
Charte de bon voisinage du Contrat
de solutions : place au déploiement
Le déploiement du Contrat de solutions pour une trajectoire de progrès pour la protection des plantes initié à l’occasion du Salon Innov Agri le 5 septembre dernier, se poursuit avec le lancement de la Charte de bon voisinage par le réseau FNSEA.
Nous croyons en la responsabilisation des acteurs et en leurs engagements concrets sur le terrain plutôt qu’à des réglementations descendantes non adaptées.
Pour renforcer la compréhension réciproque des agriculteurs et de leurs riverains et poser les bases d’une coexistence sereine, nous proposons la signature de chartes dans tous les territoires, à l’échelon régional, puis départemental ou de filière.
La charte proposée formalise l’engagement de bonnes pratiques des agriculteurs en matière d’utilisation de produits phytopharmaceutiques.
En retour, les acteurs locaux (organismes professionnels, élus locaux et associations de défense des riverains et/ou de protection de l’environnement) s’engagent à conduire des opérations d’information pour favoriser un dialogue constructif.
Avec cette charte accessible à l’ensemble des agriculteurs, nous apportons une réponse concrète aux interrogations de nos concitoyens.

Résultats dans la moyenne malgré
les nombreux aléas
La campagne culturale 2017-2018 a eu son lot d’aléas climatiques, dont certains ont établi des records. Cependant, malgré ces séquences à risque pour l’état des cultures, le résultat final s’avère relativement proche des tendances pluriannuelles à l’échelle nationale, que l’on considère le rendement (env. 71 q/ha –source SCEES) ou la teneur en protéines. A l’échelle régionale, ces aléas climatiques ont pu avoir un impact plus tranché, comme en région PACA par exemple (impact très négatif) ou en Bretagne voire en Bourgogne-Franche-Comté (effet positif).
Si les conditions de semis se sont avérées sèches courant octobre, elles n’ont pas réellement pénalisé la mise en place du peuplement ; les semis ont été très légèrement retardés, et la pression de ravageurs d’automne est restée modérée. Par contre, ce sont les conditions d’application des désherbages d’automne qui ont été problématiques, menant à certains échecs en lien avec le manque d’humidité en surface.
Douceur et humidité propice à la valorisation de l’azote
Les températures restaient douces pendant l’automne et le début de l’hiver, et devenaient même anormalement « chaudes » en janvier, avec une anomalie de température de l’ordre de +3°C sur l’ensemble du territoire, alors que les cumuls de pluies étaient normaux à élevés. Les cultures s’annonçaient donc précoces fin janvier, avec les parcelles les plus extrêmes qui commençaient à se redresser. Cependant, deux vagues de froid (et de neige localement) ont déferlé sur la France en février. Heureusement, les températures minimales sont rarement descendues en-dessous de -15°C, et le froid ne s’est pas prolongé, donc pas de dégâts de gel à déplorer, mais des cultures fortement freinées dans leur développement, et une quasi-absence de créneaux climatiques favorables aux interventions de désherbage.
Mars a débuté avec des températures douces et de nombreuses précipitations, favorables à la reprise de végétation, mais rendant les interventions délicates (sols humides, fortes amplitudes thermiques). Le mois d’avril a suivi avec une séquence relativement analogue : des épisodes de pluie ponctuels qui ont garanti une bonne valorisation des engrais azotés, et des fortes fluctuations de températures qui généraient de brusques accélérations du développement, et dans certains cas, la surprise de voir passer les céréales d’un stade 2 noeuds à dernière feuille pointante en l’espace d’un week-end. Ceci a pu occasionner des impairs dans les programmes fongicides. A partir de ce moment, les températures ont été durablement supérieures à la moyenne, et le cycle des cultures n’a cessé de s’accélérer.
Pas de situation à très haut potentiel
A floraison, vers mi-mai, une partie du potentiel était déjà défini : pas de catastrophe sur les peuplements épi, mais très peu de situations à très haut potentiel : les épisodes de pluie ont favorisé les milieux séchants, mais le manque relatif de rayonnement a limité le potentiel de photosynthèse ; les milieux humides peinent par contre à s’assainir. De plus, des épisodes orageux ont éclaté autour de la floraison, laissant craindre le développement de fusariose : ce sera effectivement le cas dans le Sud sur blé dur, mais contre toute attente, la grande moitié nord a été largement épargnée (les situations les plus à risque ont d’ailleurs souvent fait l’objet d’une protection spécifique). Certains ont pu voir fin mai une réédition du scénario climatique 2016, mais l’intensité des pluies et des perturbations était nettement moindre cette année, sauf peut-être dans le Sud-Est où les mêmes causes ont conduit aux mêmes effets : stérilité partielle des épis, présence de fusariose, fortes pertes de rendement.
Le remplissage des grains a eu lieu dans des conditions de plus en plus sèches et chaudes ; malgré cela, il a tout de même permis la mise en place de tailles de grains satisfaisantes, sans doute grâce notamment au début de remplissage suffisamment bien alimenté en eau et en azote. Néanmoins, le changement brutal de couleur des plantes vers la fin juin a fait craindre un échaudage fort ; heureusement, les cultures avaient souvent déjà atteint leur maturité physiologique –notamment les orges d’hiver- lors des plus fortes températures (à partir du 25 juin). Cependant, certains observateurs ont pu remarquer la présence de grains anormalement petits en haut de l’épi, démonstration d’un défaut d’alimentation d’une partie de l’épi pendant le remplissage. Parmi les hypothèses probables, on peut citer des maladies des racines et du pied de la plante, qui pénalisent le fonctionnement en fin de cycle, et la combinaison éventuelle de fortes températures avec un défaut d’alimentation en eau.
Malgré la fin de cycle chaude et sèche, les plantes ont pu absorber correctement l’azote du milieu et le remobiliser vers les grains, conduisant à des teneurs en protéines moyennes à élevées en blé tendre et blé dur et souvent dans la fourchette brassicole pour les orges, donc globalement conformes aux attentes des marchés. Les autres critères technologiques (PS, TCH, germination sur pied) n’ont pas posé de problème, en particulier grâce à une récolte précoce, rapide et sèche.
Jean-Charles Deswarte