
Marché des céréales
La Chine moteur de la contraction du commerce mondial
Cette campagne-ci, la chute des importations chinoises de céréales équivaut à la contraction de la demande mondiale de grains. Ce mois-ci, l’USDA revoit de nouveau à la baisse ses prévisions portant sur les échanges mondiaux de céréales alors que la production s’étoffe de 4 Mt environ.
Un air de fin de campagne souffle en Russie. Les silos se vident. Seules 13,7 millions de tonnes (Mt) de blé tendre seraient encore stockées. Selon le site sovecon.ru, entre 1,4 et 1,8 Mt de blé tendre serait exportée ce mois-ci, soit 3 Mt de moins qu’en mars 2024. Les cours de la céréale ne motivent pas les agriculteurs russes à vendre leurs grains. Et la réévaluation du rouble par rapport au dollar ne favorise pas non plus les transactions commerciales.
Selon Sovecon.ru, la Russie achèverait sa campagne commerciale en ayant exporté 42,2 Mt de blé tendre et non pas 45 Mt comme l’envisage l’USDA depuis plusieurs mois.
A contrario, Sovecon.ru est en raccord avec Argus média sur la position commerciale adoptée par la Chine. Cette campagne-ci, elle n’importerait que 6,5 Mt de blé tendre, deux fois moins que l’an passé.
L’Empire du milieu n’importerait aussi que 22 Mt de céréales secondaires cette campagne-ci, soit 26 Mt de moins qu’en 2023-2024. Si les prévisions de l’USDA sont confirmées, la Chine achèterait 28,5 Mt de grains durant l’actuelle campagne, soit 32,5 Mt de moins qu’en 2023-2024.
Autrement dit, l’Empire du milieu contribue fortement à la contraction de la demande mondiale de céréales observée depuis quelques mois. Sur la campagne 2024-2025, l’USDA l’estime dorénavant à 34 Mt après l’avoir revue en hausse en janvier et février dernier.
Objectifs loin d’être atteints
Dans son dernier rapport, les autres révisions opérées par l’USDA ciblent aussi l’Union européenne. Celle-ci atteindra péniblement ses objectifs de campagne à l’export : 27 Mt pour le blé et 9 Mt pour l’orge alors que les achats de maïs se maintiendraient à leur niveau de la campagne passée (19,5 Mt).
Depuis le mois de juillet, seules 14 Mt de blé, 3,2 Mt d’orges et 1,3 Mt de maïs ont été vendues par l’UE à des pays tiers, selon la Commission européenne. Mais les ventes de malt (2 Mt) sont similaires à l’an passé.
De son côté, la France a exporté à des pays tiers 1,5 Mt de blé, 720 000 tonnes d’orges et 451 000 t de malt depuis le début de la campagne.
A l’échelle planétaire, l’USDA estime dorénavant les productions mondiales 2024-2025 de blés tendre et dur à 797 Mt (+ 4 Mt sur un mois) et celles de céréales secondaires, à 1 495 Mt (+3 Mt). L’Australie aurait récolté 34 Mt de blé tendre (+2 Mt par rapport à la dernière prévision de l’USDA) et l’Argentine 18,5 Mt (+1 Mt). Pour autant ces deux pays ne prévoient pas d’accroitre leurs exportations estimées à 36 ,5 Mt en 2024-2025.
Campagne 2025-2026
Selon le Conseil international des céréales, la prochaine campagne de commercialisation des céréales 2025-2026 s’annonce plus dynamique sur le front de la demande.
Les importations mondiales de blé tendre pourraient se redresser et dépasser 200 Mt en 2025-2026 si la Turquie et le Pakistan assouplissent leur politique commerciale jusque-là très restrictive. La Chine serait aussi davantage aux achats…
En Russie, la production potentielle de blé de l’été prochain, actuellement estimée à 78 MT, limiterait les exportations à 38 Mt en 2025-2026, soit 14 Mt de moins en deux campagnes.
En ajoutant l’Ukraine et le Kazakhstan, les trois pays de la Mer Noire ne disposeraient alors que de 69 Mt de blé exportables l’été prochain contre 83 Mt en 2023-2024. Aussi, le moteur de la croissance des échanges commerciaux de blé ne serait pas le bassin de la Mer Noire !

