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Actualités de la filière

Alliance




Les principaux établissements européens de recherche sur l'agriculture et l'alimentation lancent une nouvelle alliance scientifique.

Cinq des principaux établissements européens de recherche en sciences agricoles, alimentaires et du vivant lancent l’Alliance Scientifique Européenne pour l’Agriculture et l’Alimentation (ESAAF - European Science Alliance for Agriculture and Food), une nouvelle coalition scientifique pour accompagner la transformation et renforcer la résilience du secteur agroalimentaire européen.

L’ESAAF entend s’appuyer sur une dynamique et des ambitions partagées à travers l’Europe pour bâtir des systèmes alimentaires durables, compétitifs et résilients. Alors que les décideurs européens sont confrontés à des dilemmes urgents à cet égard, l’ESAAF servira de centre névralgique et de voix scientifique dédiée dans les débats politiques sur les systèmes alimentaires, afin de garantir que les futures stratégies s’appuient sur des données fiables et indépendantes.

Trois des membres fondateurs de l’ESAAF ont partagé les déclarations suivantes :

« La science doit jouer un rôle fondamental dans la transformation des systèmes alimentaires européens. L’ESAAF constituera un pont essentiel entre la recherche et la politique, aidant l’UE à relever les défis complexes du domaine agroalimentaire. Nous sommes convaincus que les politiques agricoles et alimentaires ont besoin d’un terreau fertile de faits pour porter leurs fruits. » – Sjoukje Heimovaara, présidente de Wageningen University & Research.

« En dépit des efforts actuels pour renforcer l’écosystème européen de recherche et d’innovation dans le secteur agroalimentaire, il n’existe toujours pas de point d’entrée unique et coordonné pour interagir avec la recherche au niveau européen. » – Philippe Mauguin, président-directeur général d’INRAE.

« Nous sommes convaincus que l’excellence scientifique et l’expertise orientée vers la pratique que nous apportons sous l’égide de l’ESAAF joueront un rôle crucial dans la transformation actuelle et à venir du secteur agroalimentaire européen. En tant que membre fondateur de l’ESAAF, nous avons à cœur de renforcer le lien entre la recherche et la politique au bénéfice de l’ensemble de l’Europe. » – Eskild Holm Nielsen, doyen de la faculté des sciences techniques à l’Université d’Aarhus.

Un front scientifique uni

Les membres fondateurs de l’ESAAF forment une coalition scientifiquement puissante et géographiquement diversifiée:

  • Université d’Aarhus (AU) – Danemark
  • Julius Kühn-Institut (JKI) – Allemagne
  • Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) – France
  • Wageningen University & Research (WUR) – Pays-Bas
  • Université des sciences de la vie de Varsovie (WULS) – Pologne

Ces institutions mettent à disposition des décideurs européens le fruit de plusieurs décennies d’excellence scientifique, d’innovation et de savoir-faire de terrain. L’ESAAF ne se limite pas à ces cinq établissements et prévoit une ouverture à d’autres organisations issues de différentes régions d’Europe, et contribuant à haut niveau aux recherches dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation.

Une science structurée pour l’impact

L’ESAAF se propose d’agir en tant qu’organe représentatif de la recherche sur l’agriculture et l’alimentation en Europe, en apportant une expertise scientifique indépendante de haut niveau, par exemple pour soutenir la Commission européenne et les parties prenantes impliquées dans le European Board for Agriculture and Food (EBAF).

En complément des institutions existantes comme le Centre commun de recherche (JRC) et le mécanisme de conseil scientifique (SAM), l’ESAAF se concentre spécifiquement sur la complexité et la diversité des systèmes agricoles et alimentaires, veillant à ce que les spécificités régionales et les résultats de la recherche la plus récente alimentent les politiques européennes.

Les missions clés de l’ESAAF sont les suivantes :

  • Fournir des contributions scientifiques actualisées, ciblées et rapides en appui aux discussions politiques,
  • Agir comme plateforme pour des avis scientifiques coordonnés à l’échelle européenne sur l’agriculture et l’alimentation,
  • Garantir les synergies avec les réseaux existants et éviter les doublons,
  • Appuyer la coordination et le lancement de nouvelles initiatives de recherche en lien avec les défis européens  dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation.

Terres Inovia se mobilise

dans le projet européen LegumES



L’institut technique participe à un projet de recherche et d'innovation, baptisé LegumES. Une réunion a eu lieu en mars 2025 pour faire le point sur ses avancées. Parmi les premières actions de ce projet, Terres Inovia a organisé un atelier multi-acteurs sur la perception des services écosystémiques des légumineuses.

LegumES a été mis en place pour répondre au besoin de mieux valoriser les services rendus par les légumineuses en qualifiant et quantifiant leurs services écosystémiques et les bénéfices que les citoyens en retirent à la fois en termes d’approvisionnement, de régulation et de support des  agro-écosystèmes. 

