
Marché des céréales
Les prix des céréales plombés par de bonnes perspectives de récolte et une demande internationale atone
Les marchés céréaliers européens et américains sont en repli sur la semaine, sous l’effet conjugué de bonnes perspectives de récoltes, d’une demande internationale peu dynamique et d’un contexte géopolitique plus apaisé. Le blé, le maïs et l’orge ont tous vu leurs prix reculer sur les marchés à terme comme sur les places physiques.
Le cours du blé sur Euronext a été orienté à la baisse toute la semaine, perdant plus de 13 €/t sur l’échéance septembre 25 entre le 20 et le 26 juin. La tendance s’explique par la lourdeur du bilan mondial. Le dernier rapport du Conseil International des Céréales, en date du 26 juin, annonce une production mondiale de blé 2025/26 en hausse de 1% à 808 millions de tonnes (Mt), soit un nouveau record. Cette hausse s’explique par des conditions de culture généralement favorables à l’hémisphère Nord dont les récoltes débutent.
Ces chiffres sont en accord avec le dernier rapport MARS de la Commission Européenne en date du 23 juin, qui attend une production européenne de blé en hausse de 1,6 Mt sur un mois, à 128,2 Mt. D’après ce même rapport, la production française est attendue en hausse de 530 000 t sur un mois, à 32,55 Mt.
L’état des culture françaises corrobore cette hausse de production puisqu’au 23 juin, Cere’obs juge que 68% des surfaces de blé français sont dans un état « bons à très bons » (60% en récolte 2024). Il en est de même pour l’orge d’hiver à 64% (63% en récolte 2024). A noter que les moissons d’orge d’hiver ont débuté sur l’Hexagone. Leur avancement est estimé à 22% par ce même rapport Cere’Obs. Les premiers échos des campagnes sont plutôt rassurants sur les rendements et les poids spécifiques de la récolte, ce qui vient peser sur un marché déjà peu dynamique en raison de l’absence marquée de la Chine.
Aux Etats-Unis, les travaux de récolte du blé d’hiver sont estimés réalisés à 19%. Ce retard de 19 points par rapport à la campagne précédente s’explique par une météo défavorable aux moissons ces dernières semaines. Mais le retour de conditions climatiques favorables ces prochains jours devraient accélérer significativement la récolte.
Ces mêmes conditions humides sont très favorables au maïs états-unien avec 70% des cultures en place jugées bonnes à excellentes. La fenêtre météo qui s’ouvre avec un temps sec et chaud devrait encore améliorer ces conditions de culture.
Le Brésil aussi a bénéficié de conditions de culture favorable au maïs, poussant AgroConsult à revoir ses prévisions de production safrinha à la hausse, passant de 112,9 Mt à 123,3 Mt.
Ces bonnes conditions de culture ont impacté à la baisse les cours du maïs sur le CBOT. Les cours sur Euronext n’ont pas montré de résistance malgré une dégradation des conditions de cultures en France qui passent de 83% à 81% des surfaces jugées comme « bonnes à très bonnes » (stable par rapport à la récolte 2024).

