
Marché des céréales
La récolte américaine pèse sur le marché du blé
Les travaux de récolte pour l’orge et le blé se poursuivent dans l’hémisphère Nord, et tandis que l’inquiétude est grandissante en Europe de l’Ouest, les marchés sont rassurés par les très bonnes performances attendues en Amérique du Nord notamment.
Selon l’USDA, aux Etats-Unis, la récolte des blés d’hiver est réalisée à hauteur de 63% au 7 juillet (+9 points par rapport à la semaine précédente et +11 points par rapport à la moyenne quinquennale). A cette récolte précoce s’ajoute de très bonnes conditions de culture en blé de printemps avec 75% jugées « bonnes à excellentes » (+3 points par rapport à la semaine précédente, +28 points par rapport à 2023 à la même époque. Le marché est en attente d’une potentielle réévaluation à la hausse de la production de blé américaine et plus globalement des stocks mondiaux dans le rapport WASDE de l’USDA à paraitre ce jour.
En effet, au Kazakhstan, plusieurs analystes privés s’accordent sur l’attente d’une production de blé record, supérieure aux 16,4 millions de tonnes (Mt) produites sur la campagne 2022/23.
En Inde, des ventes de blés issus des réserves du pays sont observés, ce qui est le signe que la production locale devrait suffire à la consommation du pays, du moins dans un premier temps.
La lourdeur de ces prévisions a pesé sur les cours du blé cette semaine, temps à Chicago que sur Euronext. Mais cette baisse de prix a ravivé l’intérêt de l’Algérie et de la Jordanie. La Jordanie a finalement annulé son appel d’offre tandis que l’Algérie se serait positionnée sur des origines mer Noire.
A noter que les exportations Russie sont à la hausse au mois de juin avec 4 Mt exportées contre 3,5 Mt en mai dernier.
Les seuls éléments de soutien du cours du blé proviennent de l’Ukraine et de l’Europe de l’Ouest. En Ukraine d’abord où les surfaces de blé sont récoltées à 30%, le ministre de l’Agriculture anticipe une baisse de rendement entre 5 et 7% en blé tendre et en orge en raison de la sécheresse qui a touché les cultures d’hiver. Les analystes privés sont partagés sur l’évolution de la qualité du blé meunier qui devrait être davantage disponible que l’an dernier bien que la quantité disponible fasse encore débat.
En Europe de l’Ouest, notamment en France, les averses récurrentes ne sont pas favorables aux travaux des champs. Après un automne/hiver/printemps particulièrement humides, Agreste revoit à la baisse ses prévisions de récolte de blé français à 29,65 Mt, en repli de 15,4 % par rapport à l'an dernier. La production d’orge est estimée à 11,29 Mt, en baisse de 8 % par rapport à 2023, dont 8,02 Mt de variétés d'hiver (-17,2 % par rapport à 2023) et 3,27 Mt de printemps (+26,1 % par rapport à l'an passé).
Le cas de l’orge brassicole est particulièrement problématique. En raison des conditions de culture, les qualités d’orge d’hiver sont dégradées, en particulier en France et en Allemagne du Sud. Des déclassements d’orge brassicole en orge fourragère sont observés, alourdissant un peu plus le stock des dernières dont le marché était déjà atone. Il faut espérer un temps plus sec pour les orges de printemps afin qu’elles ne subissent pas le même sort que l’orge d’hiver.