Ce projet ambitieux, d’un montant de 6,2 millions d'euros, a été réalisé par un consortium pluridisciplinaire de 22 partenaires issus de 12 pays de l'Union européenne. Il est financé par la Commission européenne et les gouvernements suisse et britannique.

Objectif : élaborer et adopter de meilleures pratiques

Le consortium comprend des organismes de recherche et de technologie, des entreprises et des organisations non gouvernementales, et cette complémentarité reflète le caractère multidimensionnel du défi à relever. Pour favoriser une gestion plus efficace des légumineuses sauvages et l'utilisation des légumineuses cultivées, le projet LegumES implique aussi les agriculteurs et les réseaux d'exploitations afin d’élaborer et adopter de meilleures pratiques pour la conservation et la culture des légumineuses.

Il s’agit de définir comment mieux valoriser les services rendus par les légumineuses en identifiant les conditions pour contribuer à atteindre les objectifs de l'Union européenne : réduire les intrants et les pertes agricoles, lutter contre le changement climatique, inverser la tendance à la perte de biodiversité et garantir le meilleur apport nutritionnel possible.

Les deux objectifs principaux du projet sont :

  • Améliorer les connaissances et les quantifications des différents bénéfices aux différentes échelles
  • Intégrer leur prise en compte dans les décisions des parties prenantes politiques et socio-économiques

Premières avancées

Après la réunion de lancement à Porto (Portugal) en février 2024, le consortium s’est réuni à nouveau du 25 au 27 mars 2025 à Pérouse en Italie. 

Depuis 2024, une vingtaine d’études pilotes ont été mises en place par les partenaires dans une diversité de situations et d’objectifs régionaux, afin d’évaluer les avantages et les coûts des services écosystémiques fournis par les légumineuses à différentes échelles, du champ au territoire, de l’agriculteur au consommateur.

Un guide de méthodologies et d'outils permettant de suivre et équilibrer les avantages environnementaux et économiques issus des services fournis par les légumineuses a notamment été travaillé et mis à disposition des agriculteurs, via un appel à candidature qui va bientôt être diffusé en France.

Terres Inovia est le seul partenaire français et a mis en place deux études pilotes qui ont fait l’iobjet d’un poster à la réunion de Pérouse : 

  • Une expérimentation pluriannuelle au champ au Subdray sur les effets du précédent cultural LAG sur les cultures suivantes
  • Une étude sur l’apport de ressources de la féverole pour les pollinisateurs tels que les abeilles domestiques.

Par ailleurs Terres Inovia a organisé un atelier le 9 janvier 2025 sur la « perception des services écosystémiques des légumineuses », à Paris.

Des pistes d’action pour une meilleure perception des légumineuses

La moitié des participants à la journée du 9 janvier représentait les maillons de la chaîne de valeur (des producteurs aux transformateurs) et l'autre moitié regroupait des décideurs ou acteurs de la R&D. Au cours de la journée, ils ont travaillé sur la priorisation des services pour une mise en valeur socio-économique, sur l’analyse des forces et faiblesses, les opportunités et menaces pour une série de services et les pistes pour des plans d’action pour certains d’entre eux.

La version française de l’enquête en ligne avait été réalisée avant l'événement sur le canevas européen commun. L’analyse des 47 réponses a été présentée en introduction. Ensuite, après avoir classé les différents services écosystémiques selon leur catégorie, les participants ont travaillé sur l'identification des opportunités et des menaces pour une série de services écosystémiques classés comme prioritaires pour être mis en avant pour obtenir une reconnaissance socio-économique. Ensuite, ils ont également discuté des moyens possibles d'établir un plan d'action pour exploiter davantage un service donné, au sein de trois pôles, un sur les services d’approvisionnement (et certains services de support associés), un autre sur les services de régulation (et certains services de support associés) et un troisième sur les services socio-culturels.

L’atelier a permis de réfléchir à un plan d'actions pour exploiter davantage un service donné. A titre d'exemple, pour valoriser l'intérêt des légumineuses sur l'atténuation du changement climatique, l’atelier a préconisé trois changements :

  • Donner plus de confiance, à la fois en termes de mécanismes d'incitation et d'importance de la mobilisation des légumineuses ;
  • Établir un diagnostic fiable (connaître les émissions agricoles par région pour savoir jusqu'où on peut aller, intégrer l'intérêt des légumineuses pour réduire les gaz à effet de serre dans les grandes cultures) ;
  • Trouver les bons outils pour favoriser la transition des systèmes agricoles et agroalimentaires. Par exemple, avoir des perspectives stables permet aux agriculteurs de faire les bons choix.

Les retours positifs des participants à la journée malgré la complexité du sujet sont encourageants. Le retour des autres ateliers sera aussi intéressant pour définir comment rebondir sur ces échanges.

Pus d'informations

Une consultation publique

sur la méthode révisée du Bas-Carbone



Les pouvoirs publics ont lancé une consultation notamment sur la deuxième version de la méthode « Label Bas Carbone-Grandes cultures ». La validation de cette nouvelle version entrainera le remplacement de celle qui est actuellement en cours.

