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Technique et innovation

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Phosphore et potasse

un levier de productivité a gérer avec discernement



Contexte : un engrais sous tension, des teneurs du sol qui baissent

La volatilité du prix du phosphore (P), liée à la rareté des ressources minières, à la concentration géographique des gisements (notamment Maroc, Russie, Chine) et aux tensions géopolitiques, impose une gestion au cordeau : autour de 1,35 €/unité actuellement, chaque unité apportée doit être justifiée. Optimiser sans gaspiller devient impératif, d’autant que de plus en plus de parcelles se retrouvent déficitaires en P. Dans la continuité de notre précédent dossier « Phosphore et potasse : un enjeu pour l’agriculture face à la baisse des apports », nous rappelons que la diminution tendancielle des apports en phosphore et en potasse (K) observée depuis les années 1970 fragilise la fertilité des sols, en particulier en grandes cultures ; les diagnostics de terre menés dans notre zone confirment des niveaux souvent insuffisants et des pénalités de rendement lorsque les apports sont différés ou insuffisants. Cette réalité renforce la nécessité d’une fertilisation raisonnée P–K, appuyée sur l’analyse de sol et des décisions d’apport ciblées, pour sécuriser durablement la productivité tout en préservant le capital-sol.

Le capital sol : une richesse à entretenir

Le sol est le réservoir principal de phosphore. Même si la part immédiatement disponible est faible, la majeure partie du P est fixée dans les argiles, la matière organique et les oxydes de fer/aluminium. Il convient d’entretenir ce patrimoine : par des apports adaptés aux besoins mais aussi maintenir une bonne structure, un pH adapté (viser 6,5 voire 7 dans les sols battants), et une vie biologique active (couvertures, MO, rotations) pour améliorer la disponibilité du phosphore dans le temps.

Quelles cultures prioriser ?

Toutes les cultures ne réagissent pas de la même façon à une carence en phosphore. Voici les priorités à retenir :

  • Colza, pomme de terre, betteraves : les plus sensibles, apports obligatoires.
  • Blé sur blé, blé dur, orges, maïs ensilage, pois : sensibilité intermédiaire
  • Blé tendre, maïs grain, tournesol: les moins exigeantes, des impasses sont possibles.

Quand et sous quelle forme apporter ?

  • Période : de préférence avant ou au semis, pour favoriser un bon développement racinaire. Des apports sont possibles en sortie d’hiver sur céréales, mais il faut mieux prioriser avant le semis en sol déficitaire.
  • Les différentes formes utilisables :
    - Les Orthophosphates (type P 38S, DAP…) : ce sont les formes les plus solubles à action rapide. Adaptés aux apports en plein ou localisés au semis. Leur seule limite est la sensibilité aux blocages en sols calcaires (pH > 7.5). Dans ce cas, privilégiez un apport en localisé.
    - Le Polyphosphate (forme liquide 10-34 / 14-48 = APP) : peu utilisé hormis en pomme de terre mais cette forme est très adaptée aux sols calcaires ou fixateurs (riche en Fer ou Aluminium). La libération progressive limite le blocage immédiat.
    - Les phosphates naturels sont issus de roches apatite broyées et sont peu solubles. Recommandé uniquement en agriculture biologique en sols acide pour un effet à long terme.
    • Organique (fumiers, compost, digestats…) : le relargage du P est progressif mais efficace quel que soit le type de sol. Le taux de disponibilité immédiate varie selon l’origine de la ressource (55 à 90 %).
    • Voici 2 exemples de produits organiques riches en Phosphore :
       - ORGAPO 15-40-6 à base de lisier de Porc (40 U P /tonne)
       - BC Fiente De Poule + Lisier De Porc 19-25-18 (25 U P/tonne)

Quelles doses apportées ?

Quels outils pour optimiser les apports ?

Analyse de sol : indispensable pour ajuster les doses selon la réserve et le pH. (voir ZOOM).
Bilans prévisionnels (COMIFER) : base de calcul des besoins.
Cartographie intra-parcellaire (BEAPI) : pour moduler dans le cas de variabilité au sein des parcelles.

Et la POTASSE ?

Élément majeur absorbé massivement par toutes les cultures, la Potasse (K) est le plus souvent restituée par les résidus de cultures. Son niveau de richesse est majoritairement supérieur au phosphore dans la plupart des parcelles de notre secteur.

En surveillant les teneurs du sol par des analyses, il est plus facile de faire des impasses en Potasse qu’en Phosphore. Il faut néanmoins prévoir des apports pour les cultures les plus exigeantes (Pomme de Terre, betteraves) voire moyennement exigeantes (Colza, Maïs, Luzerne…) ou dans le cas d’export de paille sans compensation par un retour de fumier.

