
Marché des céréales
L’Argentine, l’Afrique du Sud et le Brésil mobilisés pour produire 213 millions de tonnes de maïs
Dans l’hémisphère Sud, ces trois pays vont cultiver 34 millions d’hectares de maïs cette année. Leurs récoltes sont annoncées abondantes alors que les échanges commerciaux, en repli la campagne passée, ne retrouveront pas leur niveau de 2023-2024.
Dans son nouveau rapport, le Conseil international des céréales (CIC) estime dorénavant à 1 312,6 millions de tonnes (Mt), la production mondiale de maïs durant la campagne actuelle. Les 73 Mt de grains supplémentaires alors engrangées seraient en partie destinées à la fabrication d’aliments (33 Mt d’aliments). Mais les échanges commerciaux de maïs retrouveraient à peine leurs niveaux de 2023-2024 (196 Mt ; +10 Mt). Aussi, les stocks de report seront supérieurs de près 20 Mt à ceux de l’année passée.
la production de la céréale augmentera dans de nombreux pays importateurs. Aussi, leur dépendance à l’égard des marchés sera moins importante pour couvrir leurs besoins. Par ailleurs, le maïs est concurrencé par d’autres commodités.
A Bordeaux, ces prévisions contribuent à la quasi-stabilité des cours des céréales depuis une semaine autour de 183-184 € la tonne alors que le dollar vaut 1,18 €.
Selon, le CIC l’Argentine cultivera 8,5 millions d’hectares (Mha) comme l’an dernier. Les semis sont quasiment achevés. « Mais la chaleur et la sécheresse des deux derniers mois ont compromis les perspectives de rendement dans les principales zones de production », souligne le CIC. En conséquence, la production de maïs est dorénavant estimée à 58,5 Mt et non plus à 59,3 Mt. Toutefois, elle sera supérieure de 13 % à celle de 2025. Mais le pays n’est pas à l’abri d’un nouvel accident climatique.
Au Brésil, 22,8 Mha de maïs seront cultivés (+1,2 %) en première et seconde récolte d’ici la fin de l’été austral. « En tenant compte des perspectives de rendement légèrement meilleures… la production totale est estimée à 137,7 Mt (+2 %)», rapporte le CIC. Elle serait alors supérieure de 2,1 Mt à celle estimée le mois passé.
Enfin, le CIC table sur une production sud-africaine de maïs 16,6 Mt sur les 3 Mha semés. Elle serait inférieure de 0,6 Mt à 2025 en raison des conditions de cultures séchantes.
Ces trois pays ont l’intention d’exporter plus de 80 Mt de maïs d’ici la fin de la campagne actuelle en concurrençant les Etats-Unis (82 Mt exportables) et l’Ukraine (22,5 Mt exportables).
L’Ukraine toujours en proie à des difficultés
Or cette dernière fait toujours face, depuis l’automne dernier, à de sérieuses difficultés pour écouler ses récoltes à l’export.
D’octobre à janvier, l’Ukraine n’a acheminé que 7,8 Mt de maïs, soit 1,8 Mt de moins que l’an passé durant la même période. Les trois premières destinations sont l’Union européenne (3,5 Mt), la Turquie (2 Mt) et l’Egypte (0 ,5 Mt)
Cette campagne-ci, « près de la moitié des exportations seront destinées à l'Europe (principalement l'UE), le reste étant acheminé vers le Proche-Orient (Turquie), l'Afrique du Nord (Égypte, Libye) et l'Extrême-Orient », commente le CIC.
Par ailleurs, l’Ukraine a quasiment perdu le marché chinois puisque l’Empire du milieu puise dans ses stocks pour compenser ses déficits structurels. Toutefois, les opérateurs s’attendent à son retour sur les marchés dans les prochaines semaines car le maïs chinois est cher et sa qualité déçoit.
En France, les données communiquées par les services des douanes françaises permettent de découvrir les destinations des céréales exportées depuis le début de la campagne.
Bilan commercial français partiel
A la fin du mois de janvier, 8,4 Mt de blé français ont été vendues en UE (3,96 Mt) vers notamment la Belgique (1,07 Mt), les Pays Bas (857 000 t ou 857 kt), l’Espagne (772 kt) et le Portugal (442 kt). Les 4,46 Mt expédiées hors UE ont été essentiellement acheminées au Maroc (2,1 Mt), à l’Egypte (530 kt) et en Côte d’Ivoire (386 kt).
Autrement dit, la France a déjà vendu 3,6 fois plus de blé au royaume que l’an passé. Hormis l’Algérie, tous les pays maghrébins importent du blé français.
Sur les 2,5 Mt d’orges hexagonales exportées hors UE, 876 kt ont été acheminées en Chine et 822 kt en Arabie Saoudite.
Par ailleurs 437 kt t ont été livrées en Lybie (153 kt), au Maroc (237 kt), en Tunisie (43 kt) et en Algérie (13 kt). Et sur le marché européen, l’Orge vendue (1,24 Mr) a été en grande partie expédiée en Belgique (604 kt) et aux Pays Bas (317 kt).
Le blé dur vendu à nos voisins européens (359 kt) a été avant tout livré aux Pays Bas, en Allemagne et en Italie (environ 200 kt au total). Hors UE, le Mali (25 kt), la Mauritanie (17 kt) et le Royaume Uni (25 kt) ont acheté les 85 % des quantités de céréales hexagonales exportées.
Enfin, la France accroît ses positions sur le marché européen du maïs. Elle a déjà vendu 2,4 Mt de grains, soit 800 kt de plus que l’an passé: 768 kt ont été livrées aux Pays Bas, 668 kt en Espagne, 440 kt en Belgique et dans de moindres proportions en Italie et en Allemagne. Hors UE, l’Hexagone n’exporte qu’au Royaume Uni (191 kt) et en Suisse (64 kt).