Le label « Bas Carbone-Grandes cultures » est la méthode approuvée par le Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire pour comptabiliser des réductions d’émissions nettes en grandes cultures et ainsi vendre des crédits carbones sur le marché volontaire.  La contribution de Terres Inovia au Comité de rédaction de cette méthode est l’un des volets de l’implication de l’institut pour agir en faveur de l’atténuation du changement climatique.

Réduire les émissions de GES par les pratiques agricoles

Afin de pouvoir labéliser des projets Bas-Carbone et générer des réductions d’émissions vendables sur le marché, une méthode a été élaborée en 2021 pour les grandes cultures. Elle est applicable aux exploitations agricoles qui peuvent contribuer, par la mise en œuvre de pratiques agricoles idoines, à réduire les émissions de GES. 

Une douzaine de leviers peuvent être mobilisés et combinés afin d’optimiser la réduction des émissions de GES, en lien avec la mobilisation des cultures fixatrices d’azote, la gestion de la fertilisation azotée, la réduction des consommations d’énergie fossile, le stockage de carbone dans le sol ainsi que des leviers sur l’aval de l’exploitation.

Méthode Bas-Carbone : le texte mis à jour

Depuis son approbation, la méthode « Grandes Cultures » a permis la réalisation d’un nombre croissant de projets (individuels ou collectifs) et concerne un total de presque 3 000 exploitations agricoles. 

Sur la base des retours des usagers et des besoins de mise à jour des références mobilisées, le Comité de Rédaction, qui regroupe Arvalis, Terres Inovia, l’ITB, l’ARTB et Agrosolutions, a élaboré une deuxième version révisée de la méthode. Elle inclut désormais un cadre renforcé en matière d’éligibilité des projets, de leur instruction et de leur audit, tout en élargissant le périmètre des espèces éligibles en grandes cultures. Par ailleurs, de nouveaux leviers sont pris en compte comme l’implantation de miscanthus sur des parcelles assolées, ainsi que la production de cultures sources de matières premières riches en protéines.

Une consultation publique

Comme l’exige la loi, le ministère de l’aménagement et de la transition écologique a organisé une consultation publique jusqu’au 19 mai sur ce texte révisé de la méthode Bas-Carbone en grandes cultures. Il est possible d’apposer son commentaire sur le texte directement en ligne.
L’objectif est de faciliter le déploiement de la méthode sur le terrain, tout en conservant sa robustesse scientifique. Elle prend en compte les retours d’expérience des utilisateurs de la première version ainsi que les recommandations formulées par le ministère.

Accéder à la consultation publique

Consulter les annexes de la méthode

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Mobilisation



Tri et compostage des déchets alimentaires : la FNAB appelle les collectivités à se mobiliser

En 2025 seulement 1 Français sur 2 trie ses déchets alimentaires selon l’Ademe. Une situation que déplorent les agriculteurs bio qui pourraient s’en servir comme compost pour enrichir leurs sols. Ils organisent aujourd’hui un séminaire pour pousser les collectivités à se mobiliser.

« Vous, les collectivités, vous avez de l’or entre les mains, mais vous appelez encore ça des biodéchets ! » interpelle Olivier Chaloche, céréalier bio dans le Loiret, à l’ouverture du séminaire du projet MONA, organisé aujourd’hui à Paris par la FNAB.

Dans le cadre de ce projet, financé par l’Ademe et le Ministère de l’environnement, agriculteurs bio et collectivités travaillent main dans la main pour transformer les déchets alimentaires en compost de qualité. Cinq territoires sont impliqués dans le projet : des grandes villes comme Lyon ou Lille, et des territoires ruraux comme le Loir-et-Cher ou l’Entre-Deux-Mers. A chaque fois, les agriculteurs bio rencontrent des élus, travaillent avec les services techniques pour mettre en place ces filières d’économie circulaire. Parmi les exemples de réussites, citons la ville de Perpignan, où les invendus d’un marché de centre-ville sont désormais collectés par une entreprise d’insertion, et compostés chez un agriculteur bio partenaire, qui dispose ainsi chaque année, et gratuitement, de 170 tonnes de compost de qualité.

Un potentiel important de matière organique à valoriser

Si tous les Français-es triaient leurs restes alimentaires, comme la loi le prévoit, les collectivités pourraient produire entre 700 000 et 1 million de tonnes de compost, assez pour fournir entre 3000 et 5000 fermes bio. Pourtant, les agriculteurs peinent encore à convaincre les collectivités. « Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir : la majorité des biodéchets finissent à l’incinération ou à la décharge : un énorme gâchis ! » déplore Olivier Chaloche.

C’est pourquoi la FNAB ambitionne, à horizon 2030, d’accompagner 15 nouveaux territoires vers le compostage des déchets alimentaires.