
Marché des céréales
L’Algérie boude toujours les blés français
Les prix toujours bas en rendu Rouen, n’ont pas suffi à remettre les blés français sur les tablettes de l’Algérie cet automne.
Cette semaine a aussi vu l’Algérie lancer un appel d’offre pour près de 500 000t de blé livraison sur novembre, un volume qui reste à confirmer. À l’instar des derniers mois, la France n’apparait pas dans les offres retenues alors qu’Alger et Paris n’ont toujours pas réparé leur brouille diplomatique. La Jordanie a quant à elle lancé un appel d’offre pour de l’orge fourragère sur des livraisons en fin d’année et un volume de 120 000 tonnes ajouté à un autre appel d’offre pour 120 000 tonnes de blé meunier. Le Matif sur décembre a ainsi poursuivi sa route dans la même lancée que les semaines précédentes avec un niveau de 190€/t en début de semaine, un léger rebond de 2€ à 192€/t mercredi, rapidement effacé le lendemain.
Sur la scène internationale, la décision du président argentin Milei de lever les taxes à l’exportation sur les principaux produits agricoles, dont les céréales a fait la Une, à défaut de bouleverser les équilibres actuels. Cette levée devait s’étendre jusqu’à la fin du mois d’octobre ou dès que les ventes atteindraient 7 milliards de dollars. Ce fut chose faite seulement deux jours plus tard, grâce à des ventes massives en oléo protéagineux et tourteaux vers la Chine, tandis que quelques blés ont été vendus principalement au voisin brésilien. Le marché mondial n’a été finalement que peu impacté par cette décision.
Le service international de l’USDA (FAS) a par ailleurs rapporté cette semaine une estimation en hausse de 1,6% des importations de l’Égypte sur la campagne 2025/2026, sur fond de croissance démographique locale. Pour rappel, l’Union européenne a exporté 1,74 millions de tonnes de blé en 2024/2025 vers cette destination, loin derrière la Russie (8,3Mt) et juste derrière l’Ukraine (2,1Mt). La mer Noire qui a d’ailleurs vu des attaques de drones sur la ville portuaire de Novorossisk en Russie, l’un des points majeurs de sorties de céréales, sans dégâts reportés sur les infrastructures toutefois.
En maïs, les récoltes se poursuivent en France avec 14% de ramassé contre 5% la semaine passée selon FranceAgriMer. Le rapport MARS de l’Union européenne a lui, rabaissé ses perspectives de rendements pour le maïs européen. L’échéance novembre sur le Matif a laissé quelques plumes en descendant jusqu’à 184,75€/tonne cette semaine avant de se reprendre et s’afficher à 186,25€ avant la séance de vendredi.
Les récoltes américaines atteignent elles les 11%, dans la moyenne quinquennale. Toujours dans les avancements des chantiers américains, 20% des blés d’hiver ont été semés, soit 3 points sous la moyenne quinquennale.
Nous en savons désormais davantage sur les exportations de céréales françaises sur la campagne 2024-2025 avec les derniers chiffres de juin publiés par FranceAgriMer. En blé tendre, ce sont 10,3 millions de tonnes qui ont été exportées au total en baisse de 40% par rapport à la campagne précédente. Information notable, les exportations vers les pays membres de l’Union européenne en ajoutant le Royaume Uni, ont progressé sur la même période d’environ 500 000 tonnes à 6,8 millions de tonnes. Près des deux tiers (68%) des exportations se sont ainsi orientées vers d’autres pays membres. Il faut remonter à la campagne 2003-2004 pour retrouver une telle proportion, la moyenne ces 10 dernières années se trouvant autour des 43%. En orge, la baisse atteint près d’1,7 million de tonnes, à 5,1 millions dont plus de la moitié vers l’Union européenne.

