
La floraison femelle est le premier indicateur de la précocité de la culture. Connaître la période de floraison permet d’anticiper la date de récolte pour le maïs fourrage. Cette année, les semis de maïs fourrage ont pu démarrer tôt, la floraison est en avance !
Connaître la date précise de la floraison améliore la prévision de la date de récolte
L’évaluation de la période de floraison femelle n’est pas aisée à déterminer. Il est recommandé d’aller visiter les parcelles dès le début de la floraison mâle, précédant de quelques jours la floraison femelle, qui se caractérise par la sortie des premières panicules du sommet des maïs. Puis, par comptage de plantes dans une zone représentative de la parcelle – soit en évitant les bordures – il est possible de déterminer le pourcentage de plantes présentant au moins une soie. On estime qu’une plante est fleurie lorsqu’elle présente au moins une soie, et la parcelle est fleurie quand au moins 50% des plantes présentent des soies. Enfin, la date de floraison permet d’avoir une première estimation de la période optimale de récolte. Selon la précocité de la variété, il faudra ensuite cumuler entre 560°C et 750°C (en base 6-30°C) pour arriver autour du stade 32-33% de matière sèche (MS), soit 45 à 70 jours selon les régions et le climat.
Une vidéo sur la chaîne youtube ArvalisTV revient sur l’observation des soies des maïs fourrage.
Voir la vidéo
2025 : une année à floraison précoce
Contrairement à l’année 2024, les semis ont pu démarrer dès la 2ème décade d’avril dans de nombreuses régions de la moitié nord de la France (Grand Est, Bourgogne, Hauts-de-
France, Normandie, Île de France, Centre, Pays de la Loire) à l’exception de la Bretagne où les semis ont été réalisés à partir de la fin avril. Les conditions plus humides au sud de la Loire ont eu pour conséquence des semis plus tardifs qu’à l’accoutumée sur ces régions.
Sur les mois de mai et surtout juin comme l’illustre la carte ci-dessous, l’écart à la moyenne de la température en °C du 1er au 30 juin est excédentaire par rapport à la normale (période 2004-2023). Cela entraîne une croissance rapide des maïs et une floraison précoce.
Cependant, quelle que soit la région, il existe une diversité de situations, notamment en matière de dates de semis. C’est pourquoi il est recommandé de visiter les parcelles au moment de la floraison pour en connaître la date précise.
Rappel
Le stade optimal de récolte des maïs fourrage se situe autour de 32-33% de matière sèche plante entière (MS). Récolter à moins de 30% de MS, c’est limiter le rendement et risquer des pertes de sucres au silo par écoulement de jus. Récolter à plus de 35% de MS, c’est compliquer le tassement au silo en risquant d’altérer la qualité de conservation et c’est aussi réduire la digestibilité des parties tiges/feuilles de la plante.

Le secteur agricole doit faire face depuis quelques années à de nouvelles innovations technologiques. Face à ces avancées, de nouveaux outils émergent, promettant de simplifier et d'optimiser le quotidien des agriculteurs. La robotique gagne ainsi beaucoup de terrain. Mais ces investissements sont-ils tous efficaces et rentables ? Une veille technologique est ainsi effectuée en toute indépendance par les Chambres d’agriculture, plusieurs évènements de démonstration sont organisés et certains programmes sont développés, comme dans La Meuse pour tester les performances technico-économiques de l’achat et de l’usage de ces nouveaux matériels.
Des démonstrations de performances sur le terrain
La Chambre d'agriculture de la Meuse, consciente des enjeux liés au développement de la robotique et de l’automatisation en agriculture, a organisé une journée d'échanges dédiée à cette thématique nommée "Champ des Robots", le jeudi 22 mai 2025 sur le site de la Cuma Centre Meuse, à Lacroix-sur-Meuse. Cet évènement en est à sa deuxième édition et à vocation à être reconduit tous les 2 ans. Force est de constater que la robotique se développe désormais de façon exponentielle dans le domaine agricole :
- le nombre de robots agricoles en activité en production animale a augmenté de 80% en 5 ans
- le nombre de modèles de robots agricoles en activité, en production végétale, a été multiplié par 5 en 5 ans
- environ 25 modèles différents sont disponibles à l’achat en France
La deuxième édition du Champ des Robots a permis ainsi à un nombreux public d’agriculteurs, de jeunes scolaires et techniciens, d’assister aux performances d’un tracteur autonome programmable, d’un pulvérisateur assisté par l’intelligence artificielle, et de drones agricoles. Plusieurs ateliers ont également été organisés sur :
- le numérique au service du désherbage
- la fertilisation des cultures
- la gestion connectée des fourrages et troupeaux
En savoir plus sur l'événement
La robotique, un moyen de redonner de l’attractivité au métier d’agriculteur
Au-delà de l’organisation de cet évènement ponctuel, la Chambre d’agriculture de la Meuse s’investit dans un programme spécifique intitulé RACAM : Robots Au Champs, Attractivité du Métier.
Les finalités de ce projet qui se veut être un démonstrateur sont de :
- atténuer les impacts environnementaux en grandes cultures, notamment par une diminution des IFT
- assurer une juste rémunération et permettre l’épanouissement professionnel des agriculteurs, afin d’attirer de nouveaux talents et renforcer l’attractivité du métier
- renforcer la compétitivité des filières et favoriser l’apparition de nouvelles opportunités
Un suivi en conditions réelles d’exploitation
Dans le cadre de ce projet, la Chambre d’agriculture de la Meuse a fait l’acquisition de plusieurs robots, dont un pulvérisateur secondé par l’intelligence artificielle.
Une convention d’expérimentation et de récolte de références dans des conditions d’utilisation réelles et pluriannuelles est passée chez deux agriculteurs. Un suivi technico-économique sera effectué avec la plus grande attention par ses services pour produire un maximum de données fiables et indépendantes sur leurs avantages et leurs éventuels inconvénients.
L’objectif de ce programme qualifié de démonstrateur, est de sortir du cadre expérimental et de prendre également en compte la durée d’une rotation de culture. Tant en agriculture biologique qu’en conventionnel, une observation sera effectuée sur 3 années à partir des assolements 2026, basée sur une évaluation multicritère des nouvelles technologies dans toutes les dimensions de l’exploitation (économique, environnementale, agronomique, humaine).
Ce programme a été rendu possible grâce à des aides "innovation" conventionnées à ce jour avec la région Grand Est.
En savoir plus sur le projet RACAM