
Marché des céréales
Coup de chaud sur Euronext
Le marché céréalier a connu une semaine mouvementée sur les marchés mondiaux et européens. Les tensions géopolitiques, la météo contrastée et les premières moissons influencent fortement les cours.
Le cours du blé sur Euronext a suivi l’élévation du mercure tout au long de la semaine. Les récoltes ont débuté dans le sud de l’Europe et les échos sont bons. En Espagne par exemple, les rendements sont bons et devraient correspondre aux estimations de la Commission Européenne avec une production de 7,3 millions de tonnes (Mt), en hausse de 15,7 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Ce facteur baissier est contre balancé par le coup de chaud en cours sur une partie de l’Europe et sur l’ensemble du territoire français, laissant craindre un impact sur les cultures en place. L’impact devrait tout de même être limité pour les cultures d’hiver, mais pourrait être significatif pour les orges de printemps.
Pour l’heure, Agreste a sorti sa première prévision de récolte pour l’orge d’hiver qui atteindrait 7,8 Mt pour la récolte 2025, soit une hausse de 13,5% sur un an en raison d’une amélioration du rendement. Le potentiel est freiné par la baisse de surface (-2,5% par rapport à l’an dernier), ce qui laisse la production attendue à un niveau inférieur à la moyenne quinquennale qui est de 8,0 Mt. D’après ce même rapport, toutes les surfaces de céréales seraient en retrait par rapport à leur niveau moyen de la période 2020-2024, à l’exception du blé tendre et du triticale qui restent stables.
Les retards de moisson de blé d’hiver aux États-Unis en raison des pluies et la sécheresse dans la région russe de Krasnodar ajoutent à l’inquiétude et ont entrainé une hausse des cours.
Ces mêmes pluies états-uniennes sont favorables aux cultures en cours de croissance comme le blé de printemps et le maïs. Cette dernière voit ses conditions de culture s’améliorer de 2 points en une semaine, passant de 72 à 74% des surfaces jugées comme bonnes à excellentes d’après l’USDA.
Le Brésil débute la récolte de maïs safrinha a un niveau inférieur à celui de l’an passé selon AgRural. Cependant les analystes privés sont confiants et attendent un niveau de production autour des 130 Mt.
Au-delà de ces fondamentaux, le marché céréalier est tourné vers les vives tensions au Proche-Orient. Outre l’impact direct sur le cours du pétrole brut, et donc sur les prix du maïs, ce conflit pourrait impacter le marché des céréales à paille puisque ces deux pays sont des importateurs nets. Dans son dernier rapport, le Conseil International des Céréales estime que ces deux pays ont importé 3,1 Mt de blé pour la campagne 2024/2025 et projette l’importation à 4,4 Mt pour la campagne 2025/2026 (chiffres cumulés pour les deux pays).

