagne-ci, le maïs récolté en plus dans le monde sera avant tout consommé par les pays producteurs. L’alimentation animale reste le premier débouché (751 Mt). Les échanges commerciaux porteront comme l’an passé autour de 186 Mt. Mais les Etats-Unis, et leurs 67 Mt de grains exportables, seront concurrencés par l’Argentine au cours de la seconde partie de la campagne de commercialisation.
En attendant, les Etats Unis exportent leurs grains à près de 90 pays dans le monde, selon le CIC. Toutefois, 30 Mt des grains sont expédiées au Mexique (le premier pays client) et au Canada. Les Etats-Unis inondent aussi l’Asie-Pacifique (et notamment le Japon) en y écoulant près de 25 Mt de grains.
La campagne passée, ils étaient aussi les seconds fournisseurs de grains d’Union européenne, après l’Ukraine et aux dépens du Brésil.
Mais le débouché en plein essor est la transformation industrielle, et en particulier la production d’éthanol.
« La consommation industrielle mondiale devrait augmenter de 2 %, pour atteindre un record de 342 Mt, dont 192 Mt (+ 2 %) pour la production d'éthanol carburant », souligne le CIC.
Au Brésil, 25 % de la production d’alcool est issue de la transformation de 20 % de la production nationale. Et comme le taux d’incorporation de bioéthanol dans l’essence est dorénavant de 30 %, la proportion est appelée à croître dans les tous prochains mois. Au total, plus de 24 Mt de grains seront transformées en alcool.
Mais les Etats Unis restent le premier pays producteur de bioéthanol. En 2025-2026, « l’équivalent de 139,7 Mt de grains seront distillées comme la saison précédente, rapporte le CIC. Et une part croissante de l’éthanol produit est exportée. Elle compense le repli de la consommation d’essence observée depuis quelques années sur le marché américain ».

