
Marché des céréales
Le blé retrouve des couleurs, le maïs en terrain contrasté
La semaine du 12 au 18 septembre a été marquée par un regain de fermeté sur le marché du blé, porté par un faisceau de facteurs haussiers mêlant tensions géopolitiques, dynamisme des exportations américaines et repositionnement de l’offre européenne. Le maïs, quant à lui, a évolué de façon contrastée, entre perspectives de récolte abondante outre-Atlantique et pertes de potentiel en Europe.
Dès la fin de semaine passée, les cours du blé sur Euronext ont progressé dans le sillage du pétrole, stimulés par de nouvelles attaques en zone mer Noire et la perspective d’un alourdissement des taxes russes à l’export. Ce signal a redonné de l’air à la compétitivité de l’origine européenne. Mais cette dynamique a été en partie freinée par la vigueur persistante de l’euro, évoluant au-dessus de 1,18 dollar, ce qui continue de peser sur les débouchés français.
Sur le marché physique, le blé rendu Rouen s’est apprécié sur la période octobre-décembre, conforté par les dernières prévisions de FranceAgriMer qui rehaussent les exportations hexagonales tant vers l’UE que vers les pays tiers. Les stocks de fin de campagne s’en trouvent révisés à la baisse, offrant un soutien supplémentaire aux prix.
À Chicago, le blé a profité du repli du dollar, renforçant son attrait sur la scène internationale. Les exportations américaines se montrent particulièrement dynamiques, comme en témoignent les inspections hebdomadaires supérieures aux attentes. Plusieurs pays asiatiques – Indonésie, Bangladesh et Sri Lanka – ont confirmé des achats significatifs, motivés par les retards de livraison en provenance de la mer Noire. Toutefois, un mouvement de prises de bénéfices est venu tempérer cette tendance en milieu de semaine, accentué par la révision en hausse de la récolte canadienne à 36,6 Mt.
Le maïs a suivi un parcours plus heurté. Sur Euronext, les échéances proches ont gagné entre 1 et 1,5 €/t, soutenues par la réduction des perspectives de production française et européenne. En France, la récolte 2025 de maïs grain est attendue à 12,5 Mt, en retrait de 9,4% sur un an, avec des rendements fortement pénalisés par les vagues de chaleur estivales. À l’échelle européenne, Agreste abaisse son estimation à 57,4 Mt, soit 2,4 Mt de moins qu’en juillet. Cette contraction de l’offre régionale contraste avec les disponibilités attendues en Ukraine (31,3 Mt, dont 26 Mt exportables) et aux États-Unis.
Sur le marché physique, en revanche, le maïs rendu Bordeaux a cédé du terrain, dans un contexte où FranceAgriMer a revu à la baisse les exportations françaises, ce qui conduit mécaniquement à une hausse des stocks finaux.
Aux États-Unis, la situation reste ambivalente. Si le dernier rapport USDA confirme une récolte abondante et des conditions de culture encore jugées correctes (67 % de surfaces en « bon à excellent »), les premières parcelles récoltées révèlent des rendements décevants, affectés par des maladies et la sécheresse estivale. L’avancée des travaux, à 7 % des surfaces, est dans la moyenne, mais les opérateurs s’interrogent déjà sur un possible ajustement à la baisse des chiffres officiels dans les semaines à venir. Les exportations de maïs se maintiennent en revanche à un rythme soutenu, au-dessus des attentes du marché.
En toile de fond, les évolutions macroéconomiques ont amplifié la volatilité. La baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale a accentué la faiblesse du dollar, tandis que le pétrole a alterné hausses et replis, au gré des nouvelles du front russo-ukrainien et des variations hebdomadaires de stocks américains.

