
Le cours du soja au plus bas depuis novembre 2020
La volatilité était de mise cette semaine sur le complexe oléagineux, le marché réagissant aux aléas politiques et climatiques.
La tentative d’assassinat sur Donald Trump et sa probable réélection à la Maison Blanche ont semé le trouble sur le marché du soja à Chicago en début de semaine. Les opérateurs s’inquiètent de l’impact du retour de Trump au pouvoir, notamment concernant les exportations de soja vers la Chine qui pourraient être réduites. Alors même que les cultures de soja américaines bénéficient de très bonnes conditions de culture (+13 points par rapport à l’an dernier à la même époque) et que la production est attendue en hausse de 7,4 millions de tonnes (Mt) à 120,7 Mt par le Conseil international des Céréales (CIC).
A ces inquiétudes s’ajoutent les chiffres de trituration de la Nopa (Association des triturateurs états-uniens) pour le mois de juin sous les attentes à 4,8 Mt, ce qui témoigne d’un intérêt moindre du marché intérieur pour la graine. Tous ces éléments ont pesé sur les cours de la graine de soja à Chicago en début de semaine, lui faisant atteindre son niveau le plus bas depuis novembre 2020.
Les cours du soja sont repartis à la hausse en milieu de semaine sur le rapproché en raison de l’absence des agriculteurs américains pour la récolte 2023 dont les stocks se réduisent alors que les bonnes marges de trituration stimulent la demande. L’échéance novembre reste en recul en raison de la pression des bonnes conditions de culture et de l’absence de visibilité à l’export.
Le marché du colza a été impacté par l’effondrement de la graine de soja mais également par celle de la graine de canola. Ces dernières profitent de très bonnes conditions de culture. On notera dans la province de l’Alberta (28 % de la production canadienne) des cultures de canola à 67 % jugées comme "bonnes à excellentes" (+ 24 points que l’an passé à date) et dans celle du Saskatchewan (55 % de la production canadienne) 84 % des cultures jugées comme "bonnes à excellentes".
Ces conditions laissent supposer une très bonne production de canola canadien. Couplé à des exportations en recul de 1,20 Mt sur l’année (à 6,27 Mt contre 7,48 Mt l’an dernier à la même époque), les prix ont inévitablement été orientés à la baisse, pesant sur le marché européen du colza.
Cependant, le temps chaud qui favorisait jusque-là le développement des cultures canadiennes commencent à inquiéter les opérateurs alors que la floraison approche. Le maintien de ce temps chaud et sec pourrait avoir un impact négatif sur cette étape cruciale du cycle.
De plus, les moissons se poursuivent en Europe et les nouvelles sont décevantes. En Allemagne, l’Association des coopératives allemandes revoit encore à la baisse son estimation de production à 3,8 Mt (-10% par rapport à la campagne dernière). Les nouvelles en France sont du même adage avec des rendements décevants, mais une qualité qui semble correcte.
Ces éléments ont permis aux cours du canola et du colza de rebondir sur la deuxième moitié de la semaine avec un bond de 20 €/t pour le colza Euronext sur le rapproché entre les séances du 16 et du 18 juillet.
Le dernier élément de soutien au complexe oléagineux qui sera à surveiller ces prochaines semaines concerne l’Ukraine. Le pays est touché par une vague de canicule et de sécheresse qui impacte les cultures de tournesol et de soja dans une proportion encore difficilement chiffrable.