
Marché des céréales
Campagne 2025-2026 : Pas de reprise sensible des échanges commerciaux
Selon le CIC, la production mondiale de céréales augmenterait de 70 Mt au cours de la prochaine campagne 2025-2026 mais aucune relance sensible des échanges mondiaux n’est en vue. Les Etats-Unis, premiers exportateurs au monde de céréales (90 Mt), pourraient être empêchés d’écouler une partie de leurs récoltes s’ils se lancent dans une guerre douanière. Les pays importateurs prendraient des mesures rétorsives à leurs égards.
En 2025-2026, les Etats-Unis resteraient le premier pays exportateur de céréales au monde, selon le Conseil International des Céréales (CIC). Ils exporteraient 90 Millions de Tonnes (Mt), de grains comme cette campagne-ci.
Selon FranceAgriMer, les Etats-Unis écoulent habituellement l’essentiel de leurs exportations de blé et de maïs au Japon, au Mexique et en Chine (56 % des ventes au cours des quatre dernières campagnes) mais aussi en Amérique centrale.
Mais qu’en sera-t-il en 2025-2026 si l’administration de Donald Trump, le président des Etats-Unis, lançait sa guerre douanière ?
Les pays importateurs de grains américains n’hésiteront pas alors à taxer, à leur tour, leurs achats de céréales ! Les Etats-Unis rencontreraient de sérieuses difficultés pour écouler leurs récoltes et leurs stocks de report croîtront. Même si le président Trump est devenu champion du rétropédalage, ses prises de position créeront un climat de défiance.
Toutefois, les pays exportateurs de céréales ne sont pas légion sur la planète. Pour remplacer les Etats-Unis boudés sur la scène internationale, les marges d’action sont faibles.
En Union Européenne, le maïs américain importé cette campagne-ci pourrait être substitué par des céréales brésiliennes ou ukrainiennes au cours de la prochaine campagne. Du reste, nous saurons le 5 juin prochain si les quotas d’exportation de céréales vers l’UE, que l’Ukraine négocie avec la Commission Européenne, prendront ou pas en compte cette nouvelle donne.
En attendant, la dévaluation du dollar par rapport à de nombreuses monnaies revient de fait à subventionner les exportations de céréales américaines. En UE, la réévaluation de l’Euro plombe de plus de 10 € le prix de la tonne de blé, quelle que soit leur destination et des mesures douanières en vigueur. Le blé russe pâtit aussi de la dévaluation du dollar même si peu de blé exportable est encore dans les silos.
A l’échelle mondiale, le CIC n’anticipe aucune réelle reprise des échanges commerciaux. Comme ils ne progresseraient que de 6 Mt pour atteindre 423 Mt, ils demeureront largement inférieurs à ceux de 2023-2024. Or la production mondiale de grains de 2 373 Mt devrait être supérieure de 70 Mt (+2 %) à celle de 2024-2025.
Ces données figurent dans le dernier rapport du CIC en partie dédié à la publication des premières prévisions pour la prochaine campagne 2025-2626.
La moitié des 70 Mt de grains récoltées en plus dans le monde au cours de la prochaine campagne serait autoconsommée. Aussi, les besoins des pays structurellement importateurs diminueraient d’autant.
La Chine maintiendrait notamment ses importations (28 Mt) à leurs niveaux de la campagne actuelle. Elle puiserait de nouveau dans ses stocks pour compenser une partie de sa production déficitaire de 37 Mt. A la fin de la prochaine campagne 2025-2026, elle pourrait ainsi les avoir diminués de près de 25 Mt en deux campagnes à 313 Mt. Or les années précédentes, l’Empire du milieu achetait jusqu’à 60 Mt de grains par an. Aussi, l’Union européenne se hissera en tête des pays importateurs de céréales (33 Mt comme en 2023-2024).
Sur les 70 Mt de grains produites en plus dans le monde estimées par le CIC, 10 Mt seraient engrangées par les pays exportateurs majeurs de la planète pour reconstituer leurs stocks.
Ce sont en fait les Etats-Unis qui verraient leurs stocks s’accroître de près de 10 Mt. Et il s’agirait de maïs car ils sont partis pour en récolter 397 Mt selon le CIC, soit 20 Mt de plus que l’actuelle campagne. Et comme leurs exportations stagneraient (64 Mt) et comme la consommation étasunienne ne croîtrait que de quelques millions de tonnes, l’excédent serait stocké.
Mais tout dépendra, là encore, du déroulement de la campagne commerciale.
Les prévisions par production pour 2025-2026
Au cours de la campagne 2025-2026, le CIC mise sur une production mondiale de blés de 806 Mt (+ 9 Mt versus 2024-2025). Une grande partie de la prochaine campagne de blé se jouera l’été prochain.
La production mondiale d’orges serait équilibrée (147 Mt). L’Union européenne en engrangerait le tiers (51,7 Mt ; +2,5 Mt).
Quant au maïs (1 274 Mt), les quantités de grains récoltées en plus dans le monde (+55 Mt) profiteraient autant aux pays importateurs qu’aux exportateurs. Les échanges commerciaux stagneraient en volume (184 Mt).

