Le 28 juin prochain, l’Association Nationale de la Meunerie Française (ANMF) organise sa convention annuelle à Blois avec une thématique résolument tournée vers l’avenir : « Moudre l’avenir : regards croisés sur la meunerie en Europe ».
Après deux années où la rentabilité des entreprises a été mise à rude épreuve, la meunerie reste résiliente. Elle recrute, avec 97% des entreprises qui offrent des postes ; et elle s’engage dans la transition durable et la RSE.
La promotion des métiers
Aujourd’hui, près de 25 000 postes sont à pourvoir dans les métiers de la meunerie et de la boulangerie. Encore
trop méconnus, les métiers de la meunerie offrent pourtant de belles perspectives de carrières.
Alors que 97% des meuniers et 70% des boulangers recrutent dans plus de 200 métiers différents, et qu’un
moulin ou une boulangerie se trouvent en moyenne à moins de 5 km de chaque Français, les occasions de se
passionner pour la filière n’ont jamais été aussi nombreuses.
C’est pourquoi l’ANMF, en partenariat avec la FEB1 et la CNBPF2, a lancé en avril la plateforme web
ChasseursDeGraines.fr : un site à l’architecture et au designs épurés, comprenant interviews métiers, fiches
métiers, guide des formations et enfin, une carte interactive. Point central du site, cette carte interactive permet
d’identifier, dans la page dédiée à la meunerie, les moulins offrant visites, stages, alternances, ou postes en CDD
ou CDI.
Grâce à une campagne de communication massive impliquant la fabrication de plus de 55 000 000 de sachets
baguettes, plus de 500 000 vues sur nos réseaux et plus de 30 d’articles, émissions et interviews,
ChasseursDeGraines.fr a déjà reçu près de 16 000 visites en deux mois !
Objectif « 100% des meuniers engagés en RSE »
La meunerie est une industrie agroalimentaire moderne, tournée vers les problématiques sociétales.
Avec des approvisionnements locaux pour les produits du quotidien (baguette, biscuits, viennoiserie…), la farine
est depuis toujours un produit naturellement sobre (0.49g eq CO2/g de farine), et la meunerie une bonne élève
des engagements RSE.
Lors de sa convention de 2021, l’ANMF avait annoncé son objectif de « 100% des meuniers engagés en RSE ». Trois
ans plus tard, l’objectif est en passe d’être atteint avec 89% des volumes de farine produits par des entreprises
engagées dans des démarches RSE3 à date, contre 65% en 2021. Pour accompagner ces entreprises et susciter
l’engagement des autres, l’ANMF a créé des outils spécifiques et adaptés à leurs besoins (Autodiagnostic ; Guide
« comment se lancer en RSE », Recueil de bonnes pratiques appliquées en meunerie, …).
Une transition durable engagée dans un contexte de marges comprimées
La meunerie, après plusieurs années de stabilité, enregistre une hausse de son chiffre d’affaires (CA) qui passe de
1,7Mds€ en 2021 à 2,21 Mds€ en 2023. Une hausse des prix des farines nécessaire, du fait de l’augmentation très
élevée des charges (blé et énergie). Les livraisons de farine sont quant à elles en léger recul (-2,3%) sur cette même
période.
Les meuniers n’ont pas intégré la totalité de l’inflation dans le prix final de la farine. L’évolution du chiffre d’affaires
ne s’est donc pas traduite par une croissance de la rentabilité qui s’est au contraire dégradée (-52% entre 2017 et
2022 de l’indicateur marge brute de la meunerie dans le prix de la baguette4).
« Nos moulins sont au cœur des territoires, y créent de l’emploi, et contribuent à une alimentation de qualité et accessible. Pains, gâteaux, biscottes, viennoiseries, pizzas…, les produits à base de farine sont chaque jour sur la table des Français. Bien que partie intégrante de notre culture, les entreprises de la meunerie sont tournées vers l’avenir. Un avenir résolument engagé dans la transition durable, la qualité et la saveur des produits. Pour réussir, nous devons relever plusieurs défis :
Le défi de l’attractivité de nos métiers et du recrutement des talents. Pour cela, l’ANMF a lancé une grande campagne : www.chasseursdegraines.fr.
Le défi de la modernisation de nos outils pour rester compétitifs et décarboner notre activité.
Pour relever ces défis, nos entreprises doivent retrouver de la rentabilité. Année après année, les marges nettes des entreprises de la meunerie se contractent. La qualité et l’excellence ont de la valeur, faisons-le savoir ! » résume Jean-François Loiseau.