
Marché des céréales
Le marché du blé dans un tunnel
Dans un marché toujours plombé par les importantes quantités disponibles, les prix peinent à choisir une direction.
Le marché des céréales et du blé en particulier connaissent encore une semaine calme. Sans nouvelles majeures du point de vue fondamental, c’est la parité euro-dollar plus favorables aux productions européennes qui maintient les cotations sur le Matif. « Coincé » dans un couloir étroit entre les 188 et les 190€/t sur l’échéance décembre, le marché n’a évolué que sur le physique en portuaire. Mais ce n’est pas l’appel d’offre algérien qui a changé la donne. Une nouvelle fois, l’origine France a été boudée malgré sa compétitivité, à la faveur des origines Mer Noire et potentiellement d’Argentine, même si cette dernière source est moins probable. Les opérateurs estiment qu’un total de 600 000 tonnes ont été achetées pour des livraisons sur novembre à décembre.
Les semis français de blé tendre progressent bien. FranceAgriMer avance un chiffre de 57% de surfaces semées dans son rapport Céréobs hebdomadaire, contre 43% pour la moyenne quinquennale. En orge, 73% ont déjà été semées, 13 points au-dessus de la moyenne quinquennale. Toujours selon ce rapport, la récolte de maïs est complétée à 75%, une avance de 12 points sur la moyenne quinquennale et largement au-dessus du chiffre de l’année dernière à date qui n’était que de 23%.
Aux États-Unis, sans informations officielles du département à l’Agriculture (USDA) toujours figé par le « shutdown », les opérateurs s’en remettent aux seuls chiffres des chargements exports. Le pays a ainsi exporté 480 614 tonnes la semaine passée soit 77,6% de hausse sur un an. En maïs, ce sont 1,31 million de tonnes qui ont reportées soit 31,6% de plus que l’année passée à même époque. Le maïs américain qui justement fait douter le marché cette semaine, toujours en l’absence d’avancement de récolte et de rendements officiels. Des remontées du terrain d’entreprises ou groupes d’agriculteurs alertent sur des rendements potentiellement en retrait dans plusieurs zones du Midwest, le cœur de la production américaine. C’est par exemple le cas du groupe de Recherche indépendant sur les technologies de semence FIRST comme le rapporte le média DTN. La récolte des quelques 300 essais de l’organisation sont plus bas qu’espérés et ce dans plusieurs États de la région.
Le Conseil International des Céréales (CIC) a lui sorti ses données mensuelles sur les productions agricoles. Dans un marché déjà lourd, la production globale de blé est augmentée de 8 Mt à 827 Mt, tandis que celle du maïs reste inchangée par rapport à l’estimation du 18 septembre dernier à 1 297 Mt. D’autre chiffres sont venus de Russie cette fois, et du consultant local Ikar. La production de cette campagne est de nouveau réhaussée à 88 Mt avec des exportations estimées à 44 Mt. La ministre de l’Agriculture avait pour rappel estimé la semaine passée ces même exports à 50 Mt pour cette campagne. Les récoltes toujours en cours auraient atteint 91% selon ce même ministère. En Ukraine, les semis de blé se poursuivent et auraient atteint 82% d’après le ministère de l’Agriculture.