Optimiser les apports en phosphore et potasse : les solutions concrètes proposées par la SCAEL

La SCAEL accompagne ses adhérents avec des outils éprouvés et des partenariats de confiance, pour une fertilisation plus précise, plus responsable, et adaptée à chaque parcelle.

Premier levier : les analyses de sol

Quels sont les objectifs d’une analyse de terre ?

Réalisées en partenariat avec le laboratoire AURÉA, référence européenne en matière d’analyse agronomique, ces analyses permettent d’établir un diagnostic complet de la fertilité des sols.

L’évaluation de la fertilité du sol constitue le point de départ : dosage des éléments majeurs (azote, phosphore, potassium) et des oligo-éléments (magnésium, zinc, bore, etc.), mesure du pH, de la teneur en matière organique et de la CEC. Sur cette base, les apports d’engrais et d’amendements sont raisonnés afin d’éviter carences et excès, avec des doses ajustées aux besoins réels des cultures. Cette démarche préserve la santé des sols et l’environnement en limitant les intrants inutiles et réduisant ainsi les risques de pollution des eaux, tout en optimisant les rendements et la qualité des récoltes par une croissance plus équilibrée.

Elle facilite enfin le respect des exigences réglementaires ou contractuelles, notamment dans les démarches HVE, AB ou certaines certifications privées.

Avec une analyse pour 10 ha utilisable sur 5 ans, le cout de 68 € l’analyse chimique, correspond à moins de 1.40 € par ha et par an soit l’équivalent d’une unité de phosphore.

Ce surcoût est largement compensé par les économies possibles ou les gains de rendement : En sol carencé, un meilleur ajustement des apports peut permettre de gagner 2 à 4 q en colza soit + 90 € à + 180 € /ha.

Grâce à son expertise terrain, la SCAEL accompagne ses adhérents dans l’interprétation des résultats et la mise en œuvre concrète des recommandations sur leurs itinéraires culturaux.

Les bénéfices concrets pour les agriculteurs

Un gain économique en évitant les dépenses inutiles dans les fertilisant et en améliorant leurs marges ;
Une production optimisée grâce à une meilleure réponse des cultures : rendement et qualité ;
Une durabilité agronomique en maintenant ou en améliorant la structure et la vie du sol (pH, teneur en Calcium…) ;
Plus de traçabilité une meilleure gestion technico-économique des parcelles.

Deuxième levier : l’agriculture de précision avec Be Api

Face à l’hétérogénéité des sols, l’approche intra-parcellaire devient incontournable. Grâce à son partenariat avec Be Api, la SCAEL propose une solution de cartographie de la fertilité qui modélise avec finesse les variations de sol à l’échelle de la parcelle.
Ce dispositif repose sur l’analyse de nombreux paramètres (teneurs en éléments nutritifs, pH, structure, potentiel agronomique) permettant une modulation précise des apports : la bonne dose, au bon endroit, au bon moment.
Chaque campagne, les résultats obtenus permettent de rééquilibrer progressivement les zones déficitaires et de garantir une performance homogène. Cette démarche, déployée sur 10 861ha, traduit l’engagement de la SCAEL à faire de l’agriculture de précision un véritable levier de durabilité.

En combinant diagnostic agronomique et outils numériques, la SCAEL propose à ses adhérents un accompagnement global pour optimiser les apports en phosphore et potasse, améliorer la rentabilité des cultures et préserver durablement la richesse des sols.

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Extraction d'huile

de tournesol et de colza



Terres Inovia améliore ses connaissances sur les presses à vis

Inventées au siècle dernier, les presses à vis sont la référence pour produire de l’huile de colza et de tournesol. En raison de leur caractère économique et écologique notamment, l'institut mène des recherches pour les améliorer.

Les presses à vis ont été inventées au début du XXe siècle et elles restent la référence pour produire de l’huile de colza et de tournesol. Etonnamment, on ne comprend pas encore tout sur leur fonctionnement, notamment dans le cas des graines décortiquées.

Peu d’études scientifiques existent, alors que cette méthode a beaucoup d’avantages économiques et écologiques. Terres Inovia mène des recherches pour améliorer ces presses, notamment pour mieux traiter les amandes de tournesol, une source prometteuse de protéines pour l'alimentation.

Les premiers résultats publiés montrent que la pression et la puissance du moteur varient avec la rotation de la vis, ce qui n’était pas expliqué auparavant. Cela remet en cause les modèles classiques assimilant la presse à vis à une série de presses à pistons, car ces modèles supposent des pressions constantes lors de la compression, alors que les travaux de l'institut démontrent qu’elle fluctue considérablement dans la phase la plus sensible.

Un article complet est disponible dans le journal en ligne OCL : https://www.ocl-journal.org/articles/ocl/full_html/2025/01/ocl250030/ocl250030.html (consultable gratuitement).

Photo : Presse à vis avec ses capteurs de pressions. Crédit : Terres Inovia.